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Les Petites Histoires du Sport

France - Ecosse : la composition du XV du Chardon

2 Février 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

 

Voilà qu'arrivent les troupes de Wallace aux portes de Paris. Ils ont traversé la manche, probablement à la nage, et leur hymne "flower of scotland" va résonner dans mon coeur et me tirer des larmes, moi qui n'ai rien d'écossais.

Leur courage, leur volonté, leur histoire faite de souffrances, de brimades et de violence ressurgit à nous. Dans un tremblement de terre et dans le son des cornemuses d'Edinbourg, entrent sur le pré les gladiateurs écossais. Dans leurs veines coulent le sang des soldats de 14, celui de Wallace, celui des Highlands et des Borders. Ils sont les sujets de la couronne, certes, mais contre leur gré. Ils détestent les anglais encore plus que nous et ils aiment les latins encore plus que nous. Etre écossais, c’est accepter de porter un fardeau inexplicable, issu d’années et d’années de révoltes, de musique et de houblon. Mais si les écossais ont peut-être  tous les maux, si ils ont peut-être toutes les faiblesses et tous les vices, si il y a bien une chose qu’ils ne feront jamais, même le dernier des minables au fond d’une taverne sans nom cuvant son whisky de la veille, c’est de baisser les yeux et d’accepter la défaite. Le symbole de l’écosse est le chardon car même arraché, même brisé, même déraciné, l’écossais pique encore. Que les bleus ne l’oublient pas au moment d’entrer sur le terrain.  

 

Arrière : Southwell.

 

Solide sous les ballons hauts, le parisien d’adoption reste un joueur dangereux, virevoltant mais qui joue avec des œillères. Il a du talent et il le sait alors il ne fait jamais les bons choix quand à ses ballons de relances. Ce travers récurent est encore plus exacerbé en équipe nationale du fait du manque chronique de capacité de franchissement a ses cotés.

 

Ailiers : Walker, Evans.

 

Walker le puissant, Evans la pile électrique. Ils ne sont pas tant craint que cela mais ils ont poussés les frères Lamont en dehors du XV titulaire alors attention a ces deux là. Evans est capable de tout : moins doué que son frère (qui on le rappel a du faire une croix sur le rugby pro), il nous a démontré en 2009 que même Toulouse aux 7 deniers ne pouvait lui résister quand il était en forme.

 

Centres : Ansbro, De Luca.

 

C’est un peu la grande inconnue de cette équipe : comment la paire de centre va canaliser la fougue et la puissance du duo Rougerie/Mermoz. Ansbro est un débutant (première sélection) et De Luca est a peine plus expérimenté (8 titularisations, 19 capes). Le match s’annonce long et difficile mais attention : ce ne sont pas des handicapés du rugby et ils peuvent eux aussi surprendre bien du monde.

 

Charnière : Parks, Lawson.

 

Blair et Cusiter sont dépassés, Paterson et Godman aussi. Parks est le joueur le plus efficace et surtout le plus talentueux de toute l’Ecosse depuis au moins 5ans. Lawson lui a profité de la blessure de Blait pour prendre sa place et ne plus la lachée. Le 9 est l’un des seuls a évolué hors des frontières Ecossaises.   

 

3ème ligne : Kellock, Brown, Barkley.

 

Ce ne sont pas les plus connus (comparés a Taylor, Strokoch, White, Mather) mais ce sont peut-être les plus en forme. Kellock le capitaine est l’un des meilleurs a son poste en Ecosse. Mais globalement, ca manque de talent et surtout de franchisseurs. La 3ème ligne des bleus, sur le papier, est bien meilleure. Le grand absent ? Beattie, grosse révélation du dernier tournoi.

 

2ème Ligne : Gray, Hines

 

Hines c’est l’homme d’expérience, le guerrier, le tueur en phase de conquête. En somme ? Le gros pénible. A ses coté, Gray, présentateur de télé (une émission de rugby qui a duré quelques semaines) dans son pays et accessoirement plus connu pour sa tignasse blonde que pour son jeu, il reste un espoir au poste du haut de ses 21ans.

 

Première ligne : Murray, Ford, Jacobsen.

Il est presque traditionnel de se payer la tronche de la première ligne ecossaise. Trop molle, pas assez solide, trop nulle. Mais cette année, pour la première fois depuis 2 ou 3 ans, les blessures ont épargnés les meilleurs éléments de cette équipe. Le test va être énorme pour les écossais qui vont affronter la meilleure mêlée d’europe (et probablement du monde). Ils auront a l’esprit les récentes joutes au stade de France où jamais il n’ont eu a rougir de leurs performances. Murray le pieux, Ford le dingue et Jacobsen l’expérimenté, voilà un cocktail qu’il ne faudra pas avaler de travers.

 

La physionomie du match ?

 

Les Ecossais vont chercher en premier lieu à annihiler la puissance du pack français. Pour cela rien de plus simple : ils vont déplacer le combat au maximum en occupant loin au pied. Parks est un 10 de choix pour cela. Leur objectif n°1 sera de mettre a mal les français en les faisant jouer sous pression (chandelle, occupation dans les 22).   

Le vrai point faible de cette équipe est énorme : un manque de puissance chronique. L’absence de Taylor, Hamilton, White ou de Beattie est encore plus calamiteuse de ce point de vue là. Ils franchissent rarement (voir jamais) en première main, doivent conserver la balle sur de très long temps de jeu et ont beaucoup de mal a ne pas se mettre à la faute pour stopper les avancés au près de leurs adversaires. Les bleus devront forcer un peu plus sur les zone 0 et zone 1 pour mettre a mal cette défense Ecossaise. Ils jouent souvent en Défense inversé et les espaces seront donc derrières les deux centres. Un petit jeu au pied dosé sera peut être l’arme fatale.

Enfin le point fort : la confiance. Ils sont capables de tout, encore plus depuis cet automne où ils ont vaincus une Afrique du Sud moribonde mais non moins championne du monde en titre.

 

L’homme à surveiller ?

 

Dan Parks. Il a gagné un match ou presque (match nul) à lui seul contre l’Angleterre, a été énorme tout le tournoi et a arraché une victoire a Croke Park contre les irlandais. Barré par Paterson puis par Godman (?!), il est en passe d’être intronisé comme le 10 qu’il fallait a cette équipe d’Ecosse.

 

Le Score ?

 

25-6 pour les France, Essai de Médard et de Rougerie.  Après une première mi-temps accrochée, les bleus virent à la pause menant de seulement 6 points. Au retour des vestiaires les français appuient là où ça fait mal (au près) avant de lâcher les chevaux. Les écossais ne marqueront plus. Le coaching intervient vers la 65ème mais casse un peu la dynamique positive de l’équipe qui finie en roue libre en se faisant quelques fryeurs et en laissant passer l’opportunité de scorer plus. Tout le monde est content et on parlera peu de l’arbitrage.

 

Conslusion : c’est un match d’Homme qui se profile. Epais, dur et pas franchement beau. Mais si les français ne se trompent pas dans l’état d’esprit qui doit les animer, si ils mettent les choses dans l’ordre en imposant un vrai combat dans les zones de rucks, et surtout si ils ne subissent pas autant le jeu que cet automne, alors la victoire sera logique.

 

Allez les bleus !  

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miguelito 03/02/2011 19:34


que dire de plus , à part chapeau Monsieur pour cette analyse . Je suis d'accord avec toi mais rien que pour le défis je pense à : 18 -12 pour la France.


Pierre Ammiche 04/02/2011 00:28



Merci :) 


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Pour le score c'est tout a fait possible mais franchement, je vois mal les écossais accrocher les bleus. Les nouvelles combinaisons des bleus pourrait fragiliser la conquète mais pas au point de
renverser la domination du pack tricolore.


La pire des chose ? Ne pas répondre au combat et croire que l'Ecosse viendra en victime expiatoire.