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Les Petites Histoires du Sport

Top 14 / Stade Français –Clermont : Paris fait taire les volcans (37 à 16)

5 Novembre 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Top 14


 

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Après-midi de première, aujourd’hui à Paris. Fort des retours de Papé, Szarzewski ou encore Parisse, le XV Parisien était cet après-midi réuni pour la première fois dans sa configuration optimale.

Autre première, la réception d’un cador dans son antre du Stade France. Après avoir évolué dans un stade Charlety affichant une pénible moyenne de 9000 spectateurs par match, la première fois au SDF faisait peur.

Enfin première mise en scène rose et bleu pour le nouvel actionnaire, Thomas Savare. Après les folies de Max Guazzini, toujours plus nombreuses chaque année (avec une fin en apothéose avec une femme nue apportant le ballon), le nouveau président allait-il réussir son examen d’entrée ?

 

L'arrivée du ballon, sobre et poétique (un simple nuage tombant du ciel dans lequel reposait un ange qui n'était même pas nu) laissait présager d'un avant-match un peu moins fou. Mais finalement, après la parade des écoles de rugby, après les femmes du lido, après la musique d'entrée et les souffleries lancées plein pot, Savare avait assuré le minimum. Le stade, lui, plus vide que jamais ne s'enflamait pas vraiment comme avant, la faute, peut-être, à la fin des places à 5€. 

 

Un déplacement toulousain formateur :

 

Et si on dit souvent que les premières fois ne sont pas des réussites, cette fois là pourrait être l’exception. Mais rien ne fut vraiment simple…

 

Car tout d’abord le contexte sportif était lourd. Samedi dernier, le Stade Français est en passe de  réussir le premier exploit de sa saison face à Toulouse. Il reste 1 minute et la victoire est encore envisageable à quelque secondes de la fin. Contepomi pour son premier match commet alors l’une des plus grosses « bourdes » de sa carrière… Dans les 22 adverses, il reste 20 secondes, il est face aux perches, son équipe qui enchaine les temps de jeu est menée de 6 points. A 15 mètres de l’en-but, Felipe se met dans l’axe, appel la balle est passe un drop magnifique. Magnifique mais totalement inutile. Certain d’avoir arraché la victoire il serre le poing en direction de son banc qui reste silencieux. Contepomi relève la tête pour voir le score sur l’écran géant du stade. C’est la prise de conscience : son drop est non seulement inutile mais scelle la défaite de son équipe. Pour son premier match sous ses nouvelles couleurs, Contepomi offre la victoire sur un plateau au Stade Toulousain. C’est vrai, toutes les premières fois ne sont pas des réussites…

 

En face, Clermont se présente comme le solide leader du Top 14. Intraitables depuis le début de saison (une seule défaite avant le match contre Toulouse à l’extérieur, 4 victoires de taille contre le Racing à Colombes, Biarritz, Perpignan à la maison et Toulon à Mayol), les auvergnant alignaient une équipe très solide. Clermont arrivait donc à Paris plein d’ambition. Et si l’ASM faisait le déplacement jusque dans la capitale sans ses Français mondialistes (Parra, Bonnaire, Rougerie, Pierre) elle le faisait avec certaines de ses grosses recrues (Byrne, King, Vosloo, Kayser).

 

Paris de son côté alignait ce qui se rapprocherait de son équipe type. Avec Papé, Parisse, Szarzewski et Lyons devant, Contepomi, Rodriguez et Warwick derrière, le Stade Français avait fait clairement le choix de « mettre du lourd » d’entrée de match.

 

L’ASM dépassé dans tous les secteurs, Paris peine à tuer le match 

 

Une entame de match qui se faisait d’ailleurs tambour battant. L’ASM profitait de l’indiscipline Parisienne (5 pénalités en 15 minutes) pour prendre rapidement la tête 6 à 0. Mais sur la première action Parisienne, l’ailier Fainifo (celui qui ne marque QUE dans les 10 premières minutes des matchs qu’il joue) profitait d’une grossière erreur défensive des Auvergnats qui se trouvaient en sous-nombre après 2 temps de jeu pour aller planter le premier essai du match. Transformation ratée et 6 à 5 pour Clermont.

 

Dominateur en mêlée fermée, Clermont peine pourtant à exister dans le jeu. La défense Parisienne est très bien en place et opportuniste. En atteste cette interception de Contepomi sur un départ de Vermuelen qui se termine dans l’en-but des « Jaunards ». Transformation à nouveau ratée mais Paris mène 10 à 9.

 

A peine 1 min est passée quand le Stade Français repasse à l’offensive et il s’en faut de peu pour voir le Stade prendre le bonus. Après un judicieux coup de pied à suivre de Rodriguez, Fainifo se retrouve à la lutte avec Butin pour la conquête du ballon et il faut un geste désespéré (il tape le ballon volontairement de la main en ballon mort) de l’arrière Clermontois pour repousser l’échéance.

 

Mais sous pression, n’arrivant pas à se dégager, les hommes de Vern Cotter sont obligés de céder une troisième fois dans ce premier acte suite à une mêlée à 5m conclu par Williams. Servi à hauteur par Parisse, il plonge et tend le bras : essai. Transformation cette fois réussie par Contepomi. Le score est « seulement » de 17 à 9 à la pause. Dupuy a laissé passer 7 points et surtout la domination Parisienne se voit inutile, tant la mêlée des locaux souffre dans les moments importants. Paris aurait pu tuer le match, mais vire à la pause avec 8 points d'avance. 

 

Un second acte à sens unique, une équipe Clermontoise dépassée :

 

Au retour des vestiaires premier coup dur pour les Parisiens. Dupuy, touché à la cuisse doit céder sa place à Fillol. Mais un lutin talentueux peut en cacher un autre et sur l’un des ses premiers ballon négocié dans le camp adverse, Fillol feinte la passe et transperce le premier rideau. Il se présente seul face à Lee Byrne. Le demi tente alors la chose la plus naturelle pour lui : un cadrage-débordement et une mystification totale de son vis-à-vis. Il est repris par l’ailier opposé juste avant l’en-but mais son élan lui permet de conclure. L’ASM à ce moment là semble au fond du trou.     

 

Seulement cela sera mal connaitre les auvergnats que de les croire battus à la 50ème. Et sur un exploit individuel de Butin (coup de pied a suivre, récupération, accélération sur 30m), Clermont trouve un motif pour y croire. L’essai est transformé et Clermont revient à 30 à 15.

 

La pression parisienne s’intensifie alors et sur une énième action de classe de Contepomi (passe après contact en tombant), les Parisiens et Papé franchissent pour la 5ème fois la ligne d’en-but adverse. Score final 37 à 15.

 

Au final on retiendra les difficultés de Paris en mêlée, celle de Clermont en touche (catastrophique dans ce secteur), un Stade de France qui sonnait étragemment creux (60 000 personnes seulement) et une ambiance un peu molle pour une victoire de prestige. Clermont cède la tête du championnat et Paris peut a nouveau croire en une qualification éventuelle pour les phases finales. 

 

L’homme du match : Felipe Contepomi

 

L’action du match : La pétrification de Byrne par Fillol

 

L’autiste d’or du match : Cudmore pour sa baffe de cow-boy magnifique qu’il lui permet de finir le match 10 minutes avant ses coéquipiers. Un grand moment de poésie. La preuve : 

 

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