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Les Petites Histoires du Sport

Le crunch cru 2011 est servi !

24 Février 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

France-Angleterre : la présentation d’un match à l’odeur de souffre

 

Avant propos :

 

Et bien ca y est, on y est ! Le grand duel. La rencontre ultime entre les deux cadors du rugby européen. On ne fait pas mieux depuis 20 ans sur le vieux continent. Si les gallois ont brillés dans les années 70, si les irlandais ont tout gagné en 2009, si les Italiens et les Ecossais se morfondent depuis deux générations dans les limbes de l’incertitude ovale, les rosbeefs et les froggys dominent de la tête et des épaules le rugby au nord de l’équateur.

Ces deux équipes sont infiniment semblables : toute deux véhiculant des valeurs séculaires de combat et d’honneur, toute deux jouissant d’un amour ou frappée d’une haine quasi institutionnelle de part et d’autre de la Manche, toute deux jouant la même valse sur la même piste de danse. Et pourtant toute deux si différentes, antinomique, contradictoire. La France et l’Angleterre où l’idylle impossible entre deux nations qui aiment se détester.

 

L’enjeu de ce match:

 

L’enjeu est à la fois simple et prismatique : en premier lieu, s’assurer la suprématie européenne et jouer encore le “Big slam” une année de coupe du monde. En bonus ? Prendre un avantage psychologique certains face à tous ses futurs adversaires en mettant à terre une bête craint de presque tous. Enfin, remporter le tournoi et ajouter une ligne toujours valorisante à son palmarès déjà conséquent.

 

En somme: gagner un glorieux trophée, marquer les livres d’histoire mais plus encore marquer l’esprit du perdant de ce match au fer rouge.

Ce match aura l’effet d’un miroir grossissant : une victoire exacerberait les qualités, une défaite les défauts. 

 

Les protagonistes: 

 

A ma droite, le challenger. L’Angleterre : deux finales de coupe du monde, un titre mondial en 2003, le plus gros palmarès dans le tournoi des III, IV, V puis VI nations. Des joueurs de légende au service d’un jeu au pragmatisme implacable. La subtile alliance du sérieux flegmatique britannique à la fougue et à la folie débridée des anciens membres des colonies du Commonwealth. Une arrogance proverbiale, un regard droit et fier indéfectibles. En gros : tout le monde les déteste, et eux, en réponse, n’aiment personne. Ils sont les ennemis héréditaires de tous les participants du VI nations, se nourrissent mal, boivent du thé et font la fête du vendredi au dimanche sans décuver. Enfin, ils habitent sur une ile, prêtent allégeance à une couronne et pourraient mourir pour des raisons qui nous dépassent.

 

A l’heure actuelle ? Peut-être la seule nation européenne en mesure de défier les sudistes. Un fond de jeu articulé autour d’une conquête terrifiante de puissance et de mobilité, une capacité génétique à tenir la beuchine sur des temps de jeu interminables et un entraineur à l’expérience inégalable. Cette Angleterre là, c’est le méchant Ogre lâché de la forêt des gentils poneys : ils écrasent, fracassent, explosent et broient toutes les défenses adverses. Ils dévorent leur opposant sans jamais forcer, gagnent leurs duels sans même se faire violence, étirent les défenses les plus solides du monde. Cette équipe est en grande forme, fait peur et surtout fait très mal. Attention, face au XV de la rose, ca va piquer !

 

A ma gauche, le champion en titre. La France : elle aussi deux finales mondiales mais aucun titre. Une équipe d’une classe folle et dont l’histoire rugbystique est marquée par la présence de joueurs racés et uniques. Une formation aussi imprévisible et changeante que l’humeur d’une belle femme, capable des plus beaux exploits comme des plus lamentables échecs. Une nation où la richesse et la diversité des régions dans lesquelles l’ovalie à eu le bonheur de s’implanter en fait l’un des rugbys les plus durs et les plus inventif du monde. Comme une énième bravade à l’encontre de ces maudits anglais, c’est le plus loin possible des frontières britannique que le sport né de l’imagination de William Webb Ellis s’est implanté : le rugby sera au sud de la Loire ou ne sera pas… Ils sont aimés des latins et des écossais, pris de haut par tous les Anglo-Saxons. Ils sont le poil à gratter de l’IRB. Ils sont paranoïaques, de mauvaise foi, vantards, pingres et parfois même stupides. C’est le seul pays où la politique sportive prend le pas sur le sportif lui même, le pays où l’on peut parler des heures pour ne rien dire et où l’on peut boire toute la semaine au moindre prétexte. Ce pays c’est le notre, on l’aime et nous aussi, nous pourrions mourir pour des choses que personne d’autre ne comprendrait…    

En 2011 ? Cette équipe ne fait plus peur à personne. Après un grand chelem mérité mais tellement insipide, les français ont juste pris 4 de leur plus grosses « branlées » (C’est Chabal qui l’a dit) : Afrique du Sud, Argentine, Nouvelle Zélande et Australie. Toute historique (record de points encaissés) et balayant sans coup férir la moindre petite certitude. Heureusement, le patient est en rémission. Le projet de jeu bringuebalant depuis 3ans à peut-être enfin trouvé sa cohérence, les hommes de bases sont de solides gaillards dans la fleur de l’âge et les victoires s’enchainent. Seul bémol : les adversaires sont trop souvent encore plus minable que nous, les victoires sont laborieuses et pénibles et les certitudes sont presque nulles à seulement 5mois de la coupe du monde. Mais, et les anglais le savent mieux que quiconque, cette équipe de France adore ça : être « impredictable ». Aborder une coupe du monde la peur au ventre et incapable de savoir qui va faire quoi, cela serait juste inconcevable dans le petit esprit étriqué d’un anglais pur jus. Nous ? C’est notre réalité depuis que la coupe du monde existe. La France aime être le challenger, le « petit poucet », le laborieux qui remonte à la force de la pédale les échappés partis trop tôt.

 

 

Que les supporters des bleus se rassurent : l’Angleterre est archi favorite, les bleus ne sont pas sur de pouvoir répondre au défi et les chances de se faire étriper sont franchement réelles. Ca tombe bien, les français ne pouvaient rêver mieux pour se dépasser. Allez les bleus : que ce Crunch soit mémorable et surtout qu’il soit plus croustillant que jamais !    

 

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julien piguet 25/02/2011 12:33


D'accord l'Angleterre est très en forme en ce moment,ils dominentde la tête et des épaules toutes les autres équipes du tournoi,bref, la meilleure équipe de l'hémisphère Nord pourrait-on dire. Mais
dire qu'" ils dévorent leurs opposants sans forcer " et les décrire comme tu les a décris,n'est-ce pas un peu trop ?
On a pu voir que sur certains secteurs comme la discipline, par exemple, ils sont plutôt prenables.
On a pu voir que sur cert


Pierre Ammiche 27/02/2011 13:34



C'est une manière exagérée de présenter les choses mais c'est aussi un moment qui se prétait a faire sourire. Evidement qu'ils ne se touchent pas pour gagner et qu'ils jouent à fond tout leurs
matchs. Seulement force est de constater qu'ils sont les véritables ogres européens. Quand à la discipline, ils sont prenables à condition de voir l'arbitre siffler...