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Les Petites Histoires du Sport

Le tournoi des VI nations : Gros plan sur l'Angleterre

24 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

Alors ca y est, depuis 3 jours et la fin des matchs de H-cup, les groupes définitifs pour le tournoi (et la coupe du monde) se dessinent. Et aujourd'hui on attaque avec du très lourd: la présentation des favoris de ce tournoi, le XV de la rose. 

 

Coté anglais, l’alchimie est fragile depuis quelques années. Mais voilà qu’après une tournée de toute beauté et des matchs références contre l’Australie (l’un des matchs les plus fous de l’année 2010) et la Nouvelle-Zélande, voila que cette équipe a gagné en solidité et surtout en collectif. Ils jouaient les uns a coté des autres depuis 2ans. Aujourd’hui la force collective des sujets de sa majesté n’est plus vraiment a démontrer et les cadres sont plus présents que jamais. Et voila qu’en plus cette équipe se met à faire du rugby et à envoyer des ballons et du jeu de partout ?! Mon dieu, dites moi que c’est un rêve : ces diables d’anglais se mettent à produire le rugby que les français ne savent plus faire… Le french flair et mort, vive l’english refresh…

Axé autour d’un pack ultra-puissant et surtout d’une équipe de malade des relances et des cad-deb derrière, l’angleterre fait mal et surtout fait peur. Une petite liste de forfait commence à se former mais vu le réservoir de l’effectif anglais, pas de panique non plus sur les rives de la tamise.

Comme l’a dit un jour de victoire du XV du chardon sur les hommes à la rose le très sérieux quotidien écossais « The Daily Record » : Dieu pisse sur les Anglais ! Mais les Anglais on l’habitude de s’accommoder sans gène des rancœurs de leurs voisin et leur flegmatique « good game » en cas de victoire, risque d’encore énerver bien des gens.  

 

 

Piliers : Payne (Wasps), Sheridan (Sale), Cole (Leicester), Doran-Jones (Gloucester), Wilson (Bath),

 

Les assassins silencieux Payne, Cole et Sheridan ont montrés au cours du mois de Novembre que les prendre de haut, c’est la garantie de passer un très sale moment. Ils ont tous un profil à peu près équivalent : des énormes guerriers. Wilson, de Bath et Doran-Jones de Gloucester sont un peu moins doués que les trois autres mais tout est une question de forme et de conjoncture. 5 gros clients et pas de faiblesses à ce poste.

Attention à… : Sheridan. Si il n’est pas bléssé et si il est à son meilleur niveau, attention à la puissance et au vice du colosse de Sale, l’un des meilleurs du monde a son poste. 

 

Talonneurs : Chuter (Leicester), Hartley (Northampton), Thompson (Leeds)

 

3 joueurs dans 3 registres très différents : Chuter, lanceur hors pair et habitué au collectif bien huilé de Leicester ; Hartley, gros plaqueur et énorme boule d’énergie et enfin Thompson, un espèce de tueur en mêlée et un subtil mélange entre le gorille (pour la force) et la hyène (pour la fourberie). Le plus dur sera de chosir même si Hartley et Thompson partent avec une longueur d’avance. 

Attention à… : Hartley. Capitaine de l’équipe en forme de Northampton, il est en pleine progression et surtout n’est pas du genre a baisser les yeux pendant un match…

 

 

2ème Ligne : Deacon (Leicester), Lawes (Northampton), Palmer (Stade français), Shaw (Wasps)

 

Lawes a explosé aux yeux du monde cette automne (les français le connaissait un peu pour son attentat sur Parra il y a deux ans en Challenge européen), Shaw est une sorte de Benjamin Button qui rajeunit d’année en année, Palmer même moins présent du coté de Charlety reste une véritable poutre et enfin Deacon, magnifique sauteur et très bon dans le combat. Voilà pour résumer un peu la situation. Seulement, Lawes est forfait et c’est un 4ème joyeux larron que l’équipe d’Angleterre cherche. Attwood de Gloucester ou encore Kennedy des London Irish seraient une solution de qualité.

Attention à… : Palmer. Il revient de blessure et le voir dans le groupe est déjà une demi-surprise mais si il est en forme alors la stabilité du pack anglais sera l’une des vraies force de cette équipe sans vrais défauts.

 

 

3ème Ligne : Croft (Leicester), Easter (Harlequins), Fourie (Leeds), Haskell (Stade francais), Moody (Leicester), Worsley (Wasps).

 

Croft le coureur, Easter le tank, Fourie le pénible, Haskell le franchisseur, Moddy le gratteur et Worsley le vétéran. Une équipe de poète articulés autour d’un système faisant la part belle aux soutient lointains et aux courses folles. Si aucun de ces artistes du coup de genou et du caramel dans les cotes ne brille par ses talents de joueur de ballon (Croft étant le seul à savoir faire une passe à plus de 5mètres) on va simplement dire que les autres ne sont pas là pour ca… Une troisième ligne lourde, pénible, guerrière et capable de faire très mal autour des zones d’affrontement dans du jeu sans ballon. Le capitaine Moody ne débutera pas le tournoi et c’est donc Armitage ou Ward-Smith qui pourront être convoqués en renfort

Attention à… : Easter. C’est la pièce maitresse du pack. Quand il avance, l’équipe gagne, quand il n’avance pas, l’équipe perd. C’est simpliste mais pas loin de la vérité. Nick est un des meilleurs 8 d’Europe et l’un des seuls dans son registre (puissance et percussion à tours de bras) qui arrivent à allier efficacité et dextérité.

 

Demi de mêlée : Care (Harlequins), Simpson (Wasps), Youngs (Leicester).

 

On a découvert le jeune Youngs (pas de mauvais jeu de mot) et Danny Care reste l’un des meilleurs à son poste. Parmis ces deux là, Simpson l’animateur se fait une petite place. Trois joueurs et un seul objectif pour Martin Johnson : trouver lequel éjectera les ballons le plus vite. Youngs tient assez largement la corde mais rien n’est figé dans la pierre. Fini les Demi 9ème avant, bonjour les demi qui libèrent les ballons plus vite que leur ombre. 

Attention à… : Care. On sait que Youngs a fait une énorme tournée, mais Care reste quelqu’un de superbement talentueux et surtout peut s’avérer une solution idéale à savoir l’amalgame entre gestion puissance et animation.

 

 

Demi d’ouverture : Hodgson (Sale), Wilkinson (Toulon)

 

Dilemme quand tu nous tiens. Alors qu’en France on ne sait pas qui faire jouer faute de talent, en Angleterre c’est l’inverse : on ne sait pas qui faire jouer, faute d’abondance de bien. Flood, Wilkinson ou Hodgson ? Cipriani a du s’exiler pour oublier, Goode, King ou Barkley sont passés à coté d’une carrière internationale consistante la faute à un poste verrouillé depuis 15ans, Flutey a du s’exprimer au centre… Et le pire ? C’est le casse-tête que représente Sir Johnny à lui tout seul : brillant en club, sans génie en sélection, déterminant et incontournable sur la rade depuis 2ans, et franchement plus en odeur de sainteté dans la presse et les médias britannique. Martin Johnson essaye de le protéger mais Flood, brillant en Novembre, vient d’apporter encore un peu plus d’eau au moulin des détracteurs du golden boy de Firmley.

Attention à… Sir Johnny Wilkinson. Ca n’est pas original mais c’est le 10 le plus prolifique d’Europe en ayant malgré tout loupé plusieurs saisons pour blessure. On adore le détester, mais c’est un véritable gentleman. Et puis le phénix renait toujours de ces cendres…

 

Ailiers : Banahan (Bath), Cueto (Sale), Strettle (Harlequins) Ashton (Northampton)

 

Banahan le boucher ancien deuxième ligne, Cueto et Ashton les feux-follets tout en canne et en appuis et Strettle le polyvalent. De l’efficacité et surtout un vrai instinct de tueur chez tous ces gars. Tous capable d’évoluer au centre, ils ont du ballon mais surtout une capacité a gagner des duels. Imaginez que des joueurs comme Varndell, Vainikolo, Ojo, Cohen, Simpson-Daniel on encore Sackey sont tous moins fort que ces 4 fantastiques. 

Attention à… Ashton. Du sang de squale coule dans ses veines et son instict de tueur n’est plus à démontrer. Il marque en moyenne 4,1 point par match… Soit le meilleur total pour un joueur qui ne bute pas depuis Rokocoko…

 

Centres : Flutey (Wasps), Hape (Bath), Tindall (Gloucester); Flood (Leicester)

 

Flutey est revenu de Brive et surtout de sa blessure mais personne ne sait vraiment où il en est, Hape enchaine les bons matchs avec Bath, mais les deux cadres de cette équipe au centre ce sont Tindall le frigo américain et Flood le créateur. Tindall étant le seul centre de cette équipe sans aucun talent pour prendre l’adversaire sur les appuis, il est là pour mettre des tampons et organiser la défense anglaise. Mais les autres sont a peu près tous des magiciens du ballon et on va remercier les anciennes colonies du Commonwealth de permettre la naturalisation de beaucoup de joueurs. Si un temps cette facilité d’anglicisation à permis de combler le déficit de premières lignes au pays de la reine, aujourd’hui elle permet à Sir Martin Johnson de s’appuyer sur un contingeant non négligeable de joueur ayant évolué dans l’hémisphère sud. Ah, la mondialisation du rugby n’a pas que des mauvais cotés vis-à-vis des sélections nationnales… (Ps : si nous on pouvait avoir l’intelligence de naturaliser quelques 10… Brock James par exemple…) 

Attention à… : Tindall. Alors oui, c’est le moins talentueux. Mais on n’est pas présent sur la scène internationale depuis 12 ans pour rien. C’est un défenseur monstreueux et surtout un joueur capable de briser n’importe quelle ligne d’avantage. Après ses choix sont souvent des plus mauvais, mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.   

 

Arrières : Armitage (London Irish), Foden (Northampton)

 

Encore et toujours du talent pour finir. Armitage vient de prendre 8semaines de suspensions pour avoir mis un coup de boule à un contrôleur anti-dopage mandaté par l’IRB, et c’est donc sans surprises que Ben Foden sera titulaire à l’arrière. L’un des joueurs qui allient au mieux toutes les qualités de l’arrière moderne : fort sous les ballons hauts, puissant, très rapide, généreux. Mais attention au manque de profondeur a ce poste en Angleterre où ce rôle est très souvent dévolu à un joueur qui n’est pas « du métier ». On se rappel de Ojo, Strettle ou encore Flood a ce poste le tout sans grande réussite. Si les bleus tatonnent aux ailes, les anglais cherchent (relativement) un arrière titulaire indiscutable depuis 3ans. Il semblerait que Foden soit la solution.

Attention à… : Foden. Cadre de Northampton, il fait très mal et surtout a encore une marge de progression importante. Il ne faudra pas lui rendre trop de ballon au pied, sinon la punition sera immédiate.

 

 

Conclusion : Fort d’une tournée proprement hallucinante pour ceux qui suivent le rugby depuis 2003 et la chute progressive du rugby anglais (l’illusion de la coupe du monde 2007 n’aura pas durée), les sujets de sa majesté la reine sont les favoris de ce tournoi qui s’annonce juste épique. Alors oui, on les déteste, ils sont horrible et arrogants, ils mangent du roti bouilli à la menthe et boivent du thé. Alors oui, ils sont les inventeurs (idée insupportable) de notre rugby aimé. Alors oui, ils sont les premiers et injustes champions du monde de l’hémisphère nord. Alors oui ils sont franchement très forts et très réaliste mais comme par magie, l’arbitrage est presque toujours dans leur sens…

Mais au dela de tout ca, quand arrive le Cruch, le choc France-Angleterre, et que la porte des vestiaires de Twickenham s’ouvriront sur une seule certitude, le combat et la guerre, a ce moment là, nous oublierons tous les affronts et c’est avec la plus grand volonté que nous essayerons de les tordre. L’Angleterre plus que jamais est l’équipe a abattre en vue d’un tournoi des 6nations compatible avec les objectifs de coupe du monde qui se profile. Une victoire à Twickenham sera alors l’augure d’une coupe du monde a notre portée.     

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Clément 04/02/2011 12:19


Belle équipe honnêtement, avec beaucoup de créateurs!
Quelques joueurs qui en coupe d'Europe et en sélection brillent (Foden, les demis de mêlée) et qui au contraire des joueurs français tiennent la comparaison au niveau international.

Ensuite, il y a des joueurs, et deux en particulier on se demande comment ils ont fait pour (re)venir.
Hogdson qui avait disparu de la situation et Surtout le prestidigitateur du rugby Mike Tindall (notre Damien Traille)
Et là on se dit que finalement l'Angleterre essaie de construire autour de ses succès passés mais y ajoute une bonne dose de jeu et de talent! Recette qui pourrait marcher!!!