Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les Petites Histoires du Sport

Mondial de rugby / France – Pays de Galles : un accouchement dans la douleur (9 – 8)

17 Octobre 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Mondial de rugby 2011

L’équipe de France est en finale. Dans le bar où je me trouve, les sentiments sont partagés. La qualification fait plaisir, mais franchement… Que ce fut compliqué. Les Gallois, joueurs et portés vers l’avant, n’ont pas déçu. A vrai dire, ils méritaient même leur ticket pour la finale. Mais l’équipe de France, à l’expérience et surtout grâce à une grosse défense, vient d’arracher sa qualification pour la finale de la Coupe du Monde. Rien que ça… Retour sur une performance : celle de se qualifier en faisant le pire match de l’histoire des demi-finales.

 

L’équipe de France basée sur une défense exceptionnelle :

 

Si l’équipe de France n’a pas montré la moindre qualité offensive au cours de cette demi-finale gagnée d’un point, elle a pu s’appuyer sur un point fort : sa défense.

Si nous reviendrons plus loin sur les lacunes de cette équipe de France, nous allons en premier lieu insister sur l’enseignement majeur de ce match : l’équipe de France à la défense la plus solide d’Europe.

 

Si pendant le VI nations victorieux de 2010 la défense avait été la clef du grand chelem, le début de mondial avait laissé présager de quelques problèmes dans ce secteur. Après un premier match très laid contre le Japon (21pts encaissés), une performance pas franchement plus rassurante contre le Canada (19 points cette fois-ci) et une défaite inévitable contre la Nouvelle-Zélande, le paroxysme de la débâcle défensive tricolore avait été atteint contre les Tonga (19 points à nouveau mais avec la terrible impression d’être dépassé sur tous les ballons, face à une équipe qui lâche près de 15 points en route).

 

Seulement, au fil du tournoi, et surtout à mesure que les matchs prennent de l’importance, la défense tricolore devient de plus en plus solide. Illustration : l’équipe de France a concédé autant de points contre le Japon que contre l’Angleterre et le Pays de Galles réunis…

 

Alors c’est vrai, ce match sera marqué par un essai concédé sur une erreur de défense individuelle (Phillips, 59ème). Mais cet essai intervient dans un des rares moments faible de la défense française et surtout face à un demi de mêlée de près de 2m et de 100kilos nommé Phillips.

 

C’est donc la première et unique satisfaction de ce match : la capacité française à ne pas concéder de points.

 

Les Dieux du rugby (et l’arbitre) contre les Gallois :

 

Mais attention. Si contre l’Angleterre la maitrise avait clairement été bleue, ce match et plus encore, ce score face aux Gallois n’est qu’un trompe l’œil. Les Français, pas spécialement disciplinés, peuvent remercier leur bonne étoile.

En face, laissant filer près de 17 points au pied, les Gallois peuvent être plein de regrets.

 

Il faut dire que les dieux du rugby avaient choisis leur camp : Adam Jones, véritable poutre du pack des diables rouges qui sort après 10 min, Hook, Jones et Halfpenny qui ratent leurs tentatives importantes, Mr Rolland qui expulse de manière très sévère le capitaine Warburton, la pénalité de la gagne ratée par l’arrière Gallois pour 5cm… Une accumulation de décisions et de faits qui ont systématiquement tournés à l’avantage des Français.

 

Une gestion du match très inquiétante :

 

A l’inverse, le gros point noir pour les hommes de Lièvremont est incontestablement leur incapacité à dicter le rythme du match malgré leur supériorité numérique.

Totalement étouffés par le XV du Poireau, le chiffre qui parle le mieux c’est le nombre de plaquage : 2 fois plus de plaquages  pour les Gaulois (126) que pour les Gallois (56) !

 

La France a été victime du syndrome « hourra rugby ». Les bleus ont été incapables de trouver les touches (en tout cas à plus de 10m de leur en-but), incapables de jouer dans le camp adverse, incapable de pousser les gallois à la faute pendant plus de 30 minutes.

Si quelques timides tentatives ont été faites pour inverser la pression du match (chandelle, occupation du troisième rideau), la plupart des tentatives tricolores se sont soldées par un nombre incalculable de ballons rendus et de mauvais choix.

 

Déstabilisée par l’intensité mise par le collectif adverse, étouffée par le rythme, l’équipe de France à totalement déjouée et surtout est pleinement tombée dans le jeu débridé du Pays de Galles… Multipliant les temps de jeu et balayant le terrain dans leur registre « large-large » pendant plus d’une heure, les joueurs de Gatland ont poussés les joueurs du XV de France a dépenser énormément d’énergie à défendre.

 

 

En conclusion : un mauvais match, mal géré et mal construit, mais à l’issue heureuse.

 

Après un match aussi laborieux et plus encore un mondial aussi dégueulasse (la France est la première à être en finale malgré deux défaites dans un Mondial), l’équipe de France ne doit plus avoir peur de rien : pour que l’aventure devienne historique, il ne reste plus qu’une marche à franchir, et elle se nomme… All-Blacks.

 

Allez les bleus !

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article