Mondial de rugby / Finale historique : Comment battre les NZ ?
Entre deux montées de fièvres et trois reniflements, je me suis levé ce matin avec dans la tête une question qui tournait comme une chanson de Pink Martini : comment peut-on faire pour battre les All-Blacks en finale de Coupe du Monde, ce dimanche à Auckland ?
Au vue du parcours, des qualités, du passé récent ou même du niveau de rugby qu’affichent les protagonistes de la finale, à quoi peut s’accrocher le XV de France pour y croire ? Autour de quelles certitudes ou même de quelle stratégie le jeu tricolore va-t-il pouvoir s’organiser ? Qu’est ce que Lièvremont va-t-il pouvoir dire à ses joueurs, le matin du match ?
J’ai d’abord pensé faire dans le classique : qui doit-on craindre, quels sont les secteurs que l’on doit mettre en avant etc… Mais finalement je me suis dit que tout avait déjà été dit par les spécialistes du rugby TF1 (ceux qui s’y intéresse une fois tous les 4 ans) : nous sommes nuls et chanceux, ils sont géniaux et beaux joueurs.
S’il existe quelques raisons (minimes mais réelles) d’y croire, finalement la phrase qui me revient le plus… c’est « on s’en fout ». Au diable les discours, laissons parler le cœur.
Oui ! On s’en fout ! On s’en fout de savoir si Lièvremont est un incapable doublé d’un communicant pitoyable. On s’en fout de savoir si Trinh-duc et Picamoles feront la gueule. On s’en fout de savoir qui ou quoi il y aura en face. On s’en fout du choix de leur Haka. On s’en fout de savoir si les français seront corrects sur le terrain. On s’en fout de savoir si les bleus vont être sanctionnés ultérieurement après avoir envoyé chier l’IRB et sa pitoyable règle des 15 mètres (au moment du Haka les joueurs adverses doivent respecter une distance de courtoisie de 15 mètres entre eux et les joueurs exécutant leur danse. Très paradoxal quand le Kapa o Pango fini par un non moins courtois tranchage de gorge). On s’en fout de savoir si la presse de tout poil est pour ou contre les bleus. On s’en fout des questions de Matthieu le Chevalier et si elles emmerdent le coach. On s’en fout des matchs dégueulasses qu’on nous sert depuis 4ans. On s’en fout de Bastareaud, Fritz, Poitrenaud ou Marconnet. On s’en fout de Chabal, Champ et Berbizier. On s’en fout de Chrisitian Jeanpierre. On s’en fout de Thiery Lacroix. On s’en fout des branlées historiques contre toutes les équipes de la planète concédées depuis 2 ans. On s’en fout du grand chelem. On s’en fout de Denis Brognard. On s’en fout de ce que pense le NZ.Herald. On s’en fout de savoir que Jo Maso est sympa et laisse les blacks jouer en noir. On s’en fout de savoir que les bleus vont à la pèche ou faire du pédalo. On s’en fout des petites histoires du sport et de Pierre Ammiche et de ses analyses en bois. On s’en fout de parler technico-tactique, en agitant son cahier de jeu et implorant la palette à Doudouce. On s’en fout des doublons du calendrier, du B.O en proD2, de Guy Novès. On s’en fout de savoir si les bleus sont bons ou mauvais. On s’en fout de savoir s’ils le méritent ou si c’est le plus gros scandale de l’histoire du rugby. On s’en fout de respecter le peuple Néo-Zélandais, lui qui laisse éclater sa joie au moment de la blessure de Quade Cooper.
Pour paraphraser sans talent Martin Luther King, j’ai fait un rêve. Celui de voir Thiery Dusautoir sortir du vestiaire le front en sang et les yeux humides. De croiser furtivement le regard de Lionel Nallet et de ressentir jusqu’au fond de mes entrailles le fait qu’il est prêt à mourir sur le pré. Voir Imanol murmurer en basque les contînmes de son enfances avant de tourner son visage vers le ciel en chantant la marseillaise. Apercevoir Aurélien Rougerie, les traits tirés, prêt en dévorer Nonu de la première à la dernière minute. Voir Lièvremont sur le banc, en short et sans radio, loin de cette saloperie de bulle en plastique. En somme, voir les bleus comme jamais ils n’ont été : prêt à dépasser leur crainte et à imposer le respect.
En plus, dimanche, je suis titulaire : je suis pilier (de comptoir) et demi (bien blanc). Oui. Cette finale je vais la jouer. Depuis mon canapé ou depuis le pub le plus minable de Paris, mais j’y serais. Sorte de projection, je vais vivre par procuration une finale de Coupe du Monde.
De l’endroit où je serais, j’aimerais pouvoir sentir le Camphre et le Dolpic et entendre les bruits de crampons sur le carrelage ou le lino. Je connaitrais à nouveau ces instants magiques où les petites familles de l’ovalie se rassemblent, se séparent, s’isolent puis se rabibochent. Où au sein du vestiaire, le coach nous parlerais de voyage et de rêve mais ne parlerais qu’au présent. Je reverrais le visage d’amis pour qui je prendrais de coups. Croiserais le regard de ceux qui en ont pris pour moi. Retrouverais cette joie naïve d’être ensemble à ne partager rien de plus que de l’amour et du bonheur.
Au final, je suis chaud bouillant pour la finale de la Coupe du Monde. Je n’ai pas de solution pour gagner, je ne pense même pas que les bleus en sont capable. Et pourtant je crois très fort en l’exploit. J’aimerais connaitre la joie double de voir mon équipe remporter le mondial et avoir un argument definitif pour faire fermer leur gueule à un sacré paquet de monde, des détracteurs acharnés de Lièvremont à la presse Néo-Zélandaise en passant par le XV de la Rose.
Allez les bleus !
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