Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les Petites Histoires du Sport

Bastareaud est-il touché mentalement ?

6 Novembre 2010 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Top 14

Bastareaud est-il touché mentalement ?

 

 

L’histoire d’un phénomène :

 

Le centre parisien qu’on avait vu « marcher sur l’eau » dans de nombreuses rencontres, dont les performances en club pouvaient logiquement lui ouvrir les portes de l’équipe de France pour une tournée qui pose déjà les jalons de la prochaine coupe du monde, vient il y a quelques jours d’apprendre comme nous tous sa non-sélection. Bien que de nombreux bruits de couloirs faisaient état de quelques réserves sur la cote d’amour du centre parisiens auprès du staff tricolore, la surprise a été réelle de ne pas le voir figurer dans un groupe pourtant en proie a des problèmes au centre (Mermoz et David blessés, Traille passant à l’ouverture, Rougerie à un poste qu’il occupe depuis seulement quelques mois, reste Jauzion et Marty comme chelemard).

 

Les raisons de sa non sélection sont simples : Matthieu ne se donne pas les moyens d’être un joueur formidable. Son talent exceptionnel fait de lui un joueur qui remporte presque tous ses duels. Seulement son statut de centre hors-normes fait aussi et surtout de lui un joueur dont Lièvremont attend énormément. Fini de se contenter de deux percées dans le match. Fini de se ravir de ses charges éléphantesques. Fini de se satisfaire de ses quelques caramels et autre désossages. Aujourd’hui Bastareaud est un joueur qui doit non seulement être plus régulier mais surtout qui doit prouver qu’il a tout simplement muri.

Un gamin. Voila ce qu’il était lors de la tournée en 2009. On a vu revenir du pays du long nuage blanc un joueur détruit par un mensonge de gosse. Une table basse comme explication, un conseil de discipline comme punition, des pulsions suicidaires comme réaction d’un jeune homme qui n’a jamais connu l’enfer de la médiatisation négative… On le croyait fini, lessivé et a bout. Le rugby était pout lui un petit truc simple dans un océan de complication. Rien ne laissait présager d’un retour au premier plan pour celui qui restait aux yeux de beaucoup comme le principal et unique accusé du « New Zealand-Gate »

 

Mais, a force de courage, d’aide psychologique et de soutient, son président Max Guazzini en tête,  nous avons assisté a son retour en grâce. Il remporte ses duels, montre une capacité d’adaptation intéressante face à un nouveau coach et des essais comme celui face au BO à Paris où il marque avec 6 adversaires sur le dos pendant 15 mètres rythme sa saison. Logiquement, comme un père qui pardonne a son fils, Lièvremont qui avait exclut de lui même Basta-rocket pour la tournée d’automne réintègre le phénomène pour le tournoi des 6 nations.

En forme de mue rédemptrice, le colosse de Créteil réalise un premier match très réussit : deux essais. Comme un symbole après sont premier essai, on le voit agiter sa main devant son visage, comme pour se laver des ses péchés. A ce moment là , exit ses frasques malheureuses en Nouvelle-Zélande, exit sa sanction et sa réhabilitation, exit la sanction de Lièvremont, exit les embrouilles avec ses coéquipiers dont on avait supposé l’existence. Bastareaud est un joueur de rugby, est c’est ce qu’il veut : qu’on le considère uniquement comme un rugbyman

 

Bastareaud est-il touché ? :

 

Seulement voilà : depuis cette annonce de sa non sélection, lui qui semblait revenir très vite en forme, Matthieu a joué deux matchs. Ces deux matchs sont probablement ses deux pires préstations de l’année face à Bayonne et face à Clermont, deux fois face a des joueurs en concurrence directe avec lui (Mazars contre Bayonne et Rougerie contre Clermont). Alors que penser de ces performances ? La première chose c’est que le mental du monstre reste son plus gros point faible. Comme un symbole, depuis l’annonce un peu rude de Lièvremont (Cf. La conférence de presse décortiquée sur le blog), face a Clermont, Basta à faillit emplâtrer son coéquipier Phillips. Lui qui voulait tellement prouver que le staff de l’équipe de France avait tort cherche systématiquement l’exploit et sur une action consécutive à un renversement, Phillips garde un peu trop le ballon et donne la balle dans de très mauvaises conditions a son centre. En avant et gosse mise au point entre les deux hommes. Ce genre d’image témoigne d’un profond sentiment de mal-être rugbystique. Autre illustration face à Bayonnne. Confronté à une défense très agressive il faut attendre 60 min pour voir le parisien gagner son premier duel de manière franche.  

Comme un gamin désavoué par son père, Bastareaud est un peu perdu dans son rugby. Sans tirer de conclusions trop hâtives, il est évident que le n°13 du Stade Français a été touché par sa non-sélection. Lui qu’on sait fragile et instable accuse le coup. Espérons que se soit pour mieux rebondir avant la coupe du monde.

 

Une gestion plutôt intelligente de Lièvremont :

 

Qui aime bien châtie bien. Voilà comment illustrer le lien entre Lièvremont et Bastareaud. Le premier cité comme un père pour le second. Il l’aime et le déteste à la fois. Il voudrait le voir exploser une bonne fois pour toutes. Il voudrait en faire un Ma’a Nonu made in France. Et en plus on le comprend ! Comment ne pas avoir des aspirations de premier ordre quand on a sous la main un des centres les plus puissants du monde ?

 

Comme une piqure de rappel, le staff a travers cette annonce (quand on passe 10 minutes de la conférence à parler d’un joueur qui n’est pas là ca n’est pour rien) que Matthieu à encore beaucoup d’efforts à faire. Il ne peut plus se contenter d’être parmi les meilleurs. Il doit devenir LE meilleur.

Se passer de Bastareaud pour la coupe du monde est purement impensable. Cela relève autant de la bêtise que du fantasme : faire une coupe du monde où notre arme défensive numéro un au poste de centre, sans les 110 kilos du parisiens et surtout sans sa capacité a faire reculer tous les joueurs ou presque de la planète serait stupide. Lièvremont le sait et il saisit là l’une des dernières chances qu’il a pour à la fois essayer de nouveaux joueurs où les remettre dans la course (Estebanez ou Rougerie) et surtout de rappeler a Bastareaud que rien n’est acquis. On ne peut pas jouer éternellement sur ses acquis ou ses facilités.

 

En conclusions, il est évident que Basta est touché. Il est évident aussi que Lièvremont compte énormément sur le centre parisien. En somme, l’un ne peut pas être heureux de ne pas y être et ne pas faire les quelques efforts supplémentaire pour jouer une coupe du monde ne semblent pas insurmontables. L’autre espère voir une vraie réaction d’orgueil de la part de Bastareaud, quitte à le priver d’une tournée qu’il aurait du jouer, en privilégiant la concurrence et l’effet d’émulation du groupe.

 

Bastareaud doit prouver que Lièvremont a eu tort et cela passe par de grosses perfs en club, moins de faute stupide et surtout par une remise à l’heure de ses priorités : jouer la coupe du monde ou continuer sur une voie plutôt décevante, celle d’un éternel espoir incapable de se mettre au boulot. Enfin rappelons que Matthieu n’a que 22ans et qu’il lui reste 6 mois pour convaincre le staff que se passer de lui serait complément stupide.  

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

mouton 11/11/2010 15:03


Je suis pas d'accord avec la façon dont Lièvremont gère Basta. Même si je suis d'accord avec ses reproches je trouve que ne pas le prendre pour cette tournée est une erreur: Basta se voit priver de
matches pour s'aguerrir au centre avec Jauzion et Traille alors qu'on sait qu'il sera à la coupe du monde et même sûrement au tournoi. A force de jouer avec son orgueil Lièvremont risque de le
perdre.