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Les Petites Histoires du Sport

La bourse aux internationaux : Quelle équipe de France pour demain ? Les piliers

12 Novembre 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Equipe de France de rugby

Après avoir mis en lumière la concurrence au sein de la troisième ligne du futur XV de France, c’est sur son rythme de croisière que LPHS continuent le tour d’horizon de l’Equipe de France. Chaque Samedi, un nouveau poste et de nouvelles problématiques.

Au menu aujourd’hui : les premières lignes. « No scrum ? No win ! ». Poste obscur et joueur méconnus, gros plan sur ce qui, dans l’ombre, font et défont l’issue des matchs.

 

Contrairement à la semaine passée, le vrai problème ici est bien le manque de densité. Beaucoup de très bon pilier mais combien vraiment capable de s’étalonner au niveau international ? Le chiffre est terrifiant : 25 piliers du Top 14 maximum ont un présent ou un avenir en bleu. 

 

On commence notre tour d’horizon des mondialisable avec les piliers gauche, puis les piliers droits et enfin les piliers dit « polyvalents ».

 

Les piliers gauches :

 

Ici, deux catégories schématiques : les mobiles et les puissants.

 

Et on commence par ceux que l’on appellera les piliers modernes : le pilier dynamique pouvant jouer au large tout en restant solide en mêlée. Les grandes références mondiales sont Healy, Mtawarira ou encore Jenkins.  

 

Dans ce registre, deux grands leaders se détachent : Barcella et Domingo. En pleine possession de leurs moyens, les deux sont tout simplement intouchables. Mais Barcella de retour de 1 an sans jouer et Domingo, en voie de faire de même après sa seconde rupture des ligaments du genou sont des joueurs sujets aux graves pépins. A leur meilleur niveau, Barcella avait éclaboussé le monde de son talent lors d’un match contre l’Afrique du Sud mémorable quand Domingo écrasait tout sur son passage au cours du Grand Chelem 2010.

 

Si Domingo était peut-être en train de franchir un Cap et que Barcella semblait légèrement baisser de pied, les deux sont des piliers assez jeune (27 ans pour Barcella, 26 pour Domingo) et surtout capable de revenir à leur meilleur niveau avant le prochain mondial.

 

Derrière ? C’est le désert ou presque. Seul un irréductible Gaulois résiste encore et toujours aux envahisseurs venus de l’étranger. Son nom ? Yannick Forestier. Il méritait de faire le tournoi, il méritait de faire le mondial, il méritait tant… Auteur d’une saison exceptionnelle avec son comparse Ducalcon, il était sans conteste l’un des espoirs les plus prometteurs à ce poste depuis longtemps. Seulement 4 blessures graves consécutives le tiennent éloigné des terrains presque 4 ans et il ne retrouve son niveau impressionnant qu’à l’âge de 28 ans. Une carrière plus ou moins gâchée par les pépins et les coups durs. Oublié par Lièvremont 3ans de suite, Forestier à décidé de se faire opéré des adducteurs pendant le mondial. Il va revenir encore plus fort et gratte déjà à la porte du XV de France.

 

Après Forestier, un autre pilier pourrait surprendre tout le monde : Pierre Philippe Lafond, le pilier de Bayonne. Solide, rugueux, le basque d’adoption à une vraie carte à jouer dans les mois à venir. Spécialiste de la mêlée, il pourrait être une bonne pioche.

 

Enfin un mot avec les jeunes : ils sont trois à avoir à peine signé leur 1er contrat pro mais à déjà faire parler d’eux avec les pros : Kevarec de Montpellier, Dubois de Perpignan et Desmaison de Bayonne. Bon vent à eux en espérant les revoir dans 2 ou 3 ans au haut niveau.

 

Les poutres : solides, très solide, ils compensent leur manque relatif de mobilité par une véritable puissance en mêlée fermée. Les références mondiales : Sheridan, Woodcock ou encore Steenkamp.

 

Dans ce registre, Faure le Clermontois est un peu seul au monde. Si quelques autres peuvent le titiller, il est le seul de moins de 35 ans à pouvoir postuler à un mondial. Sa puissance et sa tenue en mêlée parlent pour lui. 

 

Derrière, deux vieux de la vieille : Emmanuelli et Milloud. Tous les deux sur la fin de carrière (probablement pour 2013), ils n’ont aucune chance de faire partie des plans de PSA. A moins que… Non, à bien y réfléchir, vraiment aucune.

 

L’outsider numéro dans ce registre un peu désuet est un est un joueur discret qui doit faire face à une concurrence féroce : Sébastien Chobet de Montpellier. Passé par l’USAP où il devient champion de France, le Narbonnais de naissance est passé par toutes les équipes de France de jeunes avant de passer pro. Il reste un excellent joueur en mêlée fermée.  

 

Pour conclure sur ce registre un pilier qui monte : Clement Ric. Pouvant jouer à droite et à gauche, son avenir semble pourtant au poste de gaucher. Le jeune clermontois est un nom qu’il va falloir suivre dans les années à venir. Et peut-être dans les mois, vu la blessure de Thomas Domingo.

 

Les piliers droits :

 

Première catégorie : les spécialistes de la mêlée fermée. Unidimensionnel, leur force colossale et leur physique hallucinant en font des joueurs utiles dans les phases statiques (touche, mêlée). Dans jeu courant c’est une autre confiture puisqu’ils sont régulièrement en retard (on ne porte pas 130 kilos d’un bout à l’autre du terrain sans peine). Dans le concert international ? Castrogiovanni, Scelzo…

 

Il y en a un qui mériterait de revêtir le maillot bleu. Un spécialiste du pliage de pilier gauche qui vient de l’autre bout du monde : Benjamin Sa. Le Néo-Zélandais de naissance est sans conteste possible l’un des droitiers les plus rugueux du championnat. Près de 2m pour 140 kilos, ce joueur venu du pacifique est loin de l’être. Reste à savoir si ce genre de profil plait à Saint-André.

 

Derrière lui, deux vieux grognards se font concurrence : Renaud Boyoud et Aretz Iguiniz. Durs au mal et conquérant en mêlée, les deux sont expérimentés, solides et surtout rompus aux joutes du Top 14 avec chacun plus de 140 matchs au compteur. Sans parler de vrais outsiders, leur présence dans la short-list finale est… envisageable.

 

L’avenir du poste est représenté par deux phénomènes physiques : Bourrust et Brison les Catalans. Si Bourrust à déjà 26 ans et Brison 23, la maturité d’un pilier droit est atteinte aux environs de 29 ans. Ils ont donc encore le temps de se bonifier.

 

Second registre : Les droitiers complets. Capable de solidifier à eux seul une mêlée, ils sont aussi capable de se déplacer, de plaquer, d’être au soutient, de lifter. En somme, ils savent à peu près tout faire. Ce sont les piliers modernes par excellence. Les références ? Dan Cole, Franks, Nicolas Mas.

 

Parmi les références mondiales, cela ne vous pas échappé : un Français ! Nicolas Mas est l’un des meilleurs du monde à son poste et sa présence dans le XV de France est presque garantie tant son niveau semble au dessus des autres.

 

C’est donc à ceux qui se trouvent derrière que nous allons nous intéresser. Et on va commencer par les 3 postulants crédibles : Luc Ducalcon le mondialiste, Julien Brugnaut l’ex Munsterman et David Attoub le malchanceux.

 

Si Ducalcon part avec une longueur d’avance, pas sur que son statut d’intouchable perdure une fois le nouveau staff en place. Car la concurrence est rude. En effet, fort de son expérience internationale et surtout la confiance retrouvée, Julien Brugnaut fait figure de grosse côte mais de vrai bonne chance. Transfiguré depuis son passage au Munster, celui qui avait quitté les bleus la queue entre les jambes pourrait y faire un retour fracassant.

Enfin Attoub, un staphylocoque doré (la même chose que le malheureux Benjamin Fall), une suspension de presque deux ans et quelques pépins plus tard, pourrait enfin avoir sa chance pour un tournoi. Sur la ligne de départ Ducalcon est en avance, mais Brugnaut semble mieux placé pour venir casser sur la ligne.

 

Un mot sur les espoirs et sur les jeunes qui montent : Watremez (BO), Tussac (RCT), Arthur Joly et Pelo (Bourgoin-Jailleu) sont les 4 grands espoirs du poste. Si tous ont déjà plus ou moins connus le Top 14, Joly et Pelo eux sont titulaires régulièrement avec leur club de Prod2. Une expérience qui pourrait s’avérer capitale dans les années à venir.

 

Dernière catégorie : les polyvalents. Pouvant évoluer sans plus de peine à droite ou a gauche, ils sont souvent autant un casse-tête qu’une bénédiction pour les coachs. Ils savent tout faire et sont moyen partout. Dans le monde ils sont aujourd’hui peu nombreux à briller dans ce registre : Perugini, Poux…

 

On le sait, Lièvremont a toujours eu une certaine tendresse pour les joueurs appartenant à ce registre. Les vestiges de l’ère Lièvremont sont au nombre de 4 : Poux, Schuster, Baïocco et Marconnet.

 

Jean-Baptiste Poux, révélation du mondial pour la 3ème fois (après 2007 et 2003) semble être celui à qui cette sélection à fait le plus de bien. Explosant aux yeux du grand public, Brad Pitt (c’est son surnom) a été l’un des éléments très positif de cette Coupe du Monde. Se passer de lui semble difficile, tant son niveau à droite comme à gauche est au dessus du lot. Un bon vieux guerrier sur qui Saint-André pourra compter.

 

Du coté des joueurs dont on a jamais vraiment compris l’appel : Schuster et Baïocco. Si le catalan fut d’une tournée et de quelques matchs avec les bleus, sa présence dans le groupe à toujours semblé une sorte de mystère. Un étonnement à commencer par l’intéressé lui même… Son avenir en bleu ? Franchement improbable. Ecarté à Perpignan, le chemin est long pour revenir en bleu.

De son coté Baïocco a été la victime à la destinée la plus cruelle histoire de l’ère Lièvremont. Appelé pour le VI nation en tant que 23ème homme, il ne foulera jamais le terrain en bleu, ne sera plus rappelé et finira la saison un peu à l’envers. Il sera bien sur la photo de l’équipe sacrée et faisant le grand chelem, le tout sans avoir pris part à la moindre minute de jeu. Depuis Baïocco essaye de revenir au premier plan sans vraiment y parvenir.

 

Pour conclure, un mot sur l’espoir du poste : Rabah Slimani. Enorme avec le Stade Français, il semble marcher sur les traces d’un néo-retraité, Sylvain Marconnet.

Quand jouera-t-il en bleu ? Espérons le : au plus vite.

 

 

L’équipe que j’aimerais voir ressemblerait à :

 

Pilier gauche : Forestier / Poux

Pilier droit : Mas / Brugnaut

 

Les grands perdants : Domingo, Barcella, Ducalcon

Les grands gagnants : Brugnaut, Forestier

 

Les espoirs (-de 25 ans) :

 

Pilier gauche : Watremez, Slimani

Pilier droit : Ric, Pelo

 

 

 

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Félix 21/11/2011 16:00

Je crois que la meilleur 1ere ligne possible est celle du grand chelem;

Mas Servat Domingo

Mais malheureusement, Domingo est blessé pour longtemps, j'espère qu'il reviendra à son meilleur niveau..

En attendant, il faut trouver une autre solution.
On est tous d'accord pour dire que Mas est le meilleur pilier droit.

Pour remplacer Domingo je pense que Poux reste la meilleure solution, Forestier étant trop fragile.. Poux est en pleine progression je trouve malgré ses 32 ans.

Pour préparer la coupe du monde, il est nécessaire de convoquer Ric, il est le pilier tricolore d'avenir.

Mon choix serait;

Mas servat Domingo
2e choix;
Ducalcon Szarsewski Poux
3e choix;
Brugnaut Kayser Forestier (ou Ric)