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Les Petites Histoires du Sport

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La petite histoire de... Jason Robinson

24 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La petite histoire de...

Jason Robinson, l'homme qui courrait plus vite que ses problèmes

La petite histoire de... Jason Robinson

 

 

Chronique du ghetto ordinaire, celle d’une ville ouvrière et marquée par la violence et le chômage, celle d’un gamin désœuvré qui se réfugie dans la boisson. Celle d’un homme qui pense que Dieu peut lui offrir une seconde chance. Une chance qu'il a croqué à pleine dent et dont il s’est goinfré à s’en faire mal au bide ! Voici la petite histoire de... Jason Robinson, l'ailier qui courrait plus vite que son ombre. Mais surtout plus vite que ses problèmes.

 

Maltraité par son père, le sport comme échappatoire 

 

Jason voit le jour le 30 juillet 1974. Il ne connaitra jamais son père. William Thorpe, c'est son nom, est un homme noir d’origine jamaïcaine. Thorpe claque la porte de la maison et abandonne tout. Il n'y a pas le sous chez les Robinson...  Seul cadeau d'un père déserteur ? Un patrimoine génétique un peu particulier et sa couleur de peau. Mais pas d'argent et pas d'avenir.

 

Sa mère, d’origine écossaise, refait sa vie. Son nouveau "Jules" est un blanc. Les enfants avec qui il débarque à la maison des Robinson aussi. Jason est le seul noir de cette famille recomposée. Sa différence, il va la payer vite et fort. Il devient la cible des colères de son beau-père. Et les colères, c'est le quotidien.

 

Maltraité, Jason Robinson trouve refuge dans ce qui reste pour la plupart des gamins du quartier une des rares façon de s’en sortir : briller sur le terrains. Les années passent, la vie est toujours aussi rude. Heuresement, il y a cet échappatoire. Le sport, encore et toujours. Loin du rugby à XV et des réunions de bourgeois endimanchés, c’est dans le sang et la sueur que Jason Robinson se forge. Il joue au rugby, oui. Mais celui où l’on ne baisse pas les yeux, celui où l'on se fracasse dans les autres, où l'on se défie à grand coup d'épaule. Celui où on se fait très mal : le rugby à XIII.

 

Son arme : des appuis d’une fréquence et d’une légèreté étonnante, une vitesse de sprinter. Un physique un peu banal mais un sens du placement et une envie de faire mal à chaque contact. De quoi faire de lui un phénomène de précocité.

 

Une enfance à fuir, le rugby s'offre à lui 

 

Seulement, dans les quartiers ouvriers de Leeds au cœur des années 80, on apprend à grandir vite. Très vite. Les bagarres, les premières cuites, les dimanches où il joue au bingo avec sa mère, le combat incessant pour joindre les deux bouts, la semaine de vacances annuelle à Scarborough, la vente de cuivre et de plomb, les petits jobs chez l’épicier, l’idolâtrie et la protection de se maman contre les excès de violence de son beau-père… Entre tout ça, Jason se construit peu à peu une coquille. Un grosse carapace dans laquelle il s’enferme. Une protection contre la dureté de la vie.

 

Quelques jours après son 17ème anniversaire, il fuit. Ultime moyen de s'en sortir. Il fugue de chez lui et profite de cette escapade pour signer son premier contrat professionnel dans la "joyeuse" ville de Leeds. 

 

Une enfance gachée, une vie d'adulte d'excès 

 

Jason Robinson passe alors d’un coup à l’âge adulte. Après une enfance bien nulle, le voilà déjà dans le monde féerique des contrats, des salaires, des obligations, des traites, des loyers, des emmerdes… le tout dans ce bunker mental qu’il se forge.

 

Pour sortir de son petit monde, il plonge dans le grand. Et le grand monde quand on a 17 ans ? Les soirées. Les soirée encore et toujours. Mes soirées qui se multiplient. Les soirées comme mode de vie. Sa vie devient une immense soirée. En l’espace de 2 ans, il passe du petit verre pour se décoincer un peu, à la bouteille pour se défoncer la tête. Une sorte de marathon éthylique.

 

Il a à peine 19ans et il tombe dans la terrible spirale de l’alcoolisme. Le pire ? Ce joueur est tout simplement monstrueux… Il gagne avec Wigan, son nouveau club, tous les trophées qui passent. Il est élu meilleur débutant et chaque année son équipe claque un nouveau record de victoire. Il est convoqué dans le squad de l’équipe nationale pour affronter les All-blacks.

Robinson décrira dans son livre un monde fait de sorties et d’excès jusqu’au vendredi, puis d’un match le week-end et d’une nouvelle semaine de folie sans limites jusqu’au vendredi d’après. Cela pendant 4 ans.

 

Le talent pur ne protège pas toujours 

 

Seulement, à vivre comme Icare, ont fini par se bruler les ailes. Et à vivre comme un jet-seter, la vie diurne devient fade. Une lente chute dans le n'importe quoi qui atteint son point d'orgue en 1994.

 

Robinson est remplaçant pour la finale du championnat. Alors qu'il a disputé presque tous les matchs, il se console en vidant quelques bouteilles. Dans la foulée il décide d’aller voir le président pour gueuler. Peine perdu. Il observe le match depuis le banc, où il est absolument incapable de dissimuler son état. Boulli, sur le banc, lors de la finale du championnat. Du génie.

 

Shawn Edwards, son coéquipier de l’époque avouera plusieurs années après que non seulement Robinson n’avait jamais parlé de son enfance, mais qu’il n’était pas connu pour son alcoolisme noitoire. En tout cas pas plus que les autres...

 

La rencontre qui change sa vie... 

 

L’homme qui joue la finale à sa place ? Un Tongien nommé Va'aiga Tuigamala. Une sorte d’ange gardien pour Jason. Comme la majorité des insulaires de la région pacifique, Tuigamala est très pieux. Il n’est pas rare de le voir ou de l’entendre réciter des passages entiers de la bible de mémoire. Il parle à Jason comme il pourrait parler à son petit frère. Son emprise sur Robinson est toute relative. Il invite Jason à la réflexion, lui conseille des lieux d’écoute et de discussion, lui sous-entend que parler à Dieu pourrait l'aider… Sans véritable effets sinon d’éveiller une forme de curiosité chez l’Anglais.

 

Jason avoue s'être alors posée une question : "Comment cet homme, si loin de chez lui, semble aussi heureux ?"

 

Toujours en cette année 1994, Jason réussi un autre exploit : mettre enceinte deux femmes à quelques mois d’intervalle. Celle qui sera son épouse, Amanda Whitehill accepte cette situation. Seulement la consommation de spiritueux monte crescendo. Amanda craque et retourne vivre chez sa mère. Elle lance un ultimatum à son petit-ami : il arrête de boire ou elle le quitte. Après une nuit intense de réflexion, c’est l’image de son coéquipier Tuigamala qui s’impose a lui. Il décide alors de prendre contact avec une structure chrétienne d’aide à l’alcoolisme.

 

Le passage à XV, la révélation du phénomène 

 

La repetance commence. Mais le véritable virage à lieu en 1999. Le futur coach du XV de la Rose, Clive Woodward à un plan et il veut convaincre Jason Robinson de passer au rugby à XV. Le technicien essuit un premier refus poli. Robinson est un joueur de XIII. Point barre. Merci, au revoir.

 

Mais Woodward est un malin. Il profite d’une brouille au sujet du contrat que Robinson doit signer quelques mois plus tard avec son club. Il convaint le futur arrière de "son" XV d'Angleterre. Jason Robinson signe chez le prometteur club de Sale. La suite est à l’image du joueur, fulgurante : première convocation internationale après seulement 10 matchs. 

 

En quelques mois il devient l’arme fatale des Anglais. Après le pragmatisme tinté d’arrogance de Jonny Wilkinson, le jeu léché mais prévisible de Mike Catt, les frigos américain Tindall et Tait, après les "Inglourius Bastards" Johnson, Kay, Vickery, Back, Worsley, Leonard, Thompson... Voilà que les Anglais se mettent à fabriquer des joueurs capable de crocheter, de feinter, de surprendre. De jouer comme des Français. Des tricolores de l'époque, unanimes sur Rocket Robinson. Christophe Dominici lâche, "quand tu le voyais arriver, avec ses genoux qui montaient à bloc, tu pouvais commencer à transpirer. Tu regardais si la troisième ligne n'était pas trop loin". Même son de cloche chez Imanol Harinordoquy, alors troisième ligne. "Quand il démarrait au cul de la mêlée, il vallait mieux ne pas trainer à sortir".

 

En 2003, intégré à merveille dans les schémas anglais, Robinson joue la Coupe du Monde en Australie. Parcours sans faille : le XV de la Rose colle des petées à tout le monde. En finale, il inscrit un essai mémorable. Il ne transperce pas forcément la défense comme il le fait d'habitude. Décalé en bout de ligne, il marque un essai facile. Mais plein de rage, il explose la gonfle contre le sol australien en arrivant dans l'en-but. Il lache alors un retentissant « Come on ! ». Wilkinon termine le boulot, froid comme une lame. Le 22 novembre 2003, Jason Robinson devient juste champion du Monde.

 

Un joueur appaisé qui aspire à la quiétude 

 

Le temps qu’il s’efforce à rattraper à travers ses courses folles passe vite. Les années s'écoulent. Plus l'alcool : Jason reste sobre. Une fois retiré des terrains, Jason a trouvé, au moins un temps, le repos. Après avoir mis sa carrière entre parenthèses pour se consacrer aux siens (il a 5 enfants) en 2005, il décide à 34 ans de raccrocher définitivement les crampons. Au lendemain de sa retraite il trouve refuge dans un havre de paix. Un lieu coupé du monde. Plus de télé, plus de téléphone, plus d’internet.

Il vit comme un Hermite quelques temps. Probablement le temps de s’en remettre à Dieu, celui qu’il pense être son sauveur. Et de profiter de sa famille nombreuse. Une famille qui reste pour lui comme un fil d’Ariane, le chemin qui le guide à travers les épreuves depuis cette fameuse année 1994.  

 

Lorsque l’on évoque, ou que l'on évoquera, Jason Robinson, l’image qui restera sera celle d’un petit gars d’à peine 1m73, qui pouvait battre n’importe qui en un contre un et qui a fait souffrir autant de défense qu’il est possible d’en imaginer. Ses crochets « électriques », ses courses folles, ses appuis, ses inspirations, ses coups de folie, ses exploits, ses percussions sauvages, ses plaquages déterminées...

 

Personellement, ce sont aussi les sueurs froides qu'il me foutait dès qu'il touchait la gonfle, ce sont les frissons de le voir éliminer un adversaire d'un cad-deb à 2000 à l'heure. C'est aussi l'image d'un joueur attachant, atypique, sucitant autant la crainte que le respect. Un joueur tout simplement différent et magique.  Si Lucky Luke a prouvé qu'il était possible de tirer plus vite que son ombre, depuis Jason Robinson, je suis certain qu’on peut courir plus vite que ses problèmes.

 

En cadeau : Will Greenwood, Laurence Dallaglio ou Ben Kay qui décortiquent une action de folie de Jason contre le Pays de Galles. (En Anglais)

 


 

Palmarès : Il compte à son actif 30 essais en 56 sélections, un titre de champion du monde à XV, vice champion du monde à XIII et à XV, vainqueur du 6nations en 2001 et 2003, champion d’Angleterre à Xv en 2006, vainqueur du championnat d’Angleterre 1992, 1993, 1994 et 1995 à XIII et vainqueur de la coupe du monde des clubs en 1994.

 

 

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Les petites histoires... de la rivalité Contador-Armstrong

9 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La petite histoire de...

 

Contador / Armstrong : un duel pour entrer dans l’Histoire

 

 

On pourrait intituler cet article "Retour sur"... Car c'est bien l'objet : un retour sur l'état d'esprit qui anime le peloton à quelques jours du début du Tour de France 2010. Nul ne sait qu’Armstrong va être victime de chutes et de défaillances et qu'il finira bien loin du podium (une première en 10 ans pour lui). A la veille du départ, Armstrong apparait plus fort qu'en 2009 et Contador n’a jamais semblé aussi prenable.

 

Le Tour de France, comme une nuit d'amour avec Rick Ross :  

 

Voilà qu'en ce début du mois de juin 2010, s'ouvre cette période par tradition au combien footballistique. Mais l’air de rien, se prépare dans une discrétion presque surréaliste l’un des plus grands duels de l’Histoire du cyclisme.

 

Les après-midis se remplissent d’un parfum qui fleure bon la plage surpeuplée, les parasols Ricard, la chipo pas cuite et les piscines dégueulasses. Mais, pour les passionnés, c’est l'oeil embué et l’esprit vide que nous meublons nos trop longues mâtinés. Presque fébriles, nous regardons la superbe émission "Village Départ" avec Laurent Luyat et sa pluie de star planétaire (Lahaye, les frères Bogdanov, Collectif Métissé et aitres merveilles).

Et si pour les uns, l’été rime avec soleil-apéro-piscine, pour les autres, l'été c'est comme une nuit d'amour avec Rick Ross : des montées, de la sueur, des efforts, quelques larmes et pas mal de souffrance… Je vous parle évidement de la petite Reine. 

 

Un an à attendre bordel !

 

Voilà, ça y est ! 11 mois à attendre tendu, nerveux, la bave aux lèvres, le retour de la « caravane », des pubs Justin Bridou, des « superbes églises du 13ème siècle », et de nos « Gruppettos McEwen », de nos « chutes à l’arrière du peloton », de nos .

Petite anecdote au passage, comme ça, pour vous faire voir que je ne suis pas "que" une grosse tanche : McEwen était considéré comme le meilleur régulateur de gruppettos du Tour de France. En effet, les gruppettos, constitués des éléments du peloton les plus « faibles» en montagne sont confrontés à un problème majeur, celui de ne pas être hors-délais. Pour cela, il faut imposer un rythme suffisamment élevé pour ne pas être hors délai et disqualifié mais suffisamment lent pour ne pas littéralement imploser en montée. A ce petit jeu, Robbie est de loin de le meilleur et son absence (rarissime) des gruppettos laissait bien souvent auguré une journée longue, éprouvante et stressante pour les attardés.

 

Mais revenons à nos moutons. Voilà que se dessine peu à peu les contours d’un véritable duel comme au temps du Far-West. Deux champions hors normes se font face, l’un déjà dans la légende et l’autre prêt à y entrer… Un affrontement au gout de souffre et où plane les doux parfums des coups de fouine et des déclarations belliqueuses.

 

Deux Champions que tout oppose ?

 

Après 4 ans de retraite, 7 victoires consécutives sur la grande boucle, 1 titre de champion du monde sur route, une flèche Wallonne, un tour de Suisse, un Tour du Luxembourg et une flopée de place d’honneur dans les classiques, c’est au mois de Septembre 2008 que la nouvelle tombe. Lance Armstrong se sent bien et même mieux : il se sent prêt à remonter sur un vélo dans une équipe professionnelle pour gagner un 8ème Tour de France. Il signe rapidement dans l’équipe la plus à même de lui apporter un nouveau sacre à très court terme : l’équipe Kazakh Astana. Entouré de lieutenants ou d’amis intimes comme Leipheimer (3ème en 2007), Brajkovic et Popovych (8ème en 2007) de l’époque l’US Postale, Kloden (2ème en 2004 et 2006)…

 

Il est clair que cette équipe est faite pour gagner et surtout le faire triompher une fois de plus à l’arrivée sur les pavés parisiens des Champs Elysée. Seulement, c’est sans compter sur la présence d’un leader de fait dans cette équipe : Alberto Contador.

 

Le coureur le plus talentueux du circuit mondial, complet, solide en contre la montre et surtout monstrueux en montagne. Il sort d’une saison pleine : victorieux sur les tours d’Espagne et d’Italieson absence au plus prestigieux des tours ne s’explique que par la disqualification de son équipe Astana après le contrôle positif de son leader Vinokourov.

 

Une bonne grosse ambiance pourrie

 

Dès les premières interviews post-annonce d’Armstrong, Contador, perd son leadership et voit ses chances d’accrocher un nouveau tour de France se réduire considérablement. Contador annonce d’emblée la couleur. Il affirme qu’il n’y a qu’un seul leader possible dans cette équipe Astana et que, évidemment, ce leader : c’est lui…

 

S’engage un combat d’égaux. Lance Armstrong et Alberto Contador partagent les mêmes équipiers, les mêmes matériaux, les mêmes séances d’entrainement mais surtout les mêmes objectifs. C’est un secret de polichinelle : Armstrong est revenu et ça n’est pas pour rien. Il impose des conditions à son retour, il modifie le groupe, il le fait à sa main, il s’étale dans la presse sur son retour pour sensibiliser les gens sur le cancer mais annonce vouloir gagner le tour, il choisit ses courses et dicte le calendrier d’Astana, et tout cela dans un seul but : torpiller le mental de Contador.

 

Le jeune espagnol ne se laisse pourtant pas faire. S’il s’entraine dans les mêmes conditions et les mêmes lieux (travail en soufflerie pour l’aérodynamisme dans l’institut de recherche de San Diego, travail de fond sur les courses à étapes comme Paris-Nice ou le Tour de Suisse, recherche de sensations sur les classiques printanières comme le Tour des Flandres ou encore la Fleche Wallonne) ça n’est jamais en même temps que Lance. S’il participe à des classiques sans l’aide des lieutenants fidèles et talentueux qui se vouent corps et âme à Armstrong, il se forge une carapace. S’il voit sa propre équipe misé sur un quadragénaire sur le retour plutôt que sur le vainqueur sortant de deux des tours les plus disputés au monde, il se donne une motivation supplémentaire : prouver aux membres du staff qu’ils ont torts. En clair : Contador passe une année, seul, au purgatoire.

 

Armstrong blessé, mais plus confiant que jamais

 

Lance Armstrong lui poursuit tranquillement sa préparation en vue de SON tour, sur les routes vallonnées du tour de Castille. Mais, lors de la première étape, suite à une vague dans le peloton, il chute bêtement dans un faussé. Diagnostique : fracture de la clavicule. Sa participation au Tour est remise en cause.

 

Pourtant, le jour du grand départ, les deux leaders sont cote à cote. Contador, comme un symbole, porte le maillot N°21. Pourtant, malgré la blessure de Lance, malgré le talent indéniable d’Alberto, la présence dans l’équipe d’une ossature largement pro-Armstrong  laisse présager d’un tour aussi long que pénible pour Contador, isolé au sein même de son équipe.

 

Le Grand-Bornand, la rupture est consommée

 

Illustration de la rivalité profonde qui anime ses deux hommes : lors de l’étape du Grand-Bornand, Contador alors en jaune attaque dans la montée, lâche Klöden et Armstrong.

 

Grosse mise au point de Brunyeel : Contador a désobéit aux consignes sciemment. L.A s’empresse de balancer sur Twitter une petite phrase : "Beaucoup de questions sur le thème: pourquoi Contador a attaqué et lâché Klöden. Moi non plus je n'ai pas compris." Avant d'en remettre une couche. Si Andreas Klöden fini quatrième au classement général, à moins de deux minutes du troisième, on saura où il les a perdues...». Dans cette ambiance exécrable, et avec un gros mental, Contador remporte son deuxième succès sur le Tour de France, avec 5min22 secondes d’avance sur son grand rival, 3ème. Dans la foulée du tour, Armstrong annonce la création d’une équipe américaine ayant pour but de lui faire gagner un dernier tour et que pour cela, il va débaucher une grande partie de l’équipe Astana…

 

Le mois d’Octobre est marqué par les mutations de Popovych, Leipheimer, Zubeldia, Brajkovic, Klöden ou encore Paulinho vers la nouvelle équipe crée de toute pièce par et pour Armstrong : Radioshack.  

 

Une rivalité qui n’en restera pas là

 

L’impact de cette rivalité prend alors toute sa mesure aujourd’hui. Cette victoire de Contador est certes à relativiser : si Contador a gagné, il a bénéficié de la blessure de Lance qui a compromis une partie de sa préparation. De plus, l’efficacité d’une équipe comme celle d’Astana au moment du Contre-la-montre par équipe a été déterminante dans l’obtention du titre. 

 

Aujourd’hui, bien des choses ont changées : les effectifs sont très déséquilibrés, Contador n’ayant jamais été aussi seul. La pression elle aussi s’est inversée et Alberto est très attendu sur les routes du tour. La fraicheur va elle aussi être déterminante et Armstrong a comme toujours fait très peu de courses au contraire d’Alberto qui multipliait les performances comme dans les classiques de printemps où sur les routes du Dauphiné…

 

Mais si il y a bien une chose qui n’a pas changée, c’est le désir insatiable de victoire des deux hommes, leur détermination à battre Andy Schlek, Carlos Sastre, Ivan Basso, Roman Kreuziger, Samuel Sanchez, Michèle Scarponi, ou encore Bradley Wiggins (auteur de performances suspectes) mais plus que tout : la volonté farouche de prouver aux yeux du monde que, l’un comme l’autre, méritent leur place au panthéon des cyclistes et sont prêts à entrer dans l’histoire et à repousser un peu plus les canons de l’entendements.

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Carmelo Anthony : l’homme qui y était presque...

1 Septembre 2010 , Rédigé par lespetiteshitsoiresdusport.over-blog.net Publié dans #La petite histoire de...

Carmelo Anthony ou l’homme à l’ombre de la légende…

 

Comme souvent, les ingrédients pour faire une belle histoire, et même plus, un conte, sont simples. Tout débute logiquement avec un personnage hors norme. Pour mettre en lumière ce personnage, il nous faut tour à tour un début tragique, des épreuves, un moment clé, celui où tout bascule, et enfin le fameux happy end.

 

C’est à cette trame enfantine que Carmelo Anthony (26ans, 2m04, 103kilos) aurait du correspondre…

A l’âge de 2 ans, le petit Carmelo voit son père mourir d’un cancer. Moment tragique pour toute sa famille. A l’âge de 8 ans, il doit quitter son Brooklyn natal pour Baltimore et sa criminalité galopante. Kenny Minor, un des amis d’enfance de Carmelo, dira plus tard que tout les crimes dont ils ont été témoins ensemble, voila la vrai raison de la détermination sans faille de « Melo ».

Son but ? Entrer dans la NBA. Comment ? En travaillant sans cesse sur les play-grounds de la ville. Il perfectionne son shoot, s’impose des séances d’entrainement supplémentaires…

Le premier pas vers la réalisation de son rêve se fait, en 2000, en intégrant la Towson Catholic High School. Durant sa première année dans ce lycée privé du Maryland, à l’âge de 16 ans il connait une croissance fulgurante : il prend 20cm en quelques mois (pour culminer à 1m90). Il se fait rapidement un nom et est élu dès sa première année au lycée « Joueur de l’année de la ville de Baltimore 2000» et « Meilleur joueur de la ligue catholique de Baltimore 2000».

Sa deuxième année est encore de très grande qualité : il marque 14points, prend 5rebonds, fait 4 passes et vole 2 ballons par match en moyenne. Il échoue à la 3ème place du championnat de l’Etat après n’avoir connu la défaite qu’à 3 reprises. Sa troisième et dernière année est à l’image du joueur qu’il sera : il double ses stats (23pts, 10.3 rbds) mais, grisé par les succès qu’il connait en championnat, il commence à manquer les cours et à être régulièrement suspendu en raison de son comportement déplacé en dehors du terrain. Il emmène malgré tout son équipe en finale du championnat de l’Etat. Finale qu'il perdra... 

Evidemment les recruteurs ont tous les yeux braqués sur lui, et cette attention qui s’accroit le moment des play-offs venu lui fait tourner la tête. Ses qualités de basketteur sont indéniables. Mais physiquement, il reste encore du chemin à faire pour ce jeune joueur d’à peine 17ans. Malgré ses titres de « Meilleur joueur de la phase régulière Ville de Baltimore 2002 », « Meilleur joueur des play-offs de la Ville de Baltimore 2002 » et de « Joueur de la ligue catholique de Baltimore 2002 », les scouts (recruteurs) Nba ne lui prédisent pas un avenir immédiat en ligue majeure. Il doit alors passer par la case université.

 

Adieu Baltimore, direction Syracuse... mais pas tout de suite :  

 

Très tôt, afin d’éviter tout spéculation estivale autour de son nom, et surtout afin de couper court aux rumeurs l’envoyant déjà à la draft Nba en tant que lycéen (comme ont pu le faire avant lui avec succès Garnett, Stoudemire, Jermaine O’neal, Kobe Bryant ou encore Moses Malone)  il annonce son choix : il va prendre la direction de la cote Est et de l’université de Syracuse à la fin de sa dernière année de lycéen.

Néanmoins, ayant une moyenne de « C » et ayant des résultats aux examens assez faibles, il sait que son avenir passe par de bons résultats avec son équipe de basket. Sa mère prend alors une décisions :  lui assurer un avenir en Nba en le changeant d’école. Il frappe à la porte d'une meilleure équipe. Sa mère lui impose plus ou moins comme lieu de chute  la prestigieuse Oak Hill Academy pour sa dernière année de lycéen.

Il mène en cette année 2002 la sélection régionale de Baltimore en demi finale lors de l’Adidas Big Team Tournament de Las Vegas. Il réalise des matchs de premiers ordre : 22 points, 7.1 rebounds and 3.0 assists de moyenne. 

 

Un titre NCAA dès sa première saison : 

 

A l’aube de la saison 2002-2003, il signe comme prévu à Syracuse. Une année de succès s’ouvre à lui : il réalise des stats démentielles pour une première année. Il compile 22.1pts, 10.0 rbds… Il conduit son équipe au titre national NCAA. Il domine les catégories de son équipe aussi bien aux points marqués, aux rebonds pris, aux minutes jouées, aux lancers francs tentés et réussis… Il score 33points face à l’université du Texas ce qui constitue alors un record pour un joueur de première année. Il est élu sans surprise « Joueur le plus inattendu de l’année». Son coach, Jim Boeheim, dira alors de lui : « il est de loin le meilleur joueur de basket universitaire et cela sans conteste. »

A ce moment là, il faut bien comprendre une chose : Melo a tout fait, tout gagné, tout connu et cela au cours de ce qui sera sa première et unique saison universitaire. Il est le meilleur joueur universitaire. Il le sait, son coach le sait, les scouts le savent. Il est présenté comme l’élu, le meilleur joueur universitaire de sa génération, le plus talentueux. Il a tout pour la Nba : un physique aguerri, des stats hallucinantes, un talent inégalé et un jeu parfaitement calibré pour la Nba. Anthony dira plus tard qu’il avait prévu de rester à Syracuse 2 ou 3 ans, mais que dans la mesure où il avait déjà tout fait, il choisit d’abandonner sa carrière universitaire et se présente à la draft 2003.

 

Alors me direz vous, pourquoi intituler cet article : “l’homme qui y était presque” ? Tout semble lui sourire, il est attendu par tous comme LE futur grand joueur Nba, il a traversé les épreuves de la vie avec succès et malgré quelques égarements coupables, il a déjà un palmarès impressionnant pour un si jeune joueur.

Seulement voila, à la Draft, se présente le futur double MVP de la ligue (série en cours), le plus impressionnant athlète qu’a connu jusqu’a aujourd’hui la Nba : Lebron “The King” James. Voila que, sans même avoir débutée, la belle histoire de Carmelo se voit contrariée par un véritable phénomène de la planète basket. Si le sort a voulu que Lebron et Carmelo soit dans la même classe de draft, il se contentera alors sans rougir de la seconde place...

Mais voila ! Le second choix est la propriété des Pistons de Detroit. Et dans cette équipe, on cherche un joueur de poids mais surtout de taille pour compléter la raquette : Darko Milicic (la plus grande déception de la draft des années 2000’s avec Kwame Brown) profitant de ses 2m13 est alors choisi en second. Coup de tonnerre ! Le meilleur joueur première année de l’histoire de basket universitaire ne sera pris qu’en 3ème position par la vieillissante (et peu attirante) franchise des Denver Nuggets... Certes, il est sélectionné devant Wade et Bosh. Certes, son destin de joueur majeur n’est pas remis en question. Mais il s’agit là d'un premier pas dans une longue série de camouflets qui débute.

 

Melo, éternel looser ?  

 

Après avoir été choisi derrière Milicic et James, après avoir connu les summers leagues, il débute en tant que titulaire face aux redoutables Spurs. Il score 12points et prends 7rebonds.

Pour son 6ème match Nba, il score 30 points et devient “presque” le plus jeune joueur de l’histoire à le faire dans un match Nba à l’âge de 19ans et 151jours, le record appartenant à Kobe Bryant. Puis, le 9 février 2004, il devient le troisième plus jeune joueur à scorer 1000pts... Presque N#1...encore. Toujours la même année, il devient le second plus jeune joueur à mettre 40 points dans un match Nba... presque. Il est aussi le 4ème à remporter les titres honorifiques de Rookie du mois 6fois d’affiler après Robinson Duncan et James: presque... Il conclu sa saison par la seconde place au vote du Rookie de l’année derrière James... presque... Cette saison est l’occasion pour lui, en tant que Rookie, de s’affirmer. Il est le leader offensif de son équipe et est le premier Rookie en play-offs à être meilleur marqueur de sa franchise... depuis David Robinson.

Cette année là, son équipe est éliminée dès le premier tour par les Timberwolves du Minnesota.

Suite à un été studieux, une nouvelle année commence pour notre “Mr Presque”. Il est le troisième plus jeune joueur à atteindre la barre des 2000pts en carrière derrière James et Bryant. Il connait de nouveau le bonheur de la post-season mais chute au premier tour face aux Spurs... Toujours dans la même veine, il fini en 2005-2006 meilleur marqueur de son équipe et surtout 8ème marqueur de la Nba. Soit la seconde meilleur performance pour un Nuggets, derrière Michael Adams qui finit lui 6ème... presque... Il est, toujours en 2005, le deuxième plus jeune joueur à mettre 5000pts, après James. Il est de nouveau battu avec son équipe au premier tour des PO...

L’année 2006. Illustration criante de notre monsieur presque : dans le 8ème match de la saison face aux Raptors de Toronto, il égalise le record d’un véritable légende Alex English en réussissant la bagatelle de 6match de suite à 30 points ou plus. S’il n’établit pas un nouveau record c’est que lors du 9ème match, il ne réussit qu’à scorer que 29points... presque... Il va quand même réussir à égaliser de nouveau le record d’English mais ne scorera que 24 points lors du match qui lui aurait permis de battre le record face aux Hawks d’Atlanta. Il devient All star pour la première fois et est appelé pour suppléer les blessures de Yao Ming et Carlos Boozer.

Il affronte à nouveau la difficile équipe des Spurs lors du premier tour des Play-offs et se voit à nouveau éliminer dès le premier tour.

 

En 2007, il participe pour la première fois en tant que titulaire à un ASG (all star Game). Il fini deuxième au nombre de voies derrière Bryant. Idem, il est le second meilleur joueur au pourcentage pour un joueur qui prend plus de 25 shoots par match après Bryant.

La saison est marquée par une qualification pour les play-offs et un record égalé (mais pas battu) de 50 victoires. Du jamais vu depuis 1988... Pourtant, ils ne font pas le poids face aux Lakers et sont battus en 4 matchs secs...

En 2 ans, Wade et Milicic sont champion, James MVP, Bryant est déjà triple champion... Seul Bosh à encore un palmarès vierge, mais seul Carmelo Anthony n’a pas passer un seul tour de Play-off de sa carrière... 

 

L’année 2008-2009 est celle du changement : exit Iverson et son égo, c’est a un vrai meneur que sont confiés les rênes de la franchise, Chancey Billups. Anthony devient alors le second joueur à mettre le plus de point dans un seul quart temps (33pts) après George Gervin... presque...

Carmelo reporte la première série  de match en play-off de sa carrière face aux Hornets de New Orléans. Après des victoires encourageante face aux Hornets et aux Mavericks, on se met alors à rêver du titre du coté du Colorado. Seulement, le jour de son anniversaire, Anthony est éliminé par les Lakers en finale de conférence. 

 

Comme vous l’aurez compris, Anthony est un joueur d’exception. Un joueur réellement doué d’un talent hors norme. Seulement, il existe encore une marche qui demeure pour lui insurmontable entre lui et l’Histoire. Si, indéniablement, il restera dans les mémoires pour tous ceux qui l’ont vu jouer, qu’en restera t-il dans 15ans ? Avec l’avènement annoncé de jeunes joueurs (Rose, Evans, Wall), avec les joueurs qui lui sont contemporain (James (2fois Mvp), Wade (déjà champion), Bosh (meilleur joueur poste 4 de la ligue) et avec la présence de vielle gloire encore fleurissante (Bryant, O’neal, Garnett) ou se situera Anthony dans l’avenir ?

Reste à savoir a présent si son futur est celui d’un Poulidor, éternel second, ou celui d’un Joop Zoetemelk, 6fois deuxième mais vainqueur du Tour en 1974… L’avenir nous le dira mais aujourd’hui, nous pouvons affirmer que, à l’heure de la maturité, Anthony devra faire preuve comme le disait si bien son ami d’enfance d’une détermination sans faille pour encore espérer marquer l’histoire de son sport, et connaitre, peut être, le happy end de sa propre histoire. 

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La petite histoire de... Mark Cavendish : le TGV de l'ile de Man

1 Septembre 2010 , Rédigé par lespetiteshitsoiresdusport.over-blog.net Publié dans #La petite histoire de...

Mark Cavendish où le sprinter qu’on adore détester

 

Du haut de son petit mètre 75, le regard bleu azur non sans rappeler les rivages de son ile de Man natale, le physique taillé comme dans le gré du château de Peel, voici l’histoire du « Manx Express » alias Mark Cavendish.

 

Une jeunesse pas toujours facile 

 

Cet anglais pur jus voit le jour le 21 mai 1985, sur la splendide ile de Man, au large du royaume de sa majesté. Etonnamment, il ne débute pas très jeune le cyclisme : il fait ces premières courses a l’âge de 12 ans. Toujours distancé dans les petites courses locales, il récolte les gentilles moqueries de sa mère pour qui les courses de V.T.T de son fils passent pour un amusement gentillet. Vexé des moqueries maternelles, Mark explique à sa mère que, s’il ne gagne pas ses courses, c’est que tous les autres courent sur un vrai V.T.T quand lui court avec un vélo inadapté… Ses parents lui offre, pour son 13ème anniversaire un vrai V.T.T. Comme un symbole du caractère et du mental du garçon, le lendemain il court et il gagne sa première course en battant les mêmes qui jusqu’alors jouaient les premiers rôles.

La même année, il fait la rencontre au détour d’une course locale, de son modèle, le héros de toute l’Angleterre cycliste, David Millar. Cette rencontre fait alors office de déclic pour le jeune Mark. C’est décidé, il veut devenir cycliste professionnel.

 

Il quitte l’école assez tôt : 16ans. Il est toujours à la poursuite de son rêve. Il commence alors un petit emploi dans une banque locale, avec comme objectif d’économiser assez d’argent pour se consacrer a temps plein a son objectif. Il y travaille deux ans. Puis, ayant comme il le souhaitait assez d’économie pour se consacrer au vélo, il part rejoindre l’école de cyclisme sur piste pour y apprendre, progresser et découvrir une chose qui s’apprête à le hanter, au point d’en faire à la fois le plus grand et le plus dangereux cycliste sur route des années 2010 : le gout de la victoire, a n’importe quel prix.

 

Un début sur piste, une précocité rare 

 

Après avoir rapidement imposé son style et sa volonté sur piste, il intègre a seulement 20ans l’équipe Britannique de cyclisme sur piste, ou il apprend à connaitre Chris Hoy, Jason Queally et surtout son partenaire Robert Hayles à l’occasion de ses premiers championnats du monde. Sa spécialité ? La mythique course a l’américaine. Le but est comme toujours de finir premier mais ici les règles sont d’une complexité rare, la victoire étant attribuée a l’équipe de deux coureur marquant le plus de point au sprint intermédiaire (tous les 20 tours de piste soit environ 5km) et cela sur une distance de 50km. Le relais se fait en attrapant le bras de son partenaire et en le propulsant vers l’avant. Mark, qui court pour la première fois de sa vie avec son partenaire bien plus expérimenté que lui, Hayles, réussit une course presque parfaite et l’emporte haut la main en ayant près d’un tour d’avance sur ses adversaires. Il devient alors, a seulement 20ans, champion du monde de cyclisme sur piste.

 

La route, pas aussi facile que prévu

 

La même année, il remporte peu après les championnats d’Europe de course aux points. Grâce a ses victoires, il est convié en tant que stagiaire à participer a deux courses cyclistes d’une équipe de deuxième division et alors antichambre du professionnalisme et succursale de la grande équipe T-mobile : l’équipe continentale « Team Sparkasse ». Il fait le tour de Berlin et le tour de Grande Bretagne et pour être honnête sans grand succès. 

Malgré cette première expérience assez moyenne, l’équipe Sparkasse le signe. Il retourne sur les routes berlinoises et cette fois, remporte le classement par point grâce à ses deux victoires. La même année, 2006, il court sur piste lors des championnats du Commonwealth et remporte sa course Scratch (sorte de course normale mais sur piste) sous les couleurs de l’ile de Man. Il remporte la médaille d’or grâce à une moyenne de 51km/h…

Cette année 2006 est celle de toutes les consécrations : suite à ses victoires sur le tour de Berlin, l’équipe T-mobil lui donne la chance de faire ses preuves à travers un contrat stagiaire. Il participe alors au Tour de grande Bretagne, durant lequel il termine trois fois deuxième derrière Boonen ou encore Pozzato. Il en profite alors pour remporter le classement aux points mais surtout pour y signer son premier contrat professionnel chez l’équipe allemande de la T-mobil.

 

L’année 2007 est donc celle de ses grands débuts dans le monde professionnel. Enfin comme dira son collègue et compatriote de l’époque et capitaine de route de la T-mobil Roger Hammond : « Honnêtement, son début de saison a été si catastrophique que le staff se demandait où faire courir Mark pour qu'il puisse terminer la course »… Autant dire que ses premiers pas son assez catastrophique… Il abandonne presque toutes ses courses et les mauvaises langues commencent alors à affirmer que son avenir passe par la piste mais certainement pas par la route.

Sa réponse, il l’apporte sans frémir lors du Grand Prix de l’Escaut qu’il remporte. Il enchaine alors victoires sur victoires (4 jours de Dunkerque, Tour de Catalogne…). Son équipe décide alors de l’aligner sur la course, consécration ultime de tout coureur qui se respecte : le tour de France. Lui qui expliquera qu’il vivait les exploits de Millar à travers la seule course diffusé à la télévision à savoir le Tour, et qui rêvait encore le soir venu de ces images d’efforts surhumains et de joie, va pouvoir réaliser l’un de ses rêves : celui de participer à la grande messe de la petite reine. Mais ca serait bien mal connaitre Mark que de croire qu’une participation lui conviendrait. Il a la victoire dans le sang et il dispute les sprints avec son maillot rose de la T-mobil. Mais, handicapé par deux chutes lors de la première et la deuxième étape, il doit se contenter d’une 9ème place dans la 3ème étape et une dixième lors de la 4ème étape. Il abandonne lors de la 8ème étape, incapable de passer les Alpes.

Il gagne à nouveau après le tour et égalise alors le record d’une légende du sprint, Pettachi avec 11victoire dans sa première année. Après sa victoire sur une étape de l’Eneco Tour, il déclare, un peu arrogant mais assez lucide : « Je suis un sprinteur à l'ancienne. Je suis incapable de gravir une montagne, mais si je suis en tête à 200 mètres de l'arrivée, personne ne peut me battre.[ »

 

Gérer la déception Olympique 

 

En 2008, il retourne à ses premiers amours : la piste. Un titre de champion du monde plus tard (Américaine avec Wiggins), il explose littéralement aux yeux du monde avec 2 victoires sur le tour d’Italie mais surtout 4 victoires lors du Tour de France. Il quitte alors le tour à la veille de la 15ème étape en expliquant que le maillot vert qui lui était promis était secondaire par rapport a la saveur qu’aurait un titre de champion olympique qui lui semble alors promis. Il finit la saison avec 17 victoires… Bennati, sprinter Italien hyper talentueux, déclare alors : « Cavendish est le coureur le plus rapide du monde dans les 50 derniers mètres d'un sprint[]. ».

Mark va même jusqu’à dire, sur la page d’accueil de son site: «Mark Cavendish. L'homme le plus rapide sur deux roues : un fait.»

Fin de saison sur route après le Tour : direction Pékin accompagné de Bradley Wiggins. Mais, il sera alors le seul membre de la délégation britannique à ne pas ramener la moindre breloque des JO asiatiques. De ce résultat à la fois surprenant et décevant aura pour conséquences une brouille entre Wiggins et Cavendish, et surtout un adieu a la piste de la part de l’insulaire.

 

Après cette déception incroyable pour celui qui avait planifié sa saison en fonction des JO où il du essuyer un échec pour la première fois de sa carrière, il revient encore plus fort en 2009. Lui qu’on oppose systématiquement à Tom Boonen quand on cite le coureur le plus rapide du monde, veut alors démontrer qu’il est bien le plus fort dans la dernière ligne droite. Il s’aligne au même titre que Boonen sur le tour du Qatar, où il remporte deux victoires contre 1 pour le Belge. Idem lors du tour de Californie ou il bat a deux reprises Boonen. Il remporte aussi Milan-San Remo devant Haussler et Hushovd et en écrasant Boonen. Il continu sa moisson avec 6 victoires au Tour de France. Le maillot vert lui échappe pour « seulement » 10 points après avoir déclassé à Besançon. Il termine avec 25 victoires au compteur. Il apparait alors comme le plus grand sprinter du peloton devant les cracks Bennati, Hushovd, Pettachi, Haussler mais surtout Boonen. Pourtant, sa fin de saison va être gâchée par une infection pulmonaire qui le prive à la fois de Paris-Tours mais surtout des championnats du monde à Mendrisio en Suisse.

 

Son année 2010 va commencer comme elle avait finie : infection aux dents et aux glandes salivaires. Il reprend difficilement, échoue lamentablement dans la défense de son titre de Milan-San Remo, et gagne pour la première fois de la saison une étape d’une course importante à Fribourg lors du tour de Romandie. Cette victoire met un terme à presque 6mois de disette mais dans un geste mi fou-mi stupide, il balance son majeur (accompagné de son index tout de même) au passage de la ligne. Scandale dans le monde de plus en plus lisse du cyclisme. Son équipe l’exclut de la course… Il expliquera par la suite que ce signe était une métaphore inspiré du traitement réservé aux archers des troupes anglaises à qui l’ont coupait ces deux doigts (index et majeur) afin qu’ils soient inoffensifs, et que son signe était fait dans le but de montrer qu’il pouvait encore être dangereux. Premier épisode.

Puis Mark disparait du peloton : on le dit en méforme, qu’il a grossit, qu’il a pris la grosse tête… On le dit en froid avec Greipel, en conflit avec ses coéquipiers. En somme, on le dit fini… Il s’aligne sur des courses où il ne gagne pas, il est rarement à la lutte dans le final… Puis, épisode 2 : l’épisode du Tour de Suisse. Nous sommes dans le final de la 4ème étape. Cavendish au coude a coude avec Haussler. Il est tellement assoiffé de victoire dont il est privé depuis presque 7mois qu’il tente une manouvre improbable en passant l’épaule devant son adversaire, qu’il accroche. La chute est inévitable et terrible : Haussler, Cavendish, Boonen, Coyot, Ciolek, Mondory et une quinzaine de coureur chutes a plus de 60Km/h. Mais la réaction du peloton est unique : on demande l’exclusion de Cavendish. Comme réponse a la demande d’explication de certains sprinter du peloton, il répond par un crachat à leurs pieds et reprends la course. Cela en est trop pour ses adversaires mais c’est surtout le témoignage d’une chose évidente : Cavendish n’est plus que l’ombre de lui-même, il est un gamin arrogant, imbu de lui même et incapable de gagner à nouveau…

 

Le tour de France arrive vite et Cavendish demande alors une chose juste incroyable : il ne veut pas de André Greipel, l’autre sprinter, pour lui faire de l’ombre dans l’équipe HTC lors du Tour… Nouvel exemple de la mégalomanie et de l’égocentrisme de Cavendish. Greipel fou furieux demande son transfert immédiat.

 

Les Larmes d'un petit con ? 

 

Le Tour 2010 débute. Après un prologue enlevé sans surprise par le spécialiste Cancellara, la première étape reliant Rotterdam à Bruxelles donne lieu à un sprint massif. Emmené par son équipe, Cavendish s’écroule complètement et se classe à une horrible 178ème place. Il gâche tout le travail collectif en étant incapable de partir, se voit débordé et écrasé par Pettachi et presque l’ensemble du peloton lui passer devant alors qu’il sombre mentalement. Il regagne son hôtel, le visage fermé, silencieux, ignorant littéralement les caméras et les journalistes, à moins que ce soit le contraire...

Deuxième sprint massif a Reims : il est amené par Renshaw comme il aime. Seul en tête à 400mêtes de la ligne, il démarre de loin, accélère mais coince et manque de force. Pettachi, Dean, Hagen ou encore McEwen ou Hunter le déborde. Il fini 12ème loin, très loin de la victoire. Imaginez un homme assoiffé de victoire, sevré depuis presque un an d’une victoire de renom, détesté par une grande partie du peloton et des médias qu’il fuit comme il peut, décrié par une grand majorité des spécialiste disant de lui qu’il ne sera plus jamais ce qu’il a été, prophétisant un futur à court terme terrible et mérité pour Cavendish…

Nous sommes alors dans la 5ème étape reliant Epernay à Montargis. A 5km de l’arrivée, l’équipe HTC qui avait jusqu’alors roulé à la perfection se désorganise. Le train jaune et blanc se désagrège et part en lambeaux. Il ne reste aux avant-postes que Cavendish et Renshaw. Pettachi est formidablement bien amené par Danilo Hondo. Renshaw se bat alors pour prendre la roue du maillot vert : les coups d’épaules avec Ciolek, Hushovd et Farrar se multiplient. Renshaw, sorte d’homme de main s’occupant des basses œuvres du « Cav’express » s’occupe alors de mettre sur des rails Cavendish et le lâche a 300 mètres de la ligne. Cavendish explose, il gicle comme il sait le faire avec une double accélération qui laisse sur place Ciolek qui a attendu trop longtemps. Cavendish résiste à l’allemand et passe la ligne en tête. C’est a cet instant précis et magnifique que la carapace de gros dur, de pestiféré, de « bad boy » se craquèle et laisse alors entrevoir ce que Mark est vraiment : un gamin de 25ans, qui a souffert aussi bien du manque de victoire que surtout du manque d’amour, qui a été élevé sur une petite ile, qui à quitté l’école à 16ans, qui a connu des moments où la solitude a été terrible pour celui qu’on adorait hier et dont on dit tant de mal aujourd’hui, un jeune homme au talent hors norme mais en panne de confiance. Il passe la ligne en larmes, gagne la zone internationale en larmes, répond aux questions en larmes, monte sur le podium en larme, redescend en larme, bafouille entre deux sanglots des remerciements pour ses coéquipiers, des excuses vis-à-vis du bon travail gâché à deux reprises et il fond en larme de nouveau. Cavendish est humain, il n’est pas une machine à gagner, il n’est pas vraiment si arrogant et dangereux malgré son style suicidaire (les épaules en avant en dessous du guidon, les épaules raides et presque immobile). En somme, le Cav’express a frappé et malgré l’absence de Boonen Haussler ou encore Greipel, il se replace après une année horrible comme l’un des meilleur sprinter de l’histoire avec ses 63 victoires dont 19 dans les grands tours et 1 Milan San Remo. Cavendish is back et c’est du haut de son mètre 75 et de ses 25ans qu'il fait a nouveau trembler le monde sprint. 

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La petite histoire de... Joe Louis : le bombardier Brun

1 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La petite histoire de...

Joe Louis / Max Schmeling : L’amitié au delà des différences

 

Une force de boeuf, 71 combats 68 victoire dont 54 par KO. Une droite dévastatrice, une puissance naturelle et colossale. Un guerrier, intronisé au hall des légendes de la boxe dès sa création en 1990. Et un boxeur qui défendit 25 fois consécutivement son titre de champion du monde avec succès (dont 23 victoires par KO) soit une hégémonie de 12 ans en tant que champion du monde (1937-1949). Elu combattant de l’année 1938, 1939 et 1941. Voila en quelques lignes, l’œuvre pugilistique de Joe « Le bombardier brun » Louis. Des chiffres éloquents qui ne résument pourtant pas le combat le plus important de la vie de Joe Louis : celui contre le racisme et la bêtise humaine.
La petite histoire de... Joe Louis : le bombardier Brun

Notre colosse (1m88, 92kilos), nait en 1914, dans l’Etat le plus raciste des Etats-Unis : l’Alabama… Il connait les « joies » d’être un noir dans une région blanche qui prone ouvertement l’apartheid. Fils de travailleurs ruraux encore appelés esclaves (« slaves »), Joe grandit dans la petite ville de Lafayette. Enfant noir et bègue (il ne parlera pas correctement avant l’âge de 8 ans), il a la chance d'être une peu moins la cible de brimades habituelles que les autres noirs de son âge. Enfin il faut dire que son physique exceptionnel plaide en sa faveur : à sa naissance, il pèse déjà près de 5 kilos...

A l’âge de 12 ans, le petit Joe et sa famille sont terriblement secoués par les heurts de 1926, qui opposent la communauté noires aux groupuscules pro-aryens - comme le Ku-Klux-Klan. Les Louis prennent peur et déménagent. Direction pour eux la ville la plus morose des USA : Détroit. Ses fumées, ses usines, son travail à la chaine, là où les noirs peuvent vivre sans le sous, mais sans trop de problème.

Ville de Detroit, 1920

Ville de Detroit, 1920

La boxe pour s'en sortir :
 
Bienvenue au 2700 Catherine Street, en plein cœur du ghetto noir de la ville. Comme la majeure partie de la population afro-américaine, son frère et lui travaillent à la chaine dans l’usine Ford pour une poignée de dollars. Joe y travaille à mi-temps et passe le majeur partie de son temps libre à l’école Bronson Vocational. Le reste ? Il écoute docilement sa mère le pousser à prendre des cours de violon...
 
Comme alternative numéro 1 pour sortir de cette misère qui point : les gangs. Pour échapper à leur influence néfaste, Joe traine au 637 Brewster Street. Une salle polyvalente qui tente d'aider les jeunes défavorisés. Leur moyen pour aider ces jeunes ? Le sport. Et la boxe.
 
La légende veut que, au moment de ses premiers entrainements à la salle, Joe cachait ses gants dans son étui à violon en prétextant des cours de solfège, à la plus grande joie de sa mère. Il commence à fréquenter de plus en plus assidument les salles de boxe et entame, à l’âge de 17 ans, une carrière (la plus brillante de l’histoire probablement) de boxeur amateur.
Louis débute par une défaite. Un echec pourtant plein de promesses face au futur champion olympique Johnny Miller.  Il enchaine ensuite un nombre impressionnant de succès : 54 combats, 50 victoires dont 43 par Ko.
La petite histoire de... Joe Louis : le bombardier Brun

Roxborough : "Tu va mettre des blancs sur les fesses et ils te detesteront pour ca"

Seulement, comme souvent, sa couleur de peau va l’empêcher de connaitre les débuts qu’il aurait mérité à l’échelon professionnel.

 

Après avoir attiré l’attention de riches promoteurs blanc, un bookmaker noir du nom de John Roxborough convaint Louis de ne pas se laisser répresenter par un blanc. La raison est simple. Roxborogh explique lui lâche : “Tu vas mettre des blancs sur les fesses et ils te detesteront pour ca. Il n’ont aucun vértiable interet à te voir prétendre à un titre de champion.” Ces mots vont résonner dans la tête de Joe. Il décide, en 1934 de sauter le pas et de devenir boxeur professionnel. Le nom de son manager ? Roxborough evidement. Le "bookie" lui assigne alors un entraineur natif des quartier noirs de Chicago : Jack "Chappie" Blackburn.

Son premier combat est une victoire sportive : il met Jack Craken K.O dès la première reprise. D’un point de vue économique, le succès est moins évident : 59$... Au cours de cette seule année 1934, il dispute 12 combats, qu’il gagne tous (dont 10 avant la limite). Le monde de la boxe et sa ségrégation officieuse le prennent mal. Un jeune noir qui met des blancs sur les fesses, en effet, ca ne plait pas beaucoup.

Roxborough et Louis

Roxborough et Louis

Plus qu'un boxeur, un symbole 

En 1935, le véritable tournant de la vie de ce jeune boxeur s’annonce. Louis rencontre l’italien Primo Carnera. Pour la première fois dans l’histoire de la boxe, le combat est autant sportif... que politique. Carnera est Italien. Mais il est surtout “Mussoliniste”. Aux yeux du monde, ce match est celui de l’Italie de Mussolinni contre un noir des USA.

 
Joe Lewis l’emporte de manière assez aisée en mettant l'Italien K.O au 6ème round. En pleine occupation de l’Ethiopie par L’Italie, au moment où la boxe mondiale tente d'oublier Jack Dempsey, et avec l’appui énorme de la presse qui est à la recherche d’un nouveau héros, nait la légende de celui qu'on surnomme désormais le "Bombardier Brun". Un boxeur à qui on offre une chance mondiale. 
 

Face à Max Bear , Louis à l'occasion de remporter son premier titre de champion du monde poids lourd. La presse est alors clairement en faveur du champion en titre. Bear ? Un genre de gorille blanc, gendre idéal de l’amérique puritaine. Mais, Bear ne fait pas le poids. Il est défait par un noir “intellectuellement inférieur” (Washigton Post, Shirley Povich, Septembre 1935). Camouflet pour l'Amérique rurale et raciste.

 
Ce que les gens ignorent alors, c’est que le matin du combat, Joe Louis s'est marié avec Marva Trotter et qu’il a, pour consommer son union avec son épouse, promis à cette dernière d’écouter le combat au maximum.  
La meme année il bat avant la limite Paolo Uzcudun, qui n'était jusqu’alors jamais allé au tapis. Il remporte 23 victoire consécutives et est considéré comme “indestructible” par la presse qui le salissait il y a peu. Mais surtout, sa couleur de peau n’est plus si importante
Timbre à l'effigie de Joe Louis

Timbre à l'effigie de Joe Louis

Max Schmeling, le combat de toute une vie :

Suite à ses très bons résultats, Lewis décide de défendre son titre face à un boxeur Allemand que tout le monde annonce sur le déclin : Max Schmeling. Cet allemand, âgé de 30 ans, a connu le bonheur d’être champion du monde quelques années auparavant. Il a combattu Sharkey à deux reprises mais a été dépossédé de son titre en 1932. Louis, très arrogant avant la défense de son titre, annonce un peu partout qu'il se consacre beaucoup au Golf. 

 
De l’autre côté Schmeling affirme qu’il a beaucoup étudié Joe Louis et sa boxe, et qu’il a décellé une faille dans la cuirasse de Louis. Peut-être vrai, peut-être pas. Mais alors que le combat se prépare comme les autres, Hitler s'en empare. Le Fürher utilise l’image de son "poulain" et va en faire un véritable instrument de propagande nazi. Ce n'est plus d’un simple combat de boxe : il s’agit de prouver aux yeux du monde l'évidente supériorité de l’homme blanc sur toute les autres « races ».
 
C’est dans ce contexte si particulier que le 19 juin 1936, dans la salle du Yankee Stadium de New York, se déroule le match de l’année. Schmeling entame les premiers rounds avec vigueur et assène des enchainements de jab-crochet du droit qui secoue Joe Louis. C’est une surprise : le champion semble incapable de réagir. Pire, au troisième round, il met un genou à terre. Stupeur dans la salle. Le bombardier n'est pas invincible.

Au 12ème round la tendance se confirme : sur un direct au corps et un crochet au foie, Louis tombe. Il ne se relèvera pas. L’allemand triomphe. Joe Louis redevient un noir comme un autre.

Un éminent représentant de la communauté noire de Harlem de l’époque, Langston Hugues prononce ces mots : « La nuit où la nouvelle du KO de Joe nous arriva, tout le monde pleurait ». 

Joe Lewis parlera d’un éclairage trop fort l’ayant limité dans ses mouvements et ses coups, lui ayant toujours eu les yeux très fragiles. Un pretexte dont tout le monde se fout... Outre Atlantique, Joseph Goebbels dira lui : « La victoire de Schmeling n’était pas qu’une question de sport. C’était une question de prestige pour notre race. ». Hitler ira même jusqu’à envoyer personnellement des fleurs à la femme de Max Schmeling, y joignant un message de félicitations.

Le combat de Louis vs Schemling.

Après un combat de transition contre le challenger n°1 James J. Braddock, Joe Louis annonce qu’il refusera de reconnaitre Schmeling comme champion du monde tant qu’il ne l’aura pas combattu une seconde fois dans un match revanche.

 

Après Schmeling, le retour au sommet ?  

 

En 1938, après « l’Anschluss », les campagnes de propagandes battent leur plein. D’un coté, les Allemands utilisent allégrement et contre sa volonté l’image et le nom de Schmeling. De l’autre, la propagande anti-nazi américaine s’articule autour du sport... les J.O de Berlin et le triomphe de Jesse Owens notamment servent d'arme à la politique étrangère américaine. 

Terrible pression pour Max Schmeling. Lui qui affirme depuis toujours son désamour total de la cause Hitlérienne est alors l’objet d'un nombre incalculable de lettres d’insultes, de menaces, de pressions sur son entourage et sa famille… 

Du côté de Louis, le tout nouveau challenger, c'est Roosevelt qui le reçoit à la Maison Blanche. Au cours de leur entretien, il le regarde droit dans les yeux et lui dit : « C’est avec des muscles comme les vôtres qu’il nous faudra battre les Allemands. ». Louis prends alors conscience (c’est ce qu’il affirmera dans sa bibliographie en 1975) que la nation compte sur lui seul. Il décide, contrairement au premier combat de proscrire le golf et les femmes de ses séances d’entrainement…

 

La petite histoire de... Joe Louis : le bombardier Brun

 

 

Le choc du Yankees Stadium... encore une fois !

 

Le 22 juin 1938, Louis fait son entrée dans le même stade des Yankees de NY. La stratégie est alors simple : il veut pilonner son adversaire et le faire plier dès les premières minutes du match. Louis se rue sur son adversaire et le frappe sans relâche. Le boxeur allemand s’écroule dans un râle bruyant au bout de seulement 1minute 30 de combat.

 

Le duel reprend et la pluie de coups redouble. Le pauvre Allemand et littéralement broyé et retourne au tapis deux fois encore. A la quatrième chute, le « corner man » du champion en titre jette son éponge. Immédiatement, les autorités Allemandes ordonnent à la centrale électrique de Berlin de stopper sur le champ la diffusion radio du combat pour ne pas écorner l’image écœurante de la supériorité blanche.

 

Le calvaire de Schmeling est fini, Joe redevient champion du monde. Les statistiques du combat son effrayantes : 41 coups portées au visage par Louis dont 31 qui ont touchés sévèrement contre 2 pour Schmeling. Schmeling est évacué à l’hôpital où il restera en soins 10 jours .

 

On apprendra plus tard que, durant le combat, Louis frappa avec une telle violence son adversaire qu'il brisa une vertèbre cervicale de l’allemand... Témoignage, s’il en faut, de la violence du combat qui opposa d'un côté le symbole de l'ulcérante propagande nazie, à celui qui se construisit à travers les insultes, la violence et les moqueries d'une société ségrégationniste. Mais qui fut le plus célèbre noir de l’Histoire de la boxe professionnelle, jusqu'à l'éclosion d'un certain Cassius Clay alias Muhamed Ali…   

Le choc du Yankees Stadium... encore une fois !

 

Le 22 juin 1938, Louis fait son entrée dans le même stade des Yankees de NY. La stratégie est alors simple : il veut pilonner son adversaire et le faire plier dès les premières minutes du match. Louis se rue sur son adversaire et le frappe sans relâche. Le boxeur allemand s’écroule dans un râle bruyant au bout de seulement 1minute 30 de combat.

 

Le duel reprend et la pluie de coups redouble. Le pauvre Allemand et littéralement broyé et retourne au tapis deux fois encore. A la quatrième chute, le « corner man » du champion en titre jette son éponge. Immédiatement, les autorités Allemandes ordonnent à la centrale électrique de Berlin de stopper sur le champ la diffusion radio du combat pour ne pas écorner l’image écœurante de la supériorité blanche.

 

Le calvaire de Schmeling est fini, Joe redevient champion du monde. Les statistiques du combat son effrayantes : 41 coups portées au visage par Louis dont 31 qui ont touchés sévèrement contre 2 pour Schmeling. Schmeling est évacué à l’hôpital où il restera en soins 10 jours .

 

On découvrira plus tard que, durant le combat, Joe frappa avec une telle violence son adversaire qu'il brisa une vertèbre cervicale de l’allemand... Témoignage, s’il en faut, de la violence du combat qui opposa le symbole de l'ulcérante propagande nazie, à celui qui se construisit à travers une société ségrégationniste et qui fut le plus célèbre noir de l’Histoire de la boxe professionnelle, jusqu'à l'éclosion d'un certain Cassius Clay alias Muhamed Ali…   

Le choc du Yankees Stadium... encore une fois !

 

Le 22 juin 1938, Louis fait son entrée dans le même stade des Yankees de NY. La stratégie est alors simple : il veut pilonner son adversaire et le faire plier dès les premières minutes du match. Louis se rue sur son adversaire et le frappe sans relâche. Le boxeur allemand s’écroule dans un râle bruyant au bout de seulement 1minute 30 de combat.

 

Le duel reprend et la pluie de coups redouble. Le pauvre Allemand et littéralement broyé et retourne au tapis deux fois encore. A la quatrième chute, le « corner man » du champion en titre jette son éponge. Immédiatement, les autorités Allemandes ordonnent à la centrale électrique de Berlin de stopper sur le champ la diffusion radio du combat pour ne pas écorner l’image écœurante de la supériorité blanche.

 

Le calvaire de Schmeling est fini, Joe redevient champion du monde. Les statistiques du combat son effrayantes : 41 coups portées au visage par Louis dont 31 qui ont touchés sévèrement contre 2 pour Schmeling. Schmeling est évacué à l’hôpital où il restera en soins 10 jours .

 

On découvrira plus tard que, durant le combat, Joe frappa avec une telle violence son adversaire qu'il brisa une vertèbre cervicale de l’allemand... Témoignage, s’il en faut, de la violence du combat qui opposa le symbole de l'ulcérante propagande nazie, à celui qui se construisit à travers une société ségrégationniste et qui fut le plus célèbre noir de l’Histoire de la boxe professionnelle, jusqu'à l'éclosion d'un certain Cassius Clay alias Muhamed Ali…   

Pour revivre ce combat "Louis vs Schmeling II", en vidéo

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