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Les Petites Histoires du Sport

Et si on parlais un peu rugby ?

31 Décembre 2010 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Top 14

Alors voilà, après les matchs de ce week-end, quelques événements ont secoués le monde du rugby professionnel. Lesquels ? En vrac, l’expulsion de Suta, le raffut appuyé de Tuilagi, le coup de poing de Cudmore. Et voilà que Saint-André (entraineur de Toulon) exprime à demi-mot ses soupçons sur le corps arbitral, que Lhermet (manager général de Clermont) en réaction à la citation logique de Cudmore vient pleurer dans la presse pour dénoncer Tuilagi et son vilain geste, que Goze (président de l'Usap) lui s’emporte est hurle à la supercherie grossière pour faire passer à l’as le geste de Cudmore… En bref, du bruit, du vent et finalement rien de bien grave.

 

Mais voilà, si on rentre un peu dans le détail de ces accrochages, sorties dans la presse et autre dérapages, voila la triste réalité : le rugby se « footbalise » ! Explications.

 

 Ainsi, voilà quelques temps déjà que les quelques maux (et « mots ») de notre cousin (éloignés) footballer venait contaminer le discours et les actes de plus en plus lisse de nos amis joueurs de ballon ovale. Les réactions désormais obligatoires des gladiateurs sortant encore fumant de l’arène sont insipides (« On va se remettre au travail », « prendre les matchs les un après les autres », « se reconcentrer pour les échéances à venir » « on avait a cœur de ».) Le vocabulaire évolue lui aussi: « jouer dans la latéralité » quand les gars jouent dans la largeur, « le ping-pong rugby » quand on met 12 coups de tatane d’affilée, « un match tactique » quand c’est un match de merde, et autre euphémismes aussi doux à l’oreille que pénible pour l’amoureux de l’ovalie.

 

C’est alors que ce week-end, dans un éclair de lucidité comme disent les alcooliques, j’ai pris conscience d’une chose terrible : le rugby deviens un sport de plus en plus banal. Alors que les pourfendeurs de l’immoralité assènent a grand coups de « valeur rugby » et de « grande famille des avants » les autres sports de « voyous », voilà que notre top 14 s’affirme année après année comme le digne successeur médiatique de la ligue 1.

 

Pour s’en convaincre ? Rien de plus simple : il suffit de regarder un match. Les entraineurs gueulent après les arbitres, qui sont systématiquement des abrutis, et ce tout du match durant l’arbitrage est toujours (et paradoxalement) en faveur des autres, les déclarations de guerre ou dans une moindre mesure de combat cède peu à peu la place aux déclarations-réactions de l’administration (président, manager et autres spécialistes) sur l’injustice profonde qu’ils subissent, les entraineurs parlent plus de la prestation du corps arbitral que de celle de leur joueurs… En somme la polémique s’immisce là où la méconnue alchimie de l’équipe et le fantasme de la porte de vestiaire clause laissait encore librement se cultiver une part de mystère.

 

Aujourd’hui le temps du rugby à l’ancienne, des joutes amicales et des matchs de gentlemen en costume du dimanche, sur les bords des terrains, les godillots dans 10cm de boue est révolue. Plus un match sans un geste d’humeur, un jet de ballon, une bravade faite a l’endroit du référent et surtout sans une entorse à l’esprit même de ce jeu. Aujourd’hui plus un match sans un rappel à l’ordre de l’arbitre contre un joueur trop bavard, plus une rencontre sans qu’un joueur se tourne vers l’arbitre de touche, le regard dur et les bras au ciel pour réclamer on ne sait quelle faute…

 

Mais ne jetons pas la pierre qu’aux simples acteurs : voilà que grâce aux nouvelles technologies mises en place sur les bords de la pelouse, et parfois aux images volées du banc de touche, on découvre peu a peu des réactions violentes et pleines de colères des entraineurs eux-mêmes !

Enfin comment passer sous-silence ces joutes verbales aussi ridicules que puérils entre présidents qui pensent pouvoir exister sur le plan médiatique et occuper le devant de la scène à coup de déclaration fracassante et de combat d’égo.

 

Mes vœux pour l’année 2011 sont simples : revenons aux vraies valeurs qui font du rugby un sport à part ; que le respect de l’arbitre et des ses décisions aussi maladroites fussent-elles l’emporte, que les enjeux du professionnalisme ne dévorent pas tout cru le rugby, un peu désuet mais tellement charmant de notre enfance, que le politiquement correct soit proscrit et que la langue de bois soit bannies des saintes terres de l’ovalie et qu’enfin, le jeu triomphe a jamais de tous les fioritures qui entourent un sport si noble que le rugby.

 

Mes amitiés sportives

 

Pierre 

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