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Les Petites Histoires du Sport

La bourse aux internationaux / Quelle équipe de France pour demain ?

5 Novembre 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Equipe de France de rugby

Un nouveau cycle de 4 ans démarre demain. Et puisque le sélectionneur change et que le staff fait de même, fort est à parier que de nouvelles têtes vont (re)connaitre les joies du maillot tricolore. C’est donc à un exercice que j’adore que je vais me prêter : imaginer le visage du XV de France pour la Coupe du Monde 2015. Pour ce faire, tous les samedis, nous analyserons, poste par poste, le virage que pourrait prendre l’équipe de France dans les mois et les années à venir.

 

Aujourd’hui, nous allons détailler le poste peut-être le plus dense du XV de France : la troisième ligne. Revue d’effectif de ceux qui sont, seront ou ne seront pas en équipe de France dans les prochaines années.

 

Au poste de troisième ligne, ils sont une grosse douzaine à pouvoir prétendre à un rôle chez les bleus. Une fois Thierry Dusautoir naturellement couché sur la liste, il reste donc grosso-modo une dizaine de prétendants. Nous allons les regrouper en fonction de leur registre et détailler rapidement les chances des ces joueurs de figurer en Angleterre. Certains sont des « paris », des valeurs sures ou encore des espoirs.

 

En premier lieu les « Perforateurs ».

 

Ce qui prime chez ces joueurs : la puissance, la capacité à franchir et à faire jouer après contact et de concentrer la défense autour de leurs charges. Le modèle au niveau mondial pourrait être Nick Easter, Sean O’Brien ou Wycliff Palu.

 

Ce profil, rare en France, fait que les solutions ne sont pas extrêmement nombreuses. Elles se résument à quelques hommes : Picamoles, Lakafia, Chabal, Galan, Baget et peut-être Faure.

 

Dans le lot, ceux qui ont le plus à perdre sont évidemment les deux mondialistes. Picamoles et Lakafia sont en effet dans le même registre, avec à peu près les mêmes défauts et les mêmes qualités. Trois cas de figures possible sont alors envisageables : sélectionner un seul des deux jeunes numéros 8, n’en prendre aucun (dans le cas où le profil du numéro huit idéal selon PSA n’est pas ce modèle là) ou prendre les deux (une solution quasiment impossible). Dès lors, Picamoles et son association toulousaine avec Dusautoir pourrait avoir raison de Lakafia. A moins que les automatismes du Biarrot avec Imanol Harinordoquy ne soient plus déterminants dans le choix. En tout état de cause, l’un des deux à de fortes chances d’être présent... L'autre non. 

 

Les deux vrais outsiders sont Galan et Chabal. Si le premier n’a même pas encore de contrat pro, ces performances du début de saison avec Toulouse ont attirés de nombreux regards et ont surtout laissés entrevoir un jeune débordant de talent. Encore un peu tendre, il sera à maturité dans 2 ou 3ans. En attendant, rien n’empêche le sélectionneur de lui donner sa chance très rapidement, quitte à être taxé de « jeunisme ».

Pour Chabal la donne est différente. Ancien joueur de Saint-André à Sale, sorte de rock-star du rugby hexagonal, se passer de Chabal est à la fois difficile vu le passif des deux hommes, et très simple vu les performances actuelles du Francilien (il ne joue pas en étant blessé).

 

Enfin dernière possibilité : faire appel à un inconnu du grand public mais à un vrai et solide numéro 8 en la personne de Florian Faure ou Marc Baget. Une option assez improbable mais Méla, Brugnaut ou encore Montanella ont connus les joies de l’équipe de France tout en étant d’illustre inconnus en dehors des amoureux du Top 14… Alors qui sait ?  

 

 

Le registre de « Plaqueur-Gratteur » ou celui qui concentre le plus de joueur de grand talent :

 

Des joueurs capables d’avancer au plaquage, de provoquer des turn-overs, et doués de capacité au dessus de la moyenne dans le registre du combat. Les références mondiales : Dusautoir, Pocock, Brussow, McCaw. Vous l’avez compris, c’est le rôle du pénible de service.

 

Dans cette catégorie, ultra-dominé par Dusautoir, reste une place à distribuer.

 

Et parmi les prétendants les plus solides, nous retrouvons deux grands espoirs déjà sélectionnés par le passé : Lapandry (6 sélections) et Lauret (1 sélection). Les deux auront bien évidemment une grosse carte à jouer et risque de connaitre une promotion rapide dans l’organigramme du XV de France.

 

Plus expérimentés et plus puissant, deux joueurs se détachent : Ibrahim Diarra, le Castrais au physique impressionnant et Gerhard Vosloo, le clermontois. Si le premier nommé à foulé la pelouse du Stade France contre l’Italie, rien n’assure « Ibou » de faire partie des plans de Saint-André.

A l’inverse, se passer de Vosloo serait certainement une grossière erreur. Phénoménal avec l’ASM, le néo-clermontois s’est déjà dit prêt à jouer pour les bleus malgré le fait qu’il soit Sud Africain.

 

Enfin arrivent trois jeunes troisième ligne plein de talent : Antoine Burban le parisien, Bertrand Guiry le catalan et Pierrick Gunther le toulonnais. Trois jeunes dans un registre similaire (plaqueur-gratteur-impact player), qui se font un nom dans le Top 14. Tous les 3 passés par les équipes de jeunes (-19ans, -20ans), Burban à même connu les joies d’être appelé pour une tournée à laquelle il renonce sur blessure.

Si Guiry semble le plus puissant, et Burban le plus expérimenté, Gunther reste le plus prometteur et surtout celui que connait le mieux Saint-André.

 

Dernière solution : Rémy Martin. Le néo-Montpelliérain est sur la fin de carrière mais son expérience pourrait séduire un staff qui a de grande chance de rechercher de la solidité sur les premières semaines de mandat. Un choix qui serait très surprenant mais qui reste pourtant envisageable.

 

Troisième catégorie de troisième ligne : les sauteurs-coureurs.

 

Utile pour leur mobilité et leur capacité à porter le soutient très au large, ils allient leur mobilité à des vraies capacités aériennes.

Au point de vue mondial, la référence dans ce registre reste Lewis Moody ou encore Sam Warburton.

Ce type de joueur est problématique et ne peut exister qu’à une seule condition : avoir un jouer résolument tourné vers les extérieurs et où le but est avant tout le jeu au large. Dès l’instant où le combat au ras prime sur le reste, ces joueurs n’existent plus au niveau international. Ainsi, ce registre particulier n’existe qu’en Europe, et tend à disparaitre.

 

Le joueur au dessus du lot, c’est évidemment le capitaine Montpelliérain « Fufu » Ouedraogo. Incontournable en club, capitaine des vice-champions de France, il est l’un de ceux qui n’ont pas vraiment eu leur chance au cours de cette dernière année. Homme de base de Lièvremont durant 3 ans, une sortie dans la presse malheureuse et l’émergence de Bonnaire l’ont plus ou moins condamné au banc. Reste qu’il demeure un phénomène physique à son poste (probablement la VMA la plus importante de France) et que Saint-André pourrait s’appuyer sur lui s’il optait pour un jeu tourné vers la zone 3 (large-large).

 

Derrière… Et bien c’est un peu le désert. On notera les bonnes performances de Battut et Vaquin sous les couleurs du Racing, les prestations toujours intéressante de Caballero (sauteur extraordinaire et soutient au large de haut niveau) et enfin les matchs de grandes qualités de Monribot à Agen.

Seulement Monribot n’a pas encore connu le très haut niveau (il compte des sélections chez les espoirs mais n’a jamais disputé un match de H-Cup), Vaquin et Battut reste en concurrence avec d’autres troisième ligne (Le Roux, Galindo, Chabal, Cronje, Leo’ô, Qovu, Lane…) et Caballero a peut-être déjà laissé passé sa chance la faute à une fracture du péroné en 2009. Sélectionné une première fois contre l’Australie en 2008, cette fracture intervient alors qu’il est pressentit pour faire ses premiers pas dans le VI Nations. Le problème : déjà âgé de 29 ans, il aurait 33 ans pour le mondial Anglais. Un âge qui sans être canonique pourrait être problématique.

Enfin un mot sur un espoir du rugby français : Sylvain Nicolas. Rarement titulaire avec le Stade Toulousain (la concurrence étant juste énorme), il reste un joueur au talent rare et aux véritables capacités.

 

Enfin dernière catégorie et non des moindres : celle des joueurs qui savent tout faire. Les « complets ».

 

Capable de sauter, courir, percuter, arracher des ballons, couvrir le troisième rideau, habile de ses mains, c’est un peu le joueur idéal. Poussant parfois le vice jusqu’à jouer au pied et faire des chisteras dans la ligne, ce sont aussi des joueurs polyvalents qui, si ils n’ont pas défauts, n’ont pas non plus de véritable point forts. Ce sont clairement des joueurs capables de tout faire, de le faire bien mais qui restent humain… La référence mondiale ? Jérôme Kaino, James Haskell, Radike Samo.

 

Ici, deux mondialistes tiennent la corde, suivi par deux joueurs qui méritent réellement d’être vu (ou revu) en bleu depuis longtemps et enfin d’un joueur qui a déjà été international mais qui peine à revenir au premier plan.

 

Les deux mondialistes sont évidemment Julien Bonnaire et Imanol Harinordoquy. Titulaires pour les matchs couperets, ils restent deux joueurs incontournables au moment de coucher des noms sur une liste.

 

Derrière deux joueurs à la même hauteur sur la ligne de départ : Yannick Nyanga et Damien Chouly. Si le toulousain est tout simplement énorme depuis trois ans avec Toulouse, une grave blessure au genou l’avait privé d’une bonne partie de la saison dernière. Mais son retour au premier plan et surtout la régularité de ses performances est incroyable. Chouly pour sa part est l’un des meilleurs preneur de balle en touche du championnat, un acteur déterminant des les performances de l’USAP et surtout est en passe de prendre l’ascendant dans la concurrence qu’il l’oppose à Henry Tuilagi. Si Chouly n’a revêtu la tunique bleue qu’à 4 reprises (dont deux fois contre les All-Blacks !), Nyanga lui à connu 25 sélections entre ses 21 ans et ses 24ans. Jamais appelé par Lièvremont qui lui a préféré des joueurs comme Diarra, Lauret ou Puricelli, Nyanga devrait avoir la chance de prendre sa revanche dans les mois à venir.

Puricelli à lui eu bien du mal à digérer sa sélection surprise pour le tournoi 2009. En concurrence avec quelques bons joueurs à Bayonne, il a eu du mal à se fixer à un poste et surtout à rééditer des prestations de grande qualité. Il semble à présent hors course, d’autant qu’il est âgé de 30 ans.

 

En Conclusion :

 

Les cadres vieillissants (Bonnaire, Harinordoquy, Dusautoir) sont encore bons pour le service. Les jeunes qui poussent sont pour certains encore un peu vert et les chances de voir des grands noms exploser dans les 6 ou 8 prochains mois sont faibles. L’équipe de France ne devrait pas connaitre de grande révolution, et ceux qui ont le plus à craindre sont paradoxalement les plus jeunes (Picamoles, Lakafia, Ouedraogo). A l’inverse ceux qui ont le plus à gagner sont des anciens qui n’ont pas encore enterrés tout espoir de figurer en Equipe de France (Chabal, Nyanga, Vosloo). Mais attention : reste à savoir sur quoi va s’axer le XV de France et surtout vers quel modèle Yannick Bru (le très certainement futur entraineur des avants français) va s’orienter.

 

 

L’équipe que j’aimerais voir ressemblerait à :

 

3ème ligne fermée (N°6) : Dusautoir / Vosloo

3ème ligne ouvert (N°7) : Nyanga / Bonnaire

3ème ligne centre (N°8) : Harinordoquy / Chouly

 

Les grands perdants : Lakafia, Ouedraogo, Picamoles

Les grands gagnants : Nyanga, Vosloo, Chouly

 

Les espoirs (-de 25 ans) :

 

3ème ligne fermée (N°6) : Lauret / Burban

3ème ligne ouvert (N°7) : Ouedraogo / Lapandry

3ème ligne centre (N°8) : Picamoles / Lakafia

 

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félix 21/11/2011 15:43

D'abord, je dois que vos articles sont passionnants car je m'intéresse au rugby que depuis peu, je ne connais donc pas tous les joueurs du Top 14 parfaitement. J'attends la suite avec
impatience...

Dusautoir est pour moi plus qu'indispensable; c'est le capitaine légitime, le meilleur 3e ligne aile du monde. Il sera, jusqu'à la coupe du monde, le pilier, le cerveau de cette équipe.

Ensuite, Imanol reste pour moi au dessus des autres, il est tout simplement fantastique... Néanmoins, je doute qu'il puisse aller jusqu'à la coupe du monde, mais il reste indispensable au moins
pour le tournoi... Je crois qu'il ne faut pas le mettre en 8 car il faut préparer un plus joueur plus jeune à ce poste (lakafia..picamoles..) en vue de la coupe du monde..

Pour le poste de 8, je penche pour Picamoles pour sa force de pénétration incroyable.. Lakafia est pour moi encore trop jeune, il n'a pas assez d'expérience.

Vosloo est énorme avec l'ASM, mais ce n'est pas le bon choix pour l'avenir, pareillement pour Bonnaire.

Avec des joueurs d'expérience comme Dusautoir, Imanol, Ouedraogo, Picamoles.. Je pense qu'il faut introduire des joueurs tel que Lakafia, Chouly, Nicolas pour le futur.

Mon choix serait;
Dusautoir Picamoles Imanol
2e choix:
Nicolas Lakafia Ouedraogo

Lapandry ou chouly en cas d'absence...

Pierre Ammiche 21/11/2011 16:14



Bonjour à vous Felix. 


Tout d'abord merci de suivre LPHS. Vous pouvez adhérer au groupe Facebook pour être au fait de tous les articles en temps réel :)


 


Pour l'article : 


La problèmatique est évidemment la densité du poste. A mon sens se passer de Nyanga est un peu fou au vue des performances du Toulousain. Entre lui et Ouedraogo, le choix est Cornélien.  


Ensuite le débat autour du numéro 8 est éternel : un 8 technique, perforateur, sauteur, puissant etc... Je trouve que Picamoles et Lakafia sont dans un registre identique et prendre les deux ne
rime pas à grand chose. Je préferais Chouly qui apporte quelque chose de différent. 


Mais après c'est un avis et à ce titre, je n'ai pas LA vérité. Votre compo est assez intéressante. Un bémol sur Nicolas qui n'a pas encore sa place. Mais il est vrai que Lapandry avait été
appêlée dans une situation qui semble la même. 



teissedre 10/11/2011 17:07


Vosloo pourrait être sélectionnable ???

Harinordoquy ! Que penses tu de ce grand sifflet qui en a fait une pleine page dans midol en critiquant lievremont !??!


Pierre Ammiche 10/11/2011 17:12



Alors oui, Vosloo est sélectionnable. Seul frein ? Son age : 32ans. Il n'a jamais joué pour l'Afrique du Sud et donc pourrait représenter les bleus. 


 


Pour Imanol : je pense que c'est stupide, inutile et surtout que cela salit d'avantage le basque que Lièvremont. La Coupe du Monde est terminé et le seul gars qui vient dire ce que personne ne
veut vraiment entendre c'est lui. Alors entre nous vendre la super bande de copain que rien n'arrête et lancer la guerre médiatique contre le coach... Il aurait mieux fait de fermer sa
bouche. 


 


Ce qui me gène le plus finalement c'est qu'il ne devrait pas se focaliser sur le passé mais regarder tout de suite devant : le BO est en crise, l'équipe de France va bien (chaotique et discutable
finaliste du mondial mais finaliste quand même). En conclusion : Imanol, tais-toi et joue. Quand tu voudras vendre des bouquin comme Chabal, alors là tu pourras baver sur tout le monde...