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Les Petites Histoires du Sport

France - Argentine : le résumé du match

21 Novembre 2010 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Rugby : résumés des matchs

 

Le match d’hier a débuté dans une ambiance toute particulière : après le « fufu-gate *» (certain diront même le « fufu-gaté »), La Mosson accueillait pour la première fois de l’histoire le XV de France en son sein. Malheureusement elle le faisait sans aucun joueur de Montpellier. Enfin si, un que l’on attendait pas vraiment, Fernandez, le suppléant de Trinh-Duc dans le XV du MHRC était aligné au centre coté argentin. Mais c’est orphelin de sa paire d’internationaux Ouedraogo/Trinh-Duc, sans l’ancien chouchou du stade Yves du Manoir Louis Picamoles, sans le petit Julien Tomas écarté de l’équipe depuis 2ans que le public s’était résigné a aller voir un match au parfum de revanche contre nos meilleurs ennemis argentins.

 

Dès la cérémonie protocolaire, on a compris : ca serait la guerre, Verdun, le Chemin des dames… Le superbe hymne argentin donnait des frissons. Entonné a capela par Omar Hasan, l’ancien pilier international argentin chanteur d’opéra, tirant les larmes de Mario Ledesma ou de Martin Scelzo, foutant la chaire de poule a tout une nation et imposant un respect presque religieux a tous ceux qui l’entendait.

En face, coté Marseillaise, et malgré quelques brailleurs fausseurs de note et un stade peu habitué a chanter l’hymne national, l’intention était elle aussi présente.  

Après le traditionnel et au combien pesant coup d’envoi fictif, le combat pouvait débuter.  

 

 

Un enseignement : 0 certitudes acquises… :

 

 

Alors, parmi les certitudes que l’équipe de France peut se targuer d’avoir, il y en a trois qui ont crevé l’écran hier : la mêlée la discipline et la défense. S’appuyant sur une conquête parfaite ou presque, les bleus ont d’entrée de jeu assommé leurs adversaires du soir. Fracassant les expérimentés Roncero et Scelzo, Mas et Domingo ont permis de mettre hors-jeu l’un des véritable point fort de l’équipe d’Argentine. Vis-à-vis de la touche, même constat : Bonnaire capitaine de touche a assuré l’alternance et la plupart des lancers en fond d’alignement ont permis d’éviter le contre du redoutable sauteur Galarza.

L’autre gros point positif, c’est évidemment la défense. Une circulation des joueurs efficace, des contestation de balles intéressante, des gros plaquages sur tous les retours intérieurs, jamais débordés, rarement mis en difficultés jusqu'à la 65ème minute… Le trio Bonnaire Dusautoir Chabal s’est montré complémentaire, puissant et efficace en défense avec quelques beaux plaquages offensifs. Derrière que dire de la performance de Rougerie et Jauzion, très efficaces au plaquage mais aussi au conteste. En somme du très classique depuis maintenant 1an avec un match référence contre les Bocks et une grand chelem logique. Enfin, très peu de pénalités concédés et dans l’ensemble un match « viril mais correct ».

 

Et puis là on va parler des choses qui fâchent… Une ligne de ¾ complètement sevrée de ballons de qualité, une charnière incapable d’insuffler de la vie, une conquête dominatrice sur les phases statiques mais brouillonnes sur les phases de rucks et surtout, plus que tout, un manque d’alternance rédhibitoire face une défense comme celle des Argentins.

 

 

Une rush défense mal gérée, les bleus pris au jeu des Argentins :

 

 

On le savait depuis le début : les Argentins n’allaient pas changer leur système défensif. Une rush défense à la Galloise avec des centres qui montent très haut et vite, des ailiers qui ne vont pas chercher très haut leur vis-à-vis pour anticiper sur un jeu au pied dans le dos, des gros qui viennent alimenter en nombre à l’intérieur du 10 et des faux trous autour du 10 pour faire jouer l’adversaire au maximum en Zone 1. On le savait, ils le savaient, ils l’ont vu et revus à la vidéo, ils ont pris des notes et ont travailler en ayant en tête qu’en face, on défendrait très fort le milieu du terrain. On sait que face à une telle défense, la meilleur solution reste l’alternance. Faire des faux appels avec le premier centre oui, mais pas de manière systématique comme l’a fait Traille, ne fixant plus personne la 25ème minute passée. La palette des solutions existe : quelques croisées ou jeu autour du 10 avec les gros ou le premier centre pour prendre le centre du terrain et l’axe profond, jeu au pied par-dessus les centre adverses qui montent très fort, jeu au pied rasant… En somme forcer l’adversaire a réfléchir avant de monter comme des tambours. Alors oui, l’alternance a eu lieu : soit on pête comme des ânes sur les 12 premiers temps de jeu, soit on joue au pied beaucoup trop loin chez eux… La solution n’était pas celle-ci et les français se sont embourbés dans une guerre de tranchée qui facilitait le replacement défensif et les montées. Dès que les sorties de balles ont été rapides (notamment dans les premières minutes) les argentins se sont mis à la faute et ont laissés des espaces en défense. Chaque fois que l’équipe de France a défié en un contre un les centres des pumas, ils ont avancés (Rougerie franchissant même deux fois). Au contraire, chaque fois qu’ils on joués au pied long, cela a rendu des munitions inutiles aux adversaires.

Mais voilà, on a voulu punir les Argentins, on a voulu les briser devant. Alors oui ca a marché. Mais le vrai point faible des argentins se situe-t-il dans le paquet ?! Bien sur que non. Quand on voit le nombre de turn-over (de ballons de récupération) en faveur des Pumas, le nombre de ballons pourris ou même justes ralentis ce qu'il faut, bien sur que les bleus n’ont pas bien joués sur les défauts de l’argentine.

 

La maitrise française de la première mi-temps a été vaine ou presque, les trois franchissement mal concrétisés, les pénalités bien négociés mais marquée du sceau du manque d’ambition (une pénalité tenté à 35 mètres en coin alors que la conquête française vient d’humilier son homologue argentine et que l’essai de pénalité n’est plus très loin).

Et puis la deuxième mi-temps et son rythme de xénarthre est arrivé. Les passes se sont faites devant la défense, la conquête a bafouillée, les munitions se sont raréfiées. Le meilleur plaqueur de la soirée ? La touche. Enormément de latéralité et très peu de jeu dans l’axe profond.  Les courses en travers, personne qui vient redrésser les ballons, personne qui propose des axe de course rentrants.

 

Enfin dernière chose qui m’a juste mis hors de moi : quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi Parra a joué 95% de ses ballons coté fermé ? Il avait déjà fait le coup contre l’Ecosse et l’Irlande pendant le tournoi. Mais quand il y a 2 attaquant contre 4 défenseur, aucune vitesse et des surnombres grand coté, revenir petit coté est aussi tactiquement bien jouer que de mettre une chandelle dans l’en but adverse. A moins d’une énorme connerie de l’adversaire, ca ne sert a rien, c’est énervant et on use de l’énergie pour rien… Les pumas n’avaient qu’a alimenter même sens pour défendre, et pousser les français en touche en bout de ligne.

 

 

En conclusion : Il ne faut pas non plus cracher sur le résultat. Bravo aux français d’avoir réussit a battre une de leur bête noire. Bravo a eux d’avoir su gagner un match aussi accroché et aussi incertain, d’avoir pu jouer et tenter des petites choses (Huguet, Rougerie en 13, Palisson en 15) et surtout de s’être rassuré sur les fondamentaux. Maintenant, si on pouvait voir un tout petit de jeu, éviter les match à l’Anglaise « coup de tronche, pénalité, drop, coup de tronche » ca serait mieux. Les certitudes sont minces à partir du numéro 9, les occasions pour construire un fond de jeu, un projet commun, seront plus que rare dans les semaines a venir, et l’équipe n’a jamais semblé aussi Trinh-duc-o dépendante. L’équipe de France devra faire beaucoup mieux dans 1 semaine et doit trouver son match référence en 2010. On attends trop de cette équipe pour se contenter de la victoire contre une équipe d’argentine et une formation des Fidji qui étaient venus, eux, dans un esprit de reconstruction bien plus important que nous.  

 

Quand on voit que les Blacks sont invaincus et les Anglais impressionnant au possible, cela laisse présager quelques difficultés. Mais en même temps, l’Afrique du Sud est au fond du trou, l’Australie sort un match horrible contre l’Italie, le Pays de Galles et l’Irlande sont très décevant, alors savourons une tournée qui se déroule sans trop de soucis. 

Le constat est dur, inquiétant mais finalement pas si dramatique que ça : les bleus ne sont pas brillants, ils font des matchs pas magiques magiques, ils assurent le strict minimum oui, mais ils gagnent. Et à un tel niveau, on se construit plus dans la victoire même courte, même laide, que dans la défaite. Pas sur que la soirée soit riche d'enseignements, mais elle générera de la confiance, de l'envie de faire mieux et surtout prouvera une fois pour toute que l'Argentine n'est pas imbattable quand ont met les bons ingrédients.  Enfin dernier élément qui nous rassure : Lièvremont a semblé passablement agacé et décu de ce match. De bon augure pour la suite et le match contre des Wallabies moribonds mais qui n'ont jamais vraiment réussis aux bleus. 

  

 

 

Après ne pas avoir pu défendre les couleurs de l’équipe de France devant son public, Fulgence Ouedraogo, le capitaine du club de Montpellier a déclaré dans la presse ne pas bien vivre son éviction pourtant prévisible et surtout a expliqué ne pas comprendre pourquoi le staff ne lui faisait pas confiance, pourquoi il faisait la navette et il pensait que le staff ne lui faisait pas confiance. Ce à quoi Lièvremont a répliqué de manière on ne peut plus claire : un joueur a qui l’on affirme compter sur lui pour le mondial ne doit pas se comporter comme un enfant gâté et faire son petit caprice dans la presse… Un affaire close mais qu’il faudra doublement digéré pour Fulgence Ouedraogo.  

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