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Les Petites Histoires du Sport

Paris - Toulon : le résumé du match

26 Octobre 2010 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Rugby : résumés des matchs

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Stade français – Racing club de Toulon : Eau mon bateau…

 

Sous un ciel menaçant et dans une ambiance électrique, après une entrée du ballon dont nous allons reparler longtemps et faisant suite au gentil défilé des écoles de rugby d’ile de France dans un stade de France presque plein (78900 spectateurs), la rencontre entre deux célèbres équipes du top 14 pouvait débuter.

Le RCT venait pour faire un coup sur le terrain du club de la capitale et pour oublier un peu l'énorme défaite concéder face au Munster. Articulé autour d’un pack au complet ou presque, les joueurs de la rade souhaitaient regarder vers le haut et peut être même prendre la tête du championnat.

 

En face, le Stade français était en quête de rachat du grand public après une longue série de match sans victoires de prestiges au SDF. Les drapeaux étaient de sortis, le show battait son plein et le spectacle espéré sur le terrain. 

 

 

 

Un avant match d’une laideur sans nom, le discrédit sur le rugby parisien, le rugby paillette touche le fond :

 

Max Guazzini, qui fêtait son anniversaire le jour même avait une nouvelle fois essayé de mettre les petits plats du kitch dans les grands plats du mauvais gout. L’esprit était festif. Mais la petite mise en scène pour mettre en relation l’entrée du ballon et le nouveau maillot « panthère rose » du stade français était franchement vilaine. Petite explication : une sculpture approximative représentant (probablement) une ile, tirée par 4 gladiateurs au physique surprenant (un savant mélange de graisse et de muscle et d’huile) qui fait son entrée par l’un des couloirs du stade. Les Apollons trainent ce magnifique char en papier mâché jusqu’au centre du terrain. L’ile se sépare alors en deux laissant découvrir aux spectateurs médusés une cage où une panthère famélique et stressée tachait de ne pas mourir de peur. Mais surtout, au sommet de cette cage, une amazone, tétons au vent  et balle sous le bras, qui descend et marche fièrement jusqu’aux vestiaires...

Bravo Max, en quelques secondes tu as fait passé les joueurs Parisiens pour des cons et des arrièrés mentaux, discrédité le rugby dans la capitale et une fois de plus donné l'image d'un club paillette qui donne dans le kitch et le ridicule...

 

Mais revenons au match. Une histoire d’eau et de bateau : de la pluie, de la grêle, un bateau télécommandé, des Anglais waterproof, des joueurs toulonnais qui viennent d’une ville de marins, une ville de Paris symbolisé par un drakkar…

 

Une première mi-temps rugueuse : les défenses prennent le pas sur l’attaque.

 

 

D’un point de vue tactique, les parisiens tentent tout de suite de marquer au fer le pack toulonnais à travers les phases de conquête. Seulement le trop plein d’envie et l’impact maladroit de Roncero par deux fois et voilà le RCT qui ouvre le score. Le petit bateau télécommandé apporte alors le tee pour la première fois du match. C’est un plagiat évident de la voiturette du stade français : que fait la commission de discipline ?!

 

La défense de deux cotés est très rude et les ballons de récupération comme souvent sont les seules opportunités pour les joueurs de jouer le coup a fond. En témoigne l’action de la 30ème minute de jeu : Bastareaud ramasse la balle et part au ras du regroupement à auteur de ses 22 mètres le long de la ligne de touche. Il résiste au premier plaquage, raffute le second défenseur et dans sa chute, dans un geste impossible (sorte de passe lobé inspiré du basket) trouve le soutient de Rodriguez a l’intérieur. Rodriguez saisit la balle et se défait du défenseur avec un crochet intérieur d’une vitesse folle. Il s’engouffre dans la première brèche et perce pour la première fois du match. Il se présente très vite face a l’arrière des rouges et noirs. Il joue la carte du petit jeu par-dessus : il tape du droit par-dessus la tête de Lamont qui est alors battu. Le rebond est favorable et Rodriguez est seul à 5 mètres de la ligne. Il voit revenir Henjak à son intérieur, tente de resister puis s’écroule, tend le bras passe la ligne. Mais il n’a pas vu a son intérieur Wilkinson qui explose la balle à quelques centimètres de l’en-but. Grosse frayeur pour le RCT mais sans conséquences.  

 

Lamont lui après n’avoir rien pu faire sur cette action va faire la rencontre avec l’animal Bastareaud. Une touche est joué coté toulonnais, contré par le block de saut parisien. Le balle est écarté mais un en avant de passe est sifflé. Beauxis tape mais l’arbitre revient logiquement à l’en avant. Seulement quelques joueurs n’ont pas entendus. Lamont tente alors de dégager son camp comme il peut lui qui se pense sous pression dans ses 22 mètres et dans un angle impossible. Mais Bastareaud lui non plus n’a pas entendu le coup de sifflet et vient tout simplement dézinguer son adversaire du jour sur un plaquage à l’épaule monstrueux. Le choc est terrible (près de 230 kilos a eux deux tout de même) et Lamont fait le pop-corn : il explose à l’impact et conclut son dégagement par un loupé de ballon, un gros bouchon et une bonne douleur aux cotes. Et tout ca pour rien…. Enfin pas pour rien pour tout le monde puisque Matthieu « le rhinocéros » Bastareaud récoltera un premier avertissement qui, on le verra, aura une importance de premier ordre.

 

La première mi temps laisse planer le doute sur la capacité des Parisiens de déstabiliser les toulonnais, qui eux sont plutôt maladroits et un petit peu malchanceux (un poteau pour Wilkinson, quelques erreurs de mains et surtout des fautes en touches rares).   Le score à la pause ? 12 à 6 pour Paris. 

 

Deux « matchs dans le match » : les clefs d’une rencontre acharné 

 

Le bras de fer entre les packs est énorme mais c’est le gros duel des deux troisièmes lignes qui est le plus impressionant : d’un coté le trio Smith, Van Niekerk Fernandez-Lobbe, de l’autre Parisse, Burban et Haskell.

Cela nous donne l’occasion de comparer ces 2 groupes : ils se composent chacun d’un plaqueur gratteur (Smith et Burban) un dévoreur de grand espaces et chasseur de 10 (Van Niekerk et Haskell) et enfin un joueur très technique, irréprochable sur le troisième rideau et capable d’avancer à peu près tout le temps (Fernandez-Lobbe et Parisse). C’est de ce premier affrontement que naitra le resultat du match.

 

L’autre grand duel c’est celui entre Wilkinson et Beauxis. L’anglais passe un match dans un registre défensif et tactique uniquement quand son adversaire de l’après midi lui se situe dans un registre plus joueur et surtout une occupation au pied d’une très grande qualité. Wilkinson prends la responsabilité du but alors que dans le même temps, l’ouvreur parisien délaisse cette charge auprès de Dupuy (sauf pour les pénalités a plus de 45m des poteaux). A l’inverse, dans la conduite du jeu, Wilkinson s’appuie énormément sur Contepomi à chaque renversement et très régulièrement sur le 3ème ou 4ème temps de jeu quand Beauxis conduit seul le jeu. Soit deux approches assez distinctes du poste de 10.

 

Une deuxième mi-temps bipolaire : Toulon mange la feuille de match…

 

 

Au retour des vestiaires, dans les premiers temps de jeu, et suite a une relance très bien amenée par les Toulonnais, Bastareaud arrive en planche et explose Lovabalavu (entrée à la mi-temps pour remplacer Messina dont le nez était cassé depuis la 10ème minute) alors qu’il… n’avait pas le ballon. C’est en trop pour l’arbitre qui exclu temporairement le meilleur joueur du match jusqu’à là. Et pendant cette période, le RCT va dominer outrageusement aussi bien dans le jeu que dans les phases de conquète, l’entrée de Genevois (55ème) de Hayman (40ème) et de Suta (50ème) pèse lourd dans ce changement de domination en mêlée et en touche. Les décalages et les plaquages un peu trop mous se multiplient a tel point que le RCT joue même des 4 contre 0… La défense parisienne est au supplice mais tient bon. L’action qui symbolise le mieux cet incapacité de Toulon à forcer la décision : une action de plus de 5min dans les 30 derniers mètres adverses sans scorer. Sur cette action, Southwell montre toutes ses limites quand il joue sous pression avec 2 coups de pied de nain directement dans les bras de Lovabalavu qui joue à chaque fois des surnombres, lancés, face à une défense mal placée et en retard… Cet impair lui vaudra son remplacement.

 

Symbole encore, ce 4 contre 0 ou une passe main à main aurait suffit à conclure mais où le premier porteur de la balle décide (allez savoir pourquoi) de mettre une passe vissée de 15 mètres directement en touche…

 

Cette série d’action se conclue par un drop magistral de Wilkinson et l’aide de la transversale. Mais 10 minutes de très grosse domination pour 3 petits points… C’est pas vraiment formidable…

 

Au retour à 15 des joueurs de Cheicka, la domination s’inverse. La possession et le temps passé dans le terrain adverse s’inverse aussi. Suite à une touche dans les 22 mètres Toulonnais, le jeu rebondit avec les gros sur 3 temps de jeu puis échoue à 5 mètre de la ligne au pied des poteaux. La balle est libérée dans le temps et Beauxis est servi lancé. Il stoppe sa course et trouve dans l’intervalle laissé par la défense Olie Phillips lancé main à main ou presque. Il plonge dans l’en-but pour marquer le seul et unique essai du match et sceller le sort du match. 

 

Score final 22-15.

 

 

Les meilleurs :

 

RCT :

 

Van Niekerk : comme toujours il a tenté, porté la balle, percé et plaqué. Il a fini a l’aile suite aux blessures de Messina et de Brana. Un match correct pour lui.

 

Wilkinson : Il s’est fait agressé de manière systématique par la lourde armada parisienne et n’a jamais reculé ou presque. Son jeu au pied s’est fait rare, il a touché peu de ballon, mais est bon dans son registre de défenseur butteur, l’animation étant dévolue a Contepomi.

 

Lamont : solide et plutôt bien placé, il reste un joueur précieux dans les matchs rugueux comme cela.

 

 

SF :


Beauxis: un super animation, un jeu au pied très bien maitrisé et un premier vrai match complet. Il a pesé dans ce match comme le 10 de l'équipe de France en puissance qu'il est. 

 

Dupuy: pour lui aussi un match solide et complet dans l'animation et dans la libération des ballons. Un gros bémol : il ne prend jamais le jeu au pied a son compte...

 

Haskell: c'est le véritable homme du match. Il a fait passer la troisième ligne adverse pour des fainéants et des joueurs limités... C'est dire l'ampleur de la perf. Il saute, plaque, court (et beaucoup) et il avance presque toujours. Son meilleur match de l'année. 

 

Bastareaud: comme toujours au stade de France, il a été énorme. Sans un carton jaune bête, il aurait pu assomer le RCT a lui tout seul. Quelques bruits de couloirs disent qu'il pourrait ne pas etre de la tournée des bleus. Ca serait une erreur. 

 

 

 

 

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