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Les Petites Histoires du Sport

Finale de la coupe de France handibasket : Toulouse – Meaux au POPB

14 Mai 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Planète Nba

Alors voila, ce vendredi soir, répondant à l’invitation de mon amie kiné de l’équipe de France de handibasket, Sylvie (si vous voulez prendre rendez-vous avec elle je prends simplement 10% de commission) je me laissais convaincre par une rencontre de basket. Oui, vous avez parfaitement lu : pas de Clermont-Biarritz pour moi ! Canal + à la demande, c’est pas pour les chiens.

A la place : un bon vieux match de handibasket des familles. Mais attention, pas n’importe quel match : un match entre deux des plus grosses équipes européennes. Une finale entre les deux meilleures équipes de France (elles sont alors toutes les deux en course pour le doublé Coupe-Championnat). En jeu ? Rien de moins que la suprématie symbolique d’un club.

Le théâtre de cet affrontement est un écrin, une salle de renom, un lieu de mémoire dont la seule évocation peut donner des frissons à tous les amateurs de basket : Bercy. Terrain habituel des play-offs, lieu de passage obligé pour tout amateur de balle orange qui se respecte, théâtre de la folie barcelonaise, de la démence du partisan Belgrade ou encore de la furie du CSKA Moscou il n’y a de cela que quelques mois, le Palais omnisport de Paris-Bercy (POPB pour les intimes) s’était équipé de son plus beau parquet, avait fait pété sa plus grosse sono et tout était réunit pour voir un beau match.

 

Sous les yeux de pas loin de 300 spectateurs, pouvait commencer le choc de ce vendredi soir.

 

Le match débute à 21h précise. Horaire de programmation oblige, et malgré un échauffement très succinct dû en grande partie à la finale des juniors qui trainait un peu en longueur, les hostilités s’engageaient de manière très ponctuelle entre les blanc et rouge de Toulouse et les bleus de Meaux. (Par respect pour les lecteurs qui pourraient habiter Meaux, y connaitre des gens sympa ou tout simplement adorant le fromage, il n’y aura aucune tentative de jeu de mot avec le Brie… Promis… ou alors vraiment malgré moi…)

 

Premier Quart : « Foul Trouble » et match engagé.

 

Le premier quart temps est marqué par une nette domination meldoise mais la finition fait défaut. Toulouse, moins à l’aise dans le jeu mais bien plus efficace s’accroche en défense et reste collé au tableau d’affichage pour accuser, après 10min, un retard d’un petit point seulement.  

Le score à la fin de ce premier ¼ : 14/13 pour Meaux. On sent que les bleus de seine et marne ont la main sur le match, mais les toulousain, emmenés par un bon duo Laurent Blaszcak- Manu Vaisoia reste dans le sillon de leurs adversaires du soir.

 

L’impact physique est énorme, les coups de chaises sont nombreux, les chutes régulières et surtout les arbitres souhaitant tenir leur match n’hésitent pas à siffler. Meaux doit composer très vite avec deux joueurs en « foul trouble » (trop de faute trop rapidement) : Roger Deda et Franck de Goede doivent sortir et la profondeur de banc de Meaux doit déjà faire parler d’elle avec les entrées de Mario Fahrasmane et d’Abdel Dejallaili. En face, le meilleur joueur de son équipe sur ce match, Laurent Blaszcak lui aussi est handicapé par deux fautes, mais son entraineur décide de le laisser sur le terrain. 

 

Deuxième Quart : Meaux prend l’ascendant… mais lâche des paniers dans les dernières minutes

 

Le second quart débute par une grosse série de Meaux : 8 à 4 en 2minutes. L’hémorragie est trop importante et l’entraineur Toulousain prend un temps mort logique. La concentration revient peu à peu et les joueurs du sud-ouest retrouvent un brin de réussite dans la raquette. Toulouse recolle mais n’arrive pas à passer devant malgré son temps fort.

 

A la mi-temps le score est de 35 à 32 en faveur de Meaux. Mais bien plus inquiétant que le score, c’est la manière qui pose problème : tout à Toulouse semble fait à l’arrache. Aucun panier ne semble facile et les ballons sont souvent gâchés sur des possessions un peu précipitées. En face, le scoring est assuré par la paire d’intérieur Nazif Comor-Otias Pliska assez dominatrice. A Toulouse Vaisoia lutte un peu trop seul à l’intérieur pour ramener ses coéquipiers.

 

3ème quart : emballez c’est pesé !

 

Et la tendance ne va jamais s’inverser : complètement en panne de réussite, Toulouse va vire un vrai cauchemar dans ce 3ème quart. Ils encaissent un terrible 11 à 0. Incapable de marquer pendant presque 7minutes, les coéquipiers de Laurent Blaszcak doivent en plus faire avec un Betrand Libman loin de son meilleur niveau et un arbitrage très sévère contre eux (en témoigne cette faute antisportive sifflée contre Jérôme Courneil dans les dernières minutes du match).

Coté meldois, tout va bien : les rotations sont régulières, le secteur intérieur est gavé de caviar (Comor se régale littéralement) et la défense fait le boulot. A la mène le jeune Robin Poggenwisch joue juste et fait bien tourner le chrono. On sent que les Toulousains veulent encore y croire mais le score est sans appel : +10 al’orée du dernier quart.

 

4ème quart : La réussite du champion…

 

Meaux fini un peu trop facile son match et l’espoir renait presque coté haut-garonnais avec un panier primé ramenant les blancs à -8. Laurent Blaszcak tente de prendre plus de shoot sans vraie réussite. Mais la messe est dite et rien ne peux plus inquiéter les joueurs de Robert Blandeau. La partie va encore durer quelques minutes au rythme des fautes pour envoyer les adversaires sur la ligne mais l’expérience de Meaux fini par payer. Score final 63-52 pour les joueurs de Seine-et-Marne.

 

Avec son match mamouthesque, Nazif Comor est élu logiquement MVP du match : 25pts, 17 rebonds. En face, Laurent Blaszcak compile lui aussi un double-double avec 13rebonds et 12points (+4passes, un contre, deux interceptions).

 

Meaux remporte le titre de vainqueur de la coupe de France et vient de prendre un ascendant psychologique réel sur les adversaires du soir. Toulouse a montré les limites de son effectif avec une rotation à seulement 8joueurs et la finale du championnat s’annonce difficile. Le soutient du public devra se faire très intense pour insuffler la force qui commence à faire défaut à une équipe un peu sur les rotules suite à l’accumulation de matchs couperet. A Meaux, c’est bien connu, on à pas l’habitude de se montrer coulant : la récupération est facilité par la victoire mais attention à ne pas se voir trop beau trop vite. Faisons confiance aux cadres de cette équipe pour ne pas se relâcher trop vite.

 

 

 

Ce que je retiens de cette première expérience handibasket ? Tout d’abord la vitesse et la puissance qui se dégage de ces athlètes à part-entière. Autant je me sens capable de rivaliser avec des athlètes dans quelques disciplines, autant là, l’alliance de la vitesse, de la puissance, de la dextérité, de la maitrise de la trajectoire de la balle et du fauteuil, de l’aspect stratégique des blocs (beaucoup plus importante qu’au basket traditionnel dans la mesure où un bloc stop net l’adversaire et son véhicule) me fait dire que mes prédisposition pour ce sport sont… nulles. J’en tire un immense respect pour tous ces sportifs qui se battent avant tout pour être reconnu en tant que tel et qui transcendent leurs handicaps. Ce soir je n’ai pas vu des handicapés qui faisaient du sport, mais des sportifs qui étaient handicapés. La nuance parait tenir de l’ordre de l’euphémisation lexicale mais il n’en est rien : cette nuance est non seulement importante en vue de reconnaitre le handisport comme un monde concomitant voir indissociable du sport traditionnel, mais plus encore nécessaire en vue de faire changer le regard qu’on porte sur le handisport et plus largement sur le handicap.

J’ai passé une super soirée, j’ai rencontré des gens très accessibles, très sympathiques et plus encore des acteurs animés d’une vraie volonté de faire progresser leur sport. J’invite donc tous les lecteurs qui seraient intéressés par ce sport de faire la démarche auprès des clubs les plus proches pour aller découvrir un sport spectaculaire et physique, et pourquoi pas dès la semaine prochaine à Meaux ou à Toulouse, partir à la rencontre de ces sportifs atypiques mais au combien admirables.

 

Pour les photos du match : c’est ici !

 

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Turriès Camille 23/03/2013 12:38

Bonjour
Je suis étudiante en kinésithérapie et j'aimerai orienter mon mémoire de fin d'étude sur le handibasket. Pour cela, j'aimerai rencontrer ou prendre contact avec des kinés travaillant avec des
joueurs d'handibasket.
Je vous remercie!

Camille

Pierre Ammiche 25/03/2013 14:18



Bonjour Camille,


 


Mon adresse si tu as des questions : pierreammiche@gmail.com



Marie 14/05/2011 17:20


Beau travail, Bel article et comme d'hab des surprises sur les sujets mais toujours traités avec délicatesse, respect et passion.
Bravo