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Les Petites Histoires du Sport

La Petite Histoire de...Jake LaMotta, le Taureau du Bronx

16 Octobre 2013 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La petite histoire de...

La Petite Histoire de...Jake LaMotta, le Taureau du Bronx

Un film de Scorsese, deux livres de 500 pages, 6 combats contre le meilleur boxeur de l'Histoire de la catégorie poids moyen et une vie étalée dans la presse n'auront pas suffi à comprendre ce boxeur hors du temps. Pas vraiment Italien, totalement New Yorkais, pas vraiment mafieux mais loin d'être un brave gars… Voici la petite histoire de … Jake LaMotta, le Taureau du Bronx.

Etre amateur ? "Ca rapporte par un rond"

New York, là où tout commence pour LaMotta. Comme son nom et comme sa trogne, son sang est italien. Et chez les LaMotta, on est pas venu aux USA pour la rigolade… Tout jeune, pour aider à payer le loyer, le père de Jake organise des combats entre son fils et les gamins du quartier. Il force son fils à coller des danses aux autres mômes du coin pour une poignée de dollars. Et Jake est doué. Très doué.

Il faut dire qu'avec le nombre de bastons qu'il a à son actif, avec son frère ou avec d'autres, ses prédispositions pour se foutre sur la tronche avec les autres arrive vite aux oreilles des gérants de la salle du quartier. De cette enfance un peu étrange, Jake en gardera des traces. Plus profondes que celles que laisseront ses 106 combats professionnels.

Puisqu'il faut du blé, LaMotta le trouve là où il pousse : dans les magasins, chez les bookmakers, dans les poches des autres. Il fait le coup de poing avec des copains et se destine à une carrière de petite frappe. C'est un piètre voleur et un délinquant minable, mais bon, c'est toujours utile d'avoir un gonze qui balance des droites de cow-boy quand ça se met à chauffer.

Un jour, un braquage de bookmaker tourne mal : il allonge le bookie à grand coup de barre de fer mais le cogne si fort qu'il est certain de l'avoir tué. Totalement paniqué, l'adolescent met un point final à son histoire avec la pègre du quartier.

A l'âge de 19ans, et parce qu'il a toujours besoin d'argent, Jake LaMotta passe pro, directement chez les grands. LaMotta, lucide, explique alors : « Être amateur, c’est gratifiant pour l’amour-propre. Dans la rue, des gens que je ne connaissais pas me lançaient un " Salut Jake " et, lorsque j’entrais dans la boutique, je savais que tout le monde, mecs et nanas, murmuraient : " C’est LaMotta, il a remporté la ceinture de Diamant. " Ouais ! Seulement, ça rapporte pas un rond. »

Le style "Raging Bull"

Les ronds. Encore et toujours un problème quand on vient d'une famille qui n'en ont pas et qu'on vit dans un des pires quartiers de New York. Et pour en gagner, il faut gagner ses combats.

LaMotta n'a pas la talent de Robinson, n'a pas la puissance de Cerdan ou la boxe clinique de Tony Zell. Mais LaMotta à lui aussi son style. Une arme redoutable et qui fait de lui un combattant unique : il peut encaisser n'importe quoi, de n'importe qui.

Quand on lui parle de sa capacité à recevoir sans broncher, Jake déclare : « J'étais capable de convaincre mon corps que je pouvais tout encaisser et que personne ne pouvait me faire mal. Je pouvais être salement coupé. Avoir des points sur les yeux. Avoir le nez cassé. Avoir les mains cassées. Mais je n'ai jamais vraiment eu mal »

Cette faculté à se faire défoncer sans ciller, il va en faire son atout majeur. Puisqu'il ne recule pas, puisqu'il ne met pas un genou au sol, puisqu'il est indestructible, alors autant avancer. Avancer, encore. Avancer toujours. Un bulldozer de 72kilos qui emporte tout sur son passage. Qui ne laisse pas une seconde pour respirer à celui qui est monté en face. « Pourquoi je suis comme ça ? J'ai bossé dur. J'ai bossé plus dur que n'importe qui. Quand j'allais boxer à la salle, trois ou quatre rounds, j'avais l'habitude d'en faire 10 ou 20. »

Le premier combat face à Sugar Ray Robinson

Et ces heures de boulot vont payer. Avec un palmarès de 25 victoires, 2 nuls et 4 défaites (dont deux contestables contre Jimmy Reeves et notamment le 24 septembre 1941, où LaMotta envoie Reeves 4 fois au tapis dans le 10ème round), il peut enfin défier la référence mondiale de la catégorie, le grand Sugar Ray Robinson.

Le premier combat d'une longue série entre les deux hommes à lieu le 2 octobre 1942 à New York, dans un Madison Square Garden plein (12 784 spectateurs). LaMotta prend une leçon. Sur les 10 rounds, il en perd 7. Il encaisse, comme à son habitude, mais cette fois pas de révolte possible face à la boxe implacable de Robinson. Il reste sur ses pieds, et ça, c'est déjà une victoire face à Sugar. Robinson n'arrive pas à mettre LaMotta au tapis. Robinson le cogneur, 35 combats, 27 victoires par KO ou TKO se heurte à un petit rival sans talent.

L'heure de la revanche a sonné

Moins de 3 semaines après ce combat, LaMotta reprend confiance en dominant le vieux Bill McDowell et ses 241 combats au compteur. Mais il doit attendre 8 mois et 4 victoires de plus pour avoir droit à sa revanche. Nous sommes le 2 mai 1943, à l'Olympia Stadium de Detroit, devant 18930 personnes.

LaMotta fait son entrée sur le ring en premier, son peignoir panthère sur les épaules. Suit Robison, serein, sûr de lui. A peine la cloche sonne et déjà LaMotta est dans la garde de Robinson. Comme un taureau, il se rue sur son adversaire, ne le laisse pas respirer, l'assène de coups au corps et de directs. En face Robinson est dépassé. Pour la première fois de sa vie, son talent et sa puissance ne lui sont d'aucune aide. Il subit, tout simplement.

Au huitième round, et pour la première fois en 40 combats, Robinson va au tapis. Un enchainement crochet du droit au foie - uppercut du gauche au menton envoient Sugar valser dans les cordes. Surpris par la violence de l'assaut, il passe même à travers et chute dans la foule. Robinson se relève mais le combat est comme lui : plié. LaMotta vient de faire tomber le plus grand boxeur de l'Histoire. C'est la première et dernière fois qu'il arrivera à battre Robinson. Il perdra les 3, 4 5 et 6ème combats face à lui, mais qu'importe. LaMotta tient son combat référence. « J'ai tellement combattu contre Sugar Ray Robinson que c'est un miracle que je ne sois pas diabétique ».

La Petite Histoire de...Jake LaMotta, le Taureau du Bronx

Boxeur solitaire ou champion de la Mafia ?

Malgré tout son talent, malgré la peur qu'il inspire aux cadors de sa catégorie depuis sa victoire sur Robinson, malgré son style, le titre ne se présente toujours pas. Zale, le fils de la Nation est le détenteur de la ceinture, et il ne perdra pas contre une petite frappe du Bronx. Et puis un "rital", on en a déjà un : Rocky Graziano, le délinquant qui a découvert la boxe dans une prison militaire… On ne veut pas de LaMotta avec une ceinture. Et puis quoi encore ?

C'est alors que la pègre de New York intervient. Le marché est simple : s'il se couche contre Billy Fox, il aura sa chance mondiale. Seulement, se coucher, LaMotta ne sait pas faire. Et Billy Fox est un tocard. LaMotta racontera dans son livre : « Dans le premier round, je lui mets quelques directs et je vois ses yeux devenir vitreux. Mon Dieu ! Un ou deux coups et il va tomber ?! Je commence à paniquer : je suis sensé me faire battre par ce gars, mais je crois que je vais devoir le retenir pour qu'il reste sur ses pieds.»

Au quatrième round, LaMotta s'écroule. Il bluffe si mal que tout le stade comprend. « Si quelqu'un dans le Garden n'a pas compris ce qu'il se passait, c'est qu'il était ivre mort. »

Si la pègre est ravie de ce combat fructueux, la Commission athlétique de l'état de New York puis le FBI ne sont pas du même avis. La preuve de la tricherie est rapidement faite et LaMotta, le boxeur dont le nom est désormais lié à la Mafia est suspendu 7 mois. En larmes dans les vestiaires après le combat, le Taureau du Bronx a honte. Mais il tient sa chance mondiale.

Si quelqu'un dans le Garden n'a pas compris ce qu'il se passait, c'est qu'il était ivre mort.

La Petite Histoire de...Jake LaMotta, le Taureau du Bronx

Le titre et la gloire, la revanche de LaMotta

Le 16 juin 1949, Marcel Cerdan, le bombardier de Casablanca, champion du Monde des poids moyen, amant de la célèbre Edith Piaf et l'un des plus gros cogneur de l'Histoire, pose les pieds aux USA. Le combat a lieu dans des conditions difficiles pour le Français : suite au refus de NY, c'est dans un stade en plein air qu'aura lieu l'affrontement. La pluie, imprévue, pousse les organisateurs à repousser le combat de 24h. Un enfer pour LaMotta qui tourne en rond à l'hôtel.

Le combat est finalement organisé le lendemain. Mais alors que les combattants se préparent, le duel est avancé de 30min au tout dernier moment. Le champion en titre se contente d'un échauffement à la va-vite et rentre quasi-froid sur le ring.

Tout est neuf : les gants, les cordes, le tapis. Le tapis justement est un billard. A peine humide et il devient une vraie patinoire. Cerdan, surpris, glisse au premier round et se luxe gravement l'épaule. Cela prive le tricolore de son meilleur coup, son fameux crochet du gauche. De son coté, LaMotta, dans son style caractéristique ne lâche pas une seconde Cerdan. LaMotta, généreux mais un peu brouillon perd le 2ème, 3ème et 4ème round face à Cerdan. Les commentateurs affichent alors leurs doutes quand aux chances de victoire de LaMotta face à un Cerdan visiblement diminué. Mais Cerdan baisse peu à peu de rythme et le tempo imposé par LaMotta paye de round en round.

Au 10ème round, le bombardier est lessivé, son visage est tuméfié, son épaule le fait souffrir. Le coin de Cerdan jette l'éponge. LaMotta est champion du Monde. Il enlève ses gants doucement. Sa main gauche apparait alors : elle a triplé de volume. LaMotta lâche, l'air de rien « Je ne sais pas trop quand je me suis blessé… Peut-etre le 3 ou 4ème round. Je pense que c'est une fracture ». Malgré ça, Cerdan encaissera plus de 100 directs dans là 9ème reprise.

Je ne sais pas trop quand je me suis blessé… Peut-etre le 3 ou 4ème round. Je pense que c'est une fracture

La Petite Histoire de...Jake LaMotta, le Taureau du Bronx

Le Bronx dans la peau…

Le Bronx, l'enfer de Jake. Après ce titre, le plus dur commence pour LaMotta : arrivent rapidement la drogue, l'alcool, le divorce avec sa femme. S'il combat toujours et que les victoires s'enquillent, sa jalousie maladive et sa violence font exploser tous les liens qu'il a avec le monde "normal". Il bat presque à mort son meilleur ami qu'il soupçonne de coucher avec sa femme. Il boit de plus en plus… Le Bronx et tous les problèmes qui vont avec lui colle à la peau.

Il expliquera bien des années plus tard « Ma femme n'a jamais su que j'étais alcoolique jusqu'au soir où je suis rentré sobre ». En 5ans, il laisse tout exploser et met un terme à sa carrière sur une défaite, face à un boxeur moyen, Billy Kilgore.

Quand il se retourne sur sa carrière, LaMotta reste inébranlable de confiance : « J'ai défendu mon titre contre un Français, Laurent Dauthuille (1950), qui m'avait déjà battu. Il restait 23 secondes au chrono dans le dernier round et je ne pouvais pas gagner ce combat. Mais je l'ai mis au tapis et ils l'ont compté. J'étais déterminé à ne pas le perdre. Tout ce que vous avez à faire c'est d'y croire. Tout ce que vous avez à faire c'est d'y croire et rien de plus. Quand vous trouvez que c'est dur à faire, n'y croyez pas. Vous pouvez le faire. Tout. »

Tout, comme grandir dans une famille pauvre du pire quartier de New York et se sortir de la misère à la force des ses poings. Devenir champion du Monde grâce à la Mafia et le rester grâce à son talent. Ne pas avoir de qualités véritables mais entrer dans l'Histoire comme l'un des plus grands boxeurs de tous les temps. Jake LaMotta, le Taureau du Bronx, l'enfant terrible de la boxe poids moyen, le champion du Monde des losers, le meilleur ennemi du "Greatest" et celui qu'aucun boxeur ne pourra jamais égaler. Le Raging Bull, presque 94 ans, est toujours de ce monde. Car même en dehors du ring, il ne lâche jamais rien. Se coucher, ça n'est définitivement pas le genre de la maison…

Anecdotes que je n'ai pas pu glisser avant :

- Fraichement reconverti dans le métier d'acteur il tentera de convaincre Scorsese qu'il peut jouer son propre rôle dans "Raging Bull". Scorsese refuse et engage De Niro. Mais LaMotta, qui ne veut pas lâcher propose d'aider à former De Niro à la boxe. Robert De Niro s'entraine alors comme un vrai professionnel. LaMotta dira meme de lui :"De Niro est vraiment excellent. Je pense même qu'il fait partie des 20 meilleurs poids moyen du Monde". A tel point que dans le film, au moment de la séquence avec Joe Pesci (le frère de LaMotta), l'acteur brise une côte à son partenaire.

- LaMotta s'interdisait de faire l'amour les veilles de combat. Pire, il dormait avec sa femme, se comportait normalement comme pour l'amour, mais dès que l'excitation était trop forte, il plongeait son sexe dans une carafe d'eau pleine de glaçons. Cela, disait-il, lui permettait d'emmagasiner de la colère et de la frustration pour le combat.

- L'après carrière de LaMotta est à l'image de la vie débridée qu'il a connue : l'ouverture d'un club pas toujours clean, 8 mois de prison pour avoir fait danser (Striptease) une mineure de 15ans, l'alcoolisme, les tentatives pour devenir acteur, des femmes...

- LaMotta en chiffre : 106 combats, 83 victoires dont 30 par KO (28,3%), 19 défaites (dont 5 contre Robinson et 4 KO), 4 nuls, 869 rounds boxés. Il est classé comme le 52ème meilleur boxeur de tous les temps par le magazine "Ring". Un classement dominé par Sugar Ray Robinson...

Le résumé du match pour le titre de Jake LaMotta

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Jejuy 12/07/2016 06:28

Le n1 cest Duran

kamal 09/06/2014 22:12

Salut si le fesse de ancian boxeur marocin qui apel robinson tel 0654474491

kamal 09/06/2014 22:09

Salut je suis le fesse de oncian boxeure marocin qui apel robinson de1946 1958 mon tel 0654474491