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Les Petites Histoires du Sport

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France - Italie : Les (mauvaises) notes des joueurs

13 Mars 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

Au lendemain de cette défaite surprise mais finalement logique au vue du match, c’est un peu désabusé que m’apprête a noter cette équipe de France.

Cette équipe du XV de France n’en fini plus de décevoir : voilà maintenant 1an qu’elle est en perdition : Australie, Argentine, Nouvelle-Zélande, Afrique du sud, Angleterre et maintenant Italie. A chaque fois des défaites historiques contre des adversaires directs pour le trophée.

 

Cette défaite concédée en Italie redistribue complètement les cartes, le sélectionneur a annoncé que certains joueurs ont pour la dernière fois portés le maillot de l’équipe de France. La blessure est profonde, et la défaite sera probablement encore plus lourde de conséquence que celle concédée contre les Australiens au mois de novembre.   

 

Nous allons donc procéder à la notation des 20 joueurs qui ont pris part à cette humiliante défaite et innutile de préciser que… ca risque de piquer un peu au début…

 

Alors, en guise de conclusions, nous nous conterons de faire une équipe entièrement différente de celle défaite à Rome et surtout de la faire avec uniquement de joueurs qui sont « black-listés » depuis 3ans.

 

 

Les notes :

 

Marconnet : Alors Sylvain est sorti de se préretraite en début de tournoi. On est content pour lui. Il est le pilier le plus capé, le joueur le plus expérimenté, le première ligne le plus vicelard du top 14. Il fait un match franchement correct, il est le seul à avoir fait le match au complet, il n’a pas loupé de plaquages. Et c’est là que c’est à devenir fou : comment un joueur de 36ans peut-il être le seul première ligne a faire les 80minutes au niveau requis dans des matchs internationaux ?! Il est le moins mauvais de cette première ligne hier. Il s’est montré actif, volontaire et n’a pas reculer. Seulement il ne faut pas non plus occulter le moins bon : 1 en avant, 3 pénalités concédées, il s’est mis à la faute de manière stupide. C’est le tricolore le plus sanctionné du match.

 On  notera enfin 6 plaquages pour le biarrot.

 

Un match très moyen mais il mérite de conserver ses chances pour le mondial. 4/10   

 

 

Servat : L’indestructible s’est fait défoncer. Il a cumulé 124m de reculade après percussion, il n’a jamais su mettre l’équipe dans le bon sens, il a trop souvent rebondit contre la défense italienne et enfin il a eu le chic de ponctuer sa prestation de 2 plaquages loupés. C’est le premier match où Servat est aussi loin du compte. Il accumule probablement de la fatigue depuis le début du tournoi mais c’est probablement les pires 60min du toulousain en bleu depuis très longtemps.  

En face, la défense était prévenue : bloquer Servat s’est s’assurer de ne pas reculer du match. Donc ils sont venus à 3 ou 4 sur lui a chaque fois… Et on l’a envoyé au carton systématiquement… C’était une superbe leçon de ce qu’il est idiot de faire une dizaine de fois dans un match…

3.5/10

 

Mas : Il n’a joué qu’une mi-temps, a eu le temps de plier son vis-à-vis et de mettre 4 plaquages. Non noté.

 

Pierre : Et bien Pierre, c’est un peu l’éternel mystére de ce Xv de France. Je ne l’ai pas vu ballon en main, il s’est mis à la faute encore une fois, il a manqué de puissance dans les rucks et surtout, il ne se fait pas respecter dans les zones d’affrontement ! Il est gentil et hésite toujours deux heures à mettre un coup d’épaule ou de crampon à un joueur au sol. Il est propre… Certainement trop pour un deuxième ligne. Il doit devenir méchant merde ! 

3.5/10

 

Nallet : Il n’a joué qu’une heure et c’est pourtant l’anti-Pierre. Sa sortie coïncide avec le moment où les bleus ont été incapables de punir les italiens dans les rucks. Ils ont alors pourris tous les ballons et ont gagné du temps pour mettre la pression sur les lancements de jeu ( si si ! vous savez, quand les bleus essayaient de faire des passes sur la largeur après une mêlée ou un touche, c’était des « lancements de jeu travaillés »… Ca fout les jetons non ?). Il a été, jusqu’à sa sortie, la rampe de lancement principale en touche.

4/10

 

Bonnaire : 7 plaquages réussit pour 2 loupés,  un bonne activité qui amène une mêlée à 5m introduction France, quelques beaux soutiens (notamment sur l’essai de Parra) et pas énormément de déchet. Un match sans briller mais sans faire de bêtises trop évidentes. Oublié en touche, il n'a que trop peu pesé sur le jeu courant. 4/10

 

Dusautoir : Décevant jusqu’à la 60ème minute de jeu, c’est quand les autres leaders de combat sont sortis (Mas et Nallet) qu’il a commencé son chantier : 11 plaquages dont 6 dans les 15dernières minutes. Mais comme souvent il s’est montré maladroit ballon en main, incapable d’apporter un brin de folie à ce pack d’avant trop pragmatique et monolithique pour créer ne serait-ce qu’un brin d’incertitude dans le déplacement du combat. Nous sommes tombés dans le jeu Italien du début à la fin et ca n’est Dusautoir qui aurait pu y remédier. Mais au moins il aurait pu faire semblant…

3.5/10

 

Chabal :

 

Etant un fan absolu du joueur depuis plus de 10ans, la démesure de ce qui va suivre est à l’image de ma déception : absolument terrible.

 

Sébastien,

Plutôt que te chercher des excuses dans le JDD, plutôt que de faire ta crise de pucelle adolescente en marquant tes états d’âme à tout bout de champ sur la toile (ex twitter « devinez ce que j’ai mangé »), plutôt que de prendre en sujet de la moindre de tes phrases « moi » ou « je », je pense que tu pourrais peut-être commencer à te remettre un tout petit peu en question.

Je t’adore. Vraiment ! Je te suis avec amour depuis tes débuts isérois au CSBJ. J’ai été l’un des seuls à croire en ta venue en bleu après ta saison prometteuse en 2000 du haut de tes 22ans et peut-être le premier à réclamer ton retour en équipe de France, et ce malgré tes matchs horribles contre l’Angleterre ou malchanceux contre les Tonga. Tu as une qualité incroyable, tu es capable de faire basculer des matchs à toi tout seul et de faire lever des foules d’un simple mouvement de tête. Tu pourrais être le Cantona du rugby. Tu pourrais être le joueur qui fait peur et qui impose le respect de son simple regard. Tu pourrais être le numéro 8 le plus craint du Top 14…

Et à la place de ça, tu es en train de devenir un simple produit marketing. Un singe publicitaire qui fait le jeu de la caravane consumériste et du grand Barnum commercial.

Mais je te le dis tout net : a force de faire des matchs aussi mauvais, a force d’oublier que tu es là pour faire avancer l’équipe et de faire gagner des matchs en imposant des duels à tes adversaires, a force d’oublier que le rugby c’est d’abord l’humilité et la remise en question à chaque match, tu es en train de devenir un joueur tout simplement mauvais. Tu n’avances pas, tu te retrouve souvent là où il ne faut pas (entre le 9 et le 10 par exemple) et tu n’es pas là ou tu devrais (seulement 2 plaquages dans le match, pourtant l’un de tes points fort). C’est triste à dire mais depuis 6mois, tu es de moins en moins efficace. Evidement c’est la faute à des blessures handicapantes et récurrentes, à un championnat exigeant et long, la faute à… la faute de...

J’ai peur que ton avenir en EDF soit largement remis en question après tes deux performances contre l’Angleterre (où malgré ce que tu penses, tu as été mauvais) et l’Italie… Tu as joué 56 minutes d’une vacuité terrible (seul un ballon arraché vient se ranger du coté positif) et j’en suis triste. Triste pour les bleus, triste pour Marc Lievremont mais surtout triste pour toi.

Tu es le symbole du rugby aux yeux du grand public car tu incarne un certain « imaginaire rugby ». A ce titre les sollicitations doivent être colossale, le rugby n’ayant jamais été aussi vendeur. Pourtant, j’espère de tout cœur moins te voir quand j’allume ma télé, ou quand je prends mon doliprane chez le pharmacien, et au contraire te voir à nouveau exploser avec le Racing ou avec le maillot tricolore sur le dos. Ton métier est rugbyman, pas encore icône de la mode ou de la publicité.

Signé : Pierre, un fan d’avant la tournée en NZ désabusé.

1.5/10  

 

Parra : Encore un qui doit avoir mal à la tête. Si sa présence n’était due qu’à la blessure de Yachvili, le clermontois s’est montré encore une fois très en phase avec ses gros. Presque en symbiose. A tel point qu’il leurs a régulièrement laissé le poste de demi de mêlée… Combien de fois a-ton vu Marconnet, Servat ou Dusautoir en position de 9 ? Combien de fois Morgan était-il dans le mauvais timing, loin du ballon ? Combien de fois était-il occupé a autre chose qu'a la libération du ballon ? 

Impérial à Clermont, il ne semble pas à l’aise avec la « non-stratégie » française. En témoigne ses 4 retours petits cotés de suite  (36ème). Il a, en plus, été plus malchanceux (ou maladroit c’est selon) qu’à l’accoutumée dans ses tirs au but (2/4 lui qui nous avait habitué à du 100%).

Enfin comme un symbole, plutôt que d’aller jouer chez les italiens en prenant la touche sur une pénalité lointaine à la 75ème (la touche française avait fait un sans faute), il décide de jouer une pénalité vite mais surtout de jouer la pénalité seul ! Ballon pour tuer le match avorté…

Et avec ça madame ? On prendra bien deux plaquages loupés ?

2/10

 

Trinh-Duc : Un drop loupé (65ème), un surnombre mal joué (20ème), un essai offert et puis… rien. C’est lui aussi l’un de ceux qui a faillit dans ce match. Il a tout de meme franchit deux fois mais a vrai dire, rien de fou. Il n’a jamais su prendre les bonnes dispositions et son incapacité a gérer le tempo d’un match devient de plus en plus problématique. Il risque de payer un peu son vilain match. 

3.5/10

 

Clerc : Il a fait un gros début de match avec ses franchissements et ses grosses courses. Et puis il s’est fait défoncé par Masi et a disparu de la circulation, comme tous les arrières français. Il a bien réussit quelques bon plaquages mais a vrai dire il n’a pas su prendre le dessus sur son vis-à-vis de 20ans à peine. Courageux, il se fait son essai tout seul.

4/10  

 

Jauzion : Yannick c’est un peu le dernier des mohicans. Le vestige d’un rugby du passé et qui pourtant n’est pas si vieux. Ce rugby ? Celui des centres de 100kilos qui font des tout droits pour jouer après contact. Seulement le toulousain est connu comme le loup blanc et ses adversaires ne se contente plus de le ralentir. Ils le plaque très bas et Jauzion va au sol très vite. Le problème de me direz vous ? Et bien qu’il n’ait que ce registre de bulldozer. Incapable d’apporter de la vitesse, de créer un décalage ou encore de jouer avant contact, il ne sert plus qu’en leurre. Et quitte à avoir un joueur qui joue uniquement en leurre, autant prendre Bastareaud non ? Il est d'un lenteur tellement visible que s'en est presque insultant pour tout les centres de talent bléssés ou laissés à la maison... 

1,5/10

 

Rougerie : Il a été encore une fois très actif. Il tamponne (et loupe quelques plaquages) crée des décalages (sur l’essai de Clerc il fixe trois joueurs) arrache des ballons et joue plutôt juste. Mais il s’est mis à la faute défensive, a été pénalisé et surtout n’a jamais sur remettre les bleus dans le bon chemin. Il a souvent cherché la solution individuelle mais a régulièrement perdu son duel face à Canale. Un match qui sans être mauvais est encore insuffisant.

3,5/10

 

Huguet : Roulement de tambour. Non cette fois il ne monte pas sur l’échafaud… C’est le meilleur arrière tricolore du match ! Oui parfaitement. Il a gagné ses duels, il a été l’un des seuls à franchir régulièrement et a répondre au moins dans l’envie et surtout il a enfin su exploiter des ballons en assurant le « après lui ». Il a bien fait des conneries (la touche dans les dernières minutes, deux en avants, un jeu au pied mal senti ou encore 2 en avants) mais il a été vraiment très présent. Efficace, il ne peut malgré tout pas faire oublier le fait qu’il est en danger dans cette esquade de fortune.

4.5/10  

 

Médard : A bon il était là ? Je l’ai vu faire un en-avant, une relance et c’est tout… Il s’est fait enrhumé sur une feinte de papy d’un 3ème ligne italien (qui amène l’essai de Masi) et il a été assez peu servi. Lui qui est si dangereux à l’aile s’est montré bien moins précieux en 15.

2.5/10

 

Guirado : Une bonne entrée (peut-être un peu prématurée) et un match correct. Il n’a pas fait de grosse bêtise et la mêlée bleue ne s’est pas ressentie de son entrée. 4/10

 

Ducalcon : Peu à son aise ballon en main, c’est en mêlée qu’il s’est illustré. Il a fait un match sans briller mais lui non plus sans faire d’erreur manifeste. Il reste un joueur en balance négative, qui risque de sauter avant le dernier match. 3/10

 

Thion : Ca été le meilleur remplacant, le seul capable de s’ouvrir le ventre pour se sortir les tripes. Il a plaqué, poussé, et s’est multiplié. Il y a du déchet mais beaucoup d’énergie. 4/10

 

Harinordoquy : Imanol n’a pas fait la meilleur entrée de sa vie. Plutôt invisible, il a trouvé le moyen de ne jamais gagner ses duels en presque 30minutes. C’est long dès fois 30minutes…

 

Traille : Il a essayé de mettre de la vitesse dans le jeu et s’est proposé. Il a apporté juste un brin de folie qui aurait pu être décisif. Non noté.

 

Les hommes en danger immédiat : Chabal, Ducalcon, Jauzion, Huguet, Bonnaire

Ceux qui frappent à la porte à la place ==> Picamoles, Attoub, N'importe quel centre qui a deux jambes et deux bras, Malzieu, Ouedraogo... 

 

Les Xv des bannis : qui appeler pour sauver l’équipe de France ?  

 

Dans la gestion des hommes, Lièvremont n’est pas exempt de tout reproche : voici la liste de 30 joueurs qui pourraient être sans rougir à la place des 20 rigolos qui ont joués samedi.

 

Forrestier/Poux

Bruno/Noirot

Lecouls/Sa

 

Millo-chlusky/Vilaceca

Maestri/Papé

 

Burban/Diarra

Ouedraogo/Lapandry 

Picamoles/Lakafia

 

Dupuy/ Michalak

Wiznieski/ Brock James

 

Malzieu/Planté

Bastareaud/Estebanez

Fritz/Baby

Andreu/Palisson

 

Floch/Fall  

 

Lièvremont annoncera un groupe ce soir pour affronter le Pays de Galles et déjà il se dit haut et fort que certains joueurs ont joués leur dernier match sous l’ère Lièvremont. En même temps a ce rythme, l’ère Lièvremont ne durera plus que quelques semaines…

 

Le groupe est impossible à prévoir mais on parle de 8 changements.

 

Bonne journée à tous

 

 

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France-Italie : infos de dernière minute... Yachvili forfait !

11 Mars 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

Infos de dernière minute : Yachvili forfait !

 

C’est officiel depuis hier, le Yach serait forfait pour le match contre l’Italie. Touché à une cuisse, Dimitri Yachvili doit renoncer.

 

A sa place c’est donc le Clermontois Morgan Parra qui sera titularisé.

 

Pour compenser cette absence dans la liste, c’est un petite surprise puisque préféré à Julien Dupuy ou à Sébastien Tillous-Bordes, c’est le montpelliérain Julien Tomas qui a été appelé.  

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France – Italie : la composition de l’Italie :

11 Mars 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

Cela fait 4ans qu’elle n’a aucun fond de jeu, aucuns joueurs stables au-delà du numéro 8, une charnière expérimentale à chaque match, une paire de centre-kleenex qui varie d’une rencontre à l’autre, aucune capacité offensive et qui s’appuie uniquement sur sa mêlée et sa touche pour espérer survivre dans les matchs du tournoi. Cela fait 4 ans qu’elle a à sa tête un entraineur décrié qui prends des décisions « bizarres » (pour ne pas dire mauvaises) et qui prend les plus gros tarifs de son histoire ou presque. Cela fait aussi 5 ans que les cadres ne se renouvellent pas, que l’équipe stagne et que les résultats positifs en forme de trompe l’œil ne peuvent dissimuler qu’aux plus optimistes la terrible mais implacable réalité de l’échec mondial à venir. Non je ne parle pas de l’équipe de France (hou les vilains pas beau qui ne s’attendaient qu’à du mauvais esprit de ma part !), mais bien de l’équipe d’Italie. 

 

« Fratelli d’Italia : L'Italia s'è desta ! » Quand cet hymne monte des tribunes du stade, chanté par les milliers de supporters italiens, les joueurs reprenant en cœur, les yeux qui brillent et la lèvre tremblante, alors à ce moment précis, Flaminio s’illumine.

Ah ! Flaminio, le beau soleil printanier de Rome qui caresse les justes de ses doux rayons, les travées colorées et sympathiques du stade le plus champêtre du tournoi, les beaux étalons italiens qui viennent là pour voir les belles italiennes en tribunes et les belles italiennes qui viennent là pour les beaux italiens sur le terrain… Ah Flaminio !

Flaminio, c’est l’exotisme. Flaminio c’est le stade le plus oriental ET le plus septentrional du tournoi. Flaminio c’est tout le charme d’un stade grand comme le stade Bonnal à Sochaux mais au cœur de la cité romaine. Flaminio, en réalité c’est un écrin. C’est un très joli papier cadeau qui entoure une boite mystérieuse. C’est un cadre superbe, une allégorie de la quiétude pastorale perdue la faute à la ville dévoreuse de verdure. Flaminio c’est un symbole du rugby entre copain du dimanche après-midi presque malgré lui.  

 

Seulement voilà, en 10 ans de présence dans le tournoi, Flaminio est le lieu de toutes les humiliations… Quand on va à Flaminio, c’est pour faire des emplettes, un peu de tourisme, et pour mettre une dérouillée aux locaux… Les gladiateurs romains ne font plus peur à personne.

En 11ans de présence dans le tournoi c’est un maigre bilan : cuillère de bois 2001, 2002 2005 et 2009, 7 victoires (dont 5 contre l’Ecosse et 6 à domicile), un nul et 45 défaites soit un ratio de 13,2% de victoires…

 

Si on pouvait plaider une forme de découverte du haut niveau en de 2000 à 2006, si on pouvait penser et même observer que le rugby italien se structurait, se construisait dans la douleur, progressait timidement, depuis 2007 que dire ? Et bien que depuis l’arrivée de Nick Mallett, le rugby transalpin sent violemment le sapin… Pour commencer, sur le 22 italiens dans la liste, Garcia, Orquera, Parisse, Dellape, Castrogiovani  ou encore Canovosio  sont nés en argentine, Barbieri au canada, Del Fava et Geldenhuys en Afrique du Sud, Burton et Mclean en Australie… Soit un total de 11 joueurs sur 22. L’équipe d’Italie a autant de joueur nés en Italie que de joueurs nés dans l’autre hémisphère. Du jamais vu.

Ensuite sportivement, l’équipe d’Italie n’a jamais semblé aussi bordélique, anarchique, mal construite. En vrai, depuis lu duo Dominguez-Troncon, l’équipe d’Italie c’est un peu le cirque du soleil : il y a à boire et à manger, il y en pour tous les gouts et pour tous les genres. On a des piliers haut sur pattes avec les cheveux long et gras, des deuxième lignes casqués dur au mal qui se bavent dessus, des troisièmes lignes coureurs/gratteurs/sauteurs mais pas tellement défenseur et là, seulement, commence le grand n’importe quoi… On a un demi de mêlée valide sur 11, on a un ouvreur de 46 kilos, des centres mi-homme mi coffre à ballon, des ailiers transparents et des arrières maladroits.

 

Mais pourtant, malgré tous ces torts, ces problèmes récurrents et ces anomalies. Malgré un manque d’organisation, de rationalité et de cohérence, et bien malgré tout cela, l’équipe d’Italie reste redoutable. Ils vont jouer avec leur cœur et une victoire contre les bleus validerait (à ma grande surprise) le travail chaotique mais véritable d’un staff en mal de match de référence.

 

Voici donc la composition de l’équipe qui va débuter contre le XV de France :

 

Première ligne : Lo Cicero, Festuccia, Castrogiovanni

 

Une première ligne solide, pénible, lourde et surtout vicieuse. Lo Cicero va nous faire du Lo Cicero (je te met une baffe, je lève les main et je prend l’air le plus innocent possible, évidement le tout en t’insultant copieusement dès que l’arbitre s’éloigne un peu), Festuccia va rater des lancers mais compenser par une grosse activité et enfin le monstre Castrogiovanni, meilleur joueur du championnat anglais en 2007, gros pousseur en mêlée et parmi les tous meilleurs droitier du monde avec Mas et Cole. C’est une première ligne qui, il faut le dire, est expérimenté, lourde, dur au mal mais qui souffre d’un terrible manque de mobilité. Si Festuccia est le plus mobile des premières ligne sur le terrain demain, il ne pourra pas compenser le déficit terrible qu’auront les italiens contre le trio Marconnet Mas Servat.

Avantage France si le match ne se joue pas que sur les mêlées. C’est peut-être la première ligne la plus efficace en mêlée en Europe aujourd’hui.

Le point à souligner aussi : l’absence de Perugini, pourtant titulaire jusqu’à présent. Mais il faut dire que son indiscipline chronique pèse lourd dans des matchs à enjeux. Pas sur que Lo Cicero soit une meilleure solution mais au moins un choix a été fait.

 

Deuxième Ligne : Dellape, Del Fava

 

On ne peut pas faire plus lourd et plus puissant en Italie. Bortolami pas là, c’est donc aux deux autres grands poètes que sont dévolues les ingrates taches des secondes lignes. Des têtes comme des parpaings, des bras comme des troncs, des cerveaux laissés au vestiaire, ils vont certainement se mettre souvent à la faute ou essayer de flirter à la limite du hors-jeu. Aux bleus de les punir et pas seulement en leur criant dessus. Il faudra leur marcher dessus, parfaitement monsieur !

 

Troisième ligne : Zanni, Barbieri, Parisse

 

Zanni, l’homme qui avait presque fait oublier Parisse l’année dernière grâce à sa puissance, Barbieri l’homme des basses besognes et des petits périmètres et Parisse le joueur de classe avec des mains en or. C’est un trio assez complémentaire mais attention : Parisse est l’homme à tout faire de cette Squadra Azura. S’il ne gagne pas ses duels, son équipe perd alors sa principale rampe de lancement. Il est le meilleur sauteur, le meilleur plaqueur, le meilleur franchisseur et l’un des joueurs les plus talentueux du Top 14. Son duel face à Bonnaire dans les airs sera grandiose j’en suis persuadé.  

 

Charnière : Semenzato, Orquera

 

Avec eux c’est un peu le grand saut dans l’inconnu. Si Semenzato s’est montré courageux, joueur, actif, il n’a aucune idée de ce qu’un match contre l’équipe de France peut peser. Il s’apprête à jouer l’une des meilleures nations d’Europe et peut-être le match le plus important dans la saison italienne (avec le match contre l’écosse). Aura-t-il les épaules assez larges ? 

De l’autre coté Orquera est bien plus expérimenté. C’est un joueur de ballon que j’adore, il pue le rugby et est doté d’un talent balle en main sans beaucoup d’égal. Seulement il fait 1m70 pour 72kilos. Alors la moindre charge d’un troisième ligne le fait passer pour un cadet qui s’est perdu au milieu des grands. C’est un joueur brillant mais terriblement trop léger pour exister à un tel niveau. Si les bleus veulent faire mal aux italiens, c’est dans la zone du 10 qu’il faudra insister.

 

Centres : Garcia, Canale

 

Le meilleur depuis le début du tournoi, Sgarbi, n’a pas été pris pour ce match. Et c’est donc le duo de gros plaqueur Garcia Canale qui a été préféré. Si ils ne brillent malheureusement pas par leur intelligence ou leur sens du jeu, il sont là pour répondre dans un premier temps aux duels que vont imposer Rougerie-Jauzion. Ils sont tous les deux plutôt seconds centres dans l’âme et leur apport défensif est vraiment leur arme principale. Garcia est dans le même registre que des joueurs comme Marty ou Tindall : gros plaqueur, puissant, mais pas très doué balle en main. Canale, gros finisseur cette saison aura lui pour mission de venir se proposer main à main avec Garcia pour créer des brèches dans la défense française en utilisant sa puissance. 

 

Ailiers : Bergamasco, Benvenuti

 

Le buteur maison, Bergamasco, est en train de faire la plus belle saison de se carrière. Régulier dans l’exercice des tirs aux buts, explosif et gagnant des duels avec son club, intenable en attaque et très solide en défense, son duel face à Huguet sera très intéressant.

Sur l’autre aile, Benvenuti est un peu la grosse côte de cette sélection. Agé d’a peine 20ans, ce petit ailier d’1m 88 va venir défier avec toute sa fougue la défense tricolore. En face, Clerc doit se demander à quelle sauce il va manger son jeune vis-à-vis…

 

Arrière : Masi

 

Enfin on termine par la grosse surprise : Andrea Masi ! Après avoir joué 9, 10, 11, 12, 13, 14… Et bien le voilà 15 ! C’est un peu le Damien Traille italien : très puissant, lourd, mais tout de même mobile pour son poids, Andréa, c’est le chouchou de Nick Mallett. Il va être mis sous pression mais finalement, c’est surtout pour contrer la puissance bleue qu’il est là. McLean pourtant très bon paye un peu sa timidité. Masi hérite d’un poste chaud où il n’a aucun repère ou presque. Bon courage à lui…

 

 

La physionomie du match :

 

Les italiens vont s’appuyer sur la conquète pour se montrer dangereux. Ils vont tout miser sur les mêlées et sur la touche pour essayer de perturber les rouages de la machine bleue. Ils vont truquer, aller au dela de la règle, relancer peu de ballon mais défier énormément dans l’axe. La guerre des tranchées, voila leur seule chance. Ils vont essayer d’avancer petit à petit, paquet après paquet. Et si ça n’avance plus ? Et bien on montera des quilles ou on jouera loin au pied. La schéma offensif italien sous l’ère Mallett est simple : taper dans la tronche des adversaires, le premier qui meurt à perdu…

 

La solution tricolore :

 

La meilleure chose à faire serait de mettre beaucoup de rythme et surtout de mettre la main sur le ballon afin de dicter le tempo. Les italiens vont miser sur la puissance, aux bleus de savoir déplacer le combat et de ne pas tomber dans une bataille de Verdun ovale qui n’avancerait à rien. Les italiens vont, c’est sur, faire beaucoup de fautes. Aux bleus de savoir aller jouer chez eux, de ne pas trop jouer avec les gros mais de lâcher les ballons après 1 ou 2 temps de jeu, et de ne pas hésiter à jouer en leurre pour mettre à mal cette défense inversée italienne qui a tant perturbée les irlandais. L’organisation défensive italienne est très archaïque, au XV de France de saisir les opportunités et de se montrer REALISTES !

 

Le pronostique :

 

Après un match largement dominé par les avants tricolore, les Italiens lâchent complètement dans les 20 dernières minutes et encaissent 14 points en quelques secondes. Score Final : 12 à 32 pour les bleus.  Essai de Huguet et de Nallet.

 

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Top 14 : les résultats de la 20ème journée

9 Mars 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Top 14

Sans plus de préambule : les résultats du week-end dernier ! 

 

 

Montpellier

25 - 24

SU Agen

 

Aviron Bayonnais

19 - 13

Toulouse

 

Bourgoin

19 - 38

Racing Métro 92

 

Biarritz Olympique

32 - 30

La Rochelle

 

Brive

12 - 20

Castres Olympique

 

Stade Français

9 - 21

Perpignan

 

ASM Clermont Auvergne

19 - 12

Toulon

 

 

Une bonne journée de championnat qui se termine. Et comme chaque semaine a présent, chaque journée donnera lieu à l’écrémage final en vue des barrages, des deux places directement qualificatives pour les demies et à la guerre des tranchées pour savoir qui va descendre.

 

Et c’est le combat des mauvais élèves qui a été le moins riche d’enseignements : le CSBJ a la tête sur le billot,  Brive commence à regarder clairement derrière malgré une bouffée d’air prise contre Paris, La Rochelle et Agen peuvent avoir des regrets.

 

On commence en Isère ou le CSBJ, sans être cata, sans être mauvais, sans être pitoyablement réduit en charpie… continue à prendre valise sur valise. Ils en ont pris 30 contre l’Usap, 40 contre le Racing… Et en plus, leurs meilleurs éléments sont déjà partis ou sont kaput pour le reste de la saison. Quand le sort s’acharne. Le racing lui poursuit son chemin avec une victoire bonifiée.

Mais la grosse information de ce match, c’est la grave blessure del Mago, Juan Martin Hernandez qui s’est rompu les ligaments du genou. Il en a pour 6 à 10 mois et voit ses espoirs de coupe du monde réduits à néant.

 

A Brive, Castre pourtant l’une des équipes les plus mauvaise loin de ses bases est venue gagner. Mais le pire pour les coujoux ? C’est qu’ils privent du bonus défensif leur adversaire du jour à la 78ème minute… Un match de plus en moins pour se sauver définitivement. Et maintenant il faudrait se poser la question : se sauver, mais pourquoi faire ? Vosloo, Palisson, Estebanez, Popham et Perry ont tous déjà signés ailleurs…

Castres signe une victoire qui, sans être prestigieuse, reste une victoire capitale en vue des barrages.

 

Enfin La Rochelle, Agen : même combat. Si Agen peut nourrir des regrets quand à la discipline, en ayant marqué trois essais contre 1 mais en perdant un match qui était pourtant dans leurs cordes, les Rochelais eux peuvent nourrir des regrets quand à la physionomie du match. Après avoir encore une fois été réduit à 14, ils encaissent un essai juste avant la mi-temps (et après 8min d’arrête de jeu) portant le score à la pause à 27-11. Au retour des vestiaires et toujours à 14, le SR concède un nouvel essai : 32 à 11. Mais la fin du match est complètement maritime : quatre essais marqués et la pression sur les épaules de Dambielle. Comme trop souvent ce dernier coup de pied (pour l’égalisation ou la victoire) est raté et le SR perd véritablement 2points à l’extérieur.  

Le BO et Montpellier s’imposent avec pas mal d’expérience et de réussite.

 

Dans les deux gros chocs de cette journée, on commence par Clermont/Toulon. Dans un match un peu à l’ancienne, émaillé de bons vieux accrochages comme j’aime et de quelques cartons (Genevois et Malzieu pour un accrochage sur la touche, Cudmore pour un plongeon et en raison de sa réputation sulfureuse), l’éclair va venir d’un jeu au pied à suivre de Rougerie que reprend comme un footballeur Bonnaire (drible intérieur du pied gauche que n’aurais pas renié Messi) avant de plonger dans l’en-but. Les joueurs les plus en vue ? Facile : Domingo, Lapandry, Rougerie, Bonnaire, Parra. Coté Toulon un match « ennormissime » de Smith, qui a fini au poste de 9 après la blessure à la cheville du demi de mêlée-boxeur remplaçant Henjak.  

L’australien à été partout sur le terrain, franchissant régulièrement le premier rideau. Le jeune Barthélémy, pour sa première entrée en top 14 arrache le bonus défensif avec beaucoup de réussite à la 79ème.

 

Du coté de Bayonne, ou plutôt d’Anoeta au stade de la Real Sociedad, c’était le gros match attendu. Et Bayonne, à la surprise générale et malgré un contexte extra-sportif a vomir, a sorti un gros match. Pas loin d’être héroïques en défense, les basques gagnent logiquement un match où leur réalisme à fait toute la différence. Les toulousain repartent avec un point de bonus défensif heureux suite à une action contestable (et contestée) à la dernière seconde.

 

 

Et on termine par ce qui s’annonçait comme le choc de cette journée : un match opposant le 10ème au 9ème… Mais attention, pas n’importe quel match de milieu de tableau : Paris Perpignan. Deux des cadors des années 2000 qui étaient opposés. Et c’est le monstre à 16 pattes catalans qui a étrillé son vis-à-vis. La mêlée perpignanaise a puni son adversaire du jour et l’USAP repart en catalogne avec la victoire en poche.

A Paris on parle déjà de 2011-2012 et le président, Guazzini, a annoncé un recrutement trois étoiles. En tout cas 2011 c’est plié, en espérant pour eux une grosse fin de challenge-européen (ultime moyen de se qualifier pour la H-cup).  

A l’Usap on respire un peu et le sprint final est lancé pour eux aussi.

 

Au classement : Les places seront chères et le classement final n’est absolument pas établit. Du suspense en perspective et surtout des gros matchs se profilent dès la semaine prochaine avec un BO- Racing qui s’annonce sous de bons auspices.

 

 

 

 

Pts

J

G

N

P

p

c

+/-

1

Toulouse

65

20

13

1

6

538

369

169

2

Racing Métro 92

62

20

13

2

5

487

393

94

3

ASM Clermont Auvergne

57

20

12

0

8

463

346

117

4

Montpellier

56

20

12

1

7

450

377

73

5

Castres Olympique

55

20

11

1

8

482

390

92

6

Biarritz Olympique

53

20

11

1

8

471

428

43

7

Aviron Bayonnais

53

20

12

0

8

408

373

35

8

Toulon

50

20

11

0

9

403

376

27

9

Perpignan

49

20

10

3

7

410

395

15

10

Stade Français

44

20

9

1

10

459

426

33

11

SU Agen

33

20

7

1

12

370

542

-172

12

Brive

31

20

5

2

13

338

431

-93

13

La Rochelle

29

20

5

1

14

385

504

-119

14

Bourgoin

5

20

2

0

18

289

603

-314

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Italie – France : Le XV de départ des bleus

9 Mars 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

Sans surprises véritables mais avec quelques changements tout de même, les bleus s’apprêtent à faire un déplacement toujours complexe et épineux : Flaminio.

 

L’équation est simple : les français veulent gagner et si possible largement pour espérer (encore un peu) gagner le tournoi. Les italiens, eux, veulent éviter la cuillère de bois, rompre le signe indien (0 victoires contre le XV tricolore) et une victoire contre la France sauverait peut-être la tête de Mallett.

 

Lièvremont, décrié pour ses choix contestables en Angleterre (Chabal, Huguet, Poitrenaud) a donc ressorti son petit carnet, a croisé les doigts toute la journée de samedi en regardant les 23 internationaux jouer et a fait tomber la compo !  Une annonce bien plus rapide qu’a l’accoutumée (un Mardi) que nous allons nous empresser de détailler :

 

Première ligne : Marconnet, Servat, Mas

 

Première demi-surprise : l’absence de Domingo. Laissé au repos, auteur d’un match bien épais contre Toulon, le clermontois sera sur le banc pour cette rencontre. A sa place, l’expérimenté Marconnet aura comme mission de répondre à la puissance de Castrogiovanni et surtout à ne pas tomber dans la provocation des adversaires du jour (Lo Cicero, Perugini, Castro, Dellape et autres amoureux de la poésie italienne).

Au talon pas de surprise : Servat encore et toujours. Il aura une importance capitale dans toutes les phases de combat et en tant que premier attaquant sur les ballons lents.

Enfin à droite Mas, l’autobus catalan, sera lui aussi titularisé. Il ne devrait pas faire tout le match et le plus envisageable des coachings serait de faire passer Marconnet à droite et entrer Domingo à gauche.

 

Deuxième Ligne : Nallet, Pierre

 

Nallet le combattant est encore titulaire. Il devra bien souffler à un moment ! On tire un peu sur la corde… Heureusement qu’il n’a pas joué avec le Racing ce week-end…  

Pierre lui aussi est reconduit. La problématique est moindre avec lui, dans la mesure où il joue moins que Nallet en équipe de France, qu’il a fait un petit bout de match contre Toulon mais surtout qu’il n’est pas aussi irremplaçable que Lionel Nallet chez les bleus.

 

Troisième ligne : Bonnaire, Dusautoir, Chabal

 

Bonnaire, auteur de quelques bonnes rentrées et surtout d’un premier match de grande qualité contre l’Ecosse est « re-titularisé » à sa plus grande joie. Auteur d’un essai plein d’opportunisme (et de chance) ce week-end, il est sur une dynamique positive.

Son compère de la 3ème ligne, Dusautoir, est lui aussi titulaire pour la 4ème fois en 4matchs et surtout pour la 14ème fois en 15 match en seulement 12mois. Un indispensable de cette équipe.

Enfin Chabal reconduit en 8 aura beaucoup à se faire pardonner. Auteur d’un non-match contre l’Angleterre, le « Caveman » part avec un apriori très négatif. Libre à lui de valider son ticket pour la coupe du monde.

 

Charnière : Yachvili, Trinh-Duc

 

Eux aussi reconduits en Italie, le duo s’est montré prometteur et réaliste en Angleterre, plutôt bon malgré quelques erreurs et surtout s’est montré capable de jouer ! Il y a enfin eu des passes en le 9 et le 10… Du presque jamais vu depuis 6mois… Par contre il serait temps de ne plus changer la charnière non ?

 

Centres : Jauzion, Rougerie

 

Pour la seconde fois préférés à d’autres associations, c’est l’une des paires les plus stables : déjà deux fois qu’ils sont associés ! Sous l’ère Lièvremont ? C’est énorme.

Illustration : on a eu le droit à pas moins de 11 centres associés en 2ans : Jauzion, Rougerie, Traille, Fritz, Marty, Lacroix, Bastareaud, Mazars, David, Mermoz et Estebanez.

Le choc Sgarbi-Jauzion et le duel clermontois Canale-Rougerie s’annoncent tous deux hyper excitants !

 

Ailiers : Huguet, Clerc

 

Si Clerc a fait l’unanimité contre l’Angleterre, on peut en dire autant de la part de Huguet tant les critiques sont concordantes… Mais ML refait confiance à celui qui s’impose peu à peu comme l’un des titulaires de cette équipe. C’est en effet sa 6ème titularisation d’affilée. Palisson, Andreu, Fall, ou Malzieu voient de jour en jour leurs chance de jouer la coupe du monde s’éloigner.    

 

Arrière : Médard

 

Remis de sa petite contracture, le toulousain revient et pousse sur le banc un autre toulousain. Destin croisés depuis quelques années maintenant entre Poitrenaud et Médard… Quand l’un avance, l’autre recule.

 

 

Conclusion :

 

Une équipe qui commence à se bâtir, une illusion de stabilité en utilisant qu’un groupe de 23 joueurs (25 en comptant Palisson et Mermoz) et surtout une vraie-fausse rotation en faisant tourner un peu l’effectif (3 changements par rapport à l’Angleterre), la tendance est au renforcement à tout prix des certitudes.

Mais voilà : les joueurs comme Papé, Marty, Ouedraogo, Lapandry ou encore Skrela sont complètement mis de coté par le staff. Ils auraient pu intégrer l’équipe mais non… Une coupe du monde ne se prépare pas à 23 ! Les Anglais et les nations du sud l’ont compris depuis longtemps, en témoigne les stages tous faits à 30, voir 32. L’utilisation a outrance de Servat, Mas, Dusautoir, Nallet ou Trinh-Duc nous plonge dans une situation critiquable : nous avons des leaders de combat mais pas de leader de jeu, nous n’avons pas de solutions quand la mêlée ou la touche n’est plus impériale, nous n’avons aucune « seconde option » et le registre de l’équipe de France (physico-physique) atteint bien vite ses limites contre des équipes qui nous battent dans le défi individuel…  

Enfin, le traitement réservé a quelques joueurs comme Ouedraogo, Bastareaud, Andreu, Floch, Fritz sont symbolique d’une mauvaise gestion au moins humaine des hommes. Quand on allie à cela la cruelle et fâcheuse tendance à ne pas pouvoir jouir de la moindre certitude après le n°10…

 

Heureusement, les oppositions contre les -20ans reprennent (le message passés par quelques cadres au lendemain de la déroute Australienne semble avoir été entendu) et l’Italie est d’une faiblesse suffisante pour se refaire le plein de confiance. Une défaite serait très, très, très mal venue… 

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Les (petites) informations de la planète rugby

3 Mars 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #En route pour la coupe du monde 2011

Un petit tour de la planète rugby sud/nord :

 

Nouvelle-Zélande :

 

Suite au tremblement de terre a Christchurch, les Crusaders de Dan Carter et Richie McCaw ont migrés vers Nelson, à quelques 400km au nord de la ville sinistrée. Il s’agira pour eux du premier match à domicile de l’année puisque suite à un accord entre les Crusaders et les Hurricanes, les deux franchises avaient décidé, avec l’aval de la fédération, de compter le match les opposants comme étant un match nul sans jouer la partie, un événement sportif ne pouvant se dérouler dans un contexte si pesant.

 

Les Chiefs, franchise de Waikato, s’apprête à titulariser Tana Umaga. Ce dernier à part ailleurs affirmé son intention de participer à la coupe du monde en se déclarant toujours prêt à revêtir la tunique All-black.

 

Toujours côté NZ, c’est le troisième ligne surpuissant Jerry Collins qui est cette fois sur le marché. Alors qu’on l’espérait un peu du coté du super15, le futur-ex joueur de la province galloise des Ospreys s’est déclaré capable de jouer encore 3 ou 4 ans et d’évoluer au meilleur niveau. C’est au RCT qu’on fait la moue, puisqu’il s’agissait d’une des recrues les plus décevantes du club dans les premiers mois de la remontée.

 

 

Afrique du Sud :

 

Chez les Stormers, le club va devoir composer sans deux internationaux majeurs : Schalk Burger (genou) et Jacques Fourie (poitrine).  Les deux joueurs sont déjà forfait mais il se pourrait en prime que Burger soit absent 1mois et demi.

 

Du coté des Bulls, c’est Bakkies Botha, le futur Toulonnais qui est mis au repos forcé. Légèrement touché à un pied, il cède sa place à un autre international : Danie Rossow.


Enfin grosse tuile pour l’un des hommes de base du titre mondial en 2007, Juan Smith, Le flanker boucher des Cheetas s’est en effet rompu le tendon d’Achille et sera éloigné des terrains de très nombreux mois.

 

Australie :

 

Coté Australien, les choses sont allées très vite pour les Brumbies : deux match un victoire et… on vire le coach ! Au moins Andy Friend, qui ne s’était pas fait que des amis durant son court passage, n’aura pas eu le temps d’espérer quoi que soit en tant que coach. Il avait, dit-on, perdu la confiance du vestiaire.

Le président des Brumbies, Fargan, a tenu à mettre en avant le fait que c’était avant tout une décision de sa part et pas une décisions des joueurs. En gros : Elsom, Moore et Giteau ne voulait plus bosser avec lui.

 

Ancien capitaine de l’équipe d’Australie et actuel capitaine des Waratahs, Phil Waugh s’est déchiré un tendon du biceps et sera éloigné des terrains 3 mois. La coupe du monde est définitivement enterrée pour celui qui espérait encore revenir chez les Wallabies. A moins que… Après avoir passé une seconde batterie de test, le diagnostique est étrange : le tendon est significativement endommagé mais peut être va-t-il jouer ce Vendredi. Il n’a plus mal et tente sa dernière chance pour jouer une coupe du monde. Espérons qu’il n’aggrave pas la blessure.

 

Pour les Rebels, toute nouvelle franchise de ce super 15 new-look, c’est un « cas » qu’ils vont avoir a gérer. Après avoir gonflé tout l’Angleterre avec son égo énorme et son jeu prometteur, Danny Cipriani avait fait ses bagages, tout énervé et vexé qu’il était de ne pas faire partie des plans de Johnson. Il faut dire que si le garçon est plein de talent ballon en main, il est malheureusement incapable de faire preuve d’un tant soit peu de professionnalisme en dehors du terrain. Et il se trouve que pour fêter la première déculottée de son équipe défaite 43 à 0, il est sorti en boite. Au moment de payer la bouteille qu’il avait commandé, plus de sous. Il s’est donc fait voleur pour une bouteille et s’est fait prendre. Il sera alors suspendu par son club un match. Motif ? La stupidité sans doute…    

 

Japon :

 

Kirwan l’avait réclamé : pour que le Japon ai une chance de ne pas se faire poutrer par toute les équipes lors de la coupe du monde, il fallait réintégrer Christian Loamanu, le « Lomu Japonais » d’origine Tongienne. Suspendu 3 mois puis radié de l’équipe nationale pour un contrôle positif au cannabis, c’est le président de la fédération nippone lui même qui s’est exprimé. La réponse de Noburo Mashimo est claire : non, Loamanu ne fera pas la coupe du monde pour le Japon. On ne blague pas avec la drogue au pays de soleil levant.

 

 

Angleterre :

 

Deux nouvelles nous proviennent du pays de sa majesté la reine : la première c’est qu’Andrew Sheridan est forfait pour le reste du tournoi. Touché au mollet contre la France, il part se reposer chez lui et ne rejouera plus du tournoi.

 

L’autre information bien plus importante, c’est le passage du XII au XV d’un jeune espoir anglais que tout le monde annonce comme étant un petit crack : Kyle Eastmond 32 essais en 54 matches, futur demi de mêlée de Bath. Il vient peut-être compenser numériquement le départ de Hape en partance pour les London Irish.

 

 

France :

 

On commence par Clermont qui fait signe en joker médical un petit Samoan, Gorges Pisi pour remplacer Gavin Williams (un autre samoan). Or, a peine arrivé, et voilà que Pisi annonce s’être engagé en faveur de Northampton l’année prochaine… Connaissant un peu Cotter : il ne risque pas de jouer beaucoup celui là…  

 

A Toulon, c’est le centre atomique Mafileo Kefu qui vient de tirer un trait sur la fin de saison et par la même occasion de disputer la coupe du monde avec les iles Tonga. Blessé à l’épaule, il en profite pour faire opérer les deux. Et allez, en voiture Simone !

 

Enfin on termine par « the cherry on the cake » : Bayonne où l’histoire du panier de crabe. Pour faire simple : le grand argentier du club (Afflelou) avait envie de changer de capitaine pour son navire. Mais seulement le capitaine en place (Salagoïty) ne voulait pas trop. On lui a présenté le capitaine qui allait le remplacer (Laporte) en lui promettant que, pour lui, on lui réserverait le droit de rester sur le navire en tant que second du capitaine.

Mais finalement, le capitaine ne voulait pas du tout lâcher sa place… Alors il a viré à coup de pompe le futur capitaine du navire. Seulement le grand argentier de l’expédition a choppé les boules : il a donc retiré ses billes.

De manière concrète que se passe t-il ? Et bien le budget de Bayonne se voit amputer de 5M d’euros pour l’année à venir, les précontrats signés par et pour Laporte sont remis en question (Lauaki et Kelleher + Sivivatu), le président en place (Salagoïty) va probablement se faire débarquer et Bayonne qui rêvait de construire un beau et grand projet vient de se tirer une balle dans le genou (plus grave que dans le pied) en virant Martin, perdant Peyras, Heguy et probablement Filipo. Et il faut dire que le mal est fait et le divorce consommé car quand on s’allume par presse interposée, c’est vraiment qu’on à touché le fond. Même le maire de Bayonne s’y met… Seul espoir de revoir Laporte et Afflelou revenir ? Que Salagoïty parte.

Enfin dernière petite anecdote, l’axe de défense du président en place est le suivant : économiquement, je n’ai rien à me reprocher depuis 5ans. Alors c’est vrai… et sportivement ?

« Allez, Allez ! Les bleus et blancs de l’aviron… »… 

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La chronique de Luc : Azincourt, match retour

28 Février 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #L'édito de Luc

                                          plume

 

Luc est de retour. Oui, l’enfant prodigue de Cotonou, le petit prince de la Rade, L’Amiral Nelson de la porte de Choisy…

Mais je vais être honnête : moi ca me fais chier. Il écrit des trucs trop compliqués, il me traite comme un sous-fifre et me fait des reproches, il fait sa diva, (« Je veux bien faire ton édito mais à condition de sauver les ours blanc au bénin », « les dauphins en Allemagne », « de donner une tribune à Guy Carlier …») et je dois presque me prostituer pour avoir un article de sa part. Et quand enfin j’ai un signe de lui, l’œil humide et la lèvre tremblante, d’une main hésitante, j’ouvre son offrande informatique et inespérée. Et là, c’est un mail lapidaire. Pas d’excuses, pas de remords. Même pas un bonjour. Je suis une catin et lui c’est mon mac…

 

Et en plus j’imagine déjà sa cohorte de groupie, le cheveu sale et la mœurs légère, appuyant nerveusement sur la touche F5 du clavier pour rafraichir la page dans l’espoir, jusqu’alors déçu, de voir l’avatar de « la plume » en tête d’article. Et là enfin, je publie à nouveau un édito. Ca va être AC/DC au stade France. A coté, le fan club de Justin Bieber c’est 12 blaireaux moisis dans un bar crade de Paray-Vieille-Poste. Je vais encore devoir payer des frais suite aux émeutes en bas de chez lui et j’espère que, pour une fois, ils toucheront pas à son scooter.

Quoi Luc ? Où est ton argent de la semaine ? Pardon patron, promis je le ferais plus… Pour me faire pardonner, je vais le publier ton édito… De toute façon j’ai pas le choix, ton fan club d’intégristes séquestre mon chat…

 

Bonne lecture à tous 

 

Azincourt, match retour : 

La France du rugby se réveille toujours transfigurée des nuits qui suivent les affrontements avec la perfide Albion. Lorsque ces batailles se déroulent sur le sol anglais, et non pas à quelques coudées de la basilique de Saint Denis, leur beauté n'en est que soulignée. Tous les espoirs de punir ces ennemis héréditaires dans leur chair, sur leurs terres, sont permis. L'enjeu n'est plus de remporter le tournoi, mais de rejouer l'éternelle rivalité pour la suprématie sur le rugby de l'hémisphère Nord. En effet, les Gallois branchés sur courant alternatifs, les Irlandais inconstants et vieillissants, les Écossais exsangues et les Italiens pétris des promesses et des naïvetés de benjamins du Tournoi, ne nous posent plus de vrais problèmes. La disparition de la Roumanie du rugby et l'apathie des trois-quarts Géorgiens, éclipsés par leurs avants mythiques, nous ont abandonnés à ce duel à mort avec l'Angleterre. La France adore les ennemis héréditaires. Les Allemands pour l'industrie et l'économie, les Anglais pour la finance et le rugby. Dans ce contexte, la bataille de Twickenham fait écho à celle d'Azincourt, toute victoire sur Martin Johnson venge Jeanne d'Arc. Nos plus grands généraux ont attendu de rencontrer l'Angleterre pour mettre un terme à leur carrière : Philippe Sella, dont Jacques Fouroux disait - à tort- qu'il ressemblait à Bertrand du Guesclin, s'est arrêté un jour de petite finale de Coupe du Monde en 1995, sur une victoire contre les Anglais en Afrique du Sud. Serge Blanco, lui, n'a pas connu cette satisfaction : sa dernière sortie, un quart de finale en 1991 face aux hommes de Will Carling, s'est soldé par une défaite.

Le rugbyman hexagonal attend donc avec une impatience infantile ce choc au sommet, choc nimbé de l'aura des grands soirs, avec l'espoir fou de grimper sur le toit de l'Europe du rugby. Et il se réveille au lendemain avec un ineffable sentiment de régression, avec dans la bouche un petit goût de sang. Parfois c'est du sang anglais et il résonne de la fierté d'avoir vengé nos ascendants, d'avoir rétabli la hiérarchie naturelle sur ces faibles qui n'ont pas su se débarrasser de leurs monarques, d'avoir réhabilité le coq dans le jardin d'Europe, d'avoir gagné le droit de retourner à l'orgueil et à la morgue des gentlemen de sa Majesté leur humiliant "Good game". C'est le sang impur, évoqué par Rouget de Lisle, qui abreuve les sillons de la vanité tricolore. Malheureusement, parfois, il arrive que la perfide Albion triomphe. Alors les supporters français se scindent en deux camps; le réalisme veut jeter l'équipe de France avec l'eau du bain, accable nous représentants de tous les maux et réclame toutes les têtes, y compris celles du sélectionneur national. Aussi improductif qu'inélégant. A contrario, le camp de la mauvaise foi tient en équilibre sur un fil tenu, avec des arguments aussi fallacieux que méprisables; tous réclament une victoire morale eût-égard à l'arbitrage, britannique donc partisan, à la pauvreté du jeu anglais, pick-and-go et chandelles, à la météorologie locale, pluie et grêle.

Nous oublions un peu facilement que depuis que le Tournoi rassemble six nations, l'on ne peut prétendre assister à une écrasante domination, quelque soit le côté de la Manche dont on regarde. L'idée même d'ennemi héréditaire s'est dissoute dans le professionnalisme et les incursions successives de Philippe Sella, Abdel Benazzi, Thomas Castaignède, Raphaël Ibanez et Serge Betsen dans le PremierShip anglais. Confirmation apportée au Top 14 par James Haskell, Tom Palmer et Sir Jonny Wilkinson. Depuis 1995, dans le Tournoi, face aux sujets de Queen Elizabeth, nous avons essuyé autant de défaites à domiciles que nous avons remporté de victoires à Londres (2). Au seul classement qui saurait nous départager, à savoir le classement britannique, nous sommes donc à égalité. Pour le reste nous pouvons revendiquer cinq Grands Chelems (contre 2) et deux victoires non partagées (contre 3); aucun camp n'a à rougir de son palmarès et -cocorico- nous pourrions nous targuer d'une légère avance.

Pour ce qui est du match, des Français bien plus valeureux que les pâles formations qui s'étaient imposées face à l'Écosse et à l'Irlande, ont su nous faire rêver durant une mi-temps au long court. Malgré la crainte qui semblait suinter des visages de nos petits bleus pendant la Marseillaise, l'entame fut dantesque, les avants tricolores solides, Jauzion et Rougerie souvent efficaces, parfois impériaux. Avec une défense retrouvée, nous avons même vu des trois-quarts anglais, abrutis de coups de casque et tampons aux côtes, hésiter à aller au contact et dégueuler des ballons. Nick Easter, le Marc Cécillon des Harlequins, a mordu la poussière plus d'une fois, et Thierry Dusautoir s'est même offert le luxe de piquer un ballon sur un renvoi. S'il n'était la déplorable nécessité de trouver une explication et un coupable à chaque débâcle, nous aurions la force de reconnaitre que nos adversaires du jour sont revenus des vestiaires plein de détermination, et que la ferveur des "Swing Low, Sweet Chariot" a galvanisé le XV de la Rose. Nous avons été surpassés par plus forts, plus réalistes, plus constants que nous. Pourtant cette équipe de France volontaire et combative m'a plu, cette soirée de défaite comptable ressemblait à un matin de victoire sur nos démons.

1991 et son essai du bout du monde, 1994 et son essai à mille passes nous rappellent que si les All Blacks nous permettent parfois de faire l'étalage de notre génie, le XV de la Rose s'érige toujours en révélateur de notre courage.

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France – Angleterre : les notes du match

27 Février 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

Samedi 26 février 2011, Twickenham se vide, le pub où j'ai suivi ce match aussi : 

Alors ca y est… Le résultat attendu est logiquement respecté. Un match frustrant au possible, des fautes de mains de benjamins, une équipe aussi dangereuse qu’un gros rhume et des défauts exacerbés (attaque, réalisme, système défensif très moyen). Comme souvent les lendemains de défaite, la plume est lourde et la critique facile. Mais pour ne pas tomber dans le trop acerbe, je propose aujourd’hui de retenir l’action du joueur, ce qu’il aurait pu faire de plus et enfin d’analyser en quelques mots pourquoi les Anglais gagnent le Crunch et s’envolent vers le « Big Slam ».

Ma bière à un gout amer et les supporters anglais du pub sont affables. Il parlent fort. L'établissement irlandais avait fait le plein et le patron doit etre le seul pleinement statisfait d'un match qui n'a contenté personne. 

 

Sans plus attendre, les sacrosaintes notes des joueurs. 

 

Piliers :

 

Domingo : Plutôt solide en mêlée, il a eu fort à faire face à ce qui se fait de mieux au monde à droite. Disponible dans le jeu courant, auteur d’une grosse défense au ras pour stopper la dynamique Anglaise, le clermontois fait une nouvelle fois un match solide sans vrai défaut.

 

L’action à retenir : sa charge en première mi-temps où il explose Flood. Ca picote un peu.

 

Il aurait pu… : donner son ballon sur cette même action, le décalage étant fait sur l’aile de Huguet.

 

La Note : 5,5/10

 

 

Mas : Puissant en mêlée, précieux pour sa défense au ras sur le jeu à 0 passe, c’est pourtant un match d’une grande discrétion de la part du catalan. Jamais vraiment dans le jeu courant, il marque des points dans le combat. Mais quand on voit comment les bleus se sont laissé marcher dessus durant la seconde mi-temps…

 

L’action à retenir : A la 22ème, il explose son vis-à-vis, le troisième ligne se détache et l’arbitre siffle. Les bleus peuvent recoller juste avant la mi-temps.

 

Il aurait pu… : ne pas se faire sanctionner 3 fois en mêlée. Même si je ne suis pas le seul à n’avoir rien compris à l’arbitrage de Mr Clancy (Lièvremont est pareil), force est de constater que le catalan ne s’est jamais adapté à ce qu’attendait de lui le « referee ».

 

La Note : 5/10

 

 

Talonneur :

 

Servat : c’est le meilleur du monde… Après Hartley. Si ils n’évoluent pas du tout dans le même registre, le toulousain à souffert de la comparaison avec son vis-à-vis. Moins mobile, moins actif, moins dynamique, Servat n’a pourtant pas démérité dans les phases de combat. Il a essayé de pourrir quelques ballons, s’est montré digne des meilleurs lanceurs du monde et à une nouvelle fois fait un match solide.

 

L’action à retenir : une combinaison en touche avec Yachvili, un déboulé sur 25mètres où il dépose le 9 avant de venir défier Cueto. Mais la balle n’avait pas fait 5m, retour à la case départ… Cette action est un peu à l’image de son match : un pas en avant, deux pas en arrière. Régulièrement refoulé faute de soutient, Servat va peut être avoir de quoi faire la tronche aujourd’hui.

 

Il aurait pu… : Ne pas subir le match et les impacts. Facile à dire mais c’est ce qu’on attend de notre joueur le plus puissant. Il a trop subit les impacts anglais, c’est trop souvent retrouvé en situation délicate, alors qu’il est là pour faire reculer le rideau défensif adverse.

 

La note : 4,5/10

 

Deuxième Ligne :

 

Pierre : Pas un ballon a négocier pour le clermontois d’adoption. Un match où il a été proche de l’inutile, il y a de grande chance que ce soit son dernier match en tant que titulaire durant ce tournoi.

 

L’action à retenir : Je n’ai pas pris de note pendant le match… Alors là… Je sèche.

 

Il aurait pu : se mettre un peu au diapason de son binôme. Mais on va en parler.

 

La Note : 4/10

 

 

Nallet : Il a été énorme. Pénible, plaqueur, récupérateur, sauteur. Il a tout fait. Omniprésent, il a pourri un nombre incalculable de munition britannique.

 

L’action à retenir : Un ruck bouillant aux alentours de la 20ème minute. Nallet enjambe le champ de ruine qu’il vient de créer avec ses petits copains et arrache la balle alors que les Anglais sont en position de faire la différence. Un geste salutaire qui repousse, déjà, l’échéance. 

 

Il aurait pu… : Mettre quelques baffes aux joueurs anglais qui plongeait volontairement dans le camp français pour pourrir les sorties de balles. Quand c’est un ancien capitaine qui le fait, c’est souvent pardonné plus facilement par le corps arbitral…

 

La note : 6,5/10

 

 

Troisième Ligne :

 

Dusautoir : grosse activité au plaquage, toujours au four et au moulin dans ses soutiens et dans sa défense, il se sera montré moins actif ballon en main.

 

L’action à retenir : Plus qu’une action, c’est sa capacité à faire tomber rapidement qui a été précieuse tout le match. Sans lui, les anglais auraient enchainés beaucoup plus facilement les temps de jeu. Il s’est accroché en défense comme une pit-bull à une grand-mère.

 

Il aurait pu… : en tant que capitaine faire la même chose que Nallet. J’en ai marre de voir les leaders de combat ne pas savoir faire un rucking sur un joueur qui n’a rien à foutre là où il est.

 

La Note : 5/10

 

Harinordoquy : c’est un peu la déception de ce match. Franchement pas au top en 7, c’est replacé en 8 dans les 20dernières minutes qu’il a semblé un peu moins aux fraises.

 

L’action à retenir : une accélération sur une relance en fin de match où il permet au bleus d’avancer de presque 30 mètres à un moment où les franchissements étaient (et resterons) aussi nombreux que les actions de but des footballers pendant le mondial sud africain: faméliques.

 

Il aurait pu… : décider de jouer un peu avant son repositionnement.

 

La Note : 4,5/10

 

 

Chabal : J’avais dit qu’il serait l’homme du match. Et bien j’avais tort. Remplacé à la 50ème, il fait un match d’une vacuité sans égal. Les anglais ont mangé du Chabal. Il a pourtant essayé d’avancer, mais jamais sans vraiment y arriver.

 

L’action à retenir : son splendide arrêt de volée en touche.

 

Il aurait pu… : Se couper les cheveux et la barbe. Quitte à rien faire sur un terrain, au moins qu’il fasse un peu propre.

 

La Note : 2/10. Sévère mais il pourrait tellement mieux faire que ça…

 

 

Demi de mêlée :

 

Yachvili : Plutôt bon dans l’animation, auteur de 20 minutes de très grande qualité en début de match, il laisse passer 6 points difficiles. Le biarrot a été bon et montre une nouvelle fois qu’il y a un monde entre lui et les autres 9 de l’équipe de France. Il a pesé sur la défense comme il a pu et à surtout il a essayé d’apporter un peu de fluidité au jeu tricolore. Pour lui aussi ca sera donc une impression générale. Celle de soulager avec réussite son 10 dans le rôle du jeu au pied. En face, Youngs à été moyen dans son « occupation pédestre » (hahaha, la pire blague de l’article). Il a été un relayeur de qualité, sobre, efficace.

 

L’action a retenir : Mais malgré tout cela, il est le fautif sur la mêlée qui amène l’unique essai du match. Il a pris tout son temps pour taper et c’est Palmer, connu pour son explosivité (LOL !) qui le contre. Mêlée, essai. Les français viennent de perdre le match.

 

Il aurait pu : insister un peu plus au ras pour concentrer une défense anglaise jamais prise de vitesse. En voulant lâcher les ballons très vite sur les extérieurs, la touche à été la meilleur allié des anglais, ses derniers n’ayant qu’a suivre les attaques française en poussant vers les extérieurs.

Il aurait pu aussi passer ses deux coups de pieds. Mais ca, finalement, ca n’est pas si grave.

 

La Note : 5,5/10

 

 

Demi D’ouverture :

 

Trinh-Duc : Plutôt bon, essayant de défier et de faire jouer autour et après lui, le 10 bleu à fait un match solide. Sans le génie de Carter, sans la puissance de Butch James, sans la qualité de passe de Flood ou Brock James, sans les crochets de Barnes, sans le jeu au pied de Contepomi ou O’Gara, sans les plaquages de Wilkinson, il s’impose quand même dans une équipe du gratin mondial sans voler sa place. Il à un style à lui et même si parfois il semble encore un peu juste, il est en train de faire taire pas mal de critiques d’avant tournoi. 

 

L’action à retenir : Et c’est malheureusement une bêtise… Alors qu’il hérite d’une balle de drop à 35 mètres face aux poteaux, FTD arme le coup de pied tombé, se ravise et finalement, décoche une frappe désespérée dans la tronche d’un gonze qui monte en face. Ce qui devait arriver arriva : le contre de l’anglais est implacable. Et la reculée ne l’est pas moins : retour dans nos 22m sans avoir marqué le moindre point sur un de nos temps fort. 

 

Il aurait pu : annoncé des redoublées et arrêter de jouer sur le plus mauvais attaquant hier soir. Il n’a jamais demandé ou presque de jouer dans le dos des centres.  

 

La Note : 4,5/10

 

 

Centres :

 

Jauzion : Je pense que nous venons d’assister à la fin d’une ère. Avant il marchait sur les défenses, explosait ses vis-à-vis, jouait debout et se montrait capable de jouer 80 min en éclatant les centres adverses comme du papier-bulle. Hier, tout juste a-t-il pu ne pas dégueuler ses ballons. Montrant toutes les limites de son jeu (manque de dynamisme, incapacité à sortir à hauteur de son 10) et n’étant pas aidé pas le manque de soutient, il n’a jamais été dans le match. Défensivement même son de cloche. On n’a jamais vu Hape mais on n’a jamais sentit Jauzion capable de faire autre chose que du « tout droit » stérile.

 

L’action à retenir : comme un symbole, aux alentours de la 65ème, il percute sauvagement son adversaire, tient debout, cherche un soutient qui n’arrivera jamais et passe au sol, brisant toute la dynamique tricolore. A l’image de son match : puissant et difficile à plaquer mais isolé et ne facilitant franchement pas la vie. Et en plus quand on à la caravane publicitaire du tour de France au grand complet accroché aux fesses…

 

Il aurait pu… : faire des passes. Alors oui je sais, faire des passes c’est dangereux, on peu se faire intercepter ou faire des en-avant… Mais au moins jouer en leurre si il avait peur de transmettre sa balle après contact et même avant contact. Ou alors se repositionner en troisième ligne : il pourra mettre des percussions et des plombs et tout le monde s’en foutra quand il fera le cimetière à ballon. 

 

La Note : 3/10

 

 

Rougerie : Un match très moyen. Probablement le plus pauvre offensivement de son tournoi. En défense, il devait faire face à la puissance de Tindall et s’en est plutôt bien sorti. Mais que de moment où il n’était plus à son poste. Il a dézoné à mort et si les bleus n’en prennent pas plus, c’est en grande partie du au fait que la défense de Clerc et les ballons d’attaque des Anglais ont été inversement efficaces.

 

L’action du match : on va en reparler longtemps. Une balle dans l’en-but. Le genre de ballon qu’il a convertit des milliers de fois à l’entrainement ou en match. Le genre de ballon qui pourrait changer le cours d’un match. Et pourtant, un foutu rebond capricieux et c’est un match à fort enjeux qui nous échappe. Roro n’est pas à blâmer. Mais ca fait mal de rater un ballon pourtant bien distillé. Ce qu’on oubliera vite : c’est que la mêlée est consécutive à une chandelle que Rougerie va chercher sur la tête de Foden.

 

La Note : 4,5/10

 

Les ailiers :

 

Huguet : J’ai envie de dire « Joker ». J’en ai marre de rabâcher qu’il n’a pas sa place ici. Il est incapable de faire la différence en 1 contre 1, incapable de sortir clairement des ballons, incapable de se montrer efficace. Et j’en ai surtout marre de cette combinaison horrible où il est utilisé comme premier attaquant (en venant en 10) qui en 2 matchs s’est soldé à chaque fois par une connerie : en-avant contre les anglais, attaque horrible contre les Irlandais. Cette combinaison est nulle ! Arrêtez !

 

L’action à retenir : son retour sauvetage sur la passe d’Ashton.

 

Il aurait pu… : jouer son vis-à-vis plutôt que de lui rentrer dans la gueule à chaque fois. J’ai l’impression de voir jouer un garçon qui a découvert le rugby il y a 4 ou 5 mois et qui n’a compris que le « cadrage-déblayage ». Il a du talent c’est certain. Mais je n’aime ni son registre d’auto-tamponneuse, ni ce qu’il montre en équipe de France, du moins offensivement.

 

La Note : 3,5/10

 

 

Clerc : Gros match, grosse activité. Vincent revient au meilleur de sa forme. Et si il n’aura plus jamais les jambes d’avant son opération, peu importe. Il a celle d’un joueur qui a largement sa place dans el XV de France. Il sort un match de grand talent. En face, Ashton s’est fait mangé. Rien de plus, rien de moins.

 

L’action a retenir : il hérite d’un ballon pourri en reculant et en rentrant dans le terrain. Il est sur l’aile gauche. Il voit le trou sur l’aile droite. Alors il prend le périphérique extérieur et après 50m en travers (tous les éducateur des écoles de rugby on vu ce genre d’action où eux, rouge comme des pivoines et la bave aux lèvres, hurlaient en vain « donne ! Donne ! Donnnnnneeeeeeeuuuuuuuxxxx !!!) il trouve l’espace et s’y engouffre. Il décale son partenaire pour l’essai ? Et bien non, c’est Domingo qui est décalé pour allez emplâtrer le dernier défenseur.

 

La Note : 6/10. C’est le seul arrière à mériter la moyenne.

 

 

L’arrière :

 

Poitrenaud : Que dire de plus sinon qu’il doit cogiter de plus en plus sur sa présence à la coupe du monde. Comment un joueur avec un tel talent arrive à faire des matchs comme cela. Il n’est pas en confiance et cela se voit. C’est un genre qui marche plus à l’affectif qu’a la pression et ses deux matchs de la dernière chance (Irlande et Angleterre) ont pesés trop lourd pour lui. Sur le talent pur : il a largement sa place. Mais, il est vrai, avec ce niveau de performance là, il peut aller réviser ses gammes en club.

 

L’action à retenir : 30ème minute. Dégagement désespéré de Youngs. Placé trop loin, Poitrenaud doit s’employer dans une course folle pour être au point de chute. Il y est, il va relancer et tout casser. Il va exploser la défense, la franchir d’une demi-douzaine de crochets, enfoncer l’arrière d’une percussion. Il frappera si fort dans la tête de son vis-à-vis qu’après cela on l’appellera Passe-Moi-le-sel et qu’il pourra se reconvertir en tant que protagoniste de Fort Boyard. Il va tout retourner c’est sur. On est tous en train de se dire « oh là ca sent bon ! ». Et puis là, le poids du monde le rattrape. Il se revoit en train de se faire enfumer après le match contre l’Irlande. Il se revoit loupant les 2 dernières coupes du monde. Et là… Il dégueule le ballon alors qu’il n’a pas de pression…

 

Il aurait pu… : continuer a essayer d’apporter de la vitesse a cette équipe en mal de talent offensif.

 

La Note : 3/10

 

Les remplaçants :

 

Guirado : non noté

 

Marconnet : non noté (je n’ai rien a dire sur lui malgré 25minutes de match).

 

Thion : solide, efficace, déterminé et surtout, surtout : PAS DE FAUTE DE MAIN ! Il à l’air aussi à l’aise ballon en main qu’une poule est à l’aise avec un couteau mais il a avancé à chacune de ses charges.

 

Bonnaire : un gros caramel sur Tindall au bout de 12secondes de jeu. Après c’est plus dur de le suivre.

 

Parra : C’est officiel, je hais sa gestion insupportable petit coté -petit coté- petit coté… Mais écarte !!!

 

Traille : une entrée solide et un passage en 15 puis en 10 où il n’a rien de plus à se reprocher que les autres.

 

Palisson : un joli coup de pompe direct en touche, un autre directement dans les bras anglais alors qu’on avait joué la pénalité vite. Il n’a pas semblé prendre conscience de l’urgence de relancer les ballons et de mettre de la folie.  

 

 

 

Coté Anglais :

 

Les meilleurs

 

Cole, Palmer, Easter.

 

Les moins bons :

Hape, Youngs, Ashton.

 

 

Ce qu’il faut retenir de ce match :

 

Alors tout d’abord, que Mr Clancy n’arbitra pas les mêlées et le jeu au sol toutes les semaines. Il y a aura bien à un moment un arbitre qui verra que les bleus n’ont aucun genre d’intérêt de faire une bêtise à 5m de l’en-but adverse sur une phase de jeu qu’ils maitrisent.

 

Ensuite que la conquête et le courage français ne sont plus à prouver, mais que la défense et surtout que les solutions derrières sont faméliques. Je ne sais même pas ce qu’il faudrait faire pour sortir de ce marasme en attaque. Rien ne marche, rien ne semble avoir été préparé et l’organisation est juste trop bordélique pour déstabiliser une défense de haut niveau. Ca attaque comme on peut et jamais comme on veut. Et quand on a un 10 excellent sur les ballons propres et rapides (il est capable de tout faire quand l’équipe avance et libère des beaux ballons) mais plus en difficulté sur des ballons lents, pourquoi alors lui lâcher des ballons plus pourris les uns que les autres. Nous avons joué large-large et jamais l’Angleterre n’a semblée déstabilisée. Meilleur défenseur ? La touche…

 

Enfin, alors que je redoutais une déculottée, l’écart entre les deux nations est minime. Si les français peuvent être déçus du résultat, les anglais peuvent déjà s’interroger sur l’avenir de leur stratégie face à des nations où ils ne gagneront plus les duels, sur un terrain neutre et surtout face à leur propre conquête, hier bousculée. Les Anglais repartent avec la victoire mais finalement je pense que ce match sera plus bénéfique pour les bleus que pour les anglais.

 

On se console comme on peut… Allez les bleus : il va falloir maintenant préparer le déplacement à Flaminio où les Italiens auront un tournoi a sauver.

 

 

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La cerise sur le Cruch : la petite surprise "comics"

25 Février 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

France - Angleterre : Le choc des titans

 

A match exceptionnel, présentation exceptionnelle. Plutôt que de revenir sur la présentation classique, nous allons présenter le choc France - Angleterre sous une forme un peu spéciale : celle de la confrontation entre la “ligue des gentils” contre “l’alliance des super-vilains”. C’est l’assaut final entre deux poids lourd, c’est l’ultime affrontement avant l’Armageddon, c’est le long “cocorico”, puissant et mélodieux qui rencontre les armées de la perfide Albion. Et dans ce choc des titans, il faut des héros. Pour cela, et pour mettre en évidence les duels qui se profilent, nous allons vous présenter les 15 personnages qui vont s’affronter. Sans plus attendre la présentation des alter-égos fictifs des protagonistes futurs du Crunch sous forme de super héros :

 

Première ligne :

 

Domingo / Sheridan  => « Le rocher auvergnat » .vs. « La chose » :

 

Domingo est « Le rocher Auvergnat » : il est petit, compact, puissant et mobile. Il est comme les volcans de l’auvergne : ils ne sont pas spécialement impressionnants vue de l’extérieur. Mais il renferme une puissance, une histoire, une énergie défiant l’imagination.

 

Son super pouvoir : son activité débordante pour un super héros de son gabarit et surtout un rapport centre de gravité/puissance exceptionnel.

 

Sa kryptonite : Si les longues courses ne lui font pas peur, le revers de la médaille est qu’il est moins décisif dans les phases de combat au près. Sans y être mal alaise, il y est tout de même moins efficace que certains autres piliers.

 

Sheridan est « La Chose » : C’est l’anti Domingo. Grand, il a évolué en 8, en seconde ligne ou à droite de la première ligne. Il est lent, pataud et gauche. Il est laid, affublé d’un bandeau démodé depuis les années 80, il parait aussi intelligent qu’un coin de table et voit aussi bien le jeu que Jérôme Thion… Mais il est aussi doué d’une puissance naturelle de colosse et d’une tenue en mêlée digne des plus grands piliers. Mais surtout il jouit d’une expérience bien supérieure et d’un penchant naturel pour le vice qui font de lui un joueur redoutable… A tous le sens du terme.

 

Son super pouvoir : Son fameux « super déblayage du front » avec lequel il ouvre en deux les rucks adverses et parfois, aussi, le crane des adversaires.

 

Sa kryptonite : Faire plus de 40m vers l’avant dans la même action pourrait lui être fatal. Il est là pour faire des jolis petits tas et arracher la tête de ceux qui dépassent et qui ne sont pas en blanc. C’est tout.

 

Le pronostique: Avantage pour Sheridan. Plus expérimenté, plus puissant, plus pénible et surtout plus vicieux.

 

 

Servat / Hartley => « L’indestructible » .vs. « La hyène de Northampton » :

 

Servat est « l’indestructible » : La bûche de son vrai surnom, est un talonneur puissant, à l’impact physique hors norme. Keith Wood, l’une des grandes références du poste dit de lui qu’il est le meilleur talonneur du monde à l’heure actuelle. C’est probablement vrai. Il ne recule jamais, fait très mal à l’impact et gère à la perfection ses lancers dans les moments chauds d’un match. Il ne craque pas, ni physiquement, ni mentalement. Certains disent qu’il est faire d’adamantium… mais ca n’est peut-être qu’une légende…

 

Son super pouvoir : le franchissement en Z0 sans élan ou presque. C’est un marteau et il frappe fort…

 

Sa kryptonite : Il n’aime pas les épinards… non sans rigoler, il n’en à pas.

 

Hartley est “la hyène de Northampton” : Râblé, fourbe, puissant et pourtant n’ayant l’air de rien, grande gueule et mauvaise réputation. Voila en quelques mots ce qui fait de Hartley l’un des gros poisons de ce 5 de devant britannique et surtout une vraie Hyène. Il est terriblement agaçant, toujours à la limite de la faute et parfois la dépassant allégrement. Il est comme une hyène dans la savane : dans son élément, redoutable. Son élément ? Les phases de combat…

 

Son super pouvoir : L’arrachage de ballon. Une grande puissance dans le haut du corps, capable de briser a peu près toutes les étreintes, il est l’un des joueurs anglais susceptible de poser énormément de problème au XV de France. Son alter-égo idéal chez les “gentils” : Swarsewsky.

 

Sa kryptonite : Son indiscipline et la provocation qui peut parfois lui attirer des ennuis.

 

Le pronostique : Difficile de mettre Mr Indestructible perdant. Mais la hyène de Northampton n’est pas capitaine de son club à seulement 23ans pour rien. Un gros duel mais avantage Servat.

 

 

Mas / Cole => « L’autobus » .vs. « L’assassin silencieux » :

 

Mas est « L’autobus »: Un monstre comme lui, c’est dangereux. Même si il est doux et gentil en dehors du terrain, un tel phénomène physique est à lui seul une source d’angoisse pour bien des piliers gauche. Se disputant le titre officieux de meilleur pilier droit du monde, il est l’un des « supers-supers héros » de la bande.

 

Son super pouvoir : sa tenue en mêlée. Plus il y aura de mêlée et plus il sera dans sa zone de confort. 

 

Sa kryptonite : les matchs qui se jouent à 10 000 à l’heure. Il a besoin d’un match rythmé mais pas d’un match fou qui se jouent tout le temps à fond.

 

Cole est « l’assassin silencieux » : Si il y a un taiseux, un homme qui ne dit jamais rien, et qui pourtant montre chaque semaine qu’il est un très gros méchant, c’est lui. Il a plier tous ces adversaires depuis 1an et demi. Il est mobile, actif, puissant et diablement bon dans l’art de torturer ses vis-à-vis.

 

Son super pouvoir : être capable de courir plus que la moyenne et de demeurer inamovible en conquête, indéboulonnable en mêlée.


Sa kryptonite : Si il est face à un pilier plus petit, il peut passer à coté de son match en mêlée.

 

Le Pronostique : Avantage Cole qui aime bien le nouveau système de jeu Anglais où il peut largement exprimer son endurance vraiment impressionnante pour un joueur de ce gabarit.

 

Deuxième ligne :

 

Nallet / Deacon => « Le guerrier loyal » .vs. « La tour de contrôle » :

 

Nallet est «Le guerrier loyal » : Omniprésent dans les phases de combat, Nallet est l’un des rares deuxième ligne du monde à rester indéfectiblement dans la « règle ». Jamais vous ne le verrez mettre un coup de poing ou un coup de genou. Jamais vous ne le surprendrez à mettre une fourchette ou une main pleine de camphre au visage. Et si parfois il va au delà du ballon ou arrive sur le coté du rucks, ca n’est jamais en pensant à mal. Un seconde ligne aussi vicelard qu’un Mormon…

 

Son super pouvoir : Son activité de 3ème ligne. Il court, saute, plaque, déblaye et arrache des têtes (toujours sans penser à mal…). Et il le fait depuis 4ans au plus haut niveau. Un des cadres de cette équipe des « gentils ».

 

Sa kryptonite : La discipline. Il est le joueur français qui a été le plus régulièrement pénalisé avec Ducalcon et Pierre. C’est un vrai problème dans un match où la moindre faute se soldera par des points, au pied ou plus grave, à la main.

 

Deacon est « la tour de contrôle » : des bras immenses accrochés à un corps interminable. Un timing de dingue et une activité qui n’a rien à envier à celle de son vis-à-vis. Il est le roi des airs et une plaie au sol. Et c’est son sélectionneur qui lui fait confiance aveugle… Rappelons juste que Johnson, c’est au passage le plus grand deuxième ligne de l’histoire du rugby Anglais et l’un des plus grands du rugby mondial…

 

Son super pouvoir : Sa détente infinie et son timing font de lui le meilleur sauteur du monde.



Sa kryptonite : Il n’est pas très doué de ses mains, mis à part pour prendre les balles en touche et mettre des baffes. Mais en même temps, il fait tellement bien le peu qu’il sait faire…

 

Notre pronostique : Avantage Nallet. Il est plus expérimenté, plus solide et probablement meilleur plaqueur.

 

 

Pierre / Palmer => « Le miraculé » .vs. « Le bucheron francilien » :

 

Pierre est « Le miraculé» : Pourquoi le miraculé ? Et bien parce qu’il ne faut pas oublier d’où revient Pierre : il y a à peine 2ans, il perdait 11kilos, souffrait d’un mal inconnu, était cloué au lit depuis des semaines, ne pouvait pas jouer, s’entrainer ou même espérer le faire. Après plus de 2 mois d’incertitude, le diagnostique tombe : crise de paludisme. Gros ouf de soulagement : Julien Pierre n’est pas condamné à regarder ses petits camarades jouer. Il se retape et moins d’un an après il est champion de France, sélectionné pour le tournoi, pour la tournée, et voit la coupe du monde se profiler. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

 

Son super pouvoir : sa percussion très basse. Capable d’exploser bien des défenseurs avec ce petit geste de rien du tout de l’épaule, cela reste son arme principale pour se sortir d’un plaquage.

 

Sa kryptonite : La discipline. Lui aussi souvent fautif au sol, l’aveyronnais de naissance à parfois du mal à pondérer son enthousiasme.

 

Palmer est « le guerrier Francilien » : Un anglais qui trouve son bonheur dans le Top14, cela ne court pas les rues. Et quand ce même bonhomme vient dire qu’il à beaucoup progressé dans notre championnat domestique, on comprend mieux pourquoi il est rapidement devenu l’une des poutres du pack des « méchants ». Il faut dire qu’il est l’un des guerriers les plus respectés des deux cotés de la manche et qu’il est un preneur en touche au dessus de la moyenne.

 

Son super pouvoir : Sa technique individuelle. Capable de tout faire ou presque, sa qualité de passe et sa vision de jeu sont saisissantes pour un 5.

 

Sa kryptonite : difficile de cerner les défauts d’un joueur aussi discret dans le jeu. Il est un excellent joueur et je ne lui voit pas vraiment de défauts.

 

Notre pronostique : Avantage Palmer. Plus complet, plus mobile et plus puissant, il est l’un des acteurs majeur de la transformation du XV de la rose en machine de guerre.

 

Troisème ligne :

 

Dusautoir / Wood => « Le dark-destroyer » .vs. « La faucheuse »

 

Dusautoir est « Le black-destroyer » : Un plaqueur fou est laché dans l’arène. Serge Betsen était l’équarisseur Biarrot qui faisait peur à une nation entière par ses caramels assénés à un beau et jeune blond (qui deviendra champion du monde en 2003). Dusautoir est celui qui a fait voler en éclat les espoirs de titre mondial d’une génération dorée de Néo-zélandais. Dusautoir depuis à bien grandit. Ce coup d’éclat est en fait devenu un match comme un autre (bon… légèrement au dessus de la moyenne quand même) pour celui qui reste comme le plus gros guerrier français à son poste.

 

Son super pouvoir : Le caramel de l’espace. Attention : le moindre retour intérieur sera puni. Avis a tous les amateurs qui souhaiteraient jouer les retours intérieurs comme contre les italiens : ca risque de piquer un peu.

 

Sa kryptonite : la technique balle en main. Dusautoir balle en main et c’est à peu près autant d’incertitude pour la défense qu’un épisode des sœurs Kardashian…

 

 

Wood est « la faucheuse » : Il plaque comme il respire. Evoluant aux cotés de Hartley, Foden ou Ashton, il émerge au plus haut niveau dans un confort certain. Mais attention à lui, c’est un futur gros plaqueur.

 

Son super pouvoir : la couverture sur le second rideau. Il court beaucoup et plaque énormément. Il devrait pas mal soulager Easter d’un travail qu’il n’aime pas tellement : couvrir des grands espaces.

 

Sa kryptonite : un léger manque de puissance.

 

 

Notre pronostique : Avantage Dusautoir. Il devrait asseoir sa puissance et ses plaquages devraient se multiplier du fait que les Anglais vont avoir la possession.

 

 

Harinordoquy / Haskell => « Le basque volant » .vs. « El squale »

 

 

Harinordoquy est « Le Basque Volant » : Un joueur cadre qui pourtant semble de moins en moins légitime. Une sorte de super héros sur le retour qui ne sait pas si son ennemi de toujours est encore plus fort qu’avant… Et pourtant il est déterminant. Il marque, il plaque, il avance. Mais avec Imanol, et cela depuis toujours, il y a toujours avec lui une sorte de « oui mais… » ambiant.

 

Son super pouvoir : La maitrise des airs. Capable de prendre les ballons en touche, sur des chandelles, sur des renvois. Il est juste une pieuvre des airs. Il a des ventouses à la place des doigts et des tentacules à la place des mains.

 

Sa kryptonite : Trop friable pour un 8, trop lourd pour un 6, il est d’une certaine façon trop polyvalent. Il lui manque 3 fois rien et il a déjà tout. Alors on le voudrait plus comme ci ou moins comme ca et au final, c’est toujours le « basque volant ».

 

 

Haskell est « Haskell le Squale » : De la vitesse, de la puissance, de l’endurance et un instinct de tueur. Il saute, plaque, court, pousse et arrache. Il est, à mes yeux, le troisième ligne moderne par excellence.

 

Son super pouvoir : le don d’ubiquité. Ou en tout cas il donne l’impression de l’avoir tant on le voit partout. Il est omniprésent au soutient, ballon en main ou encore en touche. C’est un poumon en acier et un autre en titane dont il est armé. Et en plus c’est une vraie formule1 : il est doté d’une vitesse hallucinante. 

 

Sa kryptonite : la lucidité. On ne fait autant d’efforts sans en payer la contrepartie à un moment. Pour lui : il manque de lucidité quand il arrive à franchir. Il fait trop souvent les mauvais choix et s’expose à quelques soufflantes de Martin.

 

Notre pronostique : avantage Haskell, peut être plus mobile et plus explosif qu’Imanol.

 

 

Chabal / Easter => « ? » .vs. « Le tank » :

 

 

Chabal est « ? » : trop de surnom, affublé de trop de petits noms doux. C’est « Obélix », c’est « Cartouche », c’est « Attila », c’est « Caveman », c’est « Chabalouuuuuuuuuhhhhh ! »… Et pour cela, il sera le seul à ne pas être « comics-ifié » dans son nom.

 

Son super pouvoir : l’impact psychologique. On l’a tous vu dézinguer des armées entières de 10. On l’a vu exploser des monstres comme Williams ou Masoe. Mais surtout les Anglais en 2007 l’on du de près déchirer une défense sur 30 mètres à lui tout seul et aller à dame. Il connait les anglais mais les anglais le connaissent. Et même mieux : il le redoute.

 

Sa kryptonite : comme pour Dusautoir. Une incapacité chronique à ne pas dégueuler son ballon. Il est doué des ses mains comme Stéphane Plaza l’est des siennes.

 

 

Easter est « Le Tank » : si un buffle d’eau s’accouplait avec un ours brun, il y aurait de grande qu’il enfante une chose proche de Nick Easter. Et le pire ? C’est que tout en n’étant pas moins puissant que Chabal, il est bien moins maladroit.

 

Son super pouvoir : une puissance hors norme qui fracasse les défenses avec vigueur.

 

Sa kryptonite : Il est comme les agoraphobes… Les grands espaces le rendent nerveux…

 

Notre pronostique : Avantage Easter. Il a joué tous les matchs depuis le début du tournoi, a des repères évident avec ses partenaires et surtout il est en très grande forme. 

 

 

Conclusion sur les avants : 5 points pour la ligue des supers vilains, 3 points pour l’équipe des gentils… Les français doivent s’attendre à souffrir face à un paquet d’avant alliant au mieux puissance, mobilité et habilité. Cela s’annonce très dur et si le 5 de devant est chahuté, alors le match est plié.

 


Demi de mêlée :

 

Yachvili / Youngs => « Le yack » .vs. « L’éjecteur précoce » :

 

Yachvili est « Le Yack » : une pilosité étrangement surdéveloppée, une fausse impression de lenteur et d’un joueur emprunté qui se dégage, c’est le grand retour du bourreau des Anglais. Celui qui est capable de leur planter 25 pions à lui tout seul portera sur ses épaules solides de Yack aura fort à faire pour conserver des ballons brulants et surtout aura la lourde tache de passer ce foutu ballon entre les perches. Mais comme le yack tibétain, il est toujours zen. Ahoooooooouuuuuuuuuummmmmmm… 

 

Son super pouvoir : La contrôle mental des gros. Capable de s’immiser dans le cerveau même de ces avants pour les diriger. Quand on ajouter à cela des nerfs en acier trempé. Il est très bon malgré la pression, reste un excellent buteur (il est même le buteur le plus prolifique de l’ère VI nations pour les bleus) et surtout un joueur qui ballon en main pèse toujours beaucoup sur la défense.

 

Sa kryptonite : le jeu sans ballon. Si il aime avoir la gonfle entre les pattes, sans il devient inoffensif. C’est un peu le cas pour tous les 9 mais c’est encore plus vrai pour un 9 qui aime jouer comme un 10 dans sa conduite du match. 

 

 

Youngs est « l’éjecteur précoce » : Alors oui, c’est tendancieux comme surnom. Mais il fallait réussir un surnom qui résume à lui seul la principale qualité de Youngs. Il est jeune, beau, inexpérimenté et surtout doté d’un super pouvoir crucial pour sa ligue des méchants. Il est le dépositaire majeur (avec Flood) du jeu Anglais et il reste le joueur le plus surprenant de l’année avec quelques autres nouvelles pointures.

 

Son super pouvoir : Il passe plus vite que son ombre. Il est un accelérateur de particule ovale et force la décision d’un match à grand coup de passes millimétrées.

 

Sa kryptonite : Sa régularité. Capable de grandes choses, il a encore du mal à toujours sortir le gros match quand il le faut. Mais il reste à 21ans l’un des vrais espoirs à ce poste.

 

 

Le pronostique : avantage Youngs. Un « 9 » qui aura le ballon sera plus dangereux qu’un « 9 » qui ne l’aura pas. Et en plus il a du talent plein les poignes.

 

 

Demi d’ouvertue :

 

Trinh-Duc / Flood => « Le platane vietnamien » .vs. « The Brain » :

 

 

Trinh-Duc est « le platane vietnamien » : C’est un doux et charmant mélange qui est à l’origine de ce petit bonhomme de 1m85 et presque 100 kilos. Un grand père vietnamien, un patrimoine génétique de très grande qualité (il n’y a qu’a voir les mensurations du garçon) et une puissance qui doit lui venir du Roussillon où il est né, il n’en faut pas plus pour faire du Platane la clé de voute de l’équipe de France.

 

Son super pouvoir : Un corps en caoutchouc. Il rebondit contre les défenses et se déforme pour absorber les impacts. Il renvoi les adversaires avec une force proportionnelle à l’impact imposé par lui. C’est une boule de nerf doué d’un talent certain pour le jeu à la main. 

 

Sa kryptonite : Quand le match devient chaud, il n’a plus l’usage de ses pieds… Il ne sait plus taper. Et cela peut s’avérer problématique…

 

 

Flood est « The Brain » : véritable maitre à penser de cette équipe d’Angleterre new-look, ca n’est pourtant pas faute pour Martin Johnson d’avoir essayé de relancer Wilko. Seulement la talent de Flood a triomphé de celui du Toulonnais d’adoption. Il est très doué et surtout très inspiré.

 

Son super pouvoir : l’omniscience. On dirait qu’il sait tout, anticipe tout, devine tout. C’est simple : combien de fois a-t-il été plaqué en deux matchs. Je dirais 3fois à tout casser. 

 

Sa kryptonite : une défense parfois un peu molle quand on vient le défier plein fer. Mais avec son gabarit, il faut quand même se méfier.

 

Notre pronostique : Avantage Flood. Plus talentueux et surtout servi dans de bien meilleurs conditions depuis maintenant 6mois, il est l’un des meilleur spécialiste du poste, lui qui a été formé en 12.

 

Ligne d'arrière

 

Clerc / Cueto => « Le verrou » .vs. « La bombe humaine » :

 

Clerc est « Le verrou » : Gros défenseur sur l’homme, rarement pris en défaut, il faudra au moins cela pour contenir son vis-à-vis du jour. Il revient au meilleur niveau après 1an et demi de galère.

 

Son super pouvoir : il à l’instinct du tueur qui coule dans ses veines. Il est l’un des meilleurs marqueurs de l’histoire de l’équipe de France et de son club et surtout il ne lui faut pas 40 occasions de convertir les actions en points.

 

Sa kryptonite : La fatalité. Il n’est plus aussi rapide, plus aussi efficace, plus aussi franchisseur, plus aussi déterminant. En gros, il vieillit et surtout doit s’accommoder d’une blessure contractée au meilleur de sa carrière, alors qu’il était considéré comme l’un des meilleurs ailiers du monde. 

 

 

Cueto est « la Bombe Humaine » : Capable de toutes les folies et de toutes les tentatives pour passer la défense, Cueto est un peu le facteur folie de son équipe. Le joueur de Sale est au sommet de son art et sait tout faire avec un ballon.

 

Son super pouvoir : Il gagne tous ses duels. Il en recule jamais ni en attaque ni en défense, se propose partout et surtout, surtout, rend les autres meilleurs en créant des décalages sur 12cm.

 

Sa kryptonite : son jeu au pied pas toujours efficace. Mais c’est vraiment pour chipoter tant il est un super vilain sans vrais défauts.

 

Notre pronostique : avantage Cueto. Plus rapide, plus puissant, plus complet.

 

 

Jauzion / Hape => « Le mur » .vs. « Le volcan du pacifique » :

 

 

Jauzion est « Le mur » : véritable homme de base du XV de France depuis presque 12ans, Jauzion est depuis 3ans le cadre le plus discuté par le staff. Mais quand on le voit sur le terrain, on comprend pourquoi il est là. Il est grand, lourd, créateur correct mais surtout un défenseur de malade !

 

Son super pouvoir : des épaules en titane. Il plaque et percute plus fort que tous les premiers centres du monde.

 

Sa kryptonite : Le temps qui passe. Un temps jugé indéboulonnable, il est aujourd’hui un simple maillon de la grande chaine « équipe de France ». Avant il pouvait jouer debout tout un match, sans jamais passer au sol ballon en main. Aujourd’hui il joue beaucoup en pivot ou en leur, les défenses savant qu’il faut le prendre bas. C’est un joueur moins explosif que certains centre nouvelle génération. Les joueurs disent que le temps passe, le temps dit que les joueurs passent.

 

 

Hape est « Le volcan du pacifique » : d’origine néo-zélandaise, le puissant centre est un ancien joueur de XIII. Son coéquipier au centre à l’époque ? Un autre joueur monstrueux : Sonny Bill Williams. Hape sait tout faire : passer avant ou après contact, mettre des caramels et surtout faire des décalages par ses interventions au près de son 10.

 

Son super pouvoir : il est passe muraille. Capable de se « sublimer » (passer d’un corps solide à un corps gazeux sans passer pas la case liquide), il enrhume pas mal les défenses depuis le début du tournoi.

 

Sa kryptonite : …donnée inconnue…

 

 

Notre pronostique : Avantage Hape. Plus jeune, plus dynamique et plus rapide que Jazion, il risque de lui en faire voir de toutes les couleurs sur les extérieurs.

 

 

Rougerie / Tindall => « Crazy horse » .vs. « Big Daddy » :

 

Rougerie est « Crazy Horse » : son surnom « cheval » se devait d’être un peu lifté. Et quoi de mieux que « Crazy Horse » pour celui que rien n’arrête. Il est réplacé au centre depuis 2ans à peine et déjà le revoilà en équipe de France avec l’étiquette d’arrière le plus dangereux du XV de France.

 

Son super pouvoir : La prise d’intervalle supersonique .Il ouvre les défenses en deux comme Moïse à ouvert la Mer rouge, il explose les adversaires comme des popcorns et il impose un défi impressionant tout un match durant.

 

Sa kryptonite : son manque de repère en défense où il y joue tout à l’instinct. Des fois ca passe, mais parfois ca casse…

 

 

Tindall est « Big Daddy » : C’est lui qui gronde et qui met des fessées. Il est le régulateur mental de cette jeune formation et en est le patron de la défense. Il assène plus de cartons qu’il n’adresse de passes lumineuse, mais encore une fois, il n’est pas là pour ca.

 

Son super pouvoir : le poinçonnage des côtes. Il est là pour briser les attaques sur des montées défensives hautes et rapides. Il va faire suer tout un pays avec ses plaquages trop haut mais jamais sanctionnés.

 

Sa kryptonite : il ne sait rien faire avec la balle a part la porter. Il est incapable de faire une passe et de courir en même temps… Sorte de blocage psychologique…

 

Notre pronostique : Avantage Rougerie. Plus complet et surtout plus dangereux balle en main, il faut espérer le voir punir ce Tindall. Punir Tindall c’est s’en prendre à la famille royale directement !

 

 

Huguet / Ashton => « Gladiator » .vs. « La foudre » :

 

 

Huguet est « Gladiator » : une tête d’espagnol visé sur un corps de romain. Du courage et de l’envie, des capacités à gagner se duels et surtout un âge assez saisissant pour un ailier français : 23ans.

 

Son super pouvoir : l’alliance vitesse-puissance. Il est capable de defier n’importe quel avant et de prendre de vitesse n’importe quel arrière.

 

Sa kryptonite : l’expérience. Il y a un an et demi il évoluait en pro D2. Comme Ashton me direz-vous. Seulement lui n’a jamais rien connu des joutes européennes et n’a pas encore mis de quadruplée. 

 

 

Ashton est « La foudre » : capable de franchir n’importe quel défenseur et de prendre de vitesse les meilleurs ailiers de la planète (Mitchell l’Australien n’était pas réputé pour sa lenteur à quand même pris 10m dans les dents sur un 100m). Il est le nouveau phénomène de l’attaque anglaise et on risque d’entendre parler de lui encore longtemps.

 

Son super pouvoir : il est juste inarrêtable. Comme une bille d’acier propulsé à plusieurs milliers de km/h, on ne peut que constater les dégâts…

 

Sa kryptonite : trop provocateur, il peut créer chez ses adversaires une sorte de rage et de motivation décuplée qu’il pourrait un jour payer très cher. Si il reproduit son plongeon contre les bleus, alors il faudra déjà le sanctionner d’une ou deux baffes. Si il veut faire sa star après un essai, qu’il aille au football américain.

 

Notre pronostique : Avantage Ashton. Faut-il vraiment justifier ?

 

Poitrenaud / Foden => « L’artiste ».vs. « Le Mirage » :

 

Poitrenaud est « L’artiste » : Indéniablement le 15 le plus doué de France balle en main, il vient de sortir un match à oublier contre l’Irlande. Mais il n’empêche qu’il y a 1an, il était considéré comme le meilleur 15 du tournoi…

 

Son super pouvoir : des crochets électriques. Il peut mettre n’importe quel adversaire sur le cul d’un simple changement de rythme.

 

Sa kryptonite : des mains en mousse en ce moment. Il multiplie les fautes de mains et les passes de merde. Contre une équipe contre qui la possession sera à notre désavantage, la moindre connerie balle en main sera dramatique.

 

 

Foden est « Le Mirage » : C’est une formule 1, un avion de chasse et un tank. Il sait tout faire, relance des vestiaires et surtout avale les km au cours d’un match comme Clara Morgane avale d’autres trucs… C’est, a mes yeux, le meilleur 15 du monde aujourd’hui.

 

 

Son super pouvoir : sa perucssion à l’épaule. On l’a vu mettre sur les fesses plus d’adversaire avec sa fameuse percu épaule intérieur que bien des 8…

 

Sa krypyonite : Et bien la non plus, rien ne me vient… Il est solide en défense et sous les ballons hauts, il est capable de bouger tous les adversaires en puissance ou en jouant sur sa vitesse, il sait quand lacher son ballon et il n’a pas encore 20 matchs internationnaux derrière lui alors… dur de le trouver un défaut.

 

 

Notre pronostique : avantage Foden. Plus en confiance et plus talentueux que Poitrenaud (au moins sur ce qu’il a montré cette année) Foden est l’un des meilleurs du monde à son poste.

 

 

 

 

Conclusion : après cet article rigolo, force est de constater que dans le duel, sur le papier, les bleus sont dominés. Il faut dire qu’à l’heure actuelle, les Anglais comptent dans leurs rangs ce qui est peut-être la plus belle ligne de ¾ de leur histoire. A l’inverse les bleus tâtonnent et essayent des choses, s’adaptent comme ils peuvent à leur terrifiant adversaire du jour et essayent de trouver une formule magique entre le 10 et le 15. 

Sur 15 duels, 11 sont remportés par les Anglais… Cela présage d'un match plus compliqué que depuis le début du tournoi. L'objectif pour ses bleus là : ne pas rentrer dans l'histoire en concédant la plus large défaite de l'histoire... Je n'y survivrait pas... 

 

Le choc des titans est aprésent plus clair pour tous.

 

Ps: il n’y aura pas de statistiques plaquage comme j’en ai faites puisque je vais voir le match dans un bar pour vivre l’ambiance du match avec des amis. 

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Le crunch cru 2011 est servi !

24 Février 2011 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Tournoi des VI Nations 2011

France-Angleterre : la présentation d’un match à l’odeur de souffre

 

Avant propos :

 

Et bien ca y est, on y est ! Le grand duel. La rencontre ultime entre les deux cadors du rugby européen. On ne fait pas mieux depuis 20 ans sur le vieux continent. Si les gallois ont brillés dans les années 70, si les irlandais ont tout gagné en 2009, si les Italiens et les Ecossais se morfondent depuis deux générations dans les limbes de l’incertitude ovale, les rosbeefs et les froggys dominent de la tête et des épaules le rugby au nord de l’équateur.

Ces deux équipes sont infiniment semblables : toute deux véhiculant des valeurs séculaires de combat et d’honneur, toute deux jouissant d’un amour ou frappée d’une haine quasi institutionnelle de part et d’autre de la Manche, toute deux jouant la même valse sur la même piste de danse. Et pourtant toute deux si différentes, antinomique, contradictoire. La France et l’Angleterre où l’idylle impossible entre deux nations qui aiment se détester.

 

L’enjeu de ce match:

 

L’enjeu est à la fois simple et prismatique : en premier lieu, s’assurer la suprématie européenne et jouer encore le “Big slam” une année de coupe du monde. En bonus ? Prendre un avantage psychologique certains face à tous ses futurs adversaires en mettant à terre une bête craint de presque tous. Enfin, remporter le tournoi et ajouter une ligne toujours valorisante à son palmarès déjà conséquent.

 

En somme: gagner un glorieux trophée, marquer les livres d’histoire mais plus encore marquer l’esprit du perdant de ce match au fer rouge.

Ce match aura l’effet d’un miroir grossissant : une victoire exacerberait les qualités, une défaite les défauts. 

 

Les protagonistes: 

 

A ma droite, le challenger. L’Angleterre : deux finales de coupe du monde, un titre mondial en 2003, le plus gros palmarès dans le tournoi des III, IV, V puis VI nations. Des joueurs de légende au service d’un jeu au pragmatisme implacable. La subtile alliance du sérieux flegmatique britannique à la fougue et à la folie débridée des anciens membres des colonies du Commonwealth. Une arrogance proverbiale, un regard droit et fier indéfectibles. En gros : tout le monde les déteste, et eux, en réponse, n’aiment personne. Ils sont les ennemis héréditaires de tous les participants du VI nations, se nourrissent mal, boivent du thé et font la fête du vendredi au dimanche sans décuver. Enfin, ils habitent sur une ile, prêtent allégeance à une couronne et pourraient mourir pour des raisons qui nous dépassent.

 

A l’heure actuelle ? Peut-être la seule nation européenne en mesure de défier les sudistes. Un fond de jeu articulé autour d’une conquête terrifiante de puissance et de mobilité, une capacité génétique à tenir la beuchine sur des temps de jeu interminables et un entraineur à l’expérience inégalable. Cette Angleterre là, c’est le méchant Ogre lâché de la forêt des gentils poneys : ils écrasent, fracassent, explosent et broient toutes les défenses adverses. Ils dévorent leur opposant sans jamais forcer, gagnent leurs duels sans même se faire violence, étirent les défenses les plus solides du monde. Cette équipe est en grande forme, fait peur et surtout fait très mal. Attention, face au XV de la rose, ca va piquer !

 

A ma gauche, le champion en titre. La France : elle aussi deux finales mondiales mais aucun titre. Une équipe d’une classe folle et dont l’histoire rugbystique est marquée par la présence de joueurs racés et uniques. Une formation aussi imprévisible et changeante que l’humeur d’une belle femme, capable des plus beaux exploits comme des plus lamentables échecs. Une nation où la richesse et la diversité des régions dans lesquelles l’ovalie à eu le bonheur de s’implanter en fait l’un des rugbys les plus durs et les plus inventif du monde. Comme une énième bravade à l’encontre de ces maudits anglais, c’est le plus loin possible des frontières britannique que le sport né de l’imagination de William Webb Ellis s’est implanté : le rugby sera au sud de la Loire ou ne sera pas… Ils sont aimés des latins et des écossais, pris de haut par tous les Anglo-Saxons. Ils sont le poil à gratter de l’IRB. Ils sont paranoïaques, de mauvaise foi, vantards, pingres et parfois même stupides. C’est le seul pays où la politique sportive prend le pas sur le sportif lui même, le pays où l’on peut parler des heures pour ne rien dire et où l’on peut boire toute la semaine au moindre prétexte. Ce pays c’est le notre, on l’aime et nous aussi, nous pourrions mourir pour des choses que personne d’autre ne comprendrait…    

En 2011 ? Cette équipe ne fait plus peur à personne. Après un grand chelem mérité mais tellement insipide, les français ont juste pris 4 de leur plus grosses « branlées » (C’est Chabal qui l’a dit) : Afrique du Sud, Argentine, Nouvelle Zélande et Australie. Toute historique (record de points encaissés) et balayant sans coup férir la moindre petite certitude. Heureusement, le patient est en rémission. Le projet de jeu bringuebalant depuis 3ans à peut-être enfin trouvé sa cohérence, les hommes de bases sont de solides gaillards dans la fleur de l’âge et les victoires s’enchainent. Seul bémol : les adversaires sont trop souvent encore plus minable que nous, les victoires sont laborieuses et pénibles et les certitudes sont presque nulles à seulement 5mois de la coupe du monde. Mais, et les anglais le savent mieux que quiconque, cette équipe de France adore ça : être « impredictable ». Aborder une coupe du monde la peur au ventre et incapable de savoir qui va faire quoi, cela serait juste inconcevable dans le petit esprit étriqué d’un anglais pur jus. Nous ? C’est notre réalité depuis que la coupe du monde existe. La France aime être le challenger, le « petit poucet », le laborieux qui remonte à la force de la pédale les échappés partis trop tôt.

 

 

Que les supporters des bleus se rassurent : l’Angleterre est archi favorite, les bleus ne sont pas sur de pouvoir répondre au défi et les chances de se faire étriper sont franchement réelles. Ca tombe bien, les français ne pouvaient rêver mieux pour se dépasser. Allez les bleus : que ce Crunch soit mémorable et surtout qu’il soit plus croustillant que jamais !    

 

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