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Les Petites Histoires du Sport

France - Irlande : le Xv de départ des irlandais

11 Février 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

Le XV de départ: 

 

 

Première ligne : Ross, Best, Healy. 

 

Mis à mal par des italiens toujours redoutables en mêlée, ils s’apprêtent à souffrir une nouvelle fois contre le pack tricolore. Best, seul joueur titulaire évoluant en Ulster est un talonneur solide mais sans génie. Efficace dans le jeu courant, son association a été "chaotique" avec ses sauteurs durant le premier match.

Healy est l’un des tous meilleurs espoirs mondiaux a ce poste du haut de ses 23ans : solide, actif, puissant, il a toutes les armes pour se montrer pénible. On le retrouve un peu dans le même registre que Domingo. Enfin le troisième larron, Ross, est peut-être le plus friable des trois. En grande difficulté 1h durant contre Perugini, il a du s’accrocher presque tout le match pour ne pas imploser. International depuis seulement 2ans, ses 130 kilos ne lui seront pas de trop pour ne pas faire le pop-corn tout le match durant.

Ce trio n’a que peu d’espoir de mettre en difficulté cette équipe de France là, mais attention ! Il y a deux ans, au stade France, la première ligne tricolore pourtant donnée favorite avait souffert et avait concédé un essai de pénalité (en grande partie du à notre ami Best qui venait d’entrer).

 

Deuxième ligne : O'Connell, O'Callaghan

 

Ami de la poésie et du bon gout, passer votre chemin. Ici, on ne fait pas dans le détail. On remue, on éclate, on ventile. Ces deux nounours ne font pas dans la dentelle ni dans le point de croix. Les seuls points qu’ils connaissent, ce sont les points de suture. Deux vrais guerriers qui auraient eu leurs places au temps du rugby de papa. Mais attention, ils ne sont pas que des bouchers : ce sont aussi des vrais leaders de jeu, des joueurs capables de sauter et de gratter, de couvrir des distances impressionnantes et de trouver encore assez d’énergie pour pousser en mêlée. Ce sont deux percherons, certes, mais qui ont quand même du rugby.

O’Connell est le plus connu des deux : leader charismatique de la Red Army (l’équipe du Munster championne d’Europe en 2006 et 2008), il incarne tout le fighting spirit irlandais. Plutôt mourir que de baisser les yeux. Elu meilleur deuxième ligne du monde il y a deux ans, il a depuis connu la blessure et la méforme. Il revient sur le devant de la scène mais sa présence dans l’équipe est bien plus due à son statut qu’à son efficacité du moment. C’est le coté face de ce duo d’inséparables

Son pendant, Doncha O’Callaghan est lui un joueur largement sous-coté. Depuis 1an et demi, il est le meilleur joueur de son club. Toujours dans les bons coups, il n’hésite pas a faire le sacrifice de son corps pour le bien de l’équipe. Il est rompu aux joutes secrètes et aux combats d’avants. Il saute comme un troisième ligne et donne toujours le meilleur de lui-même. Et surtout : il a réussit a se discipliner, lui qui avait tendance à aller toujours au delà de la règle.

Cette deuxième ligne est l’un des gros points forts de cette équipe Irlandaise.

 

 

Troisième ligne : Wallace, Heaslip, O'Brien

 

Heaslip de retour et Wallace toujours présent, l’équipe d’Irlande a quand même du composer avec l’absence de Ferris le franchisseur. Pour compenser ce déficit de puissance, les irlandais ont du faire appel à un petit jeune, O’Brien. Présentation :

Tout d’abord, Wallace. C’est l’équivalent chez eux de Magne ou Betsen chez nous : un joueur qu’on adore, qui est énorme, qui est un vrai leader de jeu, capable de tout faire et de tout réussir. Son profil ressemble étrangement à celui de Georges Smith l’Australien de Toulon. Moins explosif qu’il y a quelques années, il reste l’un des diamants bruts les plus agréable a voir jouer de cette équipe Irlandaise. Il n’aime pas autant aller « au mastic » que certains de ces petits camarades mais si après 15 temps de jeu, certains de ces mêmes compatriotes tirent la langue, lui entre en vitesse de croisière. C’est le poumon de ce pack.

Heaslip, lui, on l’a découvert un soir de tournoi. Un petit 8 d’1m 90, rouquin, qui ne paie pas de mine. Et puis d’un coup, il déchire le rideau défensif bleu, accélère, et passe Poitrenaud d’un cadrage-débordement digne d’un centre. Bonjour Mr Heaslip. Il a poussé Leamy (titulaire au Munster et considéré un temps comme le digne successeur de Foley, une légende du même club et un grand international) et rien que pour ca, il faut lui tirer notre chapeau.

Enfin ce trio est complété par celui que l’on connait le moins et le plus jeune, O’Brien. Souvent repoussé par la défense Irlandais sur laquelle il a eu tendance à s’empaler, sa puissance et son âge, son registre particulièrement féroce et sa capacité a avancer (ou en tout cas a ne pas reculer) n’est pas sans rappeler un jeune Australien, McCalman. Si l’équipe de France canalise ce joueur, l’Irlande devra multiplier les temps de jeu pour déstabiliser les bleus.

 

 

En conclusion : ce groupe d’avant est solide mais doit se dépatouiller des absences cruciales de Hayes, Flannery, Horan et Ferris, soit 4 titulaires habituels. Le gros point fort sera la capacité de l’équipe d’Irlande à enchainer les petits tas, les pick and go et les rucks dynamiques. Ralentir les sorties de balles s’est condamner Sexton a ne pas pouvoir utiliser des ballons propres, nécessaires à cette équipe pour mettre la main sur un match.

Le gros défaut c’est un manque un peu pénible pour eux de puissance, car sans franchissement en Z0-Z1, leur jeu semble se désorganiser et s’étioler. Le gros point faible : le manque de repère collectif, eux qui avait pour habitude d’aligner un pack 90% munsterman… Cette année, c’est un peu plus difficile que les autres années et les bleus voudraient en profiter pour se rassurer contre un grand d’Europe.  

 

 

Charnière : (o) Sexton, (m) O'Leary

 

Une charnière qui se doit de faire du jeu a outrance pour mettre dans le rouge leur adversaire.  O’Leary, ancien joueur de football gaélique (jeu mélant football et rugby, sur des terrains immenses, où l’endurance et la puissance sont aussi importante que la précision au pied), est un neuf très puissant mais surtout très, très endurant. Capable de pousser tout un match, dans un grand jour il peut vraiment peser énormément sur une défense.  

A ses cotés, Sexton. Il a pris la place d’O’Gara en sélection, il a remplacé Contepomi en club. Déjà, ca calme. Et puis surtout, il est capable d’une animation offensive de très grande qualité et est un défenseur accompli comparé à Ronan « je-mets-les-mains-en-avant-je-ferme-les-yeux-et-je-prie-très-fort-pour-qu’un-des-gros-vienne-le-prendre-à-ma-place » O’Gara. Moins doué au pied, moins bon organisateur sous pression, il aime prendre beaucoup de profondeur pour organiser du petit jeu dans sa zone. Si la pression est mise par la 3ème ligne tricolore qui monte très haut sur lui, il risque de se faire un peu dessus. En effet, il déteste jouer sous pression.  

 

Centres : O'Driscoll (cap), D'Arcy

 

On les connait par cœur : le créateur et le mangeur d’espaces. Le feu follet et le bourrin. Le crocheteur et l’emplâtreur. Mais on va quand même revenir sur ce second duo d’inséparables.

D’Arcy c’est le plus latin des Irlandais : crocheteur, virevoltant, tout en appuis. Il est l’incarnation de la créativité insulaire de cette équipe d’Irlande souvent en manque de génie. Il est brillant mais tellement fragile… Pas une saison complète, pas un tournoi sans blessure, pas une tournée sans bobos. Quand il est à 100%, il est brillant. Mais cela fait presque deux ans qu’il joue avec toujours un petit truc de travers.

A ses cotés, le capitaine, le symbole de toute la nation verte : BOD. O'Driscoll est le meilleur marqueur de l’histoire du tournoi de V (puis VI) nation moderne, et un joueur aux stats démentielles : 200 points avec le maillot frappé du trèfle, 108 sélections, 71 capitanats, 43 essais… C’est un joueur au pouvoir d’accélération foudroyant et cela fait maintenant 3ans qu’il n’a pas jouer a fond un match contre les bleus. Rougerie aura fort a faire face à lui.

 

 

Ailiers : McFadden, Earls

 

Rien de génial sur le papier. Murphy n’est pas là, Bowe non plus. Horgan et Hickie en ont fini avec l’équipe nationale et D’Arcy est définitivement un centre. Enfin Fitzgerald glisse à l’arrière et les ailiers de grand talent ne font pas légion en Irlande (au Munster Howlett et Mafi sont titulaires, au Leinster ce sont Horgan et Nacewa et enfin en Ulster Trimble blessé et Danielli l’écossais).

McFadden évolue au Leinster où il tente de prendre le meilleur au quotidien sur Horgan. Il est un tout jeune capé (1 sélection) et essayera de faire oublier l’absence de Trimble.

De l’autre coté du terrain, c’est Earls : petit, râblé, il n’a franchement l’air de rien. Mais ce feu follet est capable de tout y compris d’un exploit. Il joue avec des œillères et aime jouer avec le 13 dans le dos, mais c’est un sacré finisseur et un joueur capable de gagner ses duels. Son physique de fausse victime laisse présager d’un vrai combat entre lui et son vis-à-vis.

Individuellement, les ailiers français semblent avoir plus d’arguments. Mais attention a ne pas prendre de haut ses deux petits gars.  

 

   

Arrière : Fitzgerald  

 

C’est un peu la surprise du chef. Kearney est out, Murphy aussi. Logiquement, O’Gara ou Sexton aurait pu s’y essayer. Ou même Duffy aurait pu être appelé. Voir même Paddy Wallace que l’entraineur adore. Et bien raté ! C’est l’un des meilleurs ailiers/centre de cette équipe qui s’y colle. Capable d’évoluer a ce poste, le joueur du Leinster prouve si il le fallait qu’il est le joueur le plus complet d’Irlande. Déjà très expérimenté ce serait oublier qu’il n’a que 23ans… L’absence de Kearney (l’un des meilleurs 15 du monde) est peut être l’absence de trop pour cette équipe d’Irlande.  


Remplaçants: Cronin, Court, Cullen, Leamy, Reddan, O'Gara, Paddy Wallace

 

On notera la présence de Ronan O’Gara et de Leamy, deux joueurs qui pourraient être titulaire dans bien d’autres sélections. A l’inverse, Cronin, Court, Cullen, c’est vraiment très faible… Enfin Paddy Wallace (10/12 ou 13) et Reddan apporte des possibilités de rotations derrière.

 

L’approche du match ?

 

Alors deux possibilités pour les Irlandais. La première, qui pour moi équivaudrait à un suicide : essayer d’occuper le terrain et laisser la France jouer beaucoup de ballon. La conquête Irlandaise est puissante mais le match (ou plutôt le non match) contre l’Italie a laisser entrevoir des failles jusqu’alors inconnu dans le pack des hommes de Declan Kidney. La seconde : exploiter au mieux tous les ballons de récupération en jouant très vite vers les extérieurs, le tout en ralentissant les sorties de balles mais en laissant l’initiative aux français. L’hypothèse la plus vraisemblable est de voir les irlandais appliquer des consignes simples : combat et occupation. Mais le gros risque est de s’empaler de manière systématique sur une mêlée surpuissante et une touche très pénible. Ils risquent d’y laisser de l’énergie et des plumes quand les français se contenteront d’assurer la défense sur les 2 premiers temps de jeu et d’organiser leur jeu sur des rampes de lancements importantes que sont les touches et les mêlées.

L’Irlande a balayé le terrain de long en large sans jamais trouver de la profondeur à Flaminio. C’est une évidence : ils vont changer leur approche et passer dans du défi plus important dans l’axe. L’Irlande ce sera l’anti-Ecosse.

 

Conclusion : j’espère une victoire bleue mais les Irlandais ne voudront pas inaugurer leur stade par une défaite. Je pronostiquerais un score étriqué et un match de combattant. Score finale 16-8 pour les bleus avec un essai de Servat contre un essai de Earls. La physionomie du match sera plus difficilement abordable cette fois ci dans la mesure où personne ne peut vraiment dire où se situe les verts et où en sont les bleus…

 

Allez les bleus, et bon match à tous !  

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Marie 11/02/2011 13:31


Nous verrons après match pour les pronostiques...