Equipe de France de rugby / Saint-André est-il le sélectionneur qu’il faut ?
La page du mondial se tourne à peine, le monde de l’ovalie se remet tout juste de la déception de cette finale perdue, les joueurs rentrent de 4 mois d’exils loin de leur clubs. Et déjà il faut se projeter dans le futur, dans cette période délicate qu’on appel « l’après Coupe du Monde »…
Un après-mondial qui va donc s’écrire sans celui qui devient désormais l’ex-sélectionneur, Marc Lièvremont. Si l’idée de virer un entraineur après une finale de Coupe du Monde peut paraitre paradoxale voir totalement con, la décision de le débarquer avait été prise avant même le début de la compétition. Au-delà de la stupidité d’un tel geste de la part de la fédération (décider en amont, pas de problème mais révéler l’identité du coach quelques jours avant le début de la compétition résonne comme un désaveu de l’entraineur en place par la fédération), cette décision a été accueillie comme un soulagement par une partie des médias.
Si Lièvremont faisait la triste unanimité ou presque quand à son bilan pré-Coupe du monde, son talent ou même ses capacités à gérer un groupe, c’est avec beaucoup d’espoirs qu’a été accueillit son successeur.
Et pour remplacer Lièvremont c’est l’ancien capitaine du XV de France Philippe Saint-André qui a été choisi. Considéré comme l’une des figures de l’équipe de France des années 90, l’ancien ailier des bleus va donc prendre les rênes de l’Equipe de France.
Après avoir dirigé Toulon, Sale, Gloucester ou encore Bourgoin-Jallieu, le « goret » s’apprête à prendre la direction de la meilleure équipe européenne du mondial. Mais une question se pose : Saint-André est-il l’homme de la situation ?
Gérer l’après Lièvremont
La première grosse mission qu’attends « PSA » (un acronyme qu’il va falloir vite savoir distinguer de celui de Peugeot-Citroën) est paradoxalement extra-sportive. La mission qui l’attend, c’est celle de reconstruire une relation « médias-XV de France » en ruine.
Car si Lièvremont laisse une chose de manière certaine en héritage à son successeur, c’est la défiance d’une partie des médias et du public Français. Parfois tumultueuses, presque toujours incompréhensibles, les relations entre la presse et le staff de l’équipe de France à été une sorte d’imbroglio permanent.
Souvent remis en question par son manque d’expérience, devant faire face à une pression médiatique souvent injuste et qu’il n’avait jamais connu jusqu’alors, Lièvremont avait opté pour la technique de la tortue… Se renfermer sur soi-même et défendre coûte que coûte ses positions et ses idées, quitte à se couper d’une partie de sa propre équipe. Cette situation inconfortable mais à terme inévitable a alors débouché sur un Mondial en forme de paroxysme… Un sélectionneur trop honnête, incapable de modérer ce qu’il pense et faisant le tampon entre une presse sans pitié et des joueurs enclin à faire du boudin à la moindre anicroche.
Saint-André, pas spécialement connu pour être un grand bavard va donc peut-être devoir se résoudre à vite ouvrir les portes de son équipe. Il va dès lors se devoir de tolérer des comportements qu’il n’aurait jamais acceptés il y a quelques mois. Une situation temporaire mais que le néo-sélectionneur devra gérer à la perfection sous peine de voir l’élan de sympathie provoqué par une finale magnifique retomber, et de revoir poindre bien trop vite des doutes et des critiques dont le XV de France se passerait bien.
Novés premier choix, la fédération se rétracte
Ce qu’il faut garder en mémoire à propos de cette nomination ? Deux choses. La première, un timing stupide, insultant, faisant perdre tout crédit à l’encadrement en place avant même le début de la compétition.
De plus, si les conséquences auraient pu être terribles en équipe de France avec l’explosion pure et simple du groupe, que dire de l’impact sur le RCT ? Deux contre-performances dont l’une historique contre Clermont (défaite 17 à 0 sur sa pelouse) qui coutent pour le moment 7 points à Toulon. Ces deux matchs catastrophiques vont précipiter le départ de Saint-André, débarqué de la Rade d’un commun accord, mais sans vraiment avoir le choix…
La seconde chose à retenir : PSA n’était pas le premier choix de la fédération. Cherchant à convaincre Novés, l’entraineur Toulousain, la fédération avait voulu taper un grand coup. Faire dans le très haut niveau en attirant au sein du giron fédéral l’entraineur le plus titré de France. Mais essuyant un refus en forme de caprice (« ils ont pas voulu me prendre il y a 4 ans alors je boude et je dis non pour bien faire chier tout le monde… »), Revol à du se rabattre au plus vite sur l’un des entraineurs taillés pour l’équipe de France. Et il faut dire qu’un homme seul (on ne pourrait comprendre une organisation bicéphale type Laurent Labit-Laurent Travers) qui à les épaules pour prendre les bleus en mains, cela ne court pas le Top 14… Sans faire insulte à Ugo Mola ou Jacques Delmas, ils n’étaient pas tellement nombreux à faire la maille.
C’est donc un choix qui donne la désagréable impression d’avoir été fait dans la précipitation et dans l’urgence la plus totale. Alors il arrive parfois, un peu par miracle, que le choix de dernière seconde fonctionne… parfois…
Saint-André, un entraineur frileux aux résultats discutables
Car si le choix semblait difficile après le refus de Novés, on peut s’interroger sur ce que la fédération à vu de séduisant dans la candidature de Saint-André.
Car le bilan de l’ex-Clermontois est faible voir insuffisant. En 13 années de coaching, seul deux trophées viennent garnir la vitrine personnelle du futur sélectionneur. Un titre de champion d’Angleterre avec Sale et une victoire en Challenge Européen (la petite coupe d’Europe) et voila tout. Bénéficiant alors d’un effectif solide (il compte dans ses rangs Chabal, Bruno, Jason Robinson, Jason White, Magnus Lund, Mark Cueto, Richard Wigglesworth ou encore Charlie Hodgson), le Français connait alors ses meilleurs années.
Saint-André convainc ainsi le président Toulonnais Mourad Boudjelal de le mettre à la tête de Toulon. Seulement, nous allons le dire tout de suite, son passage sur le Rade reste un échec. A la tête de l’un des plus gros budgets, de l’un des effectifs les plus fous de l’Histoire du Top 14 (Van Niekerk, Wilkinson, G. Smith, Fernandez-Lobbe, Mignoni, Hayman), l’entraineur du RCT ne parviendra pas à se qualifier ni pour les phases finales du championnat, ni pour la H-cup.
Pire, à la tête de cet effectif monstrueux, le jeu proposé est très pauvre. Les chiffres sont sans pitié : 9ème attaque du championnat (11ème au nombre des essais marqués), 2ème défense, Wilkinson marquant près de 50% des points de son équipe qui s’appui sur de trop rares certitudes… En somme une sorte de copié-collé du XV de France qui attirait un nombre incalculable de critiques.
Si le RCT est un club à part, aussi bien dans la folie de ses supporters que dans les attentes de son président et du grand public, rien ne justifie vraiment une saison franchement décevante.
Et pendant ce temps là, Fabien Galthié est vice-champion de France avec le 10ème budget du championnat…
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