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Les Petites Histoires du Sport

Stade français – Biarritz olympique : le résumé du match

13 Février 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Top 14

Dans un stade qui sonne toujours aussi creux malgré l’affiche (l’année dernière ce match avait même eu les honneurs du stade de France), hier les Parisiens recevaient une équipe a nouveau redoutable : le BO.

 

D’un coté amputé d’Haskell, de Palmer, de Parisse ou encore de Southwell, les parisiens alignaient un mélange de jeunesse (Camara et Flanquart titulaires, Slimani, Bonfils, Briatte et Bonneval sur le banc) d’expérience (Attoub, Roncero, Marchois, Rabadan) et de nouveauté (Papé en 8 notamment).

 

En face, Traille, Yachvili, Harinordoquy, Lund, Thion ou Marconnet, pour ne citer qu’eux, étaient absent. Cependant, les cadres que sont aujourd’hui Peyrelongue (évoluant en 9), Lund, August, Coetzee, Lakafia, Balshaw ou même N’gwenya étaient bien là pour défier l’équipe parisienne.

 

L’entame de match est d’entré marquée par un jeu au pied très approximatif des deux cotés.

Chandelle de Peyrelongue que Lakafia ne contrôle pas à la reception. En avant repris devant : hors-jeu. Cela fait déjà 3-0 après moins de 2minutes de jeu.

 

Les biarrots évoluant sans leur charnière habituelle, sont en difficulté à chaque lancement de jeu. Battus dans la conquète, les basques tentent de rester dans le match grâce à une défense de qualité (au pays basque, on ne sait peut être pas jouer au pied, mais on met des timbres !).

 

Puis des la 6ème minute, gros frisson dans le stade : suite à un coup de pied a suivre de Tranier, Balshaw se défait du « marquage » de son vis-à-vis et compatriote Phillips pour aller marquer un essai en coin. Mais l’arbitre refuse l’essai, Balshaw étant parti devant la passe au pied.

 

Comme une résurgence des SF/BO d’antan, dès la 7ème minute, sur la mêlée qui suit l’essai refusé, la première altercation éclate (dans un match qui demeurera très tendu) entre les premières lignes. Rebelotte après seulement 12 minutes suite à un double plaquage haut de Taele sur Flanquart (un premier plaquage sanctionné, la pénalité est jouée vite, re-cravate du même joueur sur la même victime). Taele est expulsé temporairement et la pénalité de Beauxis passe : 9-3 après 12 minutes.

 

                       DSC00974.JPG

 

SF/BO : Un match toujours très tendu

 

Dominant dans les phases de conquête, plus précis dans l’occupation, organisé autour d’un Beauxis en grande forme le stade Français multiplie les petits tas et les avancées. Un pack gourmand et une charnière efficace contre une équipe fragilisé et qui peine à trouver des repères, aussi bien dans l’occupation que dans la construction de leur jeu. Il n’en faut pas plus au SF pour prendre un peu le large à la 30ème minute : 18-6.

 

A la mi-temps, le score sera de 18-9. Les premiers enseignements sont que les parisiens sont pour l’instant supérieurs aux biarrots, les parisiens pouvant s’appuyer sur un Beauxis de « gala » avec un 6/7 au pied. Le BO est lui un peu à l’envers et ne se montre dangereux que trop rarement. Plus appliqués et plus réalistes les joueurs de Cheicka menent logiquement au score à la mi-temps.

 

Au retour des vestiaires, le BO revient avec de meilleures intentions et dynamise bien plus leurs ballons. Deux franchissements en quelques minutes avec Lakafia et Balshaw qui se concluent par deux fois avec des en-avants ou des fautes évitables. 10 minutes de grosse pression que les parisiens géreront au mieux : 3pts de concédés et pas de carton malgré quelques fautes grossières (Attoub empéchant la libération de la balle dans les 22m et annihilant un surnombre par exemple).

 

Sur le coup d’envoi qui suit, récupération Parisienne. Les pick-and-go se multiplient avec réussite. Le BO n’arrive pas à endiguer la vague stadiste. Les petits tas avancent et progressent et c’est finalement Dupuy qui fait les bordures et qui va planter un essai qui va faire très mal aux basques. Roncero ne semble pas innocent sur le coup : il fait clairement obstruction sur deux joueurs de Biarritz. 25-12

 

La fin du match sera émaillée par quelques nouvelles échauffourées, pas mal d’approximations du BO et un magnifique KO de Bonfils, qui finira les bras en croix sur une charge de Lakafia, pour l’un de ses premiers match de top 14. Au passage, deux essais refusés (logiquement ou non je ne sais pas) au SF pour deux en-avant de passes peu évidents. 

 

                 DSC01040.JPG

                                   Bastareaud et Camara qui fêtent un essai qui sera...refusé. 

 

On retiendra de ce match une vraie application parisienne face à une équipe du BO qui n’a pas démérité. Mais quand les leaders de jeu ne sont plus là, les leaders de combat ne suffisent pas. Et en plus quand la touche et la mêlée ne marche pas bien... 

 

                 DSC01033.JPG                                                                            La conquête biarrote bousculée 

 

Deux nouveaux cartons jaunes seront distribués à Beauxis pour un plaquage sans ballon et Hewlett-Petty pour sa réaction suite a ce même plaquage qui occasionnera un début de bagarre (la 4ème) aux alentours de la 70ème.

Oelshig nous gratifiera d’une entrée remarquée notamment de par son drop de 40m.

 

Le score final sera de 31-18 : la logique au vue du match est respectée, les parisiens n’ayant pas survolés le match mais méritant cette victoire. Une grosse défense et une bonne conquète le tout orchestré par un Beauxis en forme (grosse occupation, bonne animation). Le gros point noir de la soirée (au dela du KO de Bonfils qui va poser quelques problèmes au poste de talonneur) c’est le match a coté de ses pompes de Bastareaud. Incapable de franchir ou d’avancer au plaquage, il a semblé moins affuté que jamais et surtout incapable de faire la différence. C’est dommage de le voir un peu perdu mais autant sa non séléction pour la tournée d’automne semblait réellement injuste, autant sa prestation d’hier, face il est vrai à un joueur plutôt aux antipodes de son style (Bosch), nous laisse entrevoir quelques blessures béantes à travers la partition qu’il a joué.

 

Les meilleurs :

 

Coté SF : Beauxis, Rabadan, Roncero, Burban.

 

Coté BO : Lakafia (encore excellent), Gimenez, August, Hewlett-Petty.

 

Un grand merci à Rabah Slimani, ancien international des -20ans et surtout pilier droit de qualité du stade Français, qui nous a gentiment consacré un peu de son temps pour parler quelques minutes avec nous. Le joueur formé à Sarcelles et au club depuis 2006 (Cadet) a eu la gentillesse de répondre à mes quelques questions (nulles à chier les questions, il faut le préciser). Il nous ainsi confier avoir encore du boulot notamment depuis le retour de suspension d’Attoub. Que la concurrence le pousse à se dépasser et qu’il a conscience que du fait de son âge (il est né en 1989 ce qui fait de lui un des plus jeunes piliers de France titulaire en club !) il n’est pas encore un cadre de l’équipe malgré sa demi douzaine de titularisation. Enfin, à la question « quel est le plus gros client que tu as eu a affronter », c’est le droitier Karl Hayman qu’il n’a pas hésiter une seconde à nous citer. Le toulonnais qui ne paie pas de mine est ainsi une machine en mêlée fermée.

Rabah, qui est entré en cours de match est l’un des grands espoirs français au poste de pilier droit. Passé par la case France -20 et France A, il est en passe de s’imposer comme l’une des vraies bonnes surprises de cette saison stadiste.

 

 Le BO marque un peu le pas sans ses internationnaux et cela risque d'être un peu plus compliqué encore lors du déplacement à Toulouse. 

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