Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Les Petites Histoires du Sport

Articles avec #la parole est a la defense tag

La Parole est à la Défense #2 : Stade Toulousain cherche turnover

23 Septembre 2014 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La parole est à la défense

Le système toulousain… Epineux problème qu'est celui que j'aborde. Le modèle toulousain était LE modèle exemplaire, des années 90-2010. Aujourd'hui, plus rien ne semble vraiment très bien fonctionner au sein du club. Exemple tout simple avec la conquête.
Les chiffres ne sont pas nécessairement mauvais (78% de touche gagnées et 81% des mêlées), mais Toulouse peine : déjà 16 pénalités en mêlée contre le ST et une impression de faiblesse dans un secteur autrefois clef. 
 
 
La défense fait pourtant exception dans cette avalanche d'incertitude : seulement 128 points et 9 essais encaissés après 6 matchs de TOP14 (5ème défense), Toulouse semble avoir des certitudes dans ce secteur. 
 
Petite analyse du dernier vestige des certitudes toulousaines.

Les rucks : 

Comme souvent, l'organisation autour du ruck est classique. 5 joueurs, 1 garde dans l'axe, deux joueurs de chaque côtés du ruck pour sécuriser la Z0/Z1. Bref : un modèle qu'on retrouve chez presque toutes les équipes

La Parole est à la Défense #2 : Stade Toulousain cherche turnover

Petite différence : sur les phases de contest, les toulousains délaissent parfois l'axe au profit d'une organisation 2/2. Un organisation qui permet d'avoir toujours 5 joueurs maximum concernés par le ruck mais d'avoir un joueur dont la tache n'est plus passive.

La Parole est à la Défense #2 : Stade Toulousain cherche turnover

Système de montée : 

Le système de montée toulousain est un système plus classique que celui de Castres. Une montée nombreuse et très agréssive dans la zone 1/2, puis un bloc qui glisse tranquillement quand la balle les dépasse. 

A noter : certains joueurs ont une importance capitale dans ce système qui vise à blinder le milieu de terrain. C'est le cas notamment pour Johnston, Albacete ou Maestri qui doivent etouffer l'attaque. 

Le but est simple pour les rouge et noir : forcer l'adversaire à taper comme un sourd dans un mur. 
 
Le point fort : le milieu du terrain est dense, rude et agressif. La densité du paquet d'avants toulousain devient une force plus qu'une faiblesse en limitant les déplacements. Cette force est encore plus importante dans la mesure où, nous allons le voir, le contest est un secteur clef dans le dispositif toulousain. 
 
Le point faible : ce système fragilise peut-être un peu la zone 3. C'est mathématique : 5 joueurs Z0-Z1 + 3 joueurs Z2 + 3 joueurs  en couverture. 4 joueurs sont disponible pour défendre côté intérieur et au large. Délicat face à une équipe qui va jouer large-large sans passer par le duel au milieu de terrain. 

Le contest : 

Historiquement, c'est l'arme majeur du jeu de Toulouse. Pousser l'adversaire à rendre des ballons ou contester afin de jouer les ballons de récupérations à 100%. Petit bémol cette saison où face à La Rochelle ou même face à Clermont, le manque d'agressivité de la défense toulousaine m'a sauté aux yeux. 
 
Reste qu'en théorie, voila le système : 
 
L'assistant plaqueur va contester seul. Ce contest presque systématique entre les deux lignes des 15m. Là encore, une constante : la grosse pression dans l'axe. 

Illustration de la délicatesse toulousaine face au Racing (J6) : Toulouse n'a provoqué que… 4 pertes de balle adverse. Comparaison : Turnovers -> 15 contre Oyonnax, 10 contre Castres, 13 contre La Rochelle, 16 contre Brive, 14 contre Clermont.

Spécificité :

Cette équipe de Toulouse a un besoin majeur depuis 3 ans provoquer des turnovers dans le jeu. Pourquoi ? Parce que la touche et la mêlée toulousaine sont en difficulté depuis 2 saisons. 2012 : la dernière saison de Servat et Bouilhou en tant que joueurs et de Bru en tant que coach. Trois références.

 

Dernier mot sur la défense toulousaine : l'attitude individuelle des cadres est déterminante pour le collectif. Le duel est souvent individuel. C'est pour cela que Fritz est quasi intouchable au sein du Stade Toulousain en dépit d'une forme encore moyenne sur ce début de saison. 
 
Joueurs clefs : Dusautoir, Johnston, Nyanga, Fritz, Camara, David. 
 
J'attends vos propositions pour le prochain club à analyser. 
Lire la suite

La Parole est à la Défense #1 : Castres, le Tarn épais.

31 Août 2014 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La parole est à la défense

La première équipe que j'essaye d'analyser est le Castres Olympique. Rien de politique, j'ai juste eu accès à plus d'images que pour d'autres formations. 

 

Les systèmes évoluent vite et vont dépendre des joueurs qui les mettent en oeuvre. C'est donc sur des vidéos qui datent un peu que nous allons tenter d'analyser les systèmes défensifs de base, mais heureusement, le staff est resté le même et le système n'a pas été bouleversé depuis 2 ans.
 
Castres a pourtant du digérer le départ de certains joueurs défensifs clefs comme Dulin ou surtout Claassen. 
Vice-champion de France l'an passé, champion de France en 2013, Castres est connu pour sa rigueur défensive et sa capacité à gagner ses duels dans la zone 0/1. Voyons si son système est aussi compact et rugueux que ce que l'on pense. 

Les rucks : 

 

L'organisation est très classique, avec 2 joueurs postés des chaque côtés du ruck et un joueur supplémentaire qui prend à l'axe pour prévenir tout démarrage. 

Placement défensif de base CO

Placement défensif de base CO

 

Comme pour tous les systèmes, en cours de match, le CO s'adapte parfois.  
 
Exemple contre Brive : réduit à 13 le CAB peut difficilement écarter les ballons. On retrouve alors 10 Castrais dans la Zone 0/1. 
La Parole est à la Défense #1 : Castres, le Tarn épais.

Système de montée :
 
La encore pas de véritable surprise de la part du CO, puisque la montée est souvent une montée assez répandue : un rush défense. 
 
Ici la montée est commandée par les centres (Cabannes, Lamerat), avec le 10 (Tales) ou le premier centre qui contrôle la zone intérieur et une troisième ligne très dense pour gérer la zone 1 en cas de retour intérieur. 
 
A noter : Kockott est souvent présent dans la ligne et ne couvre pas. 

Contest : 
 
Pas de contest de zone, mais un contest opportuniste de la part de l'assistant plaqueur. Pour ça : l'équipe va mettre en oeuvre un contest "duel gagné" (comme face à Brive) et plus rarement un contest "assistant plaqueur". 

Pourquoi pas de contest systématique de zone ? Probablement parce que Castres s'est affirmé depuis 3ans comme le meilleur alignement en touche du championnat (Caballero, Gray, Samson, Diarra, Claassen, Capo Ortega). A ce titre, le CO a d'avantage de réussite à contester le ballon dans ce secteur que dans le jeu au sol. 

 
Autre particularité de cette équipe tarnaise : sa capacité à ne jamais paniquer et à passer d'une situation critique à son organisation rapidement. 

Points forts : L'un des gros points forts de Castres reste la défense homme à homme. L'un des meilleurs exemples étant la capacité qu'a eu le CO a répondre aux duels imposés par le RCT en finale de Top 14. Notamment par l'intermédiaire de Talès, Diarra, Faasalele, Bornman, Mach ou encore Cabannes. 

 

Points faibles : Kockott défend très souvent dans la ligne autour du ruck. Logiquement, l'un des solutions possible et où Castres aura du mal à trouver une parade immédiatement : le petit jeu au pied par dessus, dans le dos des rushers.

 

Autre point faible : le système de montée ou de contest est invariablement le même et l'adaptation est relative. C'est délicat pour Castres de basculer d'un système qui marche peu à un système plus efficace en cours de match. Parfois, pourtant, le CO va s'adapter en cours de match en fonction de l'adversaire. Exemple face à Brive. 
 
Enfin dernier point faible : si l'équipe en face arrive à enchainer les temps de jeu et les séquences longues (Z2/Z3), le CO peut avoir du mal à ralentir les sorties de balles. Et alors subir le rythme du match. 
 
 
 
Au final les homme(s) clef(s) du système Cabannes (gros plaqueur, un des meilleurs centre défensif du championnat), Tales (véritable 4ème 3eme ligne, capable de gagner des duels défensifs à lui seul), Diarra/Bornman (deux mecs en fonte), Capo-Ortega et Mach (zone 0) sont déterminants et le système reste une mécanique efficace grace à une organisation adaptée aux qualités des joueurs. 
 
 
Prochaine équipe que je vais étudier : Toulouse. 
 
 
 
Lire la suite

Rugby - La parole est à la défense (épisode 3)

20 Août 2014 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La parole est à la défense

Dernier volet de ma petite analyse sur la défense. Après avoir vu l'organisation collective avec le système défensif global et après avoir survolé rapidement la stratégie liée au contest qui allie à la fois défense collective et choix individuels, voici l'aspect le plus complexe et le plus simple aspect de la défense : la défense individuelle. 

 

La défense individuelle 
 
C'est l'aspect technique le plus difficile à analyser mais certaines équipes vont faire une arme et vont axer une partie de leur système défensifs sur une attitude individuelle. Exemple : le Munster ou l'équipe d'Irlande qui vont avoir pour but d'isoler et de bloquer le porteur de la balle en venant imposer une mêlée spontanée. Cette "Choke Défense" a été parfaitement analysée par mes confrères de BT Sport. Et comme je ne ferais rien de mieux : 

Et si le plaquage est un geste de base, la technique liée à la défense "individuelle" est multiforme. Et bien plus complexe que simplement "prendre aux jambes". Pour essayer de vous montrer les multiples informations que le plaqueur doit rapidement analyser (régulièrement moins de 2 à 3 secondes), je vais essayer de catégoriser les différentes informations qui rentrent en ligne de compte au moment du plaquage. 
 
 
1er critère : Qui je plaque ?
 
C'est logique, mais on ne plaque pas de la même façon Peter Stringer ou Bakkies Botha. Idem, on ne plaque pas de la même façon un joueur ciblé comme "coffre à ballon" et un joueur à la technique individuelle plus développée.
 
Schématiquement : 
 
Le joueur en face est plus costaud = je vise le plus bas possible pour ne pas subir la puissance de mon adversaire
Rugby - La parole est à la défense (épisode 3)

Le joueur en face en moins costaud = je vise dans la zones des avants-bras/épaule pour imposer ma supériorité physique.

Rugby - La parole est à la défense (épisode 3)

Seulement, la défense est souvent plus une question de rapport de vitesse que de gabarit. Qui gagne le premier la ligne d'avantage ? 
 
Le joueur en face arrive avec plus de vitesse mais droit sur vous = plaquage zone basse pour limiter l'impact ( la puissance correspond à l'énergie cinétique soit : EC = 1/2 x vitesse^2 X masse. Plus tu es lourd et rapide, et plus tu fais mal) 
Le joueur en face arrive avec moins de vitesse mais droit sur vous = plaquer zone haute pour limiter les risques de passe après contact (donc après vous quoi…). Ca va clairement ressembler à une défense type Rugby à XIII.
 
 
 
Enfin dernier critère pour bien gérer son duel : le joueur, sauf manque de choix ou débilité profonde, vient rarement vous péter dans la truffe pleine balle. Donc deux possibilités :
 
Le joueur en face arrive avec plus de vitesse mais dans l'intervalle
Le joueur en face arrive avec moins de vitesse mais dans l'intervalle 
 
Rugby - La parole est à la défense (épisode 3)

Comment gérer cette situation ? Tout va dépendre des critères suivants. 
 
 
2ème critère : Où suis-je sur le terrain ?
 
Là encore, logique pure et simple : on ne défend pas de la même manière sur sa ligne et à 80m de l'en-but. 
 
x Zone de danger ou zone critique : tendance à défendre plus haut pour empêcher la continuité du jeu et les passes après contact. 
 
Zone de défense placée : retour à la base "gabarit, vitesse, intervalle". 
 
 
 
3ème critère : Qui est autour de moi ? 
 
Dernier critère : suis-je seul ou ma défense est en surnombre ?
 
Je suis seul et que je dois négocier un surnombre : je prend le plus haut possible (l'idéal étant de prendre l'attaquant au ballon et de rester debout le plus longtemps possible. 
 
Je suis seul à seul avec l'attaquant : retour à la base "gabarit, vitesse, intervalle".
 
L'attaquant est seul et doit négocier un sous-nombre : prendre bas, faire tomber le plus rapidement possible
 
Mais laissons l'un des meilleurs défenseurs du monde, Jacques Burger, vous expliquer tout ça. 

En conclusion de cette approche des bases de la défense : chaque système défensif est donc un rigoureux mélange de choix en amont du match, d'adaptation et de prise d'initiative collectives ou individuelles.

 
Dans les prochains épisodes, on tentera donc de schématiser de manière parfois grossières certaines phases de jeu qui se retrouveront au sein d'une équipe. Le but étant au final de donner des repères et des clefs pour comprendre les défenses du Top 14 ou internationales. 
 
Si vous avez des questions, n'hésitez pas : je suis toujours disponible pour discuter. 
 
Lire la suite

Rugby - La parole est la à défense (épisode 2)

20 Août 2014 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La parole est à la défense

Après avoir succinctement analysé les zones et surtout le système général, parlons maintenant du pendant au système de montée : le système de contestation du ballon. 
 
 
 
La encore plusieurs écoles que je vais essayer de balayer rapidement. Le but est simplement de donner les clefs pour analyser quelques systèmes défensifs. Il faut comprendre que tous les contests n'aboutissent pas à un turnover. Mais le simple fait de ralentir la sortie du ballon peut à lui seul faire partie d'une stratégie plus générale. Le meilleur exemple étant encore une fois la référence qu'est la Nouvelle-Zélande, où, nous allons le voir, McCaw est tout simplement un phénomène assez perturbateur pour qu'une défense entière se calque sur ses qualités. Idem pour l'Australie avec Pokock ou Toulon avec Bastareaud. 
 
Evidemment, il s'agit d'un schéma et les équipes basculent d'une stratégie de contest précise à un situation particulière suivant le soutien adverse, la qualité d'un déblayage etcIdem : je ne couvre pas l'infinité des possibilités liées à la stratégie de contestation des ballons. 
 

x Le contest dans l'avancée :
 
Si la défense avance et gagne la ligne d'avantage, les soutiens défensifs alimentent immédiatement dans l'axe et contestent. Peu importe le nombre de joueur en face ou la zone du terrain : le contest devient la raison d'être de la défense. Cette approche est presque impossible à mettre en oeuvre partout et tout le match tant elle est exigeante physiquement et mentalement. 
 
 
Point positif : 
--> sanctionne n'importe où le manque de soutien offensif
--> peut être réalisé n'importe quand et utilisé au cours du match 
--> sanctionne les intentions de jeu trop ambitieuses (jouer Z3->Z3 = risque d'être pris par le tempo défensif et de perdre beaucoup de ballons). 
 
Point négatif : 
 
--> Obligations de gagner la ligne d'avantage et/ou le duel au contact. 
--> Obligation aussi d'avoir une équipe à la fois dense pour prendre l'axe et mobile pour être rapidement sur les points de contacts.  
 
Meilleur exemple de cette école du contest en fonction du résultat du duel : l'Irlande (2012, 2013, 2014), Toulon

x Le contest de "zone" :
 
Ici, le contest se fait dans certaines zones pré-définies (couloir des 15m, entre les deux lignes des 40m, dans les 60m adverses uniquement etc.). Le but peut être de limiter les pénalités dans la zone critique, de pousser l'adversaire à se consommer dans des zones compliquées, de rendre l'attaque lente. Bref : de rendre l'attaque stérile.
 
Deux exemples concrets : Grenoble va contester les ballons dans le couloir des 15m, ce qui force l'équipe qui attaque à se consommer dans les rucks excentrés. Cela va alors interdire ou presque à l'attaque de lancer un mouvement en Z3 sur un renversement. La Zone 0 est sur-peuplé (ruck, contest, parfois contre ruck) et l'équipe en possession du ballon est obligé d'attaquer en Z1/Z2. En Z1, les avants. En Z2, l'un des meilleurs défenseurs du Top 14 à son poste : Nigel Hunt. 
 
A l'inverse, les Blacks (cf vidéo) qui vont se refuser à contester les ballons dans le couloir des 15m et préférant dénsifier son milieu de terrain. Plus nombreux, les joueurs comme Nonu mais surtout McCaw vont alors avoir pour mission de ralentir au maximum l'attaque en rendre l'avancée sur les temps de jeu suivants quasi-impossible. 
 
Points positif : 
--> La rigueur apporte du confort mental : on sait exactement quoi faire à quel moment 
--> La défense peut imposer plus facilement le tempo du match
--> Peut-être applicable peut importe les qualités de l'effectif
 
Points négatif : 
 
--> facilement lisible grâce à la vidéo
--> laisse une zone de "répit" à l'attaque 
 

x Le contest numérique :
 
Le plus instinctif, parce qu'il ne nécessite aucune préparation et la défense se contente de s'adapter au soutien offensif. L'équation est simple : si surnombre défensif -> contest dans l'axe. A la différence du contest dans l'avancée, ici, un plaquage même en reculant peut être décisif si le porteur de la balle est isolé ou trop peu soutenu. C'est le B-A BA. du contre-ruck (CF vidéo de contre-ruck). 

 

 
Facile sur le papier, difficile dans l'application car il faut une grande lucidité sur les zones de rencontres et est très "pénalisante" au sens propre. Car l'excès d'engagement est immédiatement sanctionné. 
 
 
Points positifs : 
 
--> Stratégie opportuniste : peut être utilisé ponctuellement, partout et tout le temps
--> Force l'adversaire à être très vigilant sur les zones de rucks et a sacrifier parfois des joueurs pour conserver 
 
Points négatifs : 
 
--> Défense physiquement exigeante.
--> Peut être totalement improductive durant tout le match si l'équipe adverse joue un jeu restrictif. 
 
 
Là, pas vraiment d'exemple collectif mais certains joueurs spécialisés dans le contre-ruck. A l'image de Retallick. 
 

x Le refus du contest :
 
C'est un peu la "stratégie du pauvre", et pourtant… Certaines équipes vont refuser de contester le ballon. Le pourquoi est simple : cela va rendre la tache quasi impossible pour l'équipe attaquante de capitaliser sur des sorties de balle rapides. Peu importe la vitesse, le surnombre défensif est presque toujours là. 
 
Alors comment récupérer la possession de balle ? Plusieurs solutions : attendre la faute (en-avant, pénalité), pousser l'équipe attaquante en touche ou attendre que l'attaque s'épuise et rende le ballon au pied. 
 
Points positifs : 
 
--> Permet de bénéficier de ballons de relance 11/14/15
--> Limite la perte d'énergie dans les zones d'affrontement 
--> Eprouve la solidité de l'adversaire en touche-mêlée 
 
Points négatif : 
 
--> Accepter la domination de l'autre 
--> Etre très discipliné 
--> Adapter un système de défense plus passif 
Lire la suite

Rugby - La parole est à la défense (épisode 1)

19 Août 2014 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #La parole est à la défense

C'est le retour triomphal du blog le moins bien géré de la galaxie. Après des mois de silence, je reviens. Et comme j'écris peu et assez mal, je vais tenter de me rattraper en proposant un contenu un peu nouveau. Partons du constat qu'en rugby, les commentaires sont nombreux, les analyses rares et souvent assez pauvres. Je vais donc essayer de rendre accessible au plus grand nombre un secteur bien précis, parfois obscur mais toujours assez technique : la défense. 

 

Pour ça : 3 grands axes 

 

1) le système : qui fait quoi, comment ?

2) Le contest : comment et pourquoi tenter de gratter un ballon ?

3) L'attitude indivudelle : quelle défense choisir en fonction du système, de la vitesse de l'attaque, de l'adversaire direct etc.

 

Le 1er épisode de cette série va permettre de poser les bases de quelques systèmes. Mais avant ça : il faut se familariser avec les termes et les concepts développés. Chaque équipe à ses normes, ses termes, son vocabulaire. Mais schématiquement deux idées sont largement répandues : celle de zones existantes par rapport au ruck et celle de zone sur le terrain par rapport à sa ligne d'en-but. 

 

La zone sur le terrain : 

3 zones :

- La zone "verte", où la défense est placée et classique. 

- La zone "orange", où la défense devient déterminante et où le système peut parfois s'adapter 

- La zone "rouge", où la défense passe en mode "survie" et où le placement et/ou le système change totalement. 

- Dernière zone parfois à part entière : la zone dans les 15m avant la touche, où certaines défenses changent ou s'adaptent. 

Attaque de gauche à droite

Attaque de gauche à droite

Autre répartition schématique : les fameuses "Zones 0/1/2/3". On considère que la zone 0 est la zone la plus proche du ruck, la zone 3 la plus éloignée. Evidemment, il s'agit d'une évalutation et il n'y a pas de ligne physique ou de règles explicites se rapportant à ses zones. Mais elles permettent à la défense (comme à l'attaque) d'avoir des repères précis. 

 

Si pour le moment tout cela semble un peu complexe, ca sera très utile quand nous analyserons en détail quelques défenses du championnat.

Le point noir représente le ruck.

Le point noir représente le ruck.

Et on attaque avec le premier grand thème : le type de montée. Qui fait quoi et comment. Le "pourquoi" est très intéressant mais demanderait à lui seul plusieurs vidéos. Et je ne veux pas rendre le truc un-bitable tout de suite. 
 
Le type de montée 
 
x Rush défense : C'est la défense la plus agressive
 
La base : 
 
--> Homme à homme 
--> montée rapide 
--> couper les extérieurs 
 
L'organisation : 
 
--> Un milieu de terrain qui monte très vite (parfois cela s'accompagne de l'illusion d'avoir un trou à l'intérieur : l'attaque pense alors avoir une solution plus sure à l'intérieur). 
 
 
Un gros défaut : Défense "zéro erreur" qui pousse une organisation bien huilée. Grosse confiance dans son soutien à l'intérieur. 
 
Un gros plus : On peut adopter une rush défense sur quelques temps de jeu en fonction d'un surnombre sans pour autant en faire une défense de base. 
 
Plusieurs exemple : Pays de Galles, Toulon, Australie

Exemple de "Rush Défense" à l'australienne. Efficace contre la France, moins contre les All-Blacks.

x Défense classique : comme son nom l'indique, c'est la plus basique. 
 
--> Montée classique
--> Défense glissée 
--> pas de choix à faire sur les zones
--> efficace sur ballon lents 
 
L'organisation :
 
Rien de complexe sur la montée. Souvent une grosse zone 0/1 (beaucoup de joueurs) et une zone 2/3 qui glisse en fonction de l'arrivée de la balle. L'attaque joue alors à sa main. Le seul interet de cette montée est de la combiner avec une stratégie de contest efficace (comme par exemple les Blacks qui vont contester au centre du terrain pour capitaliser sur les qualités de McCaw et Nonu) 
 
 
Défauts : 
 
--> Facilement lisible
--> Rend le contest quasi-impossible
--> Rend difficile de defendre en avançant
 
Exemples : défense de base de la NZ
 

x Défense inversée : quasi abandonnée aujourd'hui 
 
--> Montée de l'ailier et du second centre. 
--> pousse l'équipe attaquante à attaquer la zone 0/1/2. 
--> possible si beaucoup d'ajustements 3eme ligne/10/1er centre 
 
Organisation : 
 
Assez difficile aujourd'hui, elle est utile sur quelques phases de jeu comme une défense sur la ligne des 5m (zone rouge). Elle reste très, très dangereuse car elle implique de quasiement sacrifier son 2nd rideau. Le but de de couper les extérieurs et de rendre impossible de jouer dans la Zone 3 pour l'attaque. 
 
 
Défauts : 
 
--> Système qui fragilise beaucoup le second rideau. 
--> Nécessite un 10 plaqueur car l'attaque va pilloner sa zone ou une troisième ligne ultra efficace. 
 
Exemples : Clermont 2005/6 ? Angleterre année 2000
 

x Défense "drift" : 
 
Défense en "controle" basée sur la communication. C'est la plus compliquée à mettre en place car elle ne s'exprime que dans une situation d'infériorité numérique. L'idée : le 10 monte sur son vis-à-vis mais glisse une fois le ballon parti sur le 1er centre, le 1er centre sur le 2nd centre etc. Cette défense combine à la fois la défense glissée et défense agressive. Elle doit être mise en oeuvre de manière collective et de manière parfaite. 
 
 
 
Ex : les Saracens
 

Voila pour votre prémière séance. Dans la semaine : la suite, avec la stratégie de contest. Et ca sera peut-etre un poil plus technique. 

 

 

 

Lire la suite