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Les Petites Histoires du Sport

La double Interview surprise : entretient avec Laurent Blasczak et Mario Fahrasmane

14 Mai 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Planète Nba

 On commence cette double interview par un entretient avec l’un des vaincu du jour, Laurent Blasczak.

Joueur de Toulouse, vice-champion du monde en titre et finaliste du championnat de France, Laurent a très gentiment consacré du temps à votre Blog adoré dès la sortie du match, et ce malgré sa déception légitime. Avec lui, nous allons revenir sur le match du jour, sur l’équipe de France et abordé un brin la politique, sujet important et délicat pour le handibasket.

 

LPHS : Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter à nos lecteurs ?

 

Laurent Blasczak : Je m’appel Laurent Blasczak, J’ai 28 ans depuis très peu de temps, je suis membre de l’équipe de France depuis 5ans, et je pratique le Handibasket depuis 2003 à la suite d’un accident de saut en parachute, un accident de travail puisque j’étais alors employé par l’armée.

 

LPHS : Aujourd’hui tu es le 4ème meilleur marqueur dans ta catégorie de handicap, et on ta vu essayer de prendre le jeu à ton compte sur la fin du match, est-ce que c’était fait de manière consciente ou pas du tout ?

 

L.B : Je ne pense pas vraiment avoir « pris le jeu à mon compte », étant donné que le match est plié, ca fait déjà un petit moment. C’est vrai que j’ai le ballon dans les mains, que je me suis peut-être privé de shoots ouverts que j’aurais pu prendre, et que j’aurais d’ailleurs probablement pris en championnat. Là je me suis dit… Je ne sais pas. Je n’ai pas pris mes responsabilités en début de match et j’ai essayé de le faire sur la fin. Malheureusement ça n’a pas payé. Et de toute façon même si ca avait payé, je ne pense pas que ça aurait radicalement changé le match.

C’est vrai que c’est difficile : on essaye de faire du bon boulot mais comme dans tout sport d’adresse quand tu es maladroit… tu perds.

 

LPHS : Et tu as eu le temps de regarder tes stats de ce soir ?

 

L.B : Non pas du tout. Je les connaîtrait largement, elles vont être catastrophiques…

 

LPHS : Tu signes un double-double (13 rebonds 12 points) tout de même…

 

L.B : Peut-être mais j’aurais pu mieux faire. Après il faut dire qu’on sort de deux matchs très difficile ce week-end contre Le Canet pour la qualification pour les Play-Offs et il est vrai que mon équipe et moi on a fait des matchs beaucoup plus complets par le passé. Je ne dit pas qu’on avait pas envie de gagner, on avait très envie de gagner. Mais le manque de rotations a payé en fin de match. On a pas eu beaucoup de repos, on a joué Samedi et Dimanche, tout comme Meaux, mais leur banc plus fourni que le notre a permis qu’ils terminent un peu mieux le match.

 

LPHS : C’est vrai qu’on a pu encore voir ce soir que Meaux joue à 12…

 

L.B : Oui ils jouent clairement à 12 et je tiens à préciser qu’ils jouent avec un abattement d’un jeune étranger qui n’est pas « nécessaire» à ce niveau là . Ca c’est une parenthèse personnelle.

 

LPHS : Mais en tout cas c’est dit. Pour en revenir à ce match, on t’a vu comme souvent en équipe de France faire tout le match. Est-ce que pour toi, d’un point de vue individuel, cette saison devient difficile  avec l’enchainement des matchs, les longs déplacements etc…? 

 

L.B : C’est vrai qu’il ne faut pas se le cacher : déjà on n’a pas des entrainements professionnels, on n’a pas un rythme professionnel. Maintenant, 2 entrainements par semaine, c’est vrai que parfois ce n’est pas assez mais cela permet de se reposer. Mais en ayant joué presque tous les matchs de la coupe d’Europe 40min, en enchainant sur les matchs de Play-off, 40min, en enchainant encore ce soir 40min, en sachant qu’on part du 20 au 30 avec l’équipe de France, et là ca risque d’être rebelote pour des matchs de 40min…c’est vrai que ca devient très dur d’assumer 40min à tous les matchs.

Maintenant le jeu fait qu’on est appelé à jouer 40min, on essaye de se donner le maximum sur tout le match.

 

LPHS : Par rapport à ce professionnalisme dont tu abordes un peu la question, pour toi en France, le professionnalisme est-il envisageable à court terme ?

 

L.B : A court terme ? Je ne vois pas l’intérêt, tout simplement. Avoir le statut de professionnel n’est pas une fin en soi. Je sais qu’il y a des choses mises en place en amont par la fédération, un peu comme au Pays-Bas où des écoles de handibasket sont montées, avec des jeunes qui y sont formés. Quand ces jeunes arrivent au stade de leur formation, ca va être plus facile pour eux, ils vont avoir un rythme beaucoup régulier que le notre.

 

LPHS : Toujours sur les jeunes et la formation, dans une interview récente, Mario Fahrasmane, le manager des bleus, avait dit que les nouvelles générations avaient du mal à arriver au plus haut niveau notamment du fait qu’ils avaient tendance à se tourner vers des handisports plus « facile » ou en tout cas qui payaient plus vite. Est-ce que toi aussi, tu sens qu’il y a un manque de renouveau dans les effectifs ?

 

L.B : Il y a aussi un autre gros problème, c’est qu’il y a beaucoup de disciplines qui se crées. A savoir que sur Toulouse ils sont en train de développer le hand donc il faut pas se voiler la face, ca fait beaucoup de basketteur qui sont un peu mis de coté, qui n’ont pas trop de temps jeu, les mecs vont avoir tendance, et moi aussi, a choisir la facilité, a partir dans un sport où on me dit « vient chez nous tu es sur de jouer » parce qu’ils sont pas assez etc…

Maintenant je pense que le mec qui est très motivé, même si il n’a pas le niveau tout de suite, et je le vois avec beaucoup de jeunes, si il persiste à un moment donné ca paye. Après les mecs qui débarquent et qui prétendent jouer 40min, qui n’ont rien prouvé… Moi le premier, je n’ai encore rien prouvé à mon niveau : il faut bosser, continuer à bosser et il faut récidiver surtout. Même en faisant des finales et en les perdants, moi ça fait deux années de suite, ou en étant vice-champion du monde qu’on devient un grand.

 

LPHS : Justement on en vient à cette équipe de France, avec un parcours superbe aux championnats du monde jusqu'à une finale où vous tomber sur une équipe d’Australie qui sans être injouable a été très dure à jouer. Vous éliminer deux des favoris, l’Italie et Grande-Bretagne chez elle. Est-ce que pour vous cette performance est-ce un coup d’un jour ou est-ce que vous nourrissez des ambitions pour les JO et vous vous sentez capable de rééditer ce genre de performances ? 

 

L.B :  C’est compliqué de répondre… Il faut savoir que des nations, notamment le Canada, vont prendre leurs meilleurs joueurs… C’est vrai aussi que c’est compliqué pour nous parce que l’effectif, on ne sait pas ce qu’il sera pour les championnats d’Europe et a fortiori pour les JO. Maintenant, on a un bon groupe, on a des bonnes bases pour essayer de créer des surprises.

 

Pour revenir sur cette finale, on était à 3pts à deux trois minutes de la fin. Je ne pense pas que les Australiens étaient largement meilleurs que nous : ils étaient un cran au dessus c’est certain, mais on n’était pas si loin. Je pense qu’on aurait pu perdre, on aurait du perdre, parce que la logique « voudrai que », mais on a fait un très beau parcours et on aurait mérité de terminer sur une meilleure note. Après on a fait des choix, les coachs ont fait des choix, on a décidé de shooter à 3pts sans concrétiser, peut-être que si on les rentres on gagne une finale de championnat du monde... on ne le saura jamais.

 

LPHS : D’ailleurs en parlant de ça, on vous a vu beaucoup shooter au mondial, peut-être la nation qui prenait le plus de shoot par match sans grande réussite.

 

L.B : C’est du aussi a notre statut d’amateur. On joue contre des mecs qui s’entrainent tous les jours. Maintenant, je trouve que pour des amateurs, on est loin d’être des rigolos. Il y a beaucoup de gens qui nous envie de ce qu’on fourni : en étant amateur on arrive à être vice-champion du monde…

 

(Nous nous faisons virer du terrain par un technicien du POPB pour qu’ils puissent ranger le matériel très vite.)

 

LPHS : A nouveau sur les clubs : on voit que depuis 10ans, Hyères Toulouse et Meaux écrase absolument tout. En gros, pas un trophée n’échappe à Hyères Toulouse ou Meaux (NDLR : cette année non plus, la finale du championnat de France opposant Toulouse et Meaux…). Est-ce que vous sentez une forme de lassitude des autres clubs ou un regard particulier des autres clubs ?

 

L.B : Non pas du tout. Et on a eu des surprises cette année : Le Canet, très, très belle équipe, qui recrute en plus, Bordeaux, qui avait recruté pour cette saison… non, on a un très bon championnat. Une lassitude je ne pense pas, parce que pour nous ça été compliqué, comme pour Meaux. C’est un peu toujours les mêmes, c’est vrai, mais je pense qu’il va y avoir des surprises dans les années à venir.

 

LPHS : Donc pour toi le championnat n’est pas fermé ?

 

L.B : A non, pas du tout au contraire. Hyères c’est fait très peur cette année et a faillit ne pas intégrer les PO… Après on est 5 grosses équipes, une sixième peut toujours faire la surprise. Mais il faut négliger personne : nous les premiers à Cap SAAA on a gagné de justesse (NDLR 77 à 81), St Ouen c’est pareil, donc non le championnat n’est pas fermé.

Après c’est vrai qu’on est peut-être plus régulier.

 

LPHS : Dernière question : qu’est ce qu’on devrait faire pour voir le handibasket se développer et pour que dans les années à venir Bercy soit plein ? 

 

L.B : D’abord de la communication. Mais je pense qu’au Handibasket on ne remplira jamais les salles parce que d’abord on n’a pas la culture basket. On a vu avant la finale de la coupe de France Junior, il n’y avait pas plus de monde. On a de la chance de jouer contre Meaux qui sont a coté sinon il y aurait pratiquement personne. Donc il faut se poser la question : est-ce que c’est réellement intéressant de jouer à Bercy…

 

LPHS : Oui, nous précisons à nos lecteurs qu’il y a eu un débat : valait-il mieux jouer dans une petite salle pleine ou dans une grande salle vide. 

 

L.B : Je ne suis pas certain que jouer ici soit si important que ça. Bercy c’est vrai c’est une belle salle mais elle représente rien pour nous. On est invité une fois par an et regardez, le match est fini depuis 5 min et il nous vire comme des malpropres… Ca fait trois ans que je viens, et honnetement, ca me fait c… d’être là.

 

LPHS : Et donc pour toi on devrait organiser cette finale où ?

 

Pour moi c’est simple, un peu comme ca c’est fait sur d’autre compétition : terrain neutre au milieu de deux ville.

 

LPHS : Et bien merci Laurent et on te souhaite bon vent pour la finale du championnat de France à venir.

 

 

Après la douche c’est au tour d’un des personnages majeurs du handibasket français de se présenter devant le micro des petites histoires en la personne de Mario Fahrasmane. Symbole d’humilité et de pragmatisme, c’est lui aussi avec une grande disponibilité qu’il nous a accordé une longue interview dans la salle désormais vide du POPB.

 

LPHS : Bonjour Mario. Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

 

Mario Fahrasmane : On va faire bref : je m’appel Mario Fahrasmane et je suis capitaine de l’équipe du CS.Meaux.

 

LPHS : Si on va un peu plus loin, tu es aussi manager de l’équipe de France…

 

M.F : Effectivement, j’ai des fonctions auprès de l’équipe de France en tant que manager et je suis membre du comité exécutif de la fédération internationale.

 

LPHS : Ca n’est quand même pas rien donc on va en parler. Mais avant on va d’abord revenir sur le match. Une belle victoire, un trophée de plus…

 

M.F : C’est un trophée de plus, c’est une belle victoire dans le sens où on a joué l’année dernière contre cette équipe de Toulouse et il y avait eu un écart plus conséquent. Là c’était plus serré, plus tendu, en sachant que ces deux équipes vont se rencontrer à nouveau en finale du championnat de France. Ce sont deux équipes qui se connaissent. Le seul petit bémol, c’est qu’on a eu un temps d’échauffement relativement court ce qui fait qu’on a eu du mal à rentrer dedans, ce qui a fait un début de match un peu chaotique, avec pas mal de maladresse.

 

LPHS : Et globalement un début de match très serré, puisque jusqu’à la mi-temps la décision n’était pas faite.

 

M.F : Oui voilà, c’est un autre intérêt de ce genre de match un peu serré. Nous on préfère les matchs comme cela. Ca permet de voir qu’elle équipe à le plus de ressources. Mais effectivement, même si on a pas été au meilleur niveau de ce qu’on pouvait montrer, pour le public un match accroché c’est tout de même plus intéressant.

 

LPHS : Pour en revenir à ces fameuses « ressources », on a pu voir que vous disposiez d’un banc très conséquent. En comparaison Toulouse a joué avec un banc à 8. Cela joue-t-il vraiment sur des finales ?

 

M.F : C’est vrai que la profondeur et la richesse de notre banc nous permet d’avoir des rotations que toulouse n’a pas, et a un moment ou un autre, dans les moments importants cela peut faire une petite différence. Ca n’est pas cela qui va nous faire gagner, mais c’est vrai que 8 joueurs contre 9-10 cela peut peser.

 

LPHS : C’est clair. Et quand on a un Nazif Comore à 25points 17rebonds ça aide aussi.

 

M.F : Oui voila c’est ca. C’est un grand, il est adroit, on travaille pour le mettre en position. Ca nous libère de la marque : si un joueur est adroit autant en profiter. Et en même temps il accapare deux joueurs, il est capable de ressortir les ballons et redistribuer le jeu en libérant d’autre joueurs.

 

LPHS : Moi j’ai une question un peu plus personnelle : est-ce qu’il te reste de la place dans ta vitrine pour tous ces trophées ? (NDLR : Mario à l’un des plus beaux palmarès français de tous les temps en tant que joueur, en ayant tout gagné sur le plan continental depuis presque 20ans).

 

M.F : Cela va peut-être paraitre bizarre, mais je n’ai pas de vitrine. Je pars du principe que je fait partie d’une équipe, et c’est l’équipe qui gagne des trophées ça n’est pas moi. Je suis juste un pion ou plutôt un maillon de cette grande chaine mais c’est l’équipe qui gagne, moi je fait simplement partie de ceux qui aide l’équipe a gagner.

 

LPHS : Bien sur c’est un sport collectif avant tout, mais ca commence à faire un palmarès bien épais quand même…

 

M.F : J’ai le même palmarès que l’équipe a peu de choses près. Moi je ne « suis » pas l’équipe, j’en fais simplement partie.

 

LPHS : Pour en revenir à l’équipe de France, on a vécu une campagne de l’équipe de France aux championnats du monde qui était quand même extraordinaire, peux-tu nous en parler ? 

 

M.F : Oui, extraordinaire, inattendu, mais on essaye d’avoir un discours avec les joueurs et le coach, Franck Belen pour bien déterminer le rôle de chacun dans l’équipe et pour ne pas penser que un statut de vice champion du monde donne automatiquement une place aux JO. Pour cela il faut être performant à chaque match et tout remettre en cause à chaque fois.

Pour cette campagne on a bénéficié d’une bonne dynamique, on a pu bénéficier aussi d’un peu de facteur chance. On a un championnat d’Europe qui se profile et il ne faut pas croire que notre place est assurée.

 

LPHS : Je vais te poser la même question que celle que j’ai posée à Laurent Blasczak : pour toi est-ce que cette campagne 2010 est quelque chose de réalisable à nouveau ou est-ce un coup sans lendemain ?

 

M.F : Non ca n’est pas un coup sans lendemain.

 

LPHS : Je me permets cette question puisqu’on a vécu la même situation en 2004 où la France avait été plutôt bonne aux « Europes » mais était passé au travers de ces JO d'Athènes (La France n’ayant pour la première fois de leur histoire pas su se qualifier en 2008, la question portait sur la période JO précédente).

 

M.F : L’équipe de France à été très forte pendant des nombreuses années mais c’est vrai que depuis Athènes en 2004 on a été au creux de la vague. Cela fait partie d’un cycle : il y a des cycles où on va être très fort puis il va y avoir des renouvellements de générations de joueurs, il faut tout remettre en place. Mais je pense que c’est quand même un « coup » qu’on a réussit à Birmingham (Ndlr : le lieu où se déroulaient les championnats du monde) mais qui a pu être possible a partir du moment où les joueurs se sont rendus compte que ce qu’on leur demandait était possible. C’est vrai que c’est difficile quand on est habitué à jouer un jeu assez stéréotypé et qu’un entraineur apporte d’autre choses, a partir du moment où les joueurs se sont dit « oui, on tenter de le faire », là ca été un déclic, ils ont adhérés au projet de jeu et cela a rendu les choses beaucoup plus faciles.

 

LPHS : Par rapport à ce renouvellement de génération, on a pu lire une des tes interviews faite il y a quelques années maintenant, où tu disais qu’il y avait un creux générationnel, une sorte de vide, qui s’expliquait en partie parce que les jeunes handi préféraient se tourner vers des sports plus « faciles ». Est-ce, pour toi, toujours le cas ?

 

M.F : Alors c’est vrai qu’il y a eu cette période où les jeunes se tournaient vers des sports plus porteurs et plus accessibles comme le tennis ou l’athlétisme. Déjà ce sont des sports individuels donc déjà « chacun pour soi » ce qui permet d’avoir parfois plus de sponsors, plus de moyens alors que dans un club c’est plus délicat.

 

LPHS : Et le fait de s’intégrer dans un collectif c’est toujours plus difficile…

 

M.F : Il y a ça et aussi l’envie d’intégrer un collectif très vite même sans avoir fait ses preuves notamment à l’entrainement. Si je compare avec le handibasket que j’ai connu à mes débuts, un joueur qui commençait, pendant de longs mois, parfois même des années, il apprenait.

 

LPHS : C’est ce qu’on a pu voir avec Luigi Makambo ce soir qui a joué les 48 dernières secondes, avec le ballon dans les mains au moment du buzzer et le privilège de lever la coupe.   

 

M.F : Voila. Moi quand j’ai commencé je n’ai vu que le banc de touche pendant deux ans. Soit je continuais soit j’arrêtais. Mais on apprend beaucoup de choses sur la touche, à l’entrainement également. Ca m’a servi pour la suite et je n’ai pas connu la frustration que certains peuvent connaitre sur le banc de touche.

 

LPHS : Oui, même si, sans vouloir dire ton âge, cela fait quelques années que tu es là, donc je peux imaginer que le remplaçant qui a été derrière toi peut connaitre une certaine forme de frustration. (a titre d’information, Mario était déjà membre de l’équipe de France A en 1993).

 

M.F : Aujourd’hui c’est moi le remplaçant donc…

 

LPHS : Oui, aujourd’hui. Mais ton rôle va au delà du simple rôle de joueur.

 

M.F : Oui, il parait. Mais ca n’est pas moi qui me donne ce rôle là.

 

LPHS : Oui évidemment tu ne vas pas t’autoproclamer papa du groupe. Et d’ailleurs par rapport à l’entente au sein de ce groupe, on sait que Roger Deda et Audrey Cayolle font partie de l’équipe de France. Est-ce que tu vas entretenir des relations « spéciales » avec eux dans la mesure où en bleu, tu n’es plus leur coéquipier ?

 

M.F : Et bien en fait, je ne suis pas du tout la même personne quand je suis en club ou quand je suis en équipe nationale. Quand je suis en club, je suis un joueur au même titre qu’eux. Par contre quand je suis en sélection j’ai un autre rôle, un autre statut, chacun respect son rôle.

 

LPHS : Donc pour toi ça n’affecte pas vos relations ?

 

M.F : Pour moi, on arrive à faire la part des choses.

 

LPHS : Pour en revenir un peu au match mais plus précisément au public, aujourd’hui on avait un public largement pro-meldois. Est-ce que pour toi le public change quelque chose ou est-ce que sur le terrain cela ne vous change rien ?

 

M.F : Pour moi, cela ne change pas grand-chose. Quand je suis sur le parquet, je suis dans mon match. Après je pense qu’inconsciemment, sur certaine personne, cela peut apporter une énergie supplémentaire. Mais on est a Bercy, pour nous, étant de la région parisienne, c’est quand même beaucoup plus facile que par exemple pour les Toulousains. A un moment ou un autre, ca peut quand même aider.

 

LPHS : Et pour toi tu es plutôt pour ou contre le fait de jouer à Bercy (retour sur le débat qui a opposé les partisans de jouer dans une petite salle pleine face à ceux qui souhaitaient faire jouer cette finale dans une grande salle qui sonne un peu creux) ? Pour toi jouer à Bercy cela représente quelque chose ou aurait-tu préféré jouer sur terrain neutre entre Meaux et Toulouse ?

 

M.F : Disons que Bercy c’est une salle prestigieuse. Et le coté positif ce que la FFBB nous intègre dans ses programmes. Les choses se font petit à petit. Avant on jouait à 18h, maintenant on joue à 21h ce qui permet d’amener plus de monde. En plus cette année il y a eu une campagne publicitaire et « marketing » qui a été plus présente. Mais le seul bémol, par rapport au niveau qu’on essaye d’avoir, on est encore un peu en retrait. Il ne faut pas se leurer, les choses ne sont feront pas aussi facilement. Mais le fait d’être à Bercy cela fait parler de notre sport au plus grand nombre et on a tendance à nous voir de plus en plus comme des athlètes handicapés plutôt que comme des handicapés qui font du sport.

 

LPHS : Et c’et très important dans la mesure où le handicap est transcendé par le sport. Dernière question, qu’est ce qu’on peut souhaiter à l’équipe de France pour les mois à venir ?     

 

M.F : Pour l’équipe de France, de continuer sur cette dynamique du mondial mais qui a été instauré deux ou trois ans avant. C’est un travail qui met du temps a porter ses fruits mais qui fini par payer, on l’a vu. En espérant continuer comme ceci et avoir une génération de joueurs plus jeunes qui intègrent l’équipe. Et si je ne trompe pas il y a également un projet de sport-étude handibasket ce qui permettrait d’avoir des jeunes qui vont a l’école, évidemment, mais qui s’entrainent tous les jours : il n’y a pas de secret, plus on joue, meilleur on est.

 

LPHS : On en parlé un peu avec Laurent, il y a des pays comme les pays bas où dès le plus jeune âge, il y a des jeunes qui intègrent des sport-études.

 

M.F : Oui, les Pays-Bas, c’est clairement un exemple à suivre en matière de sport-étude et du point du matériel, des salles etc… C’est un pays dont on va certainement entendre parler très vite.

 

 

 

Je tiens évidemment à remercier très chaleureusement nos deux vice-champions du monde, Laurent Blasczak et Mario Fahrasmane pour leur sollicitude et leur disponibilité au sortir d’un match aussi intense.

Un grand merci aussi a Mlle Wagner, kiné de l’équipe de France sans qui rien n’aurait été possible.

 

A noter enfin  que les journalistes ne se bousculaient pas spécialement autour de moi… A croire que voir une finale entre deux des monstres européens avec pas loin de 10 vice-champions du monde dans une salle mythique passe après n’importe quel transfert de seconde division française de foot sur l’équipe.fr.

 

Amitiés sportives

 

Pierre 

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martine 22/05/2011 11:51


il n y a qu un mot a dire bravo aux deux sportifs ..et un grand merci a Pierre


Pierre Ammiche 22/05/2011 12:57



Merci de votre commentaire. C'est comme toujours un plaisir. 


 


Pierre 



Marie 14/05/2011 17:34


Super la touche de fin me prouve encore que tu fais dans la finesse.Et quel abnégation de la part de ces 2 hommes.