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Les Petites Histoires du Sport

Carmelo Anthony : l’homme qui y était presque...

1 Septembre 2010 , Rédigé par lespetiteshitsoiresdusport.over-blog.net Publié dans #La petite histoire de...

Carmelo Anthony ou l’homme à l’ombre de la légende…

 

Comme souvent, les ingrédients pour faire une belle histoire, et même plus, un conte, sont simples. Tout débute logiquement avec un personnage hors norme. Pour mettre en lumière ce personnage, il nous faut tour à tour un début tragique, des épreuves, un moment clé, celui où tout bascule, et enfin le fameux happy end.

 

C’est à cette trame enfantine que Carmelo Anthony (26ans, 2m04, 103kilos) aurait du correspondre…

A l’âge de 2 ans, le petit Carmelo voit son père mourir d’un cancer. Moment tragique pour toute sa famille. A l’âge de 8 ans, il doit quitter son Brooklyn natal pour Baltimore et sa criminalité galopante. Kenny Minor, un des amis d’enfance de Carmelo, dira plus tard que tout les crimes dont ils ont été témoins ensemble, voila la vrai raison de la détermination sans faille de « Melo ».

Son but ? Entrer dans la NBA. Comment ? En travaillant sans cesse sur les play-grounds de la ville. Il perfectionne son shoot, s’impose des séances d’entrainement supplémentaires…

Le premier pas vers la réalisation de son rêve se fait, en 2000, en intégrant la Towson Catholic High School. Durant sa première année dans ce lycée privé du Maryland, à l’âge de 16 ans il connait une croissance fulgurante : il prend 20cm en quelques mois (pour culminer à 1m90). Il se fait rapidement un nom et est élu dès sa première année au lycée « Joueur de l’année de la ville de Baltimore 2000» et « Meilleur joueur de la ligue catholique de Baltimore 2000».

Sa deuxième année est encore de très grande qualité : il marque 14points, prend 5rebonds, fait 4 passes et vole 2 ballons par match en moyenne. Il échoue à la 3ème place du championnat de l’Etat après n’avoir connu la défaite qu’à 3 reprises. Sa troisième et dernière année est à l’image du joueur qu’il sera : il double ses stats (23pts, 10.3 rbds) mais, grisé par les succès qu’il connait en championnat, il commence à manquer les cours et à être régulièrement suspendu en raison de son comportement déplacé en dehors du terrain. Il emmène malgré tout son équipe en finale du championnat de l’Etat. Finale qu'il perdra... 

Evidemment les recruteurs ont tous les yeux braqués sur lui, et cette attention qui s’accroit le moment des play-offs venu lui fait tourner la tête. Ses qualités de basketteur sont indéniables. Mais physiquement, il reste encore du chemin à faire pour ce jeune joueur d’à peine 17ans. Malgré ses titres de « Meilleur joueur de la phase régulière Ville de Baltimore 2002 », « Meilleur joueur des play-offs de la Ville de Baltimore 2002 » et de « Joueur de la ligue catholique de Baltimore 2002 », les scouts (recruteurs) Nba ne lui prédisent pas un avenir immédiat en ligue majeure. Il doit alors passer par la case université.

 

Adieu Baltimore, direction Syracuse... mais pas tout de suite :  

 

Très tôt, afin d’éviter tout spéculation estivale autour de son nom, et surtout afin de couper court aux rumeurs l’envoyant déjà à la draft Nba en tant que lycéen (comme ont pu le faire avant lui avec succès Garnett, Stoudemire, Jermaine O’neal, Kobe Bryant ou encore Moses Malone)  il annonce son choix : il va prendre la direction de la cote Est et de l’université de Syracuse à la fin de sa dernière année de lycéen.

Néanmoins, ayant une moyenne de « C » et ayant des résultats aux examens assez faibles, il sait que son avenir passe par de bons résultats avec son équipe de basket. Sa mère prend alors une décisions :  lui assurer un avenir en Nba en le changeant d’école. Il frappe à la porte d'une meilleure équipe. Sa mère lui impose plus ou moins comme lieu de chute  la prestigieuse Oak Hill Academy pour sa dernière année de lycéen.

Il mène en cette année 2002 la sélection régionale de Baltimore en demi finale lors de l’Adidas Big Team Tournament de Las Vegas. Il réalise des matchs de premiers ordre : 22 points, 7.1 rebounds and 3.0 assists de moyenne. 

 

Un titre NCAA dès sa première saison : 

 

A l’aube de la saison 2002-2003, il signe comme prévu à Syracuse. Une année de succès s’ouvre à lui : il réalise des stats démentielles pour une première année. Il compile 22.1pts, 10.0 rbds… Il conduit son équipe au titre national NCAA. Il domine les catégories de son équipe aussi bien aux points marqués, aux rebonds pris, aux minutes jouées, aux lancers francs tentés et réussis… Il score 33points face à l’université du Texas ce qui constitue alors un record pour un joueur de première année. Il est élu sans surprise « Joueur le plus inattendu de l’année». Son coach, Jim Boeheim, dira alors de lui : « il est de loin le meilleur joueur de basket universitaire et cela sans conteste. »

A ce moment là, il faut bien comprendre une chose : Melo a tout fait, tout gagné, tout connu et cela au cours de ce qui sera sa première et unique saison universitaire. Il est le meilleur joueur universitaire. Il le sait, son coach le sait, les scouts le savent. Il est présenté comme l’élu, le meilleur joueur universitaire de sa génération, le plus talentueux. Il a tout pour la Nba : un physique aguerri, des stats hallucinantes, un talent inégalé et un jeu parfaitement calibré pour la Nba. Anthony dira plus tard qu’il avait prévu de rester à Syracuse 2 ou 3 ans, mais que dans la mesure où il avait déjà tout fait, il choisit d’abandonner sa carrière universitaire et se présente à la draft 2003.

 

Alors me direz vous, pourquoi intituler cet article : “l’homme qui y était presque” ? Tout semble lui sourire, il est attendu par tous comme LE futur grand joueur Nba, il a traversé les épreuves de la vie avec succès et malgré quelques égarements coupables, il a déjà un palmarès impressionnant pour un si jeune joueur.

Seulement voila, à la Draft, se présente le futur double MVP de la ligue (série en cours), le plus impressionnant athlète qu’a connu jusqu’a aujourd’hui la Nba : Lebron “The King” James. Voila que, sans même avoir débutée, la belle histoire de Carmelo se voit contrariée par un véritable phénomène de la planète basket. Si le sort a voulu que Lebron et Carmelo soit dans la même classe de draft, il se contentera alors sans rougir de la seconde place...

Mais voila ! Le second choix est la propriété des Pistons de Detroit. Et dans cette équipe, on cherche un joueur de poids mais surtout de taille pour compléter la raquette : Darko Milicic (la plus grande déception de la draft des années 2000’s avec Kwame Brown) profitant de ses 2m13 est alors choisi en second. Coup de tonnerre ! Le meilleur joueur première année de l’histoire de basket universitaire ne sera pris qu’en 3ème position par la vieillissante (et peu attirante) franchise des Denver Nuggets... Certes, il est sélectionné devant Wade et Bosh. Certes, son destin de joueur majeur n’est pas remis en question. Mais il s’agit là d'un premier pas dans une longue série de camouflets qui débute.

 

Melo, éternel looser ?  

 

Après avoir été choisi derrière Milicic et James, après avoir connu les summers leagues, il débute en tant que titulaire face aux redoutables Spurs. Il score 12points et prends 7rebonds.

Pour son 6ème match Nba, il score 30 points et devient “presque” le plus jeune joueur de l’histoire à le faire dans un match Nba à l’âge de 19ans et 151jours, le record appartenant à Kobe Bryant. Puis, le 9 février 2004, il devient le troisième plus jeune joueur à scorer 1000pts... Presque N#1...encore. Toujours la même année, il devient le second plus jeune joueur à mettre 40 points dans un match Nba... presque. Il est aussi le 4ème à remporter les titres honorifiques de Rookie du mois 6fois d’affiler après Robinson Duncan et James: presque... Il conclu sa saison par la seconde place au vote du Rookie de l’année derrière James... presque... Cette saison est l’occasion pour lui, en tant que Rookie, de s’affirmer. Il est le leader offensif de son équipe et est le premier Rookie en play-offs à être meilleur marqueur de sa franchise... depuis David Robinson.

Cette année là, son équipe est éliminée dès le premier tour par les Timberwolves du Minnesota.

Suite à un été studieux, une nouvelle année commence pour notre “Mr Presque”. Il est le troisième plus jeune joueur à atteindre la barre des 2000pts en carrière derrière James et Bryant. Il connait de nouveau le bonheur de la post-season mais chute au premier tour face aux Spurs... Toujours dans la même veine, il fini en 2005-2006 meilleur marqueur de son équipe et surtout 8ème marqueur de la Nba. Soit la seconde meilleur performance pour un Nuggets, derrière Michael Adams qui finit lui 6ème... presque... Il est, toujours en 2005, le deuxième plus jeune joueur à mettre 5000pts, après James. Il est de nouveau battu avec son équipe au premier tour des PO...

L’année 2006. Illustration criante de notre monsieur presque : dans le 8ème match de la saison face aux Raptors de Toronto, il égalise le record d’un véritable légende Alex English en réussissant la bagatelle de 6match de suite à 30 points ou plus. S’il n’établit pas un nouveau record c’est que lors du 9ème match, il ne réussit qu’à scorer que 29points... presque... Il va quand même réussir à égaliser de nouveau le record d’English mais ne scorera que 24 points lors du match qui lui aurait permis de battre le record face aux Hawks d’Atlanta. Il devient All star pour la première fois et est appelé pour suppléer les blessures de Yao Ming et Carlos Boozer.

Il affronte à nouveau la difficile équipe des Spurs lors du premier tour des Play-offs et se voit à nouveau éliminer dès le premier tour.

 

En 2007, il participe pour la première fois en tant que titulaire à un ASG (all star Game). Il fini deuxième au nombre de voies derrière Bryant. Idem, il est le second meilleur joueur au pourcentage pour un joueur qui prend plus de 25 shoots par match après Bryant.

La saison est marquée par une qualification pour les play-offs et un record égalé (mais pas battu) de 50 victoires. Du jamais vu depuis 1988... Pourtant, ils ne font pas le poids face aux Lakers et sont battus en 4 matchs secs...

En 2 ans, Wade et Milicic sont champion, James MVP, Bryant est déjà triple champion... Seul Bosh à encore un palmarès vierge, mais seul Carmelo Anthony n’a pas passer un seul tour de Play-off de sa carrière... 

 

L’année 2008-2009 est celle du changement : exit Iverson et son égo, c’est a un vrai meneur que sont confiés les rênes de la franchise, Chancey Billups. Anthony devient alors le second joueur à mettre le plus de point dans un seul quart temps (33pts) après George Gervin... presque...

Carmelo reporte la première série  de match en play-off de sa carrière face aux Hornets de New Orléans. Après des victoires encourageante face aux Hornets et aux Mavericks, on se met alors à rêver du titre du coté du Colorado. Seulement, le jour de son anniversaire, Anthony est éliminé par les Lakers en finale de conférence. 

 

Comme vous l’aurez compris, Anthony est un joueur d’exception. Un joueur réellement doué d’un talent hors norme. Seulement, il existe encore une marche qui demeure pour lui insurmontable entre lui et l’Histoire. Si, indéniablement, il restera dans les mémoires pour tous ceux qui l’ont vu jouer, qu’en restera t-il dans 15ans ? Avec l’avènement annoncé de jeunes joueurs (Rose, Evans, Wall), avec les joueurs qui lui sont contemporain (James (2fois Mvp), Wade (déjà champion), Bosh (meilleur joueur poste 4 de la ligue) et avec la présence de vielle gloire encore fleurissante (Bryant, O’neal, Garnett) ou se situera Anthony dans l’avenir ?

Reste à savoir a présent si son futur est celui d’un Poulidor, éternel second, ou celui d’un Joop Zoetemelk, 6fois deuxième mais vainqueur du Tour en 1974… L’avenir nous le dira mais aujourd’hui, nous pouvons affirmer que, à l’heure de la maturité, Anthony devra faire preuve comme le disait si bien son ami d’enfance d’une détermination sans faille pour encore espérer marquer l’histoire de son sport, et connaitre, peut être, le happy end de sa propre histoire. 

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