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Les Petites Histoires du Sport

La méchante présentation des clubs du Top 14 : Agen (7/14)

25 Août 2012 , Rédigé par Pierre Ammiche Publié dans #Méchante présentation Top 14 2012-2013

Bon la saison avance, et les présentations ne sont toujours pas terminées. Il faut dire que quelques sous-fiffres n'ont pas souhaités me rendre leur papier... Donc je fais au mieux et au plus vite mais ne vous en faites pas, comme Onesta je n'oublie rien : je donnerais en temps voulus les adresses et numéro de téléphones des "traitres", histoire de séquestrer leurs chats et de les menacer téléphoniquement des pires sévices sexuels...

 

Bref, comme tous les gens de sa race, Le Chevalier de Gascogne pense que tous les maux sont dans la nature mais qu’on peut se soigner uniquement avec des pruneaux et du Fervex, qu’Agen est la terre ancestrale du rugby d’antan et que François Gélez n’a pas eu une carrière à la hauteur de son génie. Sans plus attendre la présentation du SUA.

 

 

 

Allez ! On s’arrête maintenant la terre sacrée du rugby, une des premières villes à avoir accueilli l’ovalie dans l’hexagone. Je parle bien sûr d’Agen et son club phare : le SUA. 

 

1) Une ville pas comme les autres

 

Club d’une petite ville sans grande histoire, sans passé chevaleresque rutilant, sans patrimoine culturel digne de ce nom, mais qui s’illustre brillamment par ses pruneaux et son baladin local, poète des temps modernes, j’ai nommé, Francis Cabrel. (Qui est précisément originaire d’Astaffort, à quelques kilomètres).

 

En quête de héros, le peuple agenais s’est donc tourné vers son club de rugby. Depuis 1908, le SU Agen c’est huit titres de champion de Frances (1930, 1945, 1962, 1965, 1966, 1976, 1982 et 1988) et des joueurs de légende qu’on ne présente plus : Philippe Sella, Abdelatif Benazzi, Daniel Dubroca ou Dominique Erbani…

 

Malgré ça, ici on est fiers d’être d’Agen, comme le conte ce ménestrel !

 


 

 

2) La filière des insulaires

 

Après la finale de 2002, Le club perd peu à peu son identité : coté Agenais on recrute à tour de bras des joueurs étrangers au détriment de la formation. Joueurs et entraineurs vont et viennent (16 départ et 16 arrivés en 2006-2007) mais la mayonnaise ne prend pas. A un an, du centenaire, en 2007, le SUA est relégué en Pro D2, une première depuis 1920. Comment ? En filant les clefs du camion SUA à des joueurs qui ne sont pas encore arrivés. On annonce Kelleher, on promet des stars et des paillettes, on jure que le SUA jouera le titre, on annonce aux joueurs titulaires qu’ils n’auront plus leur place l’année suivante… On gère ce club comme un vulgaire bien marchand… Comme dans 300, c’est par bateau entier qu’arrivent les Tongiens, les Fidjiens et les Sudistes de tous poils. C’est la Kermesse et la remontée prend du temps… Déjà le temps qu’ils apprennent les combinaisons en gersois…

 

3) Le sorcier Gersois et le moustachu 

 

Heureusement, de 2007 à 2010, le club se restructure sous la houlette du « sorcier gersois », Henry Brocan. Patiemment, années après années, le SUA refait surface et en 2010, Christian Lanta, le moustachu le plus célèbre du Lot et Garonne, ramène le club dans l’élite française. Brocan le psychopathe du jeu et Lanta, l’entraineur le plus moustachu de l’élite tricolore. Comment ne pas construire sur des bases solides avec ce genre de bonhomme ?!

 

4) Le retour de l’enfant prodigue

 

Malgré les belles saisons agenaises depuis le retour dans l’élite, les désaccords entre le président Alain Tingaud et le tandem Lanta-Deylaud auront eu raison de magnifique duo d’entraineur.

 

Mais soyons honnête, la transition s’est faite en douceur et sans larmes. Car le club va faire ce que presque tous les hommes ont cru devoir faire un jour : retomber dans les bras de son ex…  Elle qui lui a offert tant de joies, tant d’orgasmes sur le pré… (oula, je m’égare). Je vous parle de celui qu’on a longtemps désigné comme le meilleur joueur du monde : Philippe Sella.

 

Le célèbre « 111 », qui a fait chavirer le stade Armandie pendant quinze saisons connait cette année sa première expérience en tant qu’entraineur. Pour son dépucelage, Philippe Sella s’est entouré d’hommes expérimentés : Mathieu Blin, s’occupera des avants et David Daccarière, ancien entraineur de La rochelle et de Dax, entrainera lui les lignes arrière.

 

Mais Sella, toujours aussi brillant, a aussi décidé de rameuter autour de lui des anciens de la maison. Le tendre et affectueux Jean Jacques Crenca  jouera les entraineurs assistants des avants et entraineur principal des espoirs alors que François Gelez, l’ex futur plus grand ouvreur du rugby français, le secondera chez les espoirs. Du solide et de l’épais.

 

5 ) Rupeni c’est fini

 

Depuis 2007, année de la descente en Pro D2, le SUA cicatrise une blessure entre joueurs et supporters. « Les gars se parlent en Anglais sur le terrain, où on va !? » ou encore « On se croirait plus à Agen ! ». Régulièrement, ces phrases résonnaient dans Armandie. Le club recrutait à tours de bras, des joueurs venus se la toucher dans notre paisible citadelle du Sud-Ouest, là où il fait bon vivre.

 

Alors les supporters agenais s’étaient trouvé une idole, le fidjien Rupeni Caucaunibuca, ailier ingérable, gros, bête, mais inarrêtable lorsqu’il est lancé. Capable de geste de génie incomparable, il éclaboussait Agen de son talent.

 

Malgré l’admiration d’Armandie pour son joueur, le staff en a eu marre de vivre au(x) crochet(s) d’une bête de foire. Il était temps de taper du poing sur la table. On n’est pas au cirque ici ! Lassé d’un énième retard de 3 mois, le SUA a fini par craquer… 20kilos en trop et des entrainements en tongues ont finis par tuer le mental des dirigeants d’Agen.

 

Bon ca l’empêche pas de continuer à faire un peu le zouave à Toulouzzze

 


 

 

6) Retour aux sources

 

Le SUA version 2012-2013 fait la part belle à la formation (10 joueurs formés aux clubs) mais n’est pas moins cosmopolite que les années précédentes. Le public a néanmoins retrouvé ce qui a fait la fierté du SUA, des joueurs à l’état d’esprit irréprochable, de véritables guerriers, qui « mouillent le maillot » et se battent pour la fierté du club. Un florilège de clichés mais qui ont réellement une importance capitale dans la relation entre joueurs et supporters.

Symbole de ce néo-SUA, le troisième ligne Jean Monribot, élevé au bon air du Gers, nourrit au grain local. Sorte de Jean Pierre Rives agenais. Blond platine façon guerrier Viking, plaqueur infatigable, véritable leader sur le terrain. Philippe Sella a décidé d’en faire son capitaine. Une demi-surprise pour celui qui avait déjà hérité de ce rôle, à tout juste 20 ans en Pro D2, avec Henry Broncan avant d'être le lieutenant d'Adri Badenhorst lors des quatre dernières saisons.

 

7) Ici c’est Armandie

 

Il m’arrivait parfois, au début des années 2000, de me rendre au stade Armandie. Je me souviens d’un match Agen-Llanelli en HCup. La fanfare, l’odeur enivrante de la merguez grillée, les tifos à l’effigie du personnage de biscuits Pepito (en l’honneur de l’ancienne idole d’Armandie, Pépito Elhorga), les A-GE-NAIS ! vociférés en chœur. Une ambiance champêtre comme on en trouvait rarement.  


Armandie aujourd’hui compte 14 000 sièges, les places sont plus chers, les tribunes de plus en plus  huppées et le 14 avril dernier, le club a inauguré ses nouvelles loges panoramique avec ascenseur extérieur… (On n’arrête pas le progrès). Heureusement, l’ambiance reste là même.


Michel, l’homme à la perruque bleu dit « la chèvre » (surnom donné car le dénommé Michel apportait jadis son caprin les jours de match), continu de faire le tour du terrain en bicyclette avant chaque début de rencontre pour  égayer la foule. Le flux et le reflux des vapeurs de merguez et de fritte chatouille encore les naseaux  des aficionados du SUA. Dans les tribunes, les Eagles d’Armandie, les copains d’Armandie, Ovalie 47 et Armadie Fans 2000, tous les groupes de supporters sont dans la place pour lancer la Fanfare, les chants, la ferveur est toujours intact, le 16ème homme joue son rôle à merveille. L’an passé le SUA a joué 13 match à domicile pour un bilan de 10 victoires et seulement trois défaites. « Ici, Ici, c’est Armandie ! »

 

8) La famille, valeur sacrée

 

La devise que le club a choisi pour cette nouvelle saison est on ne peut plus claire «  La famille, une valeur Sacrée ». Certes cela ne casse pas trois pattes à un canard, mais l’effort est là.

Quelques cadres ont quitté le navire, le capitaine Badenhorst s’est enfin accordé le repos du guerrier, une retraite paisible dans sa terre natale, Prieska, en Afrique du Sud. Le brillant numéro 9 Machenaud s’en est allé au Racing Métro et l’arrière Dulin a rejoint Castres. Des départs importants mais le club Lot et Garonnais n’a pas bazardé son recrutement, plutôt ambitieux même. Falefa, ex toulousain, est venu renforcer la première ligne, en deuxième latte, le sud Africain Ross Skeate, ancien collègue de Michalak chez les Sharks, viendra apporter son expérience dans l’alignement. En troisième ligne, le SUA enregistre trois recrues de bon niveau, Vaquin, en provenance du Racing Metro, Malonga du CO et enfin  l’international argentin Lozada débarqué d’Edinburgh.

Mais le joli coup du SUA se nomme, Ben Blair, l’ancien numéro 15 des All Black. Arrivé des Cardiff Blues, Blair a passé 11 ans dans le super 15. Pour terminer, Agen est allé pêcher un deuxième joueur du Racing Metro, le demi de mêlée, Mathieu Lorée, qui devrait être un élément important dans la rotation du groupe.

 

Voilà l’article touche à sa fin, le SUA n’a plus aucun secret pour vous. Je vais fermer mon ordinateur, allumer la Xbox et me faire une bonne partie du Johna Lomu Rugby, jeu auquel je n’ai pas joué depuis huit mois tant il dompte les sommets en terme de nullité. Mais une pulsion irréversible m’envahit. Je me lance dans un petit France-Nouvelle Zélande, à l’ancienne, le gameplay me permettant de poser un cadrage-débordement à Muliana avec un certains Lugstoone (alias Sylvain Marconnet). Finalement je m’incline 36-7 et je sais que je ne retoucherais plus à ce jeu jusqu’à la prochaine Coupe du Monde (de toute manière aucun jeu ne sortiras jusque là). J’éteins la télé,  me lève pour me rendre dans «  ma cabane au fond du jardin ». Décidément mon sud me suit partout, jusque dans les moindres recoins...

 

 


Bon, merci au Chevalier de Gascogne, a qui on souhaite un bon caca. A noter que dans sa grande mansuétude, ce fourbe nous a pondu un article en 8 points… C’est quand même sympa de pas faire le taff comme il faut… Merci à lui.  

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