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Les Petites Histoires du Sport

La bourse aux internationaux : quelle équipe de France pour demain ? Les centres...

2 Janvier 2012 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Equipe de France de rugby

Un nouveau cycle de 4 ans démarre demain. Et puisque le sélectionneur change et que le staff fait de même, fort est à parier que de nouvelles têtes vont (re)connaitre les joies du maillot tricolore. C’est donc à un exercice que j’adore que je vais me prêter : imaginer le visage du XV de France pour la Coupe du Monde 2015. Pour ce faire, tous les samedis, nous analyseront, poste par poste, le virage que pourrait prendre l’équipe de France dans les mois et les années à venir. 

Après avoir traité des avants (les piliersles talonneursles deuxièmes ligneles troisièmes ligne), après avoir essayer de passer en revue les demis de mêlée et fait le tour d'horizon des ouvreurs tricolores, aujourd’hui nous allons détailler le poste de centre. Revue d’effectif de ceux qui sont, seront ou ne seront pas en équipe de France dans les prochaines années.


Après les ouvreurs, et la problématique que peut être le fait de n'avoir que quelques joueurs susceptibles de faire la maille, nous allons mettre en lumière un autre poste et surtout une autre problématique : celle de devoir faire un choix parmi un nombre colossal de joueur de talent… 

Pour réussir à faire le tour le plus complet possible du poste de centre, nous allons procéder comme souvent à un étiquetage selon les registres. Si il aurait pu être intéressant de différencier premier et second centre, nous allons donc y préférer des "genres" en raison de la polyvalence croissante des centres du Top 14. 



Et on commence par le registre le moins fourni : les centres "créatifs". Sorte de deuxième 10, ils créent de l'espace autour d'eux, permettent de faire jouer dans les espaces avant contact et surtout font souvent preuve d'une inventivité unique. 

Ils sont deux à répondre exactement à cette description : Maxime Mermoz et Benoit Baby
Commençons par le Catalan. Je ne vais pas être très objectif : Mermoz est mon centre préféré. Capable de jouer 12 ou 13, bon défenseur mais surtout attaquant incroyable, il sait tout faire. Avant contact, après contact, en force, en vitesse… On l'a même vu capable de jouer au pied de manière très efficace durant le mondial. Il est l'un des rares centres français à avoir autant de qualités. 
De l'autre coté, Benoit Baby est un joueur complet, doté d'un jeu au pied très solide, polyvalent. Avec probablement moins de talent que Mermoz mais avec une capacité à faire la différence au moins égale. 
A noter aussi que ces deux joueurs ont fait leurs débuts à Toulouse, sont fragiles comme du cristal et ont tous les deux été dans les plans de Lièvremont à un moment ou à un autre. 
Mais les points communs s'arrêtent là : Mermoz fait figure d'incontournable quand Baby fait figure, pour l'instant, de solution improbable.

Un dernier centre et non des moindres pourrait lui aussi faire parler de lui dans cette catégorie spécifique : Fabrice Estebanez. Plus âgé, puissant, efficace ballon en main, il fait preuve d'un vrai talent. Seulement, Lièvremont a cru plus en lui qu'en Bastareaud, Fritz ou Jauzion… Difficile de croire que Saint-André fasse de même. 



Vient ensuite les centres "mamouthesques". Ici pas de finesse… De la puissance, des coups de tronche et des grandes percussions. On aime ou on déteste ce type de joueur mais que c'est précieux dans une équipe d'avoir un gnome capable de renverser cul par dessus tête les premiers défenseurs adverses ! 

Ils sont quelques uns à se targuer de briser des défenses à la simple force de leur personne. Et on commence par celui qui sort d'une saison au frigo : Matthieu Bastareaud. Si il n'a jamais semblé aussi loin de son niveau d'antan (celui où il renversait 6 défenseurs de Biarritz avant de s'écrouler dans l'en-but), il est là ou il voulait à Toulon. Pas sur que ce soit suffisant mais l'ancien rhinocéros du Stade Français reste un joueur capable de tout exploser. Et défensivement ? Le meilleur à son poste. 

Vient ensuite deux dinosaures du Top 14 et des bleus : Damien Traille et Yannick Jauzion. La vie est étrange… Je me rappel qu'il y a 12 ans à peu près, dans un numéro du feu "RugbyMag", on présentait les deux jeunes qui montaient : Jauzion de Coulommiers et Traille de Pau. Ils étaient l'incarnation du centre moderne : grand, puissant, incroyable sous les ballons hauts, capable de faire exploser les défenses… 12 ans plus tard, rien n'a changé à part leur âge… 
Traille, incontournable au BO, semble moins loin de sa dernière campagne en bleu. Jauzion, remplaçant en club part lui de plus loin. Mais un tel papa pour la ligne de 3/4 serait une chance immense pour les jeunes centres en devenir de l'équipe de France. 

Chez les plus jeunes : Yann David fait figure de monstre. Déjà avec Bourgoin, il écrasait ses vis à vis sans ménagement. Si à Toulouse il n'a pas encore fait la preuve de tout ce qu'il était capable d'apporter, c'est en partie en raison des nombreuses blessures qu'il a connu (fracture de la jambe notamment). Mais un mec aussi puissant, aussi fort, aussi solide au contact ne peut que séduire un sélectionneur en quête d'un centre perforateur. 

L'autre jeunot : Rémi Lamerat… Mais comment juger un joueur qu'on annonce tous les ans comme le futur second centre des l'équipe de France mais qui ne fait pas 5 matchs par saison… Entre la concurrence monstrueuse à Toulouse et sa blessure à Castres, Lamerat tarde à percer. Mais il n'a que 21 ans et par conséquences, rien n'est plié. 



Troisième type : les centres "explosifs". Ils sont capable de dévorer les intervalles, de prendre les espaces à une vitesse impressionnante et surtout sont capable de retourner n'importe quelle situation à leur avantage sur un simple mouvement. 

Et comment ne pas aborder d'entrée le cas le plus épineux pour PSA : le duo Clermontois… Wesley Fofana et Aurelien Rougerie sont tout simplement en concurrence et pourtant tous les deux incroyables… Fofana marche sur l'eau depuis le début de la saison. Il enchaine les matchs exceptionnels et donne du fil à retordre à toutes les défenses qu'il affronte. 
De l'autre coté, Rougerie est un des hommes de base de la dernière Coupe du Monde, est le capitaine de l'une des meilleurs attaque de France et l'un des joueurs qui a le meilleur ratio puissance/vitesse.  
Si Fofana semble partir avec une longueur d'avance (plus jeune, prometteur, plein de talent, capable de tout faire ou presque), Rougerie pourrait figurer dans la liste de PSA pour le prochain tournoi au moins en raison de son expérience. 

Juste derrière ? Un joueur au talent monstre mais humainement discuté ces dernières années : Florian Fritz. Se passer de lui et de son immense talent semble débile… Mais si le débile n'était pas celui qu'on croit… 

Vient ensuite un duo de joueurs qui évolue dans le même registre : Lionel Mazars et Arnaud Mignardi. Deux centres au sang chaud, défenseurs acharnés, mais qui manque parfois de lucidité dans la ligne. Et étrangement, ils ont tous les deux connus les joies d'évoluer en équipe de France… Mais faire appel à eux semble hautement improbable. 

Un mot sur une des révélations de ce début de saison : Thomas Combezou. Evoluant second centre aux cotés d'un autre espoir entrevu l'année dernière (Goeffrey Doumayrou), il explose véritablement cette année. Si l'année dernière il avait fait forte impression avec La Rochelle (<3) il s'est imposé comme l'un des tout meilleurs joueur du MHR 2012. 

Enfin un mot d'un joueur qui enchaine les pépins, Jean-Philippe Grandclaude. Alors oui, il a plein de défaut, il a des oeillères, mais un joueur courageux, explosif et qui mentalement répond toujours présent. 



Pour conclure notre tour de France des centres : les centres "leaders de défense". Ils ne savent pas vraiment quoi faire ballon en main, ils se montrent limité techniquement, mais ils sont tout simplement incontournable pour leurs équipes respectives. 

Et quand on parle de leader de défense, le premier nom qui me vient est celui de David Marty. On peut dire ce qu'on veut de ce mec, on peut penser qu'il est dégueu ballon en main, qu'il enchaine les mauvais choix etc… Mais c'est probablement le meilleur centre défensif du Top 14. Et en équipe de France, il n'a jamais déçu et a toujours su se transcender dans les gros matchs. Un mec solide. 

Ensuite vient le cas Chavancy… Henry Chavancy est probablement le centre le plus prometteur en France. Il est puissant, excellent défenseur, mais surtout il est doué d'un instinct de malade. Oppotuniste, il sait parfaitement lire les combinaisons adverses, les défenses, les courses de ses coéquipiers… Ne pas le voir en bleu en 2012 semble impossible tant il impressionne ces derniers mois. 

Enfin on conclu ce tour de France des 12 et 13 avec un trio : Romain Cabannes, Goeffroy Messina et Thibault Lacroix. Trois excellent joueurs de club, indispensable à leurs équipes mais dont la carrière en bleu semble… compromise. Cabannes et Messina n'ont pas pu jouer en bleu à cause d'une blessure (fracture du sinus pour Cabannes, épaule pour Messina) et seul Lacroix à eu la chance de revêtir le maillot frappé du coq. 



En Conclusion : Dans la mesure où il s'agit d'une approche purement subjective, je vais donc choisir 4 centres qui me semble au dessus du lot. Et mon choix se porte sur Chavancy, Fofana, Mermoz et Fritz. 

Je suis pour tourner au plus vite la page Traille - Jauzion - Rougerie. J'aime ces joueurs. Ils m'ont donnés des frissons, ils m'ont impressionnés, ils ont fait des grands matchs aussi bien en club qu'en sélection. Mais ils sont âgés et surtout les maintenir en bleu serait une façon de tomber dans la facilité. Une sorte de confort : être sur d'avoir des joueurs qui ont le niveau international. Mais seulement dans 1, 2, ou même 3 ans, quand ils auront 36 ou 37 ans, il sera trop tard pour lancer dans le grand bain des petits jeunes. 

C'est pour ça que je suis favorable (je dirais même favorable à mort) pour intégrer au plus vite les jeunes joueurs qui ont déjà connus la H-Cup et y ont brillé. Fofana et Chavancy. Ensuite, deux joueurs qui sont dans la force de l'âge mais qui sont encore jeune et qui seront encore disponible dans 4 ans : Mermoz et sa créativité et Fritz et son explosivité. 3 des 4 de ces joueurs peuvent évoluer aussi bien 12 que 13.

Les perdants : Bastareaud, Rougerie, Traille, Estebanez…

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Marie 02/01/2012 16:17

Oui place aux jeunes qu'ils nous donnent du rêve comme leurs aînés..