Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les Petites Histoires du Sport

France - Australie : le XV de départ officiel des wallabies

25 Novembre 2010 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #En route pour la coupe du monde 2011

Alors attention, Wallabies prometteurs et revanchards en approche. Après une leçon de rugby reçue de la part des Rosbeefs, après une sale prestation contre une équipe italienne qui n'a jamais semblé aussi bordélique, voilà que les Aussies ont troqués le gentil kangourou du bush contre un marsupial féroce et assoiffé de sang de gallinacé.

 

L'équipe est une nouvelle fois sans surprises pour quiconque a vu jouer les australiens ces 6 derniers mois. Mais si on  a tendance à suivre le rugby façon stromboscope au rythme des coupes du monde, alors là, le focus sur l'effectif est pour vous : exit les Larkham, Gregan, Burke, Latham et autre Smith ou Baxter inoxydables, la nouvelle génération a pris le pouvoir et attention, ils ont du talent a revendre !    

 

L'équipe d'Australie : Beale : O'Connor, Ashley-Cooper, Barnes, Mitchell ; (o) Cooper, (m) Genia ; Pocock, McCalman, Elsom (cap.) ; Sharpe, Simmons ; Alexander, Moore, Slipper

Remplaçants: Polota-Nau, Robinson, Chisholm, Higginbotham, Burgess, Giteau, Turner

 

Ligne par ligne

 

Première Ligne : Alexander - Moore - Slipper. On va résumer la situation simplement : ils n'ont pas encore le niveau international. Ils ont subis face aux Anglais, aux Italiens, aux gallois... Seul Moore peut répondre dans le combat et Alexander longtemps incertain tarde à montrer toutes ses qualités. Enfin Slipper (est-ce qu'il porte des slips ca n'est pas la question) du haut de ses 21 printemps souffre beaucoup au cours des joutes du mois de Novembre. Attention à ne pas les prendre de haut et les sous-estimer mais c'est une équipe en pleine crise de première ligne depuis 3ans. 

Les absents : Paul (arrêt), Cannon (arrêt), Henderson, Baxter

 

Deuxième Ligne : Sharpe - Simmons. Le vieux guerrier Sharpe et le jeune Simmons... On attends pas vraiment d'eux qu'ils renvesersent le cours d'un match, qu'ils débordent sur 35mètres ou même qu'ils fendent l'équipe adverse a grand coup de casque. Mais si l'Australie est l'une des références mondiales dans ce qui relève de la conservation de balle, c'est en grande partie du à la capacité des deuxièmes lignes à alterner courses profondes et travail de sape devant. Un bien bel attelage dont le style rappel enormement celui du duo Nallet-Pierre.   

Les absents : Vickermann, Mumm, Horwell... 

 

Troisième Ligne : Elsom - McCalman - Pocock. Alors c'est rugueux, plutot petit et axé sur les phases de combat au sol. Elsom et sa puissance, Pocock considéré a juste titre comme le McCaw Australien et McCalman dont le talent n'a été qu'entraperçu durant les quelques matchs précédents. Ils sont mobiles, pénibles et très actifs. Le boulot de Dusautoir et plus encore de Fufu Ouedraogo sera déterminant pour ne pas concéder trop de fautes pour ballons garder au sol. 

Les absents : George Smith, Phil Waugh, Wycliff Palu, Owen Finegan 

 

Conclusion sur les avants : le déplacement est la grande force de ce pack. Le plus gros défaut ? celui de gagner très peu de duel et l'incapacité (relative) a  franchir la ligne d'avantage. Ils enchainent énormément mais finalement se montrent peu efficace. Les phases de conquêtes statiques sont un cauchemar pour cette première ligne pas franchement brillante.   

 

Charnière : Genia - Cooper. Du talent plein les mains pour le petit demi de mêlée et on peut en dire autant du bondissant Cooper. Le premier à la lourde tache de faire oublier Gregan quand le second doit lui effacer le souvenir encore vivace de "Bernie" Larkham. Et le pire c'est qu'ils y arrive. La puissance de Genia et son jeu a pied de grande qualité associé à la qualité surnaturelle d'attaquant pur et dur de Cooper force les équipes adverses a bien réflêchir la moindre montée. Une erreur et ca sera sanction. Par contre priver ces deux là de munition de qualité et l'équipe d'Australie aura bien du mal a exister.  

Les absents : faut-il encore en parler ? 

 

Centres : Barnes - Ashley-Cooper. Alors là c'est le gros coup de poker : Giteau sur le banc, c'est le fantasque mais talentueux Barnes qui prend sa place. Stratégie longtemps pénible et difficile a contrer pour les français que celle leur imposant un match avec deux N°10 (Wilkinson/Catt, O'Gara/Staunton, Spencer/Carter, Hernandez/Contepomi). S'inspirant d'un courant fortement britannique, les Australiens vont ainsi tenter de déjouer la préssion mise par la 3ème ligne. Giteau est aussi, il faut le dire, a coté de ses crampons depuis presque 1an et peine a justifier son salaire-sumo de 1M de dollars/an. Pour Ashley-Cooper, c'est une sorte de cube (1m82, 99kilos) qui est là pour aller tout droit. C'est probablement celui qui est le plus limité techniquement  de la ligne d'arrière mais c'est tellement fort autour de lui... 

Les absents : Mortlock, Burke  

 

Ailiers : Mitchell - O'Connor. Ca va vite, c'est puissant et surtout ca à la finition dans le sang. Si O'Connor à un très bon pied et un tel talent qu'à 17ans il était titulaire chez les Wallabies, Mitchell lui a des qualités qui ne sautent pas vraiment au yeux. Mais il est toujours dans les bons coups et ça c'est stupéfiant. 

Les absents : Lote Tuquiri, Wendel Sailor

 

Arrière : Beal. On va résumer la situation comme cela : c'est à l'heure actuel le meilleur Australien et le meilleur arrière du monde au cours de ce mois de Novembre (avec certainement Muiliana et Foden). Lui rendre des ballons et c'est s'exposer de manière systématique a un danger plus que raisonnable. 

Les Absents : Latham 

 

 

Le buteur ? Giteau sur le banc, et malgré une superbe prestation de Barnes (8/9), c'est bien O'Connor qui revient en tant que buteur. Il ne nous a pas encore convaincu dans ce rôle et c'est presque un soulagement de le voir buter plutôt que Barnes. 

 

Le capitaine ? Elsom : sa puissance et son sens du combat en font un capitaine par l'exemple. 

 

La stratégie ? Quelques mots : conservation, rythme et turnovers. Le but des Australien sera simple : imposer un rythme très important, jouer les ballons de récup' a fond et conserver le ballon le plus possible grace à un jeu à 0 ou 1 passe. Leur shéma est simple : balayer le terrain en largeur en imposant deux temps de jeu en z0/1 puis écarter et étirer la défense jusqu'à l'aile opposé, et repartir en sens inverse. On le sait d'avance, on le prévoit, mais c'est très difficile a contrer si l'on subit sur les plaquages. La grande qualité des Australiens est de pousser à la faute les adversaires et de jouer le contre a fond. Attention donc à ne pas se séparer du ballon volontairement (ou non) de facon trop aléatoire sinon la sanction risque d'être terrible. 

 

La clef du match pour les bleus ? Avancer en défense, ne pas se mettre à la faute et ne pas rendre les ballons au pied trop facilement. Si ces trois points sont respéctés en plus des ingrédients habituels (conquête, fondamentaux) alors la victoire est presque acquise.

 

On conclura sur le fait qu'encore une fois, la victoire serait un moyen de concrétiser la tournée sur une note positive. Mais plus encore que le résultat, la manière sera décortiquée, analysée, scrutée et nos chances de devenir champion du monde déjà remise en question par la plupart des "penseurs" (on note ici l'ironie) du rugby en cas de victoire à l'arrachée ou pire, de défaite. 

 

Allez les bleus, faites nous vibrer ! Sinon, a cause de vous, je regarderai avec une pointe de jalousie les Anglais défier les Bocks... 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article